Publié le 7 Janvier 2013

Dans sa chronique du Point du 25/02/10, Patrick Besson a créé face aux rappeurs une nouvelle catégorie d’amuseurs : les dérappeurs (avec 2p) comme Nadine Morano peu satisfaite de l’allure des jeunes de banlieue ou Georges Frêche dont le dérapage parait être une spécialité et sa façon naturelle d’avancer.

Je rebondis sur sa chronique (je suis resté souple) pour envisager un autre aspect de la question. Puisque nous venons de vivre (à peine, pour ce qui me concerne) les jeux olympiques d’hiver, il me semble souhaitable de faire du dérapage une épreuve politique à part entière.

Cependant, il faut au préalable qu’un comité définisse les critères du dérapage : où commence-t-il ? Pour pouvoir l’homologuer et jusqu’où peut-il aller ? Sans parler de chute. Ce qui conduirait à définir les sentiers battus, le politiquement correct et le dérapage authentique, car certains athlètes politiques ne dérapent pas, ils n’expriment que ce qu’ils sont, pour eux l’effort sportif est de ne pas déraper.

Les meilleurs fans de ces champions et qui les suivent partout, sont les journalistes. Ils espèrent à chaque sortie les voir déraper dans les grandes largeurs. Beaucoup même les poussent volontiers pour obtenir d’eux un beau dérapage qu’ils pourront commenter sur des pages et des pages, sans effort, en laissant de côté les informations importantes qui en nécessitent un. Les dérapeurs, quant à eux et quoi qu’ils disent, sont en général satisfaits que l’on parle enfin de leur personne et s’épanchent sur les papiers, les ondes, les écrans, sur twitter ou facebook pour jouer les modestes en minimisant leur exploit.

Reste à organiser périodiquement une cérémonie de remise des médailles sur lesquelles serait gravée une langue de beauf sur fond de connerie. Ne serait-il pas émouvant de voir sur le podium des membres de la majorité côtoyer ceux de l’opposition enfin réunis, donnant son vrai sens au concept d’ouverture, en magnifiant par leurs exploits la fermeture d’esprit.

Il sera évidemment nécessaire de se préoccuper de l’avenir en préparant les jeunes à cette épreuve. Dans chaque parti, le dérapage devra être encouragé chez les politiciens en herbe (ceux qui sont encore fauchés) enfin de s’attaquer aux records détenus par quelques champions d’exception pour pérenniser le spectacle et le rendre plus attrayant.

Skieur

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Je n’ai pas encore lu le dernier ouvrage d’Elisabeth Badinter : « Le conflit. La femme et la mère », mais j’ai lu le précédent : « Fausse route », qui traitait du même sujet et j’ai entendu et lu les nombreux interviews de l’auteur, et pris connaissance de certaines réactions que son ouvrage a suscitées.

La thèse de Mme Badinter tente de démontrer que l’on est entré dans les pays occidentaux dans un mouvement de régression vis-à-vis de la femme. Un des arguments des opposants à cette thèse est de s’attaquer à sa personne en avançant qu’étant une riche héritière de Publicis, elle ne défendrait par son livre que les intérêts de la maison de publicité (argument avancé même par le Canard Enchaîné) et que pour d’autres, elle ferait mieux de distribuer son argent aux mères africaines. Croit-on vraiment que cette femme ait besoin d’un livre pour conserver ses avoirs ? C’est un argument qui ne grandit pas ceux qui l’utilisent et qui ressort plus de la haine jalouse que du débat d’idées.

Il est certain que depuis plus d’une décennie, les mères subissent de fortes pressions pour donner le sein à leur rejeton. L’OMS l’a recommandé, une directive européenne de mai 1999 a suivi et un décret au JO du 8 août 1998 encourage, dans les maternités, les sermons orientant le choix des nouvelles mères[1]. En 2000 un débat a eu lieu à la Chambre des Communes pour permettre ou non aux  parlementaires britanniques d’allaiter leur bébé sous le regard de leurs collègues[2]. Les avantages du lait maternel sur la santé de la mère et de l’enfant sont mis en avant. Ce serait quasiment une panacée protégeant le futur adulte de nombreux maux allant des caries dentaires à la sclérose en plaques en passant par l’infarctus du myocarde !

Presque chaque semaine, je vois passer des articles, surtout américains, vantant les vertus de l’allaitement maternel. C’est à ce point, que trouvant suspect ce matraquage, je me suis demandé (avant la parution du livre de Mme Badinter) s’il n’y avait pas, outre-Atlantique, une influence des ligues, des sectes et des religions qui préfèreraient que les femmes restent à la place qui leur est assignée, c’est à dire au foyer (ce qui est une perspective de riches car la plupart des couples ont besoin de deux salaires pour vivre). Bien sûr que le lait maternel est presque toujours préférable au lait de vache, mais le retour au naturalisme doit être librement choisi sans rendre la mère coupable de ne pas se plier à ce diktat étayé par des arguments médicaux peut-être discutables, car les nombreuses générations élevées au biberon ne paraissent ni plus débiles ni plus fragiles que les générations allaitées. On parle de fusion de la mère et de l’enfant, c’est possible, mais elle ne garantit pas que la femme qui allaite se révèlera meilleure mère que celle qui ne le fait pas. Quant à l’enfant, il se moque totalement de cette fusion et ne sera aucunement reconnaissant à sa mère de l’avoir allaité.

Depuis de nombreuse années la vie des parents et notamment de la mère (car l’aide du père laisse parfois à désirer) a été simplifiée, ce qui a permis à la femme de devenir plus autonome, par l’introduction des petits pots pour nourrir l’enfant et des couches jetables pour son hygiène et voilà que pour revenir au naturalisme et satisfaire l’écologie, on propose de préparer soi-même la nourriture - de préférence bio - de l’enfant et de remplacer les couches jetables (il est envisagé de les taxer) par les anciennes langes que l’on peut réutiliser après les avoir lavées, et pourquoi pas à la main pour éviter les dépenses d’énergie exigées par le fonctionnement d’une machine à laver. Il y a tout de même d’autres sources de pollution autrement plus importantes sur lesquelles il serait nécessaire d’agir pour sauver la planète que les couches jetables !

Le combat écologique est en train de s’égarer jusqu’à devenir ridicule et oppressif.  La foi écologique ne pousse-t-elle pas de plus en plus d’Anglo-Saxonnes à réutiliser la coupe menstruelle après l’avoir vidée, lavée et stériliser toutes les douze heures ? En effet, rien qu’en France, 4,8 millions de tampons et serviettes hygiéniques sont brûlés chaque année, ce qui est, sans aucun doute, désastreux pour le réchauffement climatique. A vous de choisir, mesdames !

biberon


[1] D’après Elisabeth Badinter (« Fausse route »,  éd Odile Jacob 2003)

[2] Le Point du 12/05/2000

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Les religions font le grand écart : un pied soudé dans l’antiquité ou l’aube du Moyen Âge et un pied dans le monde actuel. Si de nos jours une personne affirmait  avoir vécu une révélation divine dans les mêmes circonstances que celles à l’origine des religions monothéistes, un prêtre miséricordieux douterait sans doute de l’intégrité mentale de la dite personne et lui proposerait peut-être de consulter un médecin. Mais si notre temps parait dominé par le matérialisme et la rigueur scientifique, ils n’entament en rien la foi dans les récits anciens, et n’empêchent pas les apparitions d’apparaître et les sectes de proliférer.

Les religions révélées font le grand écart entre la modernité et des dogmes pratiquement inchangés depuis des siècles, fondés sur des parchemins dont on ne connait pas pour la plupart les auteurs et que l’on attribue plus ou moins directement à  Dieu par défaut de copyright. Depuis, le monde a été bouleversé et les religions finissent par glisser un pied dans le monde d’aujourd’hui, l’autre étant immobilisé dans le passé.

 

C’est ainsi que la distribution des hosties peut transiter par la poste, l’eau bénite être distribuée par une machine automatique. Le curé polonais Grzegorz Sowa prend même les empreintes digitales des enfants qu’il prépare à la confirmation avant et après chaque office afin de vérifier leur présence et sa paroisse s’est dotée d’un lecteur optique permettant d’épingler ceux qui font la messe buissonnière. Dans le village suédois de Tärnsjö où les pompes à essence avaient été fermées, le pasteur a eu l’excellente idée d’ouvrir à l’église une station-service pour sauver l’économie locale et éviter que les villageois ne fassent leurs courses dans un autre village.

Le prêtre anglican David Parrott a, quant à lui, transformé la traditionnelle “bénédiction des charrues” en “bénédiction des portables”. Le lundi 11 janvier, à Londres, il a prononcé cette prière : “Que nos langues soient douces, nos e-mails simples et nos sites web accessibles.” Tandis que ses ouailles tendaient leur téléphone, le prélat s’adressait ainsi à Dieu : “Par ta bénédiction, Seigneur, que ces téléphones et ces ordinateurs, symboles de la technologie et de la communication dans notre vie quotidienne, nous rappellent que tu communiques avec nous et nous parles par ton verbe, amen.”

 

Ce sont des adaptations vénielles au monde moderne qui contournent un peu les dogmes indéracinables, car les prêtres savent que les déraciner exposerait à faire tomber l’arbre lui-même. Afin de réduire le grand écart, la tentation d’interpréter les récits anciens à la lumière des découvertes scientifiques existe aussi et on n’a pas manqué de faire cadrer la théorie du Big Bang avec la création divine du monde (Pie XII)[1]. [Pour le "dessein intelligent" : voir les commentaires] 

 

Les intégristes islamiques, eux, font un grand écart plus périlleux (pour nous). Leur rêve est de vivre au Moyen Âge, ils ne veulent pas que les femmes quittent leur statut de sous êtres humains et ne soient autre chose que des ventres à pénétrer et à procréer, alors qu’ils maîtrisent parfaitement les techniques modernes : internet, le maniement des explosifs et des armes les plus sophistiqués, le pilotage des avions, et l’arme atomique sera peut-être bientôt à leur portée. Cependant certains d’entre eux tentent de réduire le grand écart en affirmant que les principes de la mécanique quantique étaient déjà en filigrane dans le Coran.


Imam prêtre rabbin JR

Imam, prêtre et rabbin - Photos de JR

[1] Cependant le prêtre catholique belge Georges Lemaire, l’un des pères de la théorie du Big Bang, avait montré à l’époque son opposition à ce type d’interprétation en affirmant qu’il ne fallait pas mêler la science et la foi.

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Publié le 7 Janvier 2013

Ce matin sur les ondes j’ai entendu quelqu’un (je crois qu’il s’occupe de rugby) dire que devant les résultats de l’équipe de France de handball il se sentait « fier d’être Français ». Est-ce à dire qu’en cas d’échecs de cette équipe il se serait senti honteux de l'être ? La fierté nationale repose-t-elle sur des jeux de ballon ? Et qu’est ce que c’est que la fierté nationale ?

Comment peut-on être fier de ce que l’on n’a pas fait soi-même ? Je peux admirer les prouesses d’une équipe sportive mais je ne vois pas pour quelle raison je devrais me les attribuer (d’autant plus que je n’ai jamais joué au handball). J’admire les œuvres des artistes français, mais je ne suis pas fier – personnellement - de leur travail, ce n’est pas moi qui les ai faites, et croyez que je le regrette.

Je ne pense pas que la phrase du sportif ait été chauvine, il n’y avait apparemment de sa part aucune partialité, aucun fanatisme, simplement une appropriation, une identification.

Cette identification est-elle un élément de l’identité nationale ? Je pense aux Français d’origine algérienne, avec souvent la double nationalité, qui ont envahi le terrain de football car l’équipe d’Algérie était en passe d’être largement battue par l’équipe de France. Ils ont choisi leur camp en s’identifiant à l’équipe d’Algérie et en sifflant la Marseillaise à l’occasion.

L’identification n’a pas de sens et c’est pourtant une signature d’appartenance. S’attribuer les lauriers d’autrui est une usurpation mais l’identification peut se faire dans l’autre sens. Pendant la guerre d’Algérie devant les exactions de certains militaires français, je n’étais pas fier d’être Français et pourtant je n’ai pas participé aux tortures infligées à des Algériens.

Si on peut être honteux d’être Français,  il serait juste, si l’occasion se présente,  de pouvoir en être fier, mais je ne serai ni fier ni honteux d’un résultat sportif, motif futile de fierté ou de honte.

Doit-on être fier de son pays ou simplement d’être heureux, malgré tout, d’y vivre et de vouloir vivre là plutôt qu’ailleurs, en ajoutant, quand on le peut, un petit quelque chose à l’ensemble et en espérant tirer un peu de fierté de ce que l’on a pu y ajouter. 

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Publié le 7 Janvier 2013

Ce matin, lors d’une interview d’Alain Juppé sur France Inter, un auditeur prénommé Abdul lui pose une question sur le projet de loi sur la déchéance éventuelle de la nationalité française pour des Français récemment naturalisés et dit appartenir à une famille dont les origines sont diverses et particulièrement mêlées. Mr Juppé se montre réticent sur ce projet de loi mais alors qu’Abdul n’avait aucunement parlé de religion mais d’origine, l’ancien premier ministre pour montrer la profondeur de son esprit républicain ajoute que l’Islam a droit de cité en France au même titre que les autres religions.

Abdul n’a pas précisé son origine, il vient peut-être d’un pays africain mais Mr Juppé ne lui a pas demandé s’il est d’origine tunisienne, marocaine, algérienne ou par exemple sénégalaise, non, Abdul – par son prénom - fait d’emblée partie de l’Islam, il perd son ancienne nationalité au profit d’une religion globalisante même s’il est athée. Mr Juppé dirait-il que le Bouddhisme a sa place en France en s’adressant à un Français d’origine vietnamienne à propos de la nationalité ?

De ce point de vue les Islamistes ont gagné la bataille des esprits en imposant la prééminence de leur religion sur tout autre critère et nous allons dans leur sens lorsqu’ils affirment qu’un sujet né ou devenu musulman ne peut pas quitter l’Islam.

Ainsi parlons-nous de communauté musulmane, c'est-à-dire de la communauté de « ceux qui se soumettent » (à Dieu) et bien moins souvent de communauté arabe ou d’origine maghrébine, dénomination qui permet  d’inclure des personnes areligieuses et celles-ci vont, en suivant cette exclusion sémantique, se raréfier, soit en rejoignant l’Islam (parfois de façon intégriste), soit en masquant leur origine.

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Publié le 7 Janvier 2013

Au mois d’août, les autorités (c’est qui ça ?) profitent de l’été, d’une certaine nonchalance des présents et de l’absence des absents pour faire des choses en catimini, hypocritement, le regard fuyant, sans en avoir l’air, des choses parfois sans grande importance, mais dont personne ne voit la raison et l’intérêt et qui vont vous emmerder toute l’année.

Pour ceux qui connaissent Paris, deux rues parallèles et à sens unique encadrent les galeries Lafayette, point de ralliement de tous les touristes, la rue de la Chaussée d’Antin qui allait du Bd Haussmann à la Trinité et la rue Mogador en sens inverse. Et bien les autorités (c’est qui ça ??), sans doute nuitamment, la cagoule sur la tête et la cape sur les épaules, en regardant derrière si elles n’étaient pas suivies, devinez quoi ? Elles ont inversé le sens de ces deux rues. Pourquoi ? C’est mieux ? Non, c’est moins commode. Vous vous en moquez ? Vous avez bien raison, mais si vous étiez aujourd’hui à Paris, vous vous seriez peut-être amusés. Quand vous prenez un même trajet pendant des années et bien vous continuez à le prendre en pensant à autre chose. En tout cas les autorités (c’est qui ça ???) ont bien rigolé : les voitures, les cars, les bus, se sont trouvés face à face dans des rues plutôt étroites. Les chauffeurs de bus avaient perdu leurs stations et les voyageurs leur bus.

Quand on manque d’embouteillages au mois d’août, il faut bien en créer, mais je ne sais pas qui remercier, les autorités dites-vous, mais c’est qui ça ?!

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Publié le 7 Janvier 2013

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Murillo : "Le jeune mendiant"

 

Paris au mois d’août, ses habitants sont moins nombreux et plus dénudés et les travaux se multiplient en multipliant les obstacles, les trous et les bruits. Les tunnels du métro emmagasinent la chaleur et ont rejeté leurs mendiants : plus de musiciens, plus de femmes exhibant un petit enfant que l’on habituait tôt à la profession, plus de malheureux racontant leur vie dans les rames indifférentes. Une seule mendiante en noir courbée sur les marches  d'une correspondance et que les gens contournent, en évitant de regarder le vide de sa main tendue  d’accoucheur, sans doute trop vieille, laissée là comme on met ses vieux à l’hôpital pour le temps des vacances ou comme on laisse un chien encombrant attaché à un poteau aux bons soins d’une âme charitable.

Mais où est donc passée la cohorte des mendiants du métro ? Ont-ils trouvé un travail ? Ont-ils été reconduits à la frontière ? Sont-ils partis en vacances ? Ont-ils suivi leurs généreux donateurs partis sur les plages bondées, sur les sentiers de montagne, sur les routes de campagne, comme on suit sa clientèle ? A ma connaissance, il n’y a pas de trêve estivale de la pauvreté. Alors ?

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Publié le 7 Janvier 2013

Le populisme a été au départ un mouvement littéraire où les écrivains cherchaient dans leurs œuvres à peindre avec réalisme la vie des gens du peuple. Puis, curieusement, le populisme est devenu une attitude politique visant à s’attaquer aux élites dirigeantes, attitude à connotation péjorative car elle peut parfois être  canalisée à son profit par un homme politique hors du sérail, qui une fois au pouvoir remplace l’élite précédente par une autre, fait en sorte qu’elle lui reste fidèle, parle au nom du peuple dont il se fiche éperdument, et tout ça se termine souvent très mal.

Les exemples historiques ne manquent pas, il n’est donc pas étonnant que les classes dirigeantes actuelles devant les attaques dont elles sont l’objet répliquent en parlant de populisme, sous-entendant que ces attaques, si elles continuent, pourraient conduire au pire et que les turpitudes dont on peut les accuser sont un moindre mal. Mais la solution qui consisterait à faire des réformes de fond pour amender le système leur vient difficilement à l’esprit et elles préfèrent, toujours sous la pression populaire ou médiatique, donner quelques gages superficiels comme autant d’os à ronger en traitant de chiens ceux qui dévoilent leurs petits arrangements et de populistes ceux qui les dénigrent. Autrement dit : culpabiliser les journalistes qui osent exposer la vérité et la valetaille qui s’en scandalise. Fastoche.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Asile politique

Selon des milieux autorisés (à dire n’importe quoi) des hommes politiques anglais, américains et allemands  qui ont perdu leur poste pour avoir par distraction acheté des babioles aux frais des contribuables ou utilisé des moyens publiques à titre privé, ont demandé la nationalité française, en espérant par la suite être élus dans l’hexagone, ce qui leur permettrait d’exercer sereinement un mandat en jouissant de la plénitude des moyens dont ils pourraient disposer.

 

Les chiens ont une dent contre la tête de l’Etat français.

La SPA signale que des chiens ont porté plainte contre François Fillon, se sentant diffamés d’avoir été comparés à des journalistes. Par ailleurs les toutous, qui espéraient bénéficier des restes de la garden-party du 14 juillet à l’Elysée, ont appris que celle-ci serait supprimée pour satisfaire le bon peuple des bipèdes. Le collectif canin considère qu'il s'agit là d'un os à ronger qui leur échappe.

 

Clairvoyance

Les stocks de pétrole brut aux USA ont fortement augmenté. Les experts remercient BP d’avoir écroulé leur plateforme et déversé du pétrole dans la mer afin que les cours de l’or noir ne s’écroulent pas.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Un certain Nicolas Carr a publié un ouvrage intitulé « The Shallows : what the Internet is doing to our brains » (rassurez-vous, je ne l’ai pas lu). Les Américains passeraient en moyenne 8,5 heures par jour à interagir avec leur PC, leur TV, ou leur smartphone, ils consulteraient chaque heure au bureau 30 à 40 mails, quant aux adolescents des States, fin 2008, ils auraient en moyenne  reçu ou envoyé mensuellement 2272 textos. Je pense que ces statistiques pourraient s’appliquer à beaucoup d’Européens.

Cet auteur tente de démontrer dans son ouvrage que la dispersion, les multiples sollicitations, la multiplicité des informations offertes par les réseaux numériques et les fausses informations[1] risquent d’entraîner une modification de notre fonctionnement cérébral dans le sens d’une régression : défaut de concentration, mauvaise mémorisation, perte du sens critique, défaut d’appréciation de l’importance relative des informations.

Il est probable que la possibilité rapide et facile d’avoir les informations à notre disposition sur Internet encourage notre paresse et nous évite l’effort de la mémorisation pourtant à la base de toute synthèse.

Il est vrai que les informations secondaires ont souvent le même relief que les informations importantes et parfois plus lorsqu’elles prennent une tournure distrayante ou scandaleuse, même si leur véracité est incertaine.

Il est certain que la chaîne infinie des liens pousse à papillonner d’une information à l’autre avec le risque de ne pas approfondir chaque sujet et de se contenter d’une réflexion superficielle ou de s’en dispenser lorsqu’on est pris par le tourbillon électronique.

A l’opposé, vous êtes le prisonnier d’un livre bien fait, s’il vous intéresse vous lui resterez fidèle et n’irez pas ailleurs. Ce livre que vous avez entre les mains, vous croyez le manipuler mais c’est lui qui vous manipule et qui vous oblige à suivre la route qu’il a tracée. Un livre est un objet exigeant, vous n’avez que la liberté de la séparation provisoire en le fermant.

Mais en ce qui me concerne, me voilà rassuré, pour ma mémoire et ma concentration, ce n’est pas l’âge, c’est Internet le responsable. Par contre, j’ai une hypertrophie pathologique du sens critique, et je me demande si ma dose de toile est suffisante.



[1] Mme Royal s’est récemment fait piégée en citant un certain Léon Robert de l’Astran, dissident de la traite négrière en Poitou-Charentes qui n’a jamais existé mais présent sur Internet depuis 2007

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Col-re.jpgLes salaires et les revenus des autres constituent les thèmes favoris des journaux et de la blogosphère. Une minorité s’exprime par jalousie, la plupart sont heurtés par l’injustice et l’importance des inégalités, considérant que certains hauts revenus n’ont aucune raison d’être et que d’autres proviennent d’un véritable pillage du bien public. Le comble, évidemment, étant que plus on est riche, plus on s’arrange pour ne pas payer d’impôts. Ces dénonciations qui se multiplient depuis de nombreuses années ne modifient en rien les choses, puisque ceux qui pourraient les modifier sont ceux qui en profitent.

 

Les salaires et les avantages des dirigeants des grandes entreprises sont périodiquement épinglés, ce qui les laisse parfaitement indifférents et il n’y aucune raison pour que cela change puisqu’ils sont fixés par les conseils d’administration dont ils font partie. Mais pourquoi sont-ils payés autant ? Possèdent-ils des  vertus irremplaçables ? Prennent-ils un risque quelconque ? L’expérience prouve que non. La santé de leur entreprise dépend plus de l’économie générale que de leur action, ce qui ne les empêche pas, après avoir parfois contribué à ruiner leur entreprise dans laquelle ils n’ont mis aucun fifrelin, de quitter leur poste en étant largement rétribué pour leur incompétence. Ce sont pratiquement toujours les mêmes qui passent d’une entreprise à l’autre et qui menacent d’aller ailleurs si on ne les paie pas assez. Les cimetières sont pleins de gens indispensables.

 

Les vedettes du spectacle et du sport font également la une, mais ils ont un talent spécifique et s’ils gagnent de l’argent, ils ne le volent pas et permettent à d’autres d’en gagner. Un bon footballeur attire du monde dans un stade, un bon chanteur remplit les salles, aussi cela ne me choque-t-il pas vraiment, cela fait partie des excès du marché (qui eux me choquent).

 

Le monde politique et celui des hauts fonctionnaires sont de bons sujets pour les journaux qui ne subissent pas trop de pression. Les abus sont ici difficiles à digérer par le bon peuple, car ces gens sont là pour sauvegarder l’intérêt général et pour montrer l’exemple (ne riez pas) et non pour profiter du système, tout en faisant des discours en bombant le torse ou en versant une larme miséricordieuse. Il est normal qu’ils soient correctement payés ne serait-ce que pour limiter la corruption, mais les avantages dans leur vie privée lorsqu’ils obtiennent de hauts postes n’ont aucune raison d’être : logement, voiture, chauffeur, personnel de maison, cuisinier etc… leur salaire, pourtant conséquent, ne constitue de ce fait que de l’argent de poche. Copinage et renvois d’ascenseur viendront par la suite maintenir leur train de vie, la rémunération obtenue ayant plus d’importance que leur éventuelle compétence dans le choix de leur nouvelle tâche.

 

Ce billet n’a strictement aucune originalité, ne fera sourire personne, mais ça m’a fait du bien de le faire.

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Publié le 7 Janvier 2013

Dans le fond, la catastrophe pour les pays riches dont l’état est pauvre (je ne parle pas de ceux qui le dirige) est la prolongation de la durée de vie, ce qui entraîne une augmentation du nombre de vieillards à entretenir et à soigner et une diminution relative de la population active pour assurer leur maintenance.

 

La solution va de soi : il faut abréger la vie, ce qui de surcroît aurait l’avantage de réduire l’impact de la « bombe » démographique mondiale qui se profile à l’horizon. Mais si tuer les vieillards serait contraire aux droits de l’homme, d’autres alternatives existent.

 

Il serait temps que l’état applique le principe de précaution pour prévenir le danger potentiel de l’allongement de la durée de vie, tout en respectant les droits et la liberté de chacun, en commençant par faire taire les médecins en partie responsables de la catastrophe.

Il serait temps que l’état encourage le tabagisme en imposant sur les paquets de cigarettes des images de vieillards décatis avec la mention : « Le tabac vous évitera de terminer ainsi ».

Il serait temps que l’état encourage l’alcoolisme en montrant à la télévision de joyeux lurons entonnant une chanson à boire et prenant ensuite leur volant pour s’encastrer dans un arbre tout en riant, preuve d’une fin heureuse.

 

Il faut laisser les ondes électromagnétiques agir pour le plus grand bien de l’économie, supprimer les capsules d’iode aux abords des centrales atomiques, ne pas chercher partout des toxiques susceptibles de provoquer le cancer, mais bien commodes pour les entreprises, ne pas éviter la pollution afin que les pulmonaires aient enfin leur dernier souffle, d’autant plus que toutes ces mesures préventives sont onéreuses.

 

Il serait temps de légaliser la vente des drogues et de produire dans chaque pays les stupéfiants prisés par une partie de la population, ce qui aurait l’intérêt (outre les taxes) de supprimer une grande partie de la délinquance mondiale et individuelle et de réduire les ressources des terroristes, permettant aux forces de l’ordre de se recentrer sur les vrais problèmes comme la délivrance des PV aux automobilistes.

 

Doit-on supprimer la vente des préservatifs ? C’est une question à débattre, car si le SIDA pourrait éclaircir les rangs de la population, comme la toxicomanie, il atteint surtout les sujets actifs (en tout cas sur le plan sexuel) et il faudra bien qu’il en reste pour payer la retraite des survivants.

 

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Van Gogh : « Crâne fumant une cigarette »

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Publié le 7 Janvier 2013

La lutte contre le blanchiment d’argent s’intensifie : on parle de limiter l’usage des billets de 500 € afin de fatiguer les gros bras porteurs de valises des mafias.

 

Richard Gere a déclaré : « Après ma mort, je serai différent car je serai devenu meilleur grâce à la méditation. Je médite tous les jours quarante-cinq minutes ». C’est sûr qu’une fois mort il ne se reconnaitra plus.

 

Jacques Séguéla, dans le cadre d’une opération des Nations unis va présider un concours intitulé : « Libérez votre créativité contre la pauvreté ». Donner sa Rolex ? Non, mais, ça va pas la tête !

 

Les Gabonais qui ont du mal pour se loger à Paris remercient leur président Ali Bongo d’avoir acquis dans le 7ème à Paris un hôtel particulier de 4500 m2. Ils vont être déçus.

 

« La Poste a été sacrée comme l’employeur le plus engagé en matière de responsabilité sociale par les étudiants des écoles de commerce et de management ». On voit avec satisfaction que la relève des dirigeants d’entreprises est prête. On attend les contrats à faire signer par les employés dégageant la responsabilité des dirigeants en cas de suicides et les filets de protection made in China à disposer sous les fenêtres.

 

Journaux

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Publié le 7 Janvier 2013

 

« Wolfgang [Schäuble] et moi marchons main dans la main » a déclaré Christine Lagarde. Le ministre allemand de l’économie est paralysé et ne se déplace qu’en fauteuil roulant. Il faut rendre hommage à notre ministre qui, malgré ses nombreuses occupations, trouve le temps de faire du bénévolat comme assistante de vie.

 

L’association suisse d’assistance au suicide Dignitas a une façon élégante de se débarrasser de ses clients. On a retrouvé une quarantaine d’urnes funéraires provenant de ses activités empilées au fond d’un lac. Je croyais que le Styx était un fleuve.

 

La chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton a déclaré : "J'ai été consternée d'apprendre la nouvelle des attaques meurtrières contre deux mosquées de la secte des ahmadis dans la ville pakistanaise de Lahore » en exprimant ses condoléances aux familles des victimes. On peut donc en conclure que Catherine Ashton existe, qu’elle est capable de s’exprimer sur des sujets lointains où l’Europe n’est pas impliquée, où elle n’a aucune opinion à émettre, ni de décision à prendre.

C’est affolant, Catherine Ashton s’est manifestée à nouveau en déclarant son enthousiasme pour l'accord de la conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Condoléances, enthousiasme, combien est-elle payée pour être inutile ?

 

Le gaz se dilate, son prix aussi.

 

La France a réussi à se qualifier pour le championnat d’Europe de football 2016 sans marquer un seul but. Bien joué.

 

Le chômage augmente en France pour s’aligner sur le temps de travail. Il faut être cohérent.

Journaux

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Publié le 7 Janvier 2013

14 engagements du gouvernement pour les retraites : 13 était le chiffre à éviter quand on se met à table.

 

Thaïlande : les autorités voient rouge.

 

Projet de construction d’une mosquée avec salle de sport et centre culturel musulman à 200 m de l'endroit où se dressaient les tours jumelles du World Trade. C’est fou ce que les promoteurs immobiliers sont capables de faire pour dégager un terrain.

 

Clotilde Reiss revient d’Iran après s’être bien documentée de l’intérieur sur la civilisation persane.

 

BP comme les Shadocks n’arrête pas de pomper, mais en moins drôle.

 

Le krach 40 est au plus bas. Les bourses vont se vider.

 

Woody Allen veut faire tourner Carla Bruni dans une comédie morale. Woody m’a toujours fait rigoler.

 

Aujourd’hui Domenech fusille pour l’exemple 6 fantassins. Cela n’empêchera pas les balles perdues.

 

Brice Hortefeux doit signer aujourd’hui le décret d'expulsion de l'assassin de Chapour Bahktiar. On apprend que des détenus français en prison pour meurtre demandent à devenir citoyens iraniens.

 

Noêl Mamère trouve qu'une interdiction du voile intégral aurait "un parfum de "vichysme". Il est vrai que les lois de l'époque stigmatisaient les Juifs en les obligeant à retirer leur étoile jaune. 

 Journaux

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Cinq sensLe goût n’échappe pas à la pression de la société. Une partie du corps médical est très à cheval sur ce que vous mangez, s’efforçant de changer vos appétences en vous menaçant de mille maux si vous ne le faites pas et les industriels suivent avec leurs alicaments qui vous promettent longue vie en vendant leurs yaourts et autres produits riches en vitamines, oligo-éléments, antioxydants et bouffeurs de radicaux libres. Les repas deviendront-ils des potions prescrites 3 fois par jour ? Manger selon son goût (je ne parle pas de la goinfrerie) est un des agréments de la vie, faudra-t-il le faire avec un sentiment de culpabilité à l’égal d’un pécher mortel ? Ceci, pour atteindre – dans le meilleur des cas - un âge où l’on n’a plus dents pour manger.

L’odorat. Sa capture est du domaine des parfums et des eaux de toilette et d’un bon rapport lorsqu’on est capturé. Vecteurs de séduction, comment ne pas céder à la tentation lorsque l’on voit dans leurs publicités de divines créatures vous tomber dans les bras quand vous passez à leur proximité en lâchant vos effluves.

Le toucher. Ce sens pour les voyants échapperait-il à la capture? Pas tout à fait : les lessives ne vous promettent-elles pas la douceur du linge lavé et les vendeurs de crèmes et de rasoirs, une peau prête aux caresses ?

 

Illustration : Jacques Linard : "Les cinq sens" (1638)

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Publié le 7 Janvier 2013

La création d'Eve

Henry Fuseli : "La création d'Eve"

 

La création d’Eve à partir d’une côte d’Adam endormi constitue le premier prélèvement d’organe ou plutôt de tissu sur un être vivant et destiné à un autre. La particularité est ce que ce prélèvement n’était pas destiné à un remplacement d’organe sur un être déjà constitué, mais à la formation d’un être entier à l’image du clonage. Quel a été le procédé utilisé ? Sans être dans le secret des Dieux, je suppose qu’à partir de la moelle osseuse de la côte, les cellules plutôt ambivalentes à l’origine des cellules du sang ont été dédifférenciées (en supprimant leur orientation pour fabriquer un tissu ou un organe donné) et devenues totipotentes comme les premières cellules d’un embryon (cellules souches), elles ont alors été capables de former un être entier qui, avouons-le, est plutôt réussi.

De ce fait, on peut donc considérer Adam comme l’embryon de l’humanité et Dieu comme le premier biologiste ayant manipulé cellules et tissus.

 

Il faut ensuite noter que l’ablation d’une des côtes d’Adam est la première intervention faite sous anesthésie générale. James Y. Simpson, en 1848, après la première mise au monde, sous anesthésie générale au chloroforme, à Edimbourg, d’une petite fille (prénommée Anesthésia), n’a pas manqué de le faire remarquer aux religieux qui lui reprochaient d’aller contre l’injonction divine qui voulait que la femme enfante dans la douleur.

 

Soulignons enfin qu’Eve, excroissance costale d’Adam, a été conçue de façon perverse, la rendant d’emblée dépendante de l’homme. Dans cette vision biblique, la femme n’est que du flanc, et beaucoup la considèrent toujours comme telle.

Pourtant, une légende talmudique vient un peu corriger cette injuste conception. Selon cette légende, un jour, un mécréant s’est adressé à un grand rabbin en lui disant qu’il ne croyait pas en son Dieu car Celui-ci s’était comporté en voleur  en prenant une côte à Adam endormi pour en faire la première femme. Alors que le grand théologien hésitait à répondre, sa femme intervint pour dire : « Si quelqu’un entre dans une maison, prend un pot en étain et le remplace par un pot en or, est-il un voleur ? »

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Publié le 7 Janvier 2013

Je suis allé en Birmanie il y a 38 ans, deux ans après l’ouverture des frontières aux voyageurs. J’ai failli ne pas y entrer car j’avais sur moi un petit appareil Kodak qui avait éveillé les soupçons des policiers. Devant cet objet mystérieux, ils m’avaient considéré d’emblée comme un espion.

pagan.jpgJ’ai le souvenir d’un pays magnifique où les gens eux-mêmes sont beaux, où les pagodes souvent superbes poussent comme des champignons dorés, notamment dans la vallée de Pagan où l’ancienne  capitale a été depuis évacuée car ses habitants avaient mal voté lors de la dernière élection. Bien sûr, un guide nous escortait et nous n’étions pas entièrement libres de nos mouvements.

Curieusement, ce pays avait conservé les traditions de l’époque britannique et à la porte du restaurant de l’hôtel de Rangoon, un maître d’hôtel m’en avait interdit l’entrée car je ne portais pas de cravate. Nous avons dîné dans un silence oppressant à côté d’une table où une vingtaine de Chinois, tous en veste « Mao » identique, mangeaient sans dire un mot, sans doute étouffés par une crème Chantilly qui avait un goût de dentifrice.

Dans la magnifique pagode de Rangoon, les enfants demandaient la permission de toucher les cheveux blonds de ma femme car ils n’en avaient jamais vus.

pagode-de-Rangoon.jpg

En ce moment se déroulent des élections, les premières depuis 20 ans, les dernières que la junte militaire avait perdues ayant tout simplement été annulées, les militaires bien au chaud dans leurs privilèges désirant – c’est humain – les conserver. Chacun sait que ces nouvelles élections sont une mascarade et que la junte, cette fois, s’arrange pour les gagner. On se demande bien pourquoi les militaires tiennent tant à paraître démocrates puisque tout le monde sait qu’ils ne le sont pas.

Vous vous demandez peut- être pourquoi je vous raconte tout ça. Bien sûr, il faut comparer ce qui comparable, mais nous avons la chance de vivre dans une démocratie, certes imparfaite, certes très inégalitaire et parfois scandaleuse, certes critiquable, mais justement nous pouvons la critiquer et nous moquer, parfois méchamment, de ceux qui la dirigent. Alors en pensant aux billets de la blogosphère, les miens comme ceux des autres, j’ai eu une pensée pour la Birmanie,  car je ne suis jamais allé en Corée du Nord.

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Publié le 7 Janvier 2013

On écarte sa voiture de bonne grâce pour laisser passer une ambulance ou une voiture de pompiers. Pour une voiture de police, la prudence veut que l’on s’écarte également. Pour les voitures des dignitaires  qui cherchent à passer de force dans les embouteillages, le cocher criant jadis aux manants  de s’écarter pour laisser le passage au carrosse du prince remplacé aujourd’hui par une paire de motards, j’avoue que j’ai quelque réticence à m’écarter. Un de mes amis qui faisait la sourde oreille a reçu dans la carrosserie de sa voiture un coup de pied – non pas de l’âne – mais du motard qui escortait le  carrosse du prince laïque.

 

Je retranscris ici un billet paru le 2 novembre dans une revue médicale :

« Un de nos confrères me racontait que, se rendant à la clinique T. à Paris pour une urgence au bloc, il avait emprunté un couloir réservé aux autobus. Résultat : une contravention à 90 € ! Après tout, la loi, c’est la loi ! Même s’il y a longtemps eu une tolérance.

Le lendemain, je lisais que les voitures d’un certain nombre de privilégiés de notre nomenklatura, bénéficiaient d’un gyrophare, d’un avertisseur 2 tons et d’une plaque « Police » sur le pare-soleil.

Dans la liste de ces bienheureux, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris, le président de la Mission de lutte contre les dérives sectaires… et d’autres hauts dignitaires, dont les seules urgences sont de ne pas rentrer trop tard pour le dîner…

La notion d’urgence est « très subjective » doit penser Monsieur le Préfet de police. »

(E. Vincent)

 

 Goya-Le-carrosse.jpg

Goya « Le carrosse »

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Publié le 7 Janvier 2013

Le 14 octobre 2009, j’avais écrit une fable : « Le bon sens » et je m’aperçois que cette fable contient une solution possible à la situation bloquée actuelle.

Le gouvernement est bloqué sur ses positions. Eric Woerth, bien que bloqué par ses casseroles, bloque le vote au Sénat, les syndicats forment bloc mais ne savent pas comment débloquer la situation, les raffineries débloquées se bloquent dès que le bloc de CRS se retire, les automobilistes sont bloqués dans leur voiture, les lycéens peuvent sécher leurs cours sans remords et guérir leur angoisse de l’avenir en débloquant dans la rue, les casseurs envoient des blocs dans les vitrines et enlèvent tout en bloc.

Bref, ça va mal, avec les jeunes destinés à payer la retraite des vieux mais qui craignent pour la leur et les vieux qui tombent malades dès qu’ils la prennent.

Alors que constatons-nous aujourd’hui ? 

Dès que les jeunes prennent conscience d’eux-mêmes, beaucoup (nous ne parlons pas des marginaux qui acquièrent rapidement une indépendance aux dépens des autres) passent l’essentiel de leur temps enfermés dans des établissements austères, à étudier, même chez eux, à préparer des examens ou des concours, à apprendre un métier, à chercher un poste ou à faire des petits boulots s’ils n’en trouvent pas ou ont été licenciés.

Plus tard, dans le meilleur des cas, les gens se marient, doivent élever des enfants, divorcer, payer une pension, enterrer leurs parents et gravir péniblement les échelons d’une éventuelle carrière.

A la fin, lorsqu’ils sont plus ou moins satisfaits de leur situation (je parle des meilleurs cas), ils partent à la retraite ou sont obligés de la prendre (je ne parle pas des politiciens que l’on est parfois amené à abattre pour ne plus les voir). Et que se passe-t-il alors ? Ils ne font plus grand-chose, certains s’ennuient et regarde leur corps dépérir au point de se suicider.

On constate donc que la jeunesse qui possède tous les atouts pour jouir de la vie, perd beaucoup de temps à ne pas en jouir, alors qu’au-delà de la maturité on a le temps d’en jouir mais pas toujours les possibilités mentales et physiques pour le faire.

La solution est donc d’inverser le processus : laisser tout le temps aux jeunes pour s’éclater et demander, dès la maturité, aux anciens, tant qu’ils en sont capables, d’étudier et de travailler jusqu’à ce que mort s’ensuive.

C’est ainsi que les jeunes entretenus par leurs aînés, devenus plus nombreux, pourront être heureux et avoir beaucoup d’enfants qu’ils laisseront aux vieux satisfaits d’être utiles, en espérant que leur vie n’en sera pas abrégée, car qui payerait alors la retraite des jeunes ?!

 

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Publié le 7 Janvier 2013

A propos de mon billet sur Basquiat (« Basquiat était-il un génie ? ») un ami blogueur (Âne debout) pose la question de la définition de l’art. A cette question, qui a été l’objet de beaucoup de littérature, je ne pense pas que l’on puisse répondre dans l’absolu, comme on ne peut pas répondre à la question : qu’est-ce qui est beau ?

Chacun a son idée sur l’art, chacun a ses critères pour le définir, aussi vais-je tenter de donner mes trois critères qui n’ont rien d’originaux et qui ne sont sûrement pas valables pour tout le monde.

 

Il y a d’abord le savoir-faire, le côté artisanal de l’art, celui qui necessite un apprentissage, un travail et comme le disait Brassens : « le don sans technique n’est qu’une sale manie ». Le peintre doit apprendre à dessiner, à faire ses couleurs, le sculpteur doit apprendre à tailler et à maîtriser la matière, le danseur doit maîtriser son corps et obéir à une chorégraphie, le musicien doit travailler de longues heures sur son instrument ou sur les finesses de la compostion.

 

Ensuite arrive l’œuvre elle-même, le résultat de ce travail  et en donnant trois exemples, je vois trois possibilités (pour se limiter à la peinture) :

Soulages peint des tableaux entièrement noirs, on peut aimer ou ne pas aimer, mais il y a là un savoir-faire et un travail qui en font des œuvres d’art, le noir devenant autre chose que la négation de la lumière.

Andy Warhol a peint des boites de soupe, il y a là un travail, mais est-ce de l’art puisque ces œuvres ne dépassent pas le niveau d’une affiche publicitaire plutôt médiocre et sans aucune transcendance du réel ?

Et je crois que l’on ne peut plus parler d’art lorsqu’il n’y a pas d’œuvre, car il arrive que l’on expose des non-œuvres : une toile blanche, un morceau de bidoche, un bidet ou des excréments où il y a plus de perversion ou de provocation que de savoir-faire.

 

Enfin, il y a le ressenti du spectateur ou l’auditeur, celui-ci a sa définiton de l’art et des émotions personnelles devant une oeuvre qui viennent de son vécu, de son éducation, des influences qu’il subit, de son snobisme, de son intérêt personnel s’il doit vendre ou acheter, tous ces facteurs vont jouer dans son jugement. C’est un niveau indéfini et éminemment variable. Si quelqu’un vous dit qu’il ressent un émotion devant une toile blanche ou une merde, on ne peut que s’incliner, mais ressentir une émotion devant une non-œuvre me semble suspect, c’est ce type de jugement qui, dans l’art contemporain, a transformé rien en quelque chose, contribuant à la dégradation de l’art mais en permettant un commerce lucratif de la nullité.

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Publié le 7 Janvier 2013

 

J’ai vu sur le petit écran des lycéens et des lycéennes acnéiques réclamer, avec un enthousiasme révolutionnaire, de payer les retraites de leurs ainés désirant travailler moins longtemps. J’ai vu les apprentis meneurs et les apprenties meneuses avoir leur minute de gloire médiatique avec peut-être l’arrière-pensée de trouver ainsi leur premier job dans un parti politique, ce qui traduit la ligitime inquiétude des jeunes face au chômage. Mais je suis perplexe devant leur opposition à une réforme concernant les retraites qu’ils ne prendront en principe que dans une cinquantaine d’années et je suis supris de leur conception linéaire et programmée de leur avenir comme si ce qui se décide aujourd’hui restera valable dans un demi-siècle.

Pour ce qui concerne ma modeste personne, au sortir d’une guerre mondiale, j’ai connu en France, en  une cinquantaine  d’années, et pour faire bref : deux républiques, deux guerres coloniales, une menace sérieuse de guerre civile, une pseudo révolution, la guerre froide qui a bien failli être chaude à deux reprises, sans compter les autres évènements internationaux qui ont touché la France plus ou moins directement. On peut y ajouter, et ce n’est pas rien, tous les bouleversements technologiques qui ont changé la vie individuelle, le fonctionnement de la société et du travail, pendant que le visage grimaçant de la planète est devenu de plus en plus méconnaissable.

Alors, jeunes gens, il est bien naïf de penser que le cours des choses se déroulera sans accident, sans détours et il est bien illusoire de croire qu’un pet réformateur laché aujourd’hui aura un impact décisif et inchangé dans cinquante ans.

Alors, jeunes gens, je vous trouve bien sympathiques mais un peu cons.

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Publié le 7 Janvier 2013

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Salvador Dali : « Cygnes reflétant des éléphants »

 

Pour certains philosophes le monde extérieur n’existe que par notre perception et à la limite on pourrait même douter de son existence réelle. Pour ma part, je pense qu’il existe depuis que j’ai heurté une porte vitrée dont je pensais qu’elle n’existait pas, le toucher a douloureusement reconstruit le monde environnant après ma construction initiale erronée.

Chacun sait que les apparences peuvent être trompeuses. En politique le discours masque la réalité. Si nous faisions confiance à notre ouïe, elle bâtirait un monde parallèle qui n’aurait rien à voir avec le monde réel. L’odorat est trompé par les parfums : vous sentez une fleur et la fleur n’est pas là.

La vue n’est pas mieux lotie et c’est même avec ce sens que la tromperie peut être la plus grande avec des vecteurs comme la photographie, le film ou la télévision. Voici deux exemples qui se dispensent même de ces vecteurs :

Les rencontres de football dans le stade de Trieste se déroulent devant des gradins en partie vides. Stefano Fantinel, responsable de l’équipe locale La Triestina, a donc eu l’idée de faire couvrir les gradins vides d’une immense toile imprimée représentant 9000 supporters. Il a même trouvé une quinzaine de sponsors pour y apposer leur logo et envisage de diffuser de faux applaudissements.

Une bonne partie de l’armement de l’armée russe est factice, c’est sans doute l’armée qui achète le plus d’armes fictives au monde, notamment des chars, avions ou rampes de missiles sol-air gonflables et d’ici peu, elle sera dotée de missiles tactiques et stratégiques en plastique. Même à cent mètres, ces modèles sont impossibles à distinguer des armes véritables, elles laissent en effet la même signature thermique, radar et infrarouge que les armes qu’ils imitent et on peut les déployer avec une grande facilité : un char se gonfle en quatre minutes, une rampe de missiles en cinq minutes. Même factices ces armes destinées à tromper les services de renseignement coûtent cher : 23000 € pièce, mais je ne serais pas contre une fausse guerre n’utilisant que ces jouets coûteux et mes sens bâtiraient alors un monde habitable.

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Publié le 7 Janvier 2013

Le 9/10/10, un Français d’origine arabe porte plainte pour violence, discrimination et propos racistes contre un ophtalmologiste au cours d’une altercation provoquée par un retard du praticien dans ses consultations. Evidemment, j’ignore la réalité des faits qu’une enquête serait à même de préciser car le praticien nie avoir tenu de tels propos.

Je remarque cependant que dès les déclarations de la présumée victime, la médiasphère et même les autorités ont de suite condamné le médecin en proposant même de lui interdire le droit définitif d’exercer. Si les propos incriminés sont exacts, cela justifierait une condamnation du médecin devant les tribunaux, mais lui interdire définitivement d’exercer me semble bien disproportionné, car si une faute « humaine » a éventuellement été commise, il n’y a pas eu de faute médicale proprement dite.

Il est regrettable par ailleurs que ceux qui se considèrent comme des victimes ethniques, et souvent à juste titre, ont trop tendance dans une discussion vive à accuser leur interlocuteur de raciste lorsqu’ils se trouvent à bout d’arguments. Le fait d’être une victime dans un contexte social ou historique devrait ainsi leur donner automatiquement raison dans un conflit quelconque sans aucun rapport avec un conflit ethnique. Cette victimologie permanente conduit à décrédibiliser la réalité des véritables problèmes ethniques et devient irritante pour ceux qui, justement, ne sont pas racistes.

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Publié le 7 Janvier 2013

daumier-le-grand-escalier-du-P-de-J.jpgQuand j’étais interne en médecine – il y a donc fort longtemps – le règlement intérieur de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière stipulait que l’interne de garde avait droit à une botte de foin, non pas pour lui-même, mais pour son cheval qui lui permettait à l’époque napoléonienne de se déplacer rapidement en cas d’appel urgent, les distances à parcourir étant grandes lorsqu’un seul interne était de garde pour un aussi vaste hôpital. Il est possible que cette règle ait été abrogée depuis, mais ce n’est pas certain.

On ne s’est aperçu que récemment qu’en France ou au moins à Paris, les femmes (dont celles qui font partie des forces de l’ordre) sont hors la loi puisque l’ordonnance du 26 brumaire de l’an IX (17 novembre 1799) n’a jamais été abolie : « Toute femme désirant s’habiller en homme devra se présenter à la Préfecture de police pour obtenir une autorisation au vu d’un certificat d’un officier de santé ». Mais je me pose la question, à l’époque les jambes des femmes étant invisibles et voir une cheville féminine était d’un érotisme torride, quelles pouvaient être les raisons médicales justifiant le pantalon ? Si vous voulez, mesdames, régulariser votre situation, vous avez intérêt à en trouver une.

Illustration : Daumier "Le grand escalier du Palais de Justice"

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Publié le 7 Janvier 2013

« On a obtenu gain de cause, ma mère sera incinérée vendredi [1/10/10] à Toulouse [alors que la famille habite Bordeaux], car il y a un crématorium qui a des portes plus larges » a expliqué la fille de la défunte, qui avait dénoncé ce week-end la discrimination post-mortem qui touchait sa mère.

Pourquoi la fille parle-t-elle de discrimination ? Simplement parce que sa mère, sans doute atteinte d’une obésité pathologique, ne pouvait pas entrer dans le crématorium bordelais et accuse de ce fait les responsables de ne pas avoir prévu son cas. Et il s’agit en plus (ou en moins) d’une discrimination post-mortem.

 

A la suite d’une circulaire, pour le moins maladroite pour ne pas dire stupide, mentionnant spécifiquement les Roms, Viviane Reding, responsable de la Justice et des Affaires  intérieures à la Commission Européenne, s’est élevée contre une telle stigmatisation qui n’avait d’égale à ses yeux que celles appliquées lors de la Seconde Guerre Mondiale, protestation, qui sans le dire, faisait référence au port par les Juifs de l’étoile jaune afin de les distinguer du reste la population, avant de les exterminer en masse, de façon méthodique, du bébé au vieillard, de la Bretagne aux plaines d’Ukraine. Et pour faire bonne mesure les Allemands y avaient ajouté les Tziganes et les homosexuels.

 

Toujours à propos de l’expulsion de Roms, certains journaux étrangers ont parlé de déportation, non pas par un voyage interminable vers la mort dans des wagons plombés dans lesquels on pouvait mourir étouffé avant d’arriver dans les mouroirs, mais dans des avions pour ramener les Roumains dans leur pays d’origine, sans avoir été maltraités et nantis d’un petit pécule (qui leur permettra éventuellement de revenir).

 

Certains mots ont une telle connotation historique que leur signification en devient plus lourde. Les employer à tort et à travers finit par les dévaluer et par banaliser les faits historiques auxquels ils se réfèrent.

Bien sûr, nous devons rester vigilants, mais certains mots ont acquis un tel poids qu’il ne faut les employer qu’à bon escient et sans faire appel avec beaucoup trop de facilité aux évènements et aux protagonistes de la Seconde Guerre Mondiale. Ce que nous vivons aujourd’hui n’a heureusement rien à voir avec cette sombre période de l’Histoire.

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Beaucoup affirment comme une évidence et certains comme un avantage que la société française est devenue multiculturelle.

N’étant pas sociologue, j’avoue ne pas trop savoir ce que cela veut dire. Déjà le mot culture englobe bien des choses (en dehors de la culture individuelle). Il s’agit à la fois (petit Robert) de « l’ensemble des aspects intellectuels d’une civilisation » mais aussi de « l’ensemble des formes acquises de comportement dans les sociétés humaines », c'est-à-dire des mœurs. Quant au multiculturalisme c’est « la coexistence de plusieurs cultures dans un même pays ». Ce qui exclut a priori le mélange.

 

Si l’on envisage le premier aspect de la culture (la civilisation), la France au cours de l’histoire s’est enrichie de l’apport de nombreuses civilisations, à la fois par les invasions et l’immigration, mais ces apports n’ont pas coexistés, ils se sont fondus au cours du temps pour aboutir à la civilisation française dans un creuset où se sont mélangées les richesses artistiques, littéraires, philosophiques et scientifiques venues d’ailleurs. Il n’y a donc pas ici de multiculturalisme à proprement parlé, en dehors de l’art culinaire qui permet la juxtaposition de restaurants offrant un grand choix de cuisines exotiques.

 

Si l’on envisage le second aspect de la culture (les mœurs), le multiculturalisme devient plus difficile à saisir. Les mœurs admises par la grande majorité de la population française ont  été établies progressivement par une longue évolution historique : révolutions, revendications, législation. Comment ces mœurs, issues de combats historiques, acceptées par consensus et susceptibles encore d’évoluer, peuvent-elles coexister avec des mœurs venues de pays qui n’ont pas suivis la même évolution ? Car elles sont le plus souvent très différentes et parfois en opposition avec les comportements habituels de la population. Ce sont presque toujours des mœurs qui n’ont guère évoluées au cours de l’histoire, fixées par un obscurantisme religieux ou des pratiques ancestrales et qui apparaissent de ce fait comme rétrogrades aux yeux de la société française.

 

Ceux qui parlent de société multiculturelle comme d’une évidence ne semblent guère se poser la question. Ils avancent (les plus raisonnables) que ce multiculturalisme doit rester dans le cadre de la République et obéir à ses lois. Fort bien. Mais comment concilier la polygamie, la soumission de la femme, l’excision, l’absence de condamnation de la charia et autres joyeusetés avec les droits de l’homme et les lois françaises ?

 

Si ces comportements tentent de se maintenir, on aura la juxtaposition d’une société légale et d’une marge illégale, ce qui n’a rien d’une société multiculturelle.

 

Si  les communautés venues avec des mœurs inconciliables avec la législation  républicaine, sont obligées de les abandonner, le multiculturalisme disparait (même s'il peut rester dans les têtes) ou devient de fait qu’une juxtaposition de religions (essentiellement Christianisme et Islam) ou une opposition religions / laïcité ou athéisme. Ce qui n’a rien de nouveau, à cela près que l’Islam est une religion qui comporte une part temporel importante et on comprend que ses tenants maintenant nombreux (mais combien de pratiquants ?) plaident pour une société multiculturelle (en fait bi-confessionnelle) en revendiquant comme un droit de suivre certaines pratiques issues du Moyen Age, en espérant que la société française, dans sa grande bonté, finira petit à petit par les admettre.

 

Voir également : "Le camping de la "diversité"

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Publié le 7 Janvier 2013

SALAIRES MENSUELS

 

Pays

 

Entraineurs de l’équipe nationale de football

Premiers ministres du pays

PAYS-BAS

154000

14500

FRANCE

100000 (Laurent Blanc)

20000 (François Fillon)

               SLOVENIE

25000

3000

 

Source : étude de la fondation néerlandaise WageIndicator rapportée par Le Point du 23/09/10.

 

On peut donc en conclure qu’être sélectionneur de l’équipe de football d’un pays est plus difficile, plus prenant, plus périlleux et exige plus de compétences qu’être le responsable d’une équipe gouvernementale de ce même pays mais sans avoir la valeur du joueur capable de pousser une balle avec ses pieds malgré le poids d’or qui pèse sur ses épaules.

Et que de talent lors des conférences de presse ! Attendu comme un oracle par une meute de journalistes dont les questions stupides amènent des réponses qui ne le sont pas moins. Le sélectionneur ne dit rien, car il n’a rien à dire. Que voulez-vous qu’il dise ? Avant un match, il ne peut qu’affirmer que son équipe est bien préparée, qu’il a sélectionné les meilleurs joueurs dont il dispose, qu’il espère que son équipe gagnera, même si l’adversaire est à redouter. Après un match gagné, il sera souriant et content de lui, restera modeste en félicitant ses joueurs, mais en ajoutant que cette victoire est le résultat du travail accompli (par lui), même si elle est manifestement due à une erreur d’arbitrage sur laquelle il glisse très vite comme si elle n’avait aucune importance. Après un match perdu, l’exercice est plus difficile, mais cette défaite, où on a manqué de réussite malgré les bonnes occasions, lui a heureusement permis de voir quelques défauts qu’il pourra ainsi corriger et gagner la prochaine fois.

D’une façon générale les interviews des sportifs sont affligeants, pour la bonne raison que les journalistes n’ont rien à demander et les sportifs rien à répondre. Il y a quelques temps j’ai entendu le présentateur d’un journal télévisé demander à un athlète qui venait de gagner une course de 100 mètres : « mais qu’est-ce qui vous fait courir aussi vite ? ». L’athlète, qui courait plus vite qu’il ne pensait, a paru embarrassé. A sa place, j’aurais répondu : « une envie pressante de pisser ».

 

 

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Publié le 7 Janvier 2013

Le-jour-de-la-manifestation-du-19.03.09.jpgAujourd’hui, à Paris, la manifestation organisée par les syndicats pour protester contre la réforme des retraites (dont on ne sait pas exactement la teneur) se déroule de la Place de la République à la Place de le Nation en passant, bien sûr, par la Place de la Bastille. République, Bastille, Nation, trois mots symboliques.

Ce parcours est presque toujours emprunté par les manifestations populaires et ceci depuis des  décennies. Oserais-je dire que ce choix est archaïque pour ne pas dire ringard ? Le peuple défile à l’est et les super riches se marrent à l’ouest.

Il me semblerait logique (et quasi révolutionnaire) d’inverser le sens du défilé populaire. Je propose donc aux syndicats pusillanimes :

de réunir les manifestants sur la Place de la Concorde en face de l’Assemblée Nationale où siègent (quand ils en ont le temps) les députés qu’ils ont élus,

de passer devant le Palais de l’Elysée d’où viennent les décisions,

de remonter les Champs Elysées, beaux hôtels et articles de luxe dont ils pourront rêver,

de passer par l’Arc de Triomphe et près de la tombe du Soldat Inconnu qui selon toute probabilité est l’un des leurs,

de descendre l’avenue de la Grande Armée, belle avenue, mais qui manque un peu d’animation,

de traverser Neuilly dont les habitants pourront ainsi voir de près le populo dont on leur parle tant,

pour aboutir au quartier sensible de la Défense, un des symboles du capitalisme en action.

Il me semble plus logique et efficace de protester dans les lieux d’où vient l’objet de la protestation plutôt qu’entre soi, en se bornant à compter le nombre aléatoire des manifestants.

Vous pensez qu’un tel parcours serait interdit ? Sans doute, mais a-t-on essayé de le proposer ? Le refus lui-même serait symbolique.

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Publié le 7 Janvier 2013

Récemment les médias ont rapporté une usurpation d’identité que l’on a mis un certain temps à découvrir : un délinquant avait usurpé l’identité de son frère, il commettait des délits et c’est son frère, innocent, qui purgeait les peines.

Mais l’usurpation d’identité est chose commune et elle peut même durer des siècles.

Ainsi les dictateurs parlent au nom du peuple et s’efforcent de le faire taire pour qu’il n’y ait pas de contestation. Le dictateur commet des délits et c’est le peuple qui purge les peines. Dans les démocraties, les hommes politiques parlent également au nom du peuple et lui fait dire ce qu’ils veulent : « les Français demandent que…ça n’intéresse pas les Français…etc ».  Bien sûr ils peuvent se baser sur des sondages « représentatifs » qui ne représentent en fait que 0,0000166 de la population française.

Et que dire des prophètes, des prêtres, des popes, des papes, c’est pire (là, je suis allé en P). Ils parlent tous au nom de Dieu, un mec qu’aucun n’a rencontré, ou alors ils connaissent quelqu’un qui a rencontré quelqu’un qui a vu quelqu’un…Chaîne interminable et le dernier de la chaîne aurait vu un envoyé de Dieu, mais personne n’était là pour le constater.

Ils parlent tous au nom de Dieu et en quels termes définitifs ! « Dieu a dit que…Dieu veut que…Vous insultez Dieu !… ». Qu'en savent-ils ? Ont-ils chacun un téléphone rouge branché sur le Ciel par l’intermédiaire d’un satellite consacré ? Pour une usurpation d’identité, c’est une usurpation d’identité ! Et combien de victimes innocentes ont payé pour ce délit !

Et quelle outrecuidance de prétendre connaître les états d’âme de Dieu !

Mais parler à la place de Dieu n’est-ce pas un blasphème ?

Tiens, je demanderai son avis à Dieu la prochaine fois que je le verrai et je vous en ferai part.

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Publié le 7 Janvier 2013

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 Rembrandt : « Vieil homme en rouge »

 

Lorsqu’une personne âgée de plus de 70 ans est le héros malheureux d’un fait divers (comme cet homme de 73 ans, je crois, qui a blessé les deux femmes venues le cambrioler), les médias parlent souvent de vieillard. Ce terme semble réservé au bon peuple d’en bas, car il n’est jamais utilisé pour le peuple d’en haut : homme politique (par ex. Chirac ou Pasqua), intellectuel (comme Lévi-Strauss mort à 101 ans) ou pour une personne à la tête d’une grande fortune (on dit que Mme Bettencourt est une dame âgée, mais on ne dit pas que c’est une vieillarde).

Le terme de vieillard implique le grand âge mais également une connotation de décrépitude. Ce qui veut dire que les médias éprouvent du respect pour le peuple d’en haut en évitant de le dévaloriser mais ne se privent pas de le faire pour le menu fretin.

Peut-être que cette façon de voir est-elle spécifique de la société occidentale car dans d’autres parties du monde comme en Asie ou en Afrique, il existe un respect des plus anciens à qui il est attribué une sagesse liée à leur expérience (bien qu’un proverbe chinois considère que l’expérience acquise n’est qu’une lanterne accrochée dans la dos n’éclairant que le chemin déjà parcouru). Ce respect va même au-delà de la mort avec le culte des ancêtres.

La société occidentale est coupée en tranches générationnelles sur le plan socio-économique mais également familial, avec des contacts restreints ou forcés entre les générations et rarement une imbrication souhaitée. Mais à ce découpage quasi communautaire vient s’ajouter une inégalité du traitement médiatique selon la classe à laquelle on appartient.  

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

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Simon Vouet : « Diseuse de bonne aventure dal Pozzo » 1617

 

On parle beaucoup en ce moment des Roms et des « gens du voyage ». Je connais mal ces communautés car pour connaître des groupes humains il faut vivre un certain temps en leur sein. Ma profession m’a cependant permis d’avoir quelques contacts avec eux. J’ignore s’il s’agissait de Roms ou de « gens du voyage », peut-être s’agissait-il de ces derniers car ils parlaient correctement le français, mais les Roumains sont doués pour les langues.

Je les ai trouvés plutôt chaleureux, mais cette impression n’a guère de valeur car étant médecin, ils avaient besoin de moi. Ces gens vivent et voyagent en groupe et ont un instinct communautaire ou familial développé avec des liens solidaires profonds.

Lorsque l’un d’eux était hospitalisé, des groupes compacts montaient la garde dans les couloirs de l’hôpital le jour et parfois la nuit et bien sûr en dehors de heures de visite, bonnes pour les sédentaires. Devant mon bureau il y avait un espace avec quelques chaises, et à une époque, chaque matin en arrivant j’y trouvais une dizaine de personnes, en majorité des hommes qui restaient debout, les femmes étant assises. Ils ne me demandaient rien, mais toute la journée ils restaient proches d’un de leurs aînés hospitalisé en unité de soins intensifs. Pendant une semaine je retrouvais les mêmes devant la porte de mon bureau, si bien qu’un matin, après leur avoir dit bonjour, je me suis tourné vers eux en leur demandant : « Vous ne travaillez donc jamais ? ». Le lendemain matin ils avaient disparu.

Ce qui est très probable, c’est qu’ils nous prennent pour des cons (ils n’ont peut-être pas tort). Un jour ma secrétaire me passe une communication téléphonique qui se voulait personnelle. Mon interlocuteur m’avertit qu’il vient de prendre un rendez-vous de consultation avec moi pour leur vice-roi. J’ignore ce que signifie ce titre et même s’il existe, mais mon interlocuteur paraissait plein de respect pour le personnage, il est d’ailleurs venu l’accompagner le jour de la consultation. Après  celle-ci je remplis une feuille de sécurité sociale et j’annonce mes honoraires (tarif conventionnel). Mon patient royal me regarde en souriant et m’annonce, lui, qu’il n’a pas d’argent pour me payer. Je le regarde à mon tour et je lui dis, également en souriant, que pour un vice-roi cette situation manquait de dignité. Alors il hoche la tête, plonge dans la poche intérieure de sa veste, sort un rouleau de billets de banque maintenus par un élastique et en extrait une coupure pour me régler. Je ne fis aucune remarque et lui non plus et nous nous sommes quittés bons amis.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Dix otto les nocturnes 2Entre le réveillon de Noël et celui du jour de l’an, s’installe une semaine molle où domine l’introspection intestinale déclenchée par la première fête obligée et la perspective de la seconde.

Comment ne pas être séduit par Noël, occasion annuelle de réunir les familles dont les membres se tenaient prudemment éloignés, occasion de paraître sous son meilleur jour, en sachant que chacun regardera l’autre pour juger de l’impact sur chacun de l’année écoulée. Et  il y a les cadeaux. Vouloir faire plaisir à l’autre est un beau mouvement. Des cadeaux qui, même décevants, sont accueillis avec une émotion feinte, mais que l’on a toujours l’opportunité de vendre sur internet.

Comment ne pas être enthousiasmé par la joie démonstrative et les embrassades contraintes à l’aube de la nouvelle année, gaîté parfois renforcée – avec un peu de chance - par les cotillons, le port avantageux de chapeaux pointus, la folie des farandoles agrémentées d’attachants serpentins et d’une pluie multicolore de confettis que l’on ramène religieusement chez soi dans les cheveux et le pli de ses habits.

Comment ne pas se réjouir d’être encore là, même si vieillir n’est pas réjouissant.

Je suis certain que ce billet mou ne ternira en aucune façon le souvenir du joyeux Noël déjà passé et de la promesse du jour de l’an à venir.

 

Illustration : Otto Dix « Les noctambules »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Ce billet est une mise à jour, dictée par l’expérience acquise, d’un article mis en ligne en juin 2008 (« Envoi de fleurs »).

 

vermeer-dame-ecrivant-une-lettre.jpgOn a toujours besoin des autres pour exister. Enfin de moins en moins, puisque les autres s’en vont de plus en plus.

Dans le monde des blogs, les autres réapparaissent et ils ont l’avantage (ou le désavantage ?) d’être désincarnés, lointains et plus ou moins anonymes. Ainsi se nouent ce que des blogueurs appellent des « amitiés virtuelles ». Il serait plus juste de parler de relations ou de correspondances car utiliser ici le beau mot d’amitié, c’est le galvauder. Il n’y a ni vision vivante, ni histoire commune, ni aide donnée ou reçue et les relations virtuelles peuvent disparaître aussi vite qu’elles apparaissent (que de visites flatteuses sans lendemain !), ce qui n’est pas le cas des relations amicales. L’amitié comme l’amour est toujours risquée, pas la relation entre blogueurs. Bien sûr, les blogueurs jouent le jeu sans être dupes, même si on est parfois surpris par des élans auxquels on peut être sensible.

 

La question est de savoir si aller sur le blog d’autrui c’est y rechercher un contenu de qualité ou si en laissant  un commentaire en général flatteur, c’est espérer la réciproque. Ainsi peut s’installer, essentiellement pour les blogs à visée littéraire, un envoi de fleurs mutuel transformant la plateforme en une entreprise assimilable à « Interflora » et des textes médiocres en œuvres de génie. Mais le besoin et l’effort d’écrire – communs à tous les blogueurs - doivent toujours être respectés, quel qu’en soit le résultat, quitte à partir sur la pointe des pieds et en silence, un jugement personnel n’étant pas un critère de valeur.

 

Je dois avouer qu’il m’arrive parfois de laisser un commentaire même lorsque je n’ai rien à dire, en espérant que le commenté(e) viendra me rendre la politesse en visitant mon blog (car celui qui écrit, même pour lui, espère bien un jour être lu). C’est le dernier billet mis en ligne qui a l’honneur d’être lu, les précédents étant navrés d’être le plus souvent méprisés. Je suis parfois surpris par la discordance entre la qualité d’un billet et le nombre de commentaires à son propos. Ce sont les plus courts et dont l’intérêt parait a priori limité qui en recueillent souvent le plus, venant ainsi apporter la preuve que la nature a horreur du vide.

 

Bien que je visite presque toujours les mêmes blogs dont les auteurs me paraissent d’un haut niveau et bien que leur nombre est restreint (une multitude de blogs remarquables m’échappe en raison de ma paresse exploratoire), pour des raisons diverses, je n’ai pas établi de liens, si bien que je les visite en retour que lorsque leurs auteurs ont laissé un commentaire sur le mien. Ce renvoi mécanique d’ascenseur n’est pas la meilleure façon d’augmenter son audience, car cette manœuvre aboutit à tourner dans un cercle restreint, mais l’essentiel n’est-il pas qu’il soit apprécié ?

 

Si les commentaires flatteurs ou approbateurs sur les blogs sont les plus nombreux, de vrais débats existent parfois, en général courtois et enrichissants. Ailleurs, les insultes ne sont pas exclues, il faut bien que les refoulés, cousins des délateurs anonymes, se défoulent et la plateforme se transforme alors en thérapeutique de libération émotionnelle.

Il est certain que le blog peut avoir une vocation de psychothérapie. Certains blogs se livrent d'ailleurs à une concurrence victimaire. S’épancher devant un public sans visage est moins cher qu’une psychanalyse, le blogueur à l’écoute est aussi silencieux qu’un thérapeute, mais son commentaire a plus de compassion.

D’autres servent plus ou moins de journal intime dont la séduction peut venir de l’autodérision et de leur humour.

 

A côté des blogs qui exposent une matière précise (la cuisine et le tricot semblent avoir beaucoup de succès), de nombreux sites publient des billets qui, renforcés par leurs commentaires, servent en fait d’exutoires, tantôt sous la forme d’analyses critiques ou de « coups de gueule » sur le monde qui nous entoure, avec un regard moins convenu que celui des journaux, tantôt portés par un souffle révolutionnaire ou anarchique, libération vengeresse d’autant plus explosive qu’elle ne débouche sur aucun acte et sur aucun risque et que l’auteur, prudent, garde le plus souvent l’anonymat.

 

Illustration : Jan Vermeer « Dame écrivant une lettre »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

brouwer devoirsCe tableau a été peint par le peintre flamand Adriaen Brouwer au début du XVIIe siècle (il est mort de la peste en 1638) et s’intitule « Devoirs désagréables d’un père ». Je pense qu’il peut s’interpréter de deux façons.

 

La première interprétation serait logique si l’on tient compte de l’époque : le père donne la fessée à son enfant.

Pendant des siècles les rôles du père et de la mère étaient bien définis au sein de la famille. La mère s’occupait de l’enfant en bas âge, de la cuisine, de son intérieur, mais chez les gens riches ces tâches pouvaient être confiées - sous le contrôle de l’épouse – à une nourrice, une gouvernante et des domestiques, l’épouse elle-même étant subordonnée à son époux.

Le père, c’était l’autorité, la protection de sa famille (allant jusqu’à la guerre) et il avait le devoir de subvenir à ses besoins. Il ne s’occupait de l’enfant que plus tard pour l’éducation, l’apprentissage d’un métier ou de la guerre. Les caractéristiques de ce rôle masculin constituaient aussi des traits apparents de la virilité.

 

Mais il y a une deuxième interprétation possible suggérée par le torchon tenu par la main du père. Que fait-il dans sa main, si ce n’est pour torcher son enfant ? Car pour lui donner la fessée, ce n’est guère commode. Dans ce cas on aurait là l’ancêtre des « nouveaux pères ».

En effet, ces dernières décennies le rôle du père au sein de la famille et vis-à-vis de l’enfant  a changé. Le père tient de plus en plus à partager avec la mère (et parfois seul) toutes les tâches que nécessitent un enfant en bas âge. La grande majorité des pères (86% selon Ipsos en avril 2004)) serait prête à prendre un congé paternité de quelques mois au moment de la naissance et même pour la plupart d’entre eux une année sabbatique pour vivre plus intensément leur paternité (c’est l’impact financier qui les retiendrait). Ce sont les plus jeunes (avant 35 ans) qui paraissent les plus convaincus. La mentalité de l’homme a changé, même aux yeux des femmes,  cependant plus sceptiques. Ajoutons que, selon le sondage Ipsos, près d'un homme sur 10 aimerait « beaucoup » être enceint et près de 4 sur 10 pourraient l'envisager.

 

Dans nos sociétés occidentales on assiste donc à une tendance, pour ce qui concerne leur rôle respectif, vers une féminisation de l’homme et parallèlement à une masculinisation de la femme. Leurs domaines se chevauchent. Se chevaucher, n’est-ce pas la meilleure façon de faire des enfants ?

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Publié le 7 Janvier 2013

sloan_election_night.jpgL’embêtant avec des élections est qu’on peut les perdre, aussi chaque pouvoir a une interprétation qui lui est propre des résultats d’un scrutin ou même de l’intérêt d’être élu ou non. Les modes d’emploi en sont très divers :

 

1) Ne jamais organiser d’élections populaires en considérant que le pouvoir sait mieux que le peuple ce qui est bon pour lui.

 

2) Organiser des élections avec un seul candidat en lice, celui du pouvoir, considérant que le pouvoir est par définition l’émanation du peuple.

 

3) Organiser des élections comme on joue à la roulette, le pouvoir espérant être conforté par le peuple et apparaître aux yeux du monde comme un régime démocratique. Qu’à cela ne tienne, s’il les perd, il les annule ou se proclame vainqueur d’une façon ou d’une autre : fraudes réelles, imaginaires ou provoquées, accusation d’une intervention étrangère, décision d’un conseil quelconque tenu par le pouvoir ou autre argutie. Cette façon d’agir tient de la légitime défense, car si l’opposition arrive au pouvoir et à ses avantages, elle risque fort de faire payer au vaincu ses actions passées.

 

4) Respecter les résultats des élections, le pouvoir ayant fait ce qu’il peut pour le garder en jouant sur le mode électoral et le découpage des circonscriptions. C’est le mode d’emploi des régimes démocratiques, ce qui ne veut pas dire que ce respect des résultats d’un scrutin s’applique automatiquement aux résultats d’un référendum dont on peut ne pas tenir compte ou faire revoter pour obtenir le bon résultat. Ce qui ne veut pas dire que l’opinion d’un député élu du peuple, mais au sein du parti au pouvoir, ait une influence puisqu’il doit se soumettre au pouvoir s’il veut obtenir l’investiture pour être réélu, sa réélection étant le moteur principal de son action.

 

5) Opter pour des élections justes avec une représentation proportionnelle à l’image de toutes les tendances d’un peuple, ce qui aboutit à un gouvernement injuste où ce sont les tendances les plus faibles qui ont le plus d’influence par le jeu des alliances nécessaires pour gouverner.

 

Illustration : John Sloan "Nuit d'élection"

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Publié le 7 Janvier 2013

vit-C-2.JPGL’agriculture biologique (vous avez déjà vu une agriculture qui ne soit pas biologique ?) fait des miracles : elle réussi à faire pousser des comprimés de vitamine C (acide ascorbique) de façon durable et responsable sans utiliser des engrais chimiques de synthèse, des pesticides de synthèse et bien sûr des organismes génétiquement modifiés.

L’acide ascorbique ne peut, bien entendu, n’être que de l’acide ascorbique, qu’il soit obtenu à partir de plantes ou par synthèse. Comment un acide ascorbique peut-il devenir BIO ? Et quel peut bien être l’avantage d’un acide ascorbique BIO par rapport un acide ascorbique non BIO ? Le marchand qui vend les comprimés me répondrait sans doute, pour défendre son affichage attractif, que ce n’est pas la vitamine C qui est BIO, mais les ingrédients. A noter en outre que le chiffre 1000 figurant sur le tube ci-contre pourrait être attribué à la dose de vitamine C, habituellement vendue sous ce dosage, il correspond en fait au fruit d’origine, la dose de vitamine C par comprimé étant de 180 mg. Petite entourloupe supplémentaire.

 

Sur un tube différent, de même provenance, et sans le label BIO,  il est indiqué que LA VITAMINE C EST 100% NATURELLE. Encore une fois, qu’elle est la différence entre l’acide ascorbique naturel et celui qui est « artificiel » et dont la formule chimique (très simple) est évidemment la même ? Impossible ici de masquer l’argument purement publicitaire.

 

Il est irritant que l’écologie devienne un artifice publicitaire souvent abusif et que les marchands utilisent de façon intéressée et désinvolte les termes « naturel », « éco », « bio », « durable », « responsable » pour attirer les gens sensibles à la destruction de la planète et leur vendre, en général un peu plus cher, leurs produits qui ne diffèrent guère ou pas du tout des produits habituels (sauf, pour les honnêtes, dans la manière de les obtenir).

Mais le pompon est évidemment à décerner aux grandes entreprises qui polluent largement la planète tout en  nous saoulant de leurs préoccupations écologiques dans leurs publicités émouvantes et pseudo-philanthropiques.

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Des personnalités comme Axel Kahn ou Boris CyrulniK proposent de supprimer les notes pour les élèves du primaire. Cette notation pour de jeunes enfants leur parait contre productive et traumatisante avec des conséquences psychologiques néfastes qui pourraient, pour certains, être à l’origine du rejet de l’école.  Il faudrait plutôt – et en ceci ils ont raison – faire aimer l’école et la notation ne va pas dans ce sens. Ce qui n’empêcherait pas – si j’ai bien compris leur démarche – l’appréciation de leur travail. Ces personnalités ont de bons arguments, mais j’avoue que l’appréciation me parait assez proche de la notation et que si la notation juge un travail, l’appréciation juge peut-être davantage l’enfant lui-même.

Une façon pour un jeune enfant d’aimer l’école serait qu’il s’y amuse.

En ce sens une quarantaine d’écoles coraniques au Royaume-Uni ont trouvé la solution pour amuser les enfants. Selon un documentaire de la BBC, on y apprend comment amputer les mains et les pieds des voleurs (avec schémas à l’appui) et la meilleure méthode d'exécution pour punir un homme reconnu coupable d'homosexualité (on a le choix entre lapidation, bûcher ou chute du haut d'une falaise). Ces leçons sur la charia sont au programme de près de 5000 jeunes de 6 à 18 ans au Royaume-Uni.

On y apprend aussi la haine, ce qui est motivant pour entrer dans la vie active, la haine des infidèles, dès l’âge de 6ans, en leur affirmant que ceux qui ne croient pas à l’Islam sont voués au « feu de l’enfer » et bien sûr, la haine des juifs (l’enseignement chrétien a été similaire pendant longtemps) qui ressembleraient à des singes et à des cochons (ce qui risque néanmoins de les égarer pour les reconnaître).

J’ignore si les notes sont supprimées pour ne pas traumatiser les élèves de ces écoles religieuses, mais il y a quelques temps pour ne pas heurter les élèves de confession musulmane dans les écoles publiques anglaises, il a été proposé de ne pas parler de la Shoah dans les cours d’histoire de la deuxième guerre mondiale et dans les écoles publiques françaises des quartiers « sensibles », on le fait avec prudence [ ?]. On se demande vraiment pourquoi, puisque pour cette fois l’Islam n’y était pour rien et que peut-être certains musulmans, malgré leur sensibilité, pourraient être enchantés de voir le peuple juif mené à l’abattoir par un peuple chrétien.

 

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Publié le 7 Janvier 2013

Non, je ne veux pas parler du dernier prix Goncourt (que je n’ai pas lu), mais du virtuel à l’origine d’une petite guerre bien réelle. Des soldats nicaraguayens ont récemment franchi le fleuve San Juan, qui sépare le Nicaragua du Costa Rica et ont planté un drapeau sur l’île costaricaine de Calero. L’île est située sur une zone frontalière dont la souveraineté a longtemps été contestée, mais elle a été reconnue comme faisant partie du Costa Rica depuis 1897. Et pourquoi cet incident de frontière ? A cause de Google Maps qui a cédé à tort au Nicaragua une bande de terrain de 2,8 km de long, carte erronée mais que les nicaraguayens considèrent comme absolument correcte.

Le réel s’est dons aligné sur le virtuel et la carte a rectifié le territoire. Le virtuel devient la référence et tend de plus en plus à remplacer le réel, que ce soit dans les relations humaines, dans les jeux, substituts de la réalité, dans le travail où le courriel prime sur la conversation ou dans les échanges financiers complètement déconnectés de l’économie réelle.

Cette civilisation du virtuel est évidemment d’une grande fragilité, à la merci de virus informatiques ou tout simplement d’une panne prolongée de l’alimentation électrique. Une dépendance qui risque un jour de se retourner contre nous.

Mais la dépendance au virtuel n’est pas une nouveauté et l’homme s’y est habitué de longue date par son addiction aux religions, à l’abri des virus et des pannes d’électricité, ce qui n’est pas pour nous rassurer.

 

Imam prêtre rabbin JR

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Publié le 7 Janvier 2013

Lechat-supercouillon.jpgChacun connait la formule Thatchéro-Reaganienne : « le problème, c’est l’état ». Cette formule s’applique sans conteste aux états totalitaires, mais elle concernait des états démocratiques où elle a poussé à sacrifier les services publics au service de tous, pour introduire des entreprises privées au bénéfice de quelques uns, au nom de la concurrence dont on attend toujours les retombées positives promises.

La conception d’un libéral vis-à-vis de l’état est : si je perds tu perds et si je gagne tu perds aussi. En voici quelques exemples :

 

Lorsque les banques ont perdu leur mise au casino de la finance, elles se sont tournées vers les états en pleurant : « allo, maman bobo » pour qu’ils assurent leur fiabilité en aggravant pour beaucoup leur propre dette, dette dont elles pourront ensuite tirer éventuellement des bénéfices, tout en maintenant la rémunération de leurs dirigeants, partisans d’un libéralisme bien tempéré par les contribuables que l’on récompense en maintenant des frais bancaires élevés.

 

Serge Dassault est un grand libéral, qui se dit gêné par la puissance publique, mais comme l’étranger n’en veut pas, il ne vend ses « Rafale » qu’à l’état français. Son libéralisme vole haut propulsé par l’argent des contribuables.

 

Servier a horreur du socialisme, se méfie de ses employés qu’il espionne, n’a de cesse de dénoncer les abus étatiques (il aurait même fait paraître deux ouvrages pour les dénoncer), mais son laboratoire aurait gagné environ 1 milliard d’euros en une trentaine d’années, en vendant le Mediator, produit inefficace, sinon pour détériorer les valves cardiaques, avec la complicité de l’état et est sans doute satisfait d’avoir été décoré par son ancien employé, aujourd’hui Président de la République, de la grand-croix de la Légion d’honneur. L’ultralibéral Servier a horreur de l’état, mais trouve normal d’avoir vécu pendant tant d’années à ses crochets. Et on ne dit pas merci pour ce milliard payé par l’Assurance Maladie et les mutuelles ? Un libéralisme bien tempéré par l’argent des contribuables dont certains ont du se faire opérer du cœur, toujours aux frais de la sécurité sociale.

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Publié le 7 Janvier 2013

IMAGE_222.jpgDans un îlot européen qui flotte encore sur la misère du monde, où les armes restent encore muettes, où l’on ne fabrique plus grand chose pour le quotidien, car on a appris aux autres à fabriquer ce qu’on leur achète, où l’on invente ailleurs pour vite remplacer ce qui s’est vendu la veille et où vivre c’est d’abord consommer, dans cet îlot où l’écume de la misère affleure les trottoirs, un mot magique ouvre les cavernes d’Ali Baba : soldes.

 

Dès qu’elles peuvent se libérer, les foules attendent l’ouverture des magasins, se précipitent et s’agglutinent dans les cavernes colorées, les femmes, plus que les hommes, errent entre les rayons inondés de marchandises et leur regard vigilant recherche de loin une nippe attractive et une fois repérée, elles se précipitent dessus avant que d’autres la distinguent, l’œil agressif si une concurrente ose mettre la main dessus.

Et les petits bataillons de charmantes Chinoises qui, tout en pépiant, viennent se procurer sous le ciel de Paris ce qui se fabrique chez elles.

 

Puis elles s’en vont heureuses de leur trouvailles, achetées parce que qu’elles ne pouvaient se le permettre auparavant ou simplement pour acheter parce que ce sont des soldes et que l’on ne doit pas rater cette occasion.

 

Elles montreront fièrement les acquisitions à leur entourage, puis elles les rangeront soigneusement pliées dans leurs armoires où elles seront peut-être abandonnées.

 

Mot magique

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Publié le 7 Janvier 2013

De nombreuses associations ont porté plainte, pour diffamation et provocation à la haine raciale, contre le chroniqueur Eric Zemmour, celui-ci ayant déclaré dans les médias que le « contrôle au faciès » par les policiers était justifié car les plupart des délinquants et des trafiquants étaient noirs ou d’origine arabe.

A ce propos, je me suis posé les questions suivantes :

 

Cette déclaration repose-t-elle sur des faits exacts ?

Oui. Cette catégorie de la population fréquente proportionnellement bien plus les prétoires et les prisons que le reste de la population.

 

Cette déclaration va-t-elle à l’encontre de la loi française ?

Oui. Puisqu’il est interdit de distinguer une catégorie de Français en fonction de l’origine ethnique, de la couleur de la peau ou de l’appartenance religieuse.

 

Cette déclaration est-elle dangereuse ?

Oui. Car la grande majorité des Français noirs ou d’origine arabe ne sont ni délinquants ni trafiquants et risquent de subir un ostracisme injuste en étant assimilés à une minorité peu recommandable.

 

Cette déclaration est-elle utile ?

Non. Car ce constat est connu de tous (bien que les statistiques ethniques soient interdites en France) et ne peut conduire à aucune mesure officielle efficace pour réduire la délinquance. Les « contrôles au faciès » continueront, ils sont humainement condamnables et conduisent à perturber la vie de nombreux innocents, mais ils sont plus efficaces que s’ils n’étaient pas faits selon ce critère.

 

En conclusion : toute vérité n’est pas bonne à dire, surtout lorsqu’il est sans utilité de la proclamer.

Reste qu’à trop criminaliser la parole, le risque est de dissocier le discours et la réalité dans une société bien-pensante mais paralysée.

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Publié le 7 Janvier 2013

bosch-l-enfer.jpgLe Point du 6 janvier 2011 rapporte qu’à Cadix, un professeur d’histoire-géographie a été poursuivi par les parents d’un élève musulman qui s’était dit « offensé », car ce professeur avait osé enseigner les secrets de fabrication du jambon ibérique. Le motif de la plainte était : « mauvais traitements psychologiques sur fond de xénophobie » et cours insultant les « croyances islamiques ». La Fédération des musulmans d’Espagne est cependant intervenue en soulignant que s’il est interdit de manger du jambon, il n’est pas interdit d’en parler.

 

Si le christianisme a souvent associé le Diable et le porc, la consommation de ce dernier (le premier doit être particulièrement indigeste) est très appréciée en Asie comme en Occident, au point de polluer les cours d’eau par son élevage intensif.

Jules Renard disait : « Quel admirable animal que le cochon.  Il ne lui manque que de savoir faire lui-même son boudin ». Dans le cochon tout est bon, y compris ses valves cardiaques qui peuvent remplacer celles de l’homme, il est vrai que sur le plan anatomo-physiologique le porc et l’homme sont assez proches et certains pensent même qu’un l’un sommeille dans l’autre.

 

L’interdiction de sa consommation en tant qu’animal impur vient du Judaïsme. Les juifs croyants sont ainsi privés de viande de porc (entre autres) depuis des siècles, car si cet animal a bien le sabot fourchu et fendu, le veinard ne rumine pas, et il échappe de ce fait à la casserole.

Un millier d’années après, l’interdiction formulée par l’Ancien Testament a été repris par l’Islam.

Pourquoi les hébreux se sont-ils privés de porc, et pourquoi les musulmans ont-ils suivi ? Les hypothèses sont nombreuses, ce qui veut dire que l’on n’en sait rien.

 

Illustration : Hieronymus Bosch : "L'Enfer" (petit fragment, coin inférieur droit)

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Publié le 7 Janvier 2013


Le téléphone portable, organe surnuméraire acquis par mutation technologique, ne quitte plus l’homo sapiens sapiens : à l’oreille, dans le sac, dans la poche et surtout dans la main pour les jeunes, tapotant des SMS ou attendant plein d’espoir un SMS venu du septième ciel ou un coup de téléphone pour pouvoir bavarder sans fin, quel que soit le lieu, quelle que soit l’activité : traversée entre les voitures, ou juché sur un vélo tenu d’une main, en révélant à l’univers la teneur insipide de leurs conversations.

Dans le métro, les passagers, surtout les jeunes filles, serrent amoureusement cet appendice communicant dans leur dextre au risque de se le faire piquer par quelque amateur encagoulé.

Hier, au restaurant, n’étant pas accompagné, j’étais le seul à lire un magazine, la plupart, entre deux coups de fourchette, téléphonaient, lisaient ou tapotaient des SMS sur leur organe surnuméraire, avec le pouce et avec une habileté faisant mon admiration. On voit bien là que l’opposition du pouce avec le reste de la main est un des facteurs de progression de l’humanité.

Il est probable que les moyens modernes de communication conduisent à une amorce de toxicomanie. Une étude a d’ailleurs été faite à l’université du Maryland. Des scientifiques ont demandé à des volontaires de passer vingt-quatre heures sans mail, sans SMS, sans Facebook et sans Twitter (horrible !), mais avec la possibilité de lire et d’utiliser un téléphone fixe (tout de même ! On n’est pas des sauvages !), et ils ont noté que les cobayes commençaient à développer les symptômes que l’on observe lors du sevrage tabagique. Beaucoup se sentaient isolés et angoissés, ne tenant plus en place, d’autres avaient l’impression d’être mis au régime ou d’être des drogués en manque et à côté des symptômes psychologiques existeraient même des symptômes physiques.

Je vous quitte pour vérifier ma connexion.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Un des fils de Khadafi est fréquemment apparu au début de la guerre en Libye, ironisant sur l'absence d'insurrection. Je me suis peu intéressé à son discours car j'ai été distrait par son crâne chauve. Je sais, c'est pour le moins léger. Mais voilà, je comparais le crâne dégarni du fils avec la chevelure abondante et noire de son père en me posant la question de la véracité de cette dernière (le crâne du fils me paraissant authentique). En matière de dissimulation, il faut s'attendre à tout de la part du colonel. Quelqu'un peut-il répondre à cette question existentielle ?

 

Je ne suis jamais allé en Libye, contrairement aux hommes d'affaires au risque d'être kidnappés et aux infirmières au risque d'être emprisonnées. Ce n'est pas non plus dans mes intentions. Je ne peux évidemment me faire une idée du paysage que pas photos interposées, évidemment choisies par les photographes.

Il me semble cependant qu'il s'agit essentiellement d'un grand désert flottant sur une nappe de pétrole, agrémenté de  grandes stations-service reliées à de gros tuyaux et de petites ruines romaines reliées à l’histoire.

Depuis peu, le paysage s'est enrichi de carcasses plus ou moins fumantes de véhicules variés qui donnent du relief à la platitude du désert en transformant celui-ci en une vaste décharge sous un ciel immaculé.

Ma vision de la Libye est forcément superficielle et probablement injuste. Quelqu'un peut- il me retirer le sable que j'ai dans les yeux ?

 

Les insurgés n'avancent guère. Ils sont peu expérimentés et manquent d'armes. Mais ils sont enthousiastes. Ils tirent en l'air pour le montrer. Quelqu'un pourrait-il me dire pourquoi sont-ils assez stupides pour perdre ainsi des munitions ?

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Chacun peut constater que la plupart des publicités sont stupides, mais une campagne publicitaire n’a pas à être intelligente, son but est avant tout d’accrocher une marque au cerveau du spectateur. Prenons la publicité de Free basée sur des séquences débiles mettant en scène des personnes choisies pour leur laideur, elle s’accroche bien au cerveau (y compris au mien) par sa nullité même.

 

Les publicités peuvent être mensongères, elles n’abusent que les crédules. En cette matière, la publicité pour les cosmétiques est assez rigolote. Non pas que les crèmes de soin soient inefficaces, elles sont bénéfiques pour la peau comme le cirage permet de faire briller, d’entretenir et de protéger le cuir, mais c’est la façon de présenter et d’expliquer leurs actions qui est hilarante. On invente des molécules aux noms ronflants capables de modifier la physiologie de la peau par des mécanismes fantaisistes, de pénétrer et de régénérer un cheveu de l’extérieur, alors que sa seule partie vivante est le bulbe situé à l’intérieur de la peau. Mais expliquer les choses sans introduire du mystère et de la magie ne ferait pas vendre.

 

Botero-la-petite-fille.jpgCe qui est moins amusant, c’est qu’il n’a pas de limites à la commercialisation (le terme de marketing est plus sexy) qui consiste souvent à chercher à vendre à quelqu’un un truc dont il n’a pas besoin et en créant ce besoin. C’est ainsi qu’il vient d’être lancée par Walmart (numéro 1 mondial de la grande distribution) une nouvelle gamme de soins et de maquillage antioxydants et antirides (GeoGirl) destinée…aux fillettes de 8 à 12 ans !?

J’évite de ricaner pour ne pas creuser mes rides dont je n’ai pas assuré inconsidérément la prévention dès  mon enfance, sans doute avais-je alors les préoccupations de mon âge plutôt que celle de la hantise de vieillir.

 

Fernando Botero : « La petite fille »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Libye-freedom.jpgDes trois dictateurs arabes bousculés par leur peuple, deux sont partis, lâchés par leur armée, le troisième va probablement rester, le pire. Ceux qui sont partis étaient autoritaires et corrompus, mais on ne pouvait rien leur reprocher dans leur attitude à l'égard des autres nations. Le troisième, la tête un peu folle solidement amarrée par un couvre-chef, est non seulement autoritaire et corrompu mais dangereux. Il l'a été dans le passé, soutenant et fomentant des attentats hors de son pays et pas des moindres. Il s'était un peu calmé après avoir essuyé le bombardement américain sous Reagan, et fut finalement accepté dans la cacophonie des nations jusqu'à présider - comble de l'absurde - la commission des droits de l'homme à l'ONU ! Et par planter sa tente à Paris. L'argent du pétrole n'a pas d'odeur, ni les cadavres depuis qu'ils sont enterrés.

Aujourd'hui,  ulcéré que son génie n'ait pas été reconnu par les siens, il se déchaîne sur son propre peuple en utilisant des mercenaires dans une répression qui mettra probablement un terme au « printemps arabe ».

Bel occasion de perdue de se débarrasser d'un des fous au pouvoir sur la planète.

 

Il est vrai que l'attention du monde a été détournée par la montée des eaux au Japon  recouvrant des milliers de Japonais et par l'envol des fumées atomiques qui risquent de mettre le désordre dans nos cellules et de soulever des questions dans nos têtes. Notre esprit shadockien ne comporte qu'un nombre limité de cases et les médias prennent soin de ne pas toutes les remplir à ras bords. En nombre de morts, la Libye ne fait pas encore poids égal avec le Japon, mais il suffit d’attendre.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

La France par l'intermédiaire de son président vient de reconnaître le Conseil national de transition comme représentant légitime du peuple libyen auprès duquel des diplomates ont déjà été envoyés.

Cette décision a été critiquée, qualifiée de précipitée, d'improvisée, marque d'un amateurisme diplomatique dont le président français est assez coutumier.

 

Certes, une politique réaliste, et sans risque pour l'avenir, consisterait à attendre que l'un des camps soit vaincu pour reconnaître l'autre et se regarder ensuite dans la glace, satisfait de son habileté et la conscience tranquille (option choisie par la plupart des Etats)

 

Certes, on aimerait bien que le dictateur,  dont la raison est vacillante depuis des années, cesse de massacrer son propre peuple aux armes lourdes et en lâchant des bombes sur ses propres villes. Mais ce n'est pas notre affaire, n'est-ce pas ?

 

Certes, nous avons des principes de démocratie et de liberté, dont nous nous gargarisons sans cesse, mais que nous défendons ici (alors qu'ils ne sont pas vraiment menacés) et pas ailleurs, surtout si cela peut avoir des conséquences pour nous.

 

Certes, nous sommes le plus souvent impuissants devant des évènements dramatiques se déroulant dans d'autres pays. Mais quand il est possible de faire quelque chose, faut-il ne rien faire ? Et il n'est pas question d'envoyer un seul soldat français sur le sol libyen (les révoltés y sont d’ailleurs opposés) mais de reconnaître que ce Conseil de transition (quel qu'il soit) est plus représentatif du peuple libyen que le mégalomane qui l'opprime depuis une quarantaine d'années (et que l'on a malheureusement accueilli en grande pompe, en cédant à ses caprices de diva).

 

Certes, on peut dire que Sarkozy a peut-être pris cette décision osée plus par intérêt que par conviction et que pour être le premier elle a été précipitée et improvisée. Croyez-vous ? Mais c'est maintenant qu'il faut soutenir, même de façon symbolique, ceux qui combattent à armes inégales contre un clown tragique qui essaye sur son peuple les joujoux meurtriers que tout le monde s'est empressé de lui vendre, maintenant et pas dans les semaines à venir pour éviter de se lamenter ensuite sur leur éventuelle défaite qui serait aussi la nôtre.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

picasso-portrait-d-une-femme-assise.jpgComme le christianisme a marqué chaque jour de ses saints de façon indélébile, le monde actuel tend à marquer les jours de ses questions non résolues, comme l'on va à confesse afin de libérer sa conscience et obtenir l'absolution.

La « journée de » fait florès. Il s'agit, le plus souvent, de parler pendant une journée entière (tout de même) d'une situation épineuse ou de remettre en mémoire une tragédie passée. Ce sont des piqûres de rappel qui permettent d'augmenter les défenses de sa conscience.

Le lendemain, les femmes continueront à être battues ou tuées, les grand-mères à rester seules, les sommes consacrées à la lutte contre le Sida  à être détournées et le préservatif à être préservé. Le lendemain, certains continueront à nier les évidences historiques ou à se dire excédés par leur rappel annuel de crainte d'encombrer pour quelques heures les quatre cases de leur esprit shadockien.

Mais me direz-vous, on en parle pendant une journée entière (tout de même). C'est juste. Ce qui permet de concentrer les doléances sur un jour et de libérer ainsi les trois cent soixante quatre autres jours pour ne rien faire de plus ou de les consacrer à d'autres doléances que l'on n'a pas l'intention ou le pouvoir de satisfaire.

 

Pablo Picasso : « Portrait d’une femme assise »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Mon cher Dominique,

 

Etant plus âgé que toi, je me permets de t'appeler par ton prénom et de te tutoyer, mais si cela te gêne n'hésite pas à m'en avertir.

L'autre jour, j'ai assisté à ton interview dans le journal de 20 heures de France 2. J'ai bien aimé le côté corrida du spectacle. Bien que tu aies plutôt l'air d'un taureau, massif, à la démarche balancée, tu jouais le matador, alors que ton adversaire qui avait la minceur et la jeunesse  d'un torero jouait au taureau. Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux apparences.

Le taureau, crinière blonde et questions au vent, fonçait sur toi, parfois en faisant semblant d'aller ailleurs, pour tenter d'extirper de ton organe quelque cri du cœur et toi, tu jouais de la muleta en clignant de l'œil gauche pour esquiver ses assauts, mais en laissant toutes les passes ouvertes.

Manifestement le public, surtout à droite de l'arène, voulait ta mort, mais même à gauche il y eut quelques sifflets pour ne pas te voir encorné. Tu vois ce qui t'attend de la part de tes amis du poulailler.

Entre nous, n'es-tu pas bien où tu es ? Bien payé, des voyages à l'œil, attendu partout, un rôle mondial, des possibilités d'agir sur les choses, alors qu'un misérable Président d'un modeste pays comme la France n'est même pas capable de mettre à la porte un ministre pour faute professionnelle.

Et ils ont l'air d'être content de toi là-bas. Certes, Anne en a marre de voyager et pense que les tentations sont bien trop nombreuses à travers le monde. Mais qu'est-ce que tu viendrais faire ici ? Passer de la puissance à l'impuissance ? Être mis sur le même pied que les picadors et les picadeuses ? Ils sont même assez cons pour te reprocher d'être circoncis (à vrai dire, je ne sais pas si tu l'es, dans le cas contraire, aurais-tu l'obligeance de me le faire savoir).

 

En espérant que, malgré tes multiples occupations, entre deux urgences financières, tu prendras  le temps de lire ces quelques lignes totalement désintéressées, car si malgré mes conseils tu devenais Président de notre république bananière, ne songe surtout pas à moi pour un poste de ministre.

 

Ton dévoué Dr WO

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Rédigé par Dr WO

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