Publié le 7 Janvier 2013

Geluck-le-chat-pauvres.jpgEntendu ce matin l’interview sur France Inter de Claude Bartolone, le nouveau président de l’Assemblée nationale. A la question du journaliste qui lui demandait s’il ne serait pas nécessaire de faire des économies, l’homme du perchoir a répondu que le problème n’était pas de faire des économies, mais comment les utiliser. Puisqu’il lui semble aisé de réaliser des économies, je lui suggère, pour le sortir de son embarras, de ne pas les dépenser tout de suite, mais d’emprunter moins et réduire ainsi la dette faramineuse de la France, ce qui permettrait, si nécessaire, de continuer à emprunter à moindre frais, et lui donnera le temps de réfléchir à la façon de dépenser ce qui a été emprunté. Mais ce qu’en j’en dis, je ne connais pas grand-chose à l’économie et, je ne suis pas sur les hauteurs du perchoir. Cependant, je me demande, comme Delhommais dans Le Point du 21/06/12, s’il ne serait pas souhaitable d’envoyer une directrice de supérette  à Bercy.

Dessin de Philippe Geluck

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Publié le 7 Janvier 2013

001-copie-3.JPGLes chercheurs de l’université de Tokyo ont inventé le système « Meta Cookie » : de curieuses lunettes équipées  d’une caméra qui renvoie l’image sur un ordinateur et c’est l’image traitée par ce dernier qui est vue par la personne sur un écran intégré dans les lunettes. L’objectif est de faire croire au gourmand qu’il mange un aliment différent de l’aliment consommé et pour parfaire l’illusion, on y ajoute l’odeur ou le parfum de l’aliment virtuel. Vous voyez et vous sentez, par exemple, un délicieux gâteau de bonne taille et vous dégustez un petit biscuit sec. En leurrant la vue et l’odorat du gourmand, on espère ainsi plus vite le rassasier en trompant son sens du goût.

La photo ci-dessus (tiré du Point) montre que ce système est un peu encombrant, mais une fois miniaturisé, je pense qu’il aurait un avenir autre que culinaire en alimentant les fantasmes érotiques d’un couple où chacun pourra choisir, lors de leurs ébats, la ou le partenaire dont il ou elle rêve, probablement pioché dans les stars du cinéma dont il existe une large panoplie. Une bonne façon de réveiller les désirs assoupis, d’éviter la monotonie et de tromper l’autre tout en lui restant fidèle. Cet adultère fictif, garant de la fidélité, pourrait s’appeler « Meta Sexe » et devrait avoir l’aval des autorités religieuses si soucieuses de favoriser la procréation.


NB. Vu aujourd'hui le film de Wes Anderson : "Moonrise kingdom". Délicieux, poétique, drôle.

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Nécrologie

Roger Garaudy  serait mort. Communiste converti à l’Islam et négationniste par maladie. Carlus sur son blog (que je recommande) nie cette mort, demande des preuves qu’il contestera de toute façon. Il a raison : la haine et la bêtise sont immortelles.

Thierry Roland est mort. Personnage du petit écran, chacun connaissait son rire hoquetant et ses sorties intempestives. Ses copains de la télévision en font beaucoup. Il est vrai qu’amateur de football, il  avait réussi pendant des décennies à voir les grands matchs à l’œil et même à être payé pour les voir. Un grand homme.

 

Georges Mathieu est mort le 10 juin dernier. Ce n’était qu’un artiste, mais l’un des plus importants du XXe siècle.

 

 

 

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Publié le 7 Janvier 2013

Turing.jpgLors de la création d’Apple les deux Steve, Jobs et Wozniak, choisirent initialement un pommier comme logo avec Newton s’appuyant sur l’arbre. Très rapidement ce premier logo fut remplacé par une pomme colorée et croquée pour qu’elle ne soit pas confondue avec une tomate. On a voulu y voir une référence au suicide d’Alan Mathison Turing qui, telle Blanche Neige, avait, en 1954, croqué une pomme imprégnée de cyanure. Cette référence fut, semble-t-il, démentie par le dessinateur. Cette source d’inspiration aurait été pourtant la bienvenue afin que les millions d’utilisateurs des ordinateurs Apple aient constamment sous les yeux ce rappel au mathématicien britannique génial que fut Turing, un des fondateurs de la science informatique, à l’origine des concepts modernes de programmation, d’algorithme et de calculabilité. Il participa pendant la Seconde guerre mondiale au décryptage des codes secrets générés par la machine Enigma conçue par les allemands et à la fin de sa vie, il fit des travaux sur l’aspect mathématique de la croissance des cellules biologiques. Génie précoce, il s’est  suicidé à l’âge de 42 ans poursuivi pour homosexualité, obligé de prendre des hormones féminines pour entraver sa libido et éviter la prison. Remarquons  que ces lois homophobes occidentales sont très proches de nous. Si le premier ministre britannique en 2009 a présenté ses regrets, ce ne fut pas le cas du ministre de la justice en 2012 qui s’est cru obligé d’entériner les lois en vigueur à l’époque. Revanche posthume : il existe un prix Turing depuis plus de quarante ans et l’ensemble du monde scientifique célèbre en ce mois de juin 2012 le centenaire de sa naissance.

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Un communiqué de l’Elysée affirme qu’« A la demande du président de la République, un examen médical et biologique lui a été pratiqué au service médical de la présidence de la République » et « l’examen clinique et paraclinique s’est révélé normal ». La présidence a précisé que François Hollande prenait "l'engagement" de publier un bulletin de santé "tous les six mois". Il avait évoqué, durant sa campagne, "la nécessité de transparence sur son état de santé".

A priori, il n’y a pas de raison d’en douter. Cependant les précédents du silence sur la maladie de Pompidou, des mensonges sur celle de Mitterrand et de la discrétion sur celle de  Chirac ne donnent qu’une valeur relative à ce genre de communiqué. Imaginons, par exemple, que les examens biologiques aient montré une augmentation discrète mais significative de la glycémie ou de la tension artérielle sans conséquence immédiate, croyez-vous que ce communiqué se serait empressé de le révéler chez un homme qui vient d’accéder au pouvoir ? En admettant qu’une maladie chronique plus sérieuse mais n’entraînant pas une incapacité visible soit découverte, croyez-vous que le président de la République démissionnerait pour autant ? Par contre la révéler entamerait sa crédibilité ou la confiance que l’on pourrait avoir en lui. On peut donc se demander quel est l’intérêt de ces communiqués, sinon celui de communiquer.

Les politiques sont presque toujours victimes de leurs annonces dont ils espèrent un effet favorable et qui se comportent comme autant de pièges se refermant un jour ou l’autre sur eux. Ne se rendent-ils pas compte qu’ils sont jugés sur leurs actes et non sur leurs paroles et leurs annonces ? Hollande est sans doute conscient qu’il lui sera difficile de se conduire toujours comme un citoyen ordinaire, le déclarer c’est s’attirer des critiques à chaque fois qu’il transgressera la normalité annoncée.

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Publié le 7 Janvier 2013

Prostitution-Espagne.jpgChacun sait qu’une dure crise économique sévit en Espagne. L’aphorisme : « Quand le bâtiment va, tous va » devrait avoir un corollaire ibérique : quand le bâtiment va trop loin, rien ne va. Un jeune Espagnol de moins de 25 ans sur deux est ainsi au chômage. « L’Académie du plaisir » à Valence n’hésite pas à leur proposer une bonne formation  pour qu’ils puissent vendre leur corps en professionnels. Le programme est alléchant : cours théoriques et pratiques, histoire et législation de la prostitution, positions du Kama-sutra, utilisation des sex-toys…Ce programme ne laisse rien au hasard et cette « Académie » promet un travail immédiat en distribuant des tracts aux abords de l’université. Les rois catholiques doivent se retourner dans leur tombe et espèrent que la justice espagnole interviendra. Voir la vidéo sur le site d'El Mundo

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Publié le 7 Janvier 2013

Les nonnes du monastère de Malonne en Belgique accueillent Michelle Martin, la complice du pédophile sadique, tortionnaire et meurtrier Marc Dutroux, dont elle était l’épouse, comme un « défi » en même temps que la moitié de son l’héritage (250000 €).

« Sœur » Michelle (ancienne institutrice, ce qui exclut – en principe - la débilité mentale) sort de prison après 16 ans de réclusion sur les 30 qu’elle devait purger pour se retirer (provisoirement ?) du monde qu’elle a contribué à salir.

La justice belge semble avoir sans cesse le souci de réinsérer cette victime consentante et participative de Dutroux. Condamnée, en 1989, à 5 ans pour sa complicité dans l’enlèvement et le viol de cinq fillettes et adolescentes, elle n’en fera que deux et son compagnon condamné à 13 ans ½ (ce ½ a un côté surréaliste incontestable) viendra bientôt la rejoindre après sa libération, bien sûr, anticipée, ce qui permettra à ce couple monstrueux d’emmurer deux fillettes, d’enterrer vivantes deux jeunes filles et d’en enlever une cinquième.

La « justice » a donc fini par accepter le « projet de réinsertion » (refusé par la France) d’une femme qui copulait avec Dutroux au-dessus de la cave où agonisaient les fillettes, mortes de faim, sous prétexte qu'elle ne récidivera pas en l’absence de son compagnon.

La société a-telle besoin de réinsérer de tels individus ? Méritent-ils de l’être ? La justice, que ce soit en Belgique ou en France, condamne les criminels à des peines inscrites dans le code pénal, mais il devient la règle de les libérer bien avant qu’elles ne soient accomplies, ce qui dénature toute sanction et encourage à la récidive.

Les pères des victimes de Dutroux aidé de sa compagne, manifestent contre la réinsertion monacale de cette dernière. Je manifeste avec eux.

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Publié le 7 Janvier 2013

Après le débat sur l’évacuation de camps de Roms installés illégalement en France, et qui tend à s’épuiser, voilà que resurgit le débat sur l’opportunité d’ouvrir en France des salles de consommation de drogues dures (dites de shoot, mais «  encadré ») comme il en existe ailleurs en Europe. Ce nouveau débat va amuser la galerie pendant un certain temps et on se creuse sans doute la cervelle pour en trouver un autre, de préférence mineur, afin de relayer celui-ci.

Tout en présentant mes excuses auprès des populations concernées, à l’heure où nous vivons, je trouve ces débats bien secondaires. J’avoue une certaine indifférence  coupable pour les 20000 Bulgares et Roumains qui ont quitté leur pays qui n’en veut pas, alors qu’il touche des subsides de la part de l’UE pour s’en occuper, et qui, pour la plupart, vivent volontairement en marge de la société, espérant être plus ou moins pris en charge par le pays des droits de l’Homme farci d’associations. Le nombre de Roms étant stable dans l’hexagone depuis plus de 20 ans, il faut croire qu’ils reviennent après avoir été expulsés. Certes il est humain de trouver à les reloger, mais il le serait davantage de trouver un logement pour les chômeurs obligés de dormir dans la rue.

J’avoue mon indifférence coupable pour les 150000 drogués à l’héroïne qui, bien qu’amplement prévenus, se sont injectés volontairement cette saloperie dans les veines et qui continueront à le faire avec un encadrement médical adéquat dont la société aura la charge.

Pendant que l’on parle abondamment de ces problèmes mineurs, la dette de la France approche gentiment de 100% du PIB, fait que chacun connait mais qui ne provoque guère de débats. Suis-je coupable d’avoir plus en tête les millions de Français qui vont se retrouver au tapis que les 170000 marginaux qui occupent aujourd’hui les médias et dont on s’occupe tant ?

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Publié le 7 Janvier 2013

En ce moment on parle beaucoup des Armstrong, Lance et Neil. En dehors du fait qu’ils sont tout deux américains et qu’ils ont le même patronyme, il semble qu’il n’y est entre eux aucun rapport. Pourtant :

- Ils ont tout deux entrepris des voyages, l’un sur un vélo à l’assaut des pentes, une capsule à l’intérieur, et l’autre à l’intérieur d’une capsule à l’assaut du ciel.

-  Ils sont considérés comme des héros. Si l’un a vaincu la maladie, l’autre a été vaincu par elle, mais tout deux ont été les auteurs d’exploits uniques.

- Les deux ont été accusés d’avoir triché. Lance accusé de dopage, Neil de ne pas avoir réellement marché sur la Lune et de s’être fait le complice d’une mise en scène de la NASA, accusations portées par ceux qui voient partout des complots (de préférence américains)

- Les deux ont été jalousés par leurs coéquipiers. Ceux de Lance, qui n’ont pas retiré les mêmes lauriers et les mêmes avantages en courant pour lui, apportent aujourd’hui leurs témoignages contre lui. Ceux de Neil qui, bien qu’ayant couru les mêmes risques que lui, n’en ont pas retiré la même gloire.

-  Les deux sont tombés de haut, l’un du firmament des champions, ses titres une fois enterrés, l’autre de la Lune pour être mis en terre.

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René Magritte : « L’avenir des statues »

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Publié le 7 Janvier 2013

Le préservatif reste pour l’instant le meilleur moyen de prévention contre le SIDA. Son utilisation est malheureusement abandonnée par nombre d’ « hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes », car on nous engage à utiliser cette formulation plutôt que celle d’homosexuels masculins. On se demande bien pourquoi. Qu’apporte-t-elle en dehors d’inclure les bisexuels ? Cherche-t-elle à faire disparaître les homosexuels en tant que groupe pour éviter la stigmatisation ? Mais cette périphrase ne fait qu’expliciter la définition de l’homosexualité masculine que chacun connait. Encore un mystère de la sémantique de la novlangue.

Cet abandon trop fréquent du préservatif explique que la fréquence de la maladie reste élevée dans les milieux homosexuels, le « politiquement correct » préfère utiliser le terme de « comportements à risque », il existe en effet d’autres groupes plus particulièrement menacés : les hétérosexuels aux multiples partenaires et bien sûr les prostitué(e)s.

Les municipalités de New York, Los Angeles, Washington et San Francisco ont fait état de taux élevés d'infection par le virus du SIDA parmi les travailleuses de l'industrie du sexe et les femmes transgenre, et font de sa prévention dans ces catégories une priorité urgente. Le gouvernement fédéral verse d’ailleurs des millions de dollars à chacune de ces villes pour assurer la prévention dans les groupes à haut risque. Or des prostituées ont affirmé à Human Rights Watch [Hrw.org.fr] qu'elles avaient refusé des offres de préservatifs de la part de bénévoles de l'aide sociale. Curieux, non ?

La raison en est simple : les forces de police de ces mêmes villes, qui prétendent lutter contre la propagation du SIDA, confisquent les préservatifs trouvés sur les prostituées car ils servent de preuves dans des accusations de prostitution et d’éléments à charge de l’activité criminelle pour les procureurs. De peur d’être arrêtées en possession d’un nombre élevé de ces objets préventifs, elles sont poussées (surtout les immigrantes) à avoir des rapports sexuels non protégés. On ne peut qu’admirer la cohérence.

preservatif joie
 
 

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Publié le 7 Janvier 2013

Toulouse-Lautrec-A-La-Mie.jpg

L’obligation pour un conducteur de devoir montrer un éthylotest intact conduit à en posséder deux si l’on en a utilisé un avant de prendre le volant. Encore faut-il penser à s’en servir quand on est saoul. Les gens qui boivent de l’alcool savent pertinemment qu’ils en ont bu, ce qui ne les empêche pas de conduire en état d’ébriété, éthylotest ou pas, je ne pense pas qu’ils chercheront à confirmer leur état en soufflant dans un ballon et qu’ils renonceront (en l’absence d’un conducteur sobre à leur côté) à prendre le volant en cas de confirmation.

Cette mesure a un intérêt limité, sauf pour les fabricants d’éthylotests dont la clientèle se réduisait aux pandores. Par contre, ces produits sont toxiques. D’après un article du Monde daté du 12 août 2012, les éthylotests contiendraient du dichromate de potassium, une substance chimique « cancérogène, mutagène pour l’Homme et très toxique pour les organismes aquatiques » et il serait d’ailleurs prudent que les enfants ne jouent pas au ballon avec. La prolifération de ces produits toxiques pose le problème de leur élimination et ce n’est pas une mince affaire. Deux ballons à usage unique et périmés en un ou deux ans pour 38 millions de véhicules en France, cela représenterait, selon l’ONG Robin des Bois, un déchet de 80 millions d’unités par an qui risquent de polluer les eaux ou de dégager du chrome dans les fumées si elles sont brûlées (120 kg par an d’après les calculs). Encore une mesure à courte vue, du gouvernement précédent, plus médiatique qu’utile.  

 

Henri de Toulouse-Lautrec : « A La Mie »

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Publié le 7 Janvier 2013

La prière individuelle est une prière intérieure ou marmonnée. On ignore donc la teneur des demandes, des croyants peuvent très bien demander à l’un des représentants du Ciel de les débarrasser d’une belle-mère acariâtre ou d’un concurrent encombrant. Ils peuvent solliciter, au  choix, le Seigneur (le Père et le Fils ne faisant qu’un), un saint spécialisé ou mieux la Sainte Vierge dont le statut de déesse, sa représentation baladée dans les rues faisant l’objet de l’adoration des foules, ne fait guère de doute dans les religions catholique et orthodoxe, celles-ci se comportant de fait comme des polythéismes.

Pussy-Riot.jpgDans la cathédrale du Christ-sauveur, les jeunes femmes du groupe Pussy Riot ont demandé à la Sainte Vierge de les débarrasser de Poutine. C’est une prière comme une autre, sauf que celle-ci fut faite à voix haute, chantée et dansée, mais cela se voit couramment dans les églises américaines. Certes, la démonstration devant l’autel et les cagoules étaient assez provocatrices, cependant la Sainte Vierge n’a pas été insultée et proclamer qu’il y a alliance entre Poutine et l’Eglise orthodoxe est une opinion (sensée) mais pas un blasphème et s’il y en a un, ce serait contre Poutine. D’où la condamnation de ces jeunes femmes à un enfermement de deux ans, non dans une prison, mais dans un équivalent du Goulag avec les pires criminels.

L’Eglise orthodoxe, qui prône le pardon et l’amour du prochain, est satisfaite de ce verdict (tout en demandant hypocritement aux autorités de faire preuve de miséricorde devant la protestation de certains de ses fidèles), elle tient à conserver l’exclusivité des manifestations et de la teneur des prières publiques dans ces lieux surchargés de richesses qu’elle se réserve. Notons qu’après plusieurs décennies de communisme où la religion chrétienne avait été mise à l’écart en URSS au profit de la religion socialiste, l’Eglise orthodoxe est plus puissante que jamais et les fidèles dépendants, manifestement en manque depuis longtemps, se sont précipités dès que possible dans les vapeurs de « l’opium du peuple ». Il y a des drogues qui aveuglent mais qui ne tuent que ceux qui n’en prennent pas.

Photo : RIA Novosti

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Publié le 7 Janvier 2013

Dans les pays où règnent des obsédés sexuels, les mâles saints ont la terreur des femmes. En novembre 2010, les oulémas saoudiens rappelaient aux femmes, et particulièrement aux caissières, qu'il n'était "pas permis de travailler dans des endroits où elles peuvent se trouver avec des hommes" et qu'elles "doivent rechercher des emplois où elles ne peuvent pas être attirées par les hommes ni les attirer". Ces mâles saints ont été profondément heurtés par la présence d'athlètes saoudiennes à Londres reprochant au président du comité olympique saoudien « d’offrir des Saoudiennes aux olympiades », car ces mâles saints ont le sens de la propriété (celle que j’ai vue n’avait aucune chance d’être volée).

Des entrepreneuses saoudiennes pour trouver des débouchés aux jeunes diplômées auraient fini par réclamer un apartheid spatial plus radical, et ce serait sur leur initiative que : « Les autorités de la très conservatrice monarchie du Golfe [l’Arabie saoudite] ont validé le projet de construction d'une cité industrielle entièrement réservée au deuxième sexe à Hofuf, dans l'est du pays. Le complexe, qui doit ouvrir l'an prochain, permettra aux travailleuses de créer leur entreprise et d'employer leurs compatriotes sans attenter à la sacro-sainte ségrégation spatiale imposée aux deux sexes dans le royaume » (Le monde.fr). Une cité harem productive ou une ruche en quelque sorte où le mâle en chaleur serait exclu. Misère.

A cela il faut ajouter le projet d’un article dans la future constitution tunisienne stipulant, non pas que la femme est l’égale de l’homme, mais complémentaire (ce qui a suscité quelques manifestations dans le pays où le « printemps arabe » [sic] a débuté). Si l’on se réfère à la nature, ce serait plutôt l’homme qui est un complément, car ces mâles saints pourraient-ils faire seuls un enfant ? Non, alors que les femmes, elles, peuvent le faire.

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Publié le 7 Janvier 2013

Courbet le désespéré Poutine prend des anxiolytiques. Il dort mal, son sommeil meublé de cauchemars. Non pas qu’il rêve à la guerre civile en Syrie où ses armes ne déçoivent pas, mais il est réveillé en sursaut par une vision apocalyptique : la venue par les airs d’Hollande dit « Le Normal » surtout s’il est accompagné par la Merkel, un couple (renforcé par le courageux Fillon) qui l’obligerait, contre sa volonté, à changer sa politique de soutien à son ami Bachar. Chaque sonnerie de téléphone le fait sursauter et craignant une surprise, il surveille le ciel de peur qu’il lui tombe sur la tête. (Avec l’AWO)

L’opposition et notamment Fillon (après Sarkozy qui confond la Libye et la Syrie) fustige Hollande pour son manque de courage (« une attitude bourgeoise ») à propos de la guerre civile en Syrie, lui reprochant, entre autres, de ne pas se rendre à Moscou (avec Merkel si possible) pour convaincre Poutine de ne plus soutenir le dictateur syrien.

 

Gustave Courbet : « Le désespéré »

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Publié le 7 Janvier 2013

001-copie-4C’est avec retard, dont je demande humblement pardon au Guide Suprême Génial Héréditaire Kim Jong-un, que je lui présente mes vœux de bonheur pour son mariage avec la plus jolie des Nord Coréennes, qui deviendra ainsi la compagne comblée du troisième Phare de l’Humanité, troisième d’une dynastie qui a permis d’instaurer dans son pays la forme la plus aboutie du communisme : tous les moyens de production entre les mains de l’Etat pour produire des biens communs à tous, à savoir : une armée populaire (c'est-à-dire l’ensemble de la population entraînée au combat) et un cerveau unique intégralement lavé, baignant dans le bonheur que toutes les nations leur envient, notamment la pauvre Corée du Sud que les capitalistes américains ont empêché d’accéder au bonheur socialiste. Si les habitants de la Corée du Nord ont l’air un peu triste c’est qu’ils sont navrés de ne pas pouvoir imposer leur bonheur aux autres. Ils leur arrivent même de jeûner pour se mortifier.

Photo de la couverture d’une BD, qui est un bon reportage sur la Corée du Nord à l’époque du papa de l’heureux marié.

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Publié le 7 Janvier 2013

« Il faut sortir du «fantasme» selon lequel les Centres éducatifs fermés (CEF) constituent «la» solution en matière de délinquance juvénile, a jugé la ministre française de la Justice, semblant remettre en cause l'engagement de François Hollande d'en doubler le nombre. »

magritte-la-clef-des-champs.jpgMme Christine Taubira est ainsi ouverte à la fermeture des centres fermés et à l’ouverture des centres ouverts, ce qui permettrait aux jeunes délinquants de s’ouvrir sur le monde qui leur était fermé et de devenir aussi libres que le courant d’air provoqué par l’ouverture des portes. Bien sûr il ne faut pas être fermé à toute ouverture. Manifestement, ce sont les portes qui posent problème et l’on pourrait remplacer les portes par des fenêtres situées à bonne hauteur et laissées ouvertes afin que les centres d’accueil ne soient pas fermés, ce qui ouvre la perspective d’une solution. Comme vous n’avez pas l’esprit fermé, vous pourriez me rétorquer : mais s’il n’y a pas de portes aux centres d’accueil, comment pourrait-on y entrer ? C’est une bonne question, à laquelle je réponds : pourquoi faire entrer de force des gens dans un lieu dont ils peuvent sortir ? Autant les laisser dehors.

 

Magritte : « La clef des champs »

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Publié le 7 Janvier 2013

Hessel-Hollande-Aubry.jpgStéphane Hessel, qui a publié en 2010 un best seller : « Indignez-vous ! », où il enfonce des portes ouvertes avec grand fracas (plus de 4 millions d’exemplaires vendus) à l’origine du mouvement transnational des « indignés », a déclaré dans une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung en 2011(mais dont je viens de découvrir la traduction) :

« Aujourd'hui nous pouvons constater ceci : la souplesse de la politique d'occupation allemande permettait, à la fin de la guerre encore, une politique culturelle d'ouverture. Il était permis à Paris de jouer des pièces de Jean-Paul Sartre ou d'écouter Juliette Greco.

Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j'affirme ceci : l'occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l'occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d'éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions ainsi que le vol d'œuvres d'art.

Tout cela était terrible mais il s'agissait d'une politique d'occupation qui voulait agir positivement et de ce fait nous rendait à nous résistants le travail si difficile. ».

Faut-il mettre cette déclaration invraisemblable, pour ne pas dire scandaleuse, sur le compte du grand âge et des troubles de la mémoire ? Car il semble qu’Hessel ait lui-même souffert dans sa chair de l’occupation allemande puisqu’il aurait été torturé et déporté. Dire que résister à l’occupation nazie était rendue difficile car elle tentait d’agir positivement est stupéfiant de la part d’un ancien résistant qui estime aujourd’hui que les incarcérations, les internements et les exécutions étaient à l’époque exceptionnels ! Il est vrai que la Gestapo allemande confiait volontiers à la milice de Vichy et aux fonctionnaires français restés en place la tâche d’arrêter les résistants et les juifs.

Enfin, considérer que les nazis qui occupaient la France étaient relativement inoffensifs (comme lors du massacre relativement complet des hommes, femmes et enfants d’Oradour-sur-Glane) par rapport aux Israéliens, alors que ces derniers ne répliquent que quand ils sont menacés ou attaqués, tient de l’obsession anti-israélienne. On pourrait faire remarquer à cette icône de la moralité que les Palestiniens ont été davantage massacrés par leurs frères arabes (comme lors du « Septembre Noir » : 3500 à 10000 morts selon les sources jordanienne ou palestinienne) que par les Israéliens et que ceux-ci ne se livrent à aucun massacre dans les territoires qu’ils occupent par leurs colonies, même si l’on peut contester cette occupation et trouver juste que les Palestiniens aient leur Etat.

 

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Publié le 7 Janvier 2013

botero familyAlors que nos lucarnes publicitaires dégoulinent de graisses et de sucreries, l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) cherche depuis des années à lutter contre l’obésité en imposant des messages en petits caractères qui défilent promptement au bas de l’écran pour nous encourager à ne pas céder aux tentations. Il y a là la preuve de la schizophrénie et de l’hypocrisie de nos sociétés marchandes car les armes sont inégales ne serait-ce que par leurs dimensions.  

En 2008 dans « Recommandation », je me posais la question de la réalisation pratique  de l’un de ces messages: « Manger 5 fruits et légumes par jour ». Le « et » implique qu’il faut manger les deux. Mais comment ? 5 fruits et 5 légumes par jour ? 5 fruits, c’est beaucoup, gare aux troubles intestinaux. 5 fruits différents, il faut avoir les moyens, 5 fruits identiques, c’est indigeste. Quant aux légumes, faut-il manger 5 plats de légumes dans la journée ? Bigre ! Je préfèrerais m’acquitter de ma tâche avec 5 petits pois ou 5 haricots verts, mais ce serait tricher et je suis un citoyen responsable. Faut-il simplement atteindre le chiffre 5 ? Mais comment ? 1 fruit + 4 légumes, 2 fruits + 3 légumes, 3 fruits + 2 légumes, 4 fruits + 1 légume ? Le choix laisserait alors un espace de liberté.

La lutte entreprise par l’INPES étant manifestement inégale contre la publicité et ses messages si ambigus que j’ai toujours douté de leur efficacité. Par contre, je ne pensais pas qu’ils pouvaient être nocifs. Or, une étude de l’Ecole de management de Grenoble tendrait à le prouver : en présentant « à 130 personnes des publicités identiques pour des produits riches : les unes portaient le bandeau de prévention, les autres non. Après la diffusion des premières, avec le message, les participants privilégiaient une nourriture grasse plutôt qu'une nourriture saine. A l'inverse, sans le message de prévention, ils avaient tendance à rechercher une alimentation équilibrée ». Pour l’une des directrices de l’étude : « En associant des messages sanitaires à des produits alimentaires hédoniques (glaces, hamburgers...), les individus perçoivent ces informations comme une solution potentielle à la prise de poids (...). Cela a pour effet de les déculpabiliser au lieu de les inciter à manger sainement. ». Bien sûr, il ne s’agit que d’une petite étude et sans doute non dénuée de biais,  ne serait-ce que parce qu’elle a été effectuée par une école de management.

Botero : « Famille »

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Publié le 7 Janvier 2013

Mr Henri Guaino a été scandalisé par le discours de Hollande lors de la commémoration de la rafle du vélodrome d’hiver de juillet 1942 où des fonctionnaires uniquement français rassemblèrent des milliers de citoyens français d’origine juive, adultes et enfants pour les envoyer vers les camps d’extermination. Le président de la République avait notamment déclaré : "Nous devons aux martyrs juifs du vélodrome d'Hiver la vérité sur ce qui s'est passé il y a 70 ans" et "la vérité, c'est que ce crime fut commis en France, par la France". Il s’agissait, à la suite de Chirac, de rétablir une vérité historique et aucunement de repentance, la France d’aujourd’hui n’est évidemment pas responsable des agissements de l’Etat français d’alors pourtant légalement institué (comme le fut l’Etat allemand avec Hitler, élu chancelier). Bien sûr, en grande majorité les Français (qui avaient accueilli favorablement l’arrivée de Pétain au pouvoir) n’étaient pas les complices de cette infamie et nombre d’entre eux ont même pris de grands risques pour sauver leurs concitoyens juifs.

Mr Guaino est scandalisé parce qu’il ne reconnait pas là sa France : « Ma France, elle n'était pas à Vichy, elle était à Londres depuis le 18 juin », pour lui, sa France était dans les maquis. Certes, mais combien de courageux étaient à Londres ou dans les maquis en 1942 ? Pour Mr Guaino la France, c’est : « la patrie des droits de l'homme, la France libre, la France combattante et résistante ». Bien sûr que la France c’est aussi ça, mais c’est également l’esclavage, la colonisation des peuples contre leur volonté et bien d’autres méfaits (ce qui ne la distingue en rien d’autres pays qui ont souvent fait pire).

Mr Guaino, on ne choisit pas la France qui vous convient en glissant ce qui ne vous convient pas sous le tapis pour ne pas le voir en pensant que personne ne le verra. L’histoire, c’est l’histoire et il faut l’assumer. La France, par son Etat, s’est déshonorée pendant la deuxième guerre mondiale et elle a retrouvé son honneur avec  De Gaulle, mais De Gaulle n’efface pas Pétain.

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Publié le 7 Janvier 2013

Flanqué de Marisol Touraine (Affaires sociales et Santé) et de Michèle Delaunay (Personnes âgées et Autonomie), François Hollande a récemment visité une maison médicale dédiée aux soins palliatifs (Notre-Dame du Lac à Rueil-Malmaison). Je remarque d’abord que soins palliatifs et fin de vie sont confondus, or palliatif  s’oppose à curatif, et lorsqu’un traitement ne change pas le cours d’une maladie quelconque, il reste palliatif. Ensuite, que les soins palliatifs que nécessite la fin de vie sont de plus en plus assurés dans des lieux qui leur sont spécifiquement dédiés et qui deviennent ainsi des mouroirs. Certes, le personnel soignant est mieux formé pour les assurer, mais le malade ne se fait plus guère d’illusion dès qu’il en franchit le seuil. Ne serait-il pas plus humain de prévoir des équipes volantes spécialisées sans concentrer les lits en un même lieu ?

Dans les déclarations du président de la République, j’ai relevé  qu’il « s’engage à mettre en place une réflexion pour développer la diversité de l’offre de soins palliatifs en France ». Engager une réflexion, n’engage évidemment à rien. Hollande a également annoncé la création d’une mission de réflexion sur la fin de vie présidée par le Pr Didier Sicard. Encore une réflexion, et ce nouveau président de la réflexion prévoit de mener quelques débats afin « d’accumuler des matériaux de pensée ». Ah ! La jolie formule ! Et « faire en sorte que les Français se saisissent de la question », il est certain qu’il faut beaucoup réfléchir pour trouver la manière dont les millions de Français pourront s’en saisir, d’autant plus que chacun d’eux a probablement une opinion personnelle sur la question.

Hollande a demandé par ailleurs à Touraine de lancer une réflexion (encore !) sur la tarification et a estimé que « les soins palliatifs ne sont pas le monopole des médecins ». Il est évident que les infirmières sont indispensables, mais si l’on pouvait se passer des médecins pour faire de la médecine, quel bonheur ce serait pour Mr Hollande ! Et « monopole », quel vilain mot quand il s’agit de s’occuper de mourants !

Enfin, le président de la République a défini le droit de chacun à mourir dans la dignité comme « un droit fondamental », tout en respectant l’opinion des « Autorités spirituelles » « qui affirment ce principe essentiel, respectable, selon lequel tout instant de vie mérite d’être vécu », c’est ce qui s’appelle ménager la chèvre et le chou. Et que veut dire ce « mourir dans la dignité » que l’on rabâche sans cesse ? Les soignants respectent toujours la dignité des mourants, font en sorte qu’ils souffrent le moins possible, assurent leurs soins de propreté et cela fait longtemps que l’on n’impose plus de traitement que l’on sait inefficace. Une maladie terminale transforme et diminue toujours l’être humain, il n’en devient pas pour autant indigne. Si l’on veut éviter cette transformation et ses conséquences, il faudrait se suicider avant. Ce qui résoudrait le problème des soins palliatifs. Je sais, cela demande réflexion.

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Publié le 7 Janvier 2013

Dans l’article précédent, j’ai mis en ligne un poème de Ronsard où il engageait une belle à l’aimer avant que sa beauté s’en aille et que la mort vienne.

zao-wou-ki-nu-deboutLes Chinois répondent à leur façon au poète des princes et au prince des poètes en montrant que la mort peut réunir un  couple et non le séparer. En effet, si un membre d’une famille chinoise meurt prématurément en restant célibataire, une tradition vieille de 3000 ans, surtout répandue dans le nord de la Chine, engage à lui chercher un conjoint aussi mort que lui avec lequel il pourra être enterré tout en convolant en des noces post-mortem, donnant l’occasion d’une double cérémonie : le mariage de fantômes. Les fantômes n’étant plus solitaires, la famille peut renouer avec la bonne fortune. Encore faut-il trouver un conjoint adéquat dont le prix peut être élevé pour des paysans modestes. Une jeune fille morte qui n’avait jamais rencontré son « époux » a été achetée pour l’équivalent de 4200 euros, mais des pilleurs de tombes ont rapidement profané sa sépulture et son corps revendu pour un autre mariage de fantômes dans une autre province. Cependant, cette triste histoire se termine bien car le corps dérobé a été retrouvé et rendu à son « époux » légitime. Le prix des dépouilles féminines fraiches ne cessent de grimper, suscitant des vocations de pilleurs de tombes organisés en réseaux dans le commerce lucratif de cadavres. Ce qui nous entraîne bien loin de la poésie. [The Economist, Londres]

Zao Wou-ki : « Nu debout »

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Publié le 7 Janvier 2013

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« Les proches de la victime d'un accident peuvent désormais obtenir une indemnisation réparant le préjudice ressenti par le défunt en voyant venir sa mort. La Cour de cassation vient d'admettre ce préjudice d'anxiété qui, jusqu'à présent, n'était reconnu que pour certaines personnes, notamment les travailleurs qui ont été exposés à l'amiante et craignent de voir se déclarer un jour une maladie éventuellement mortelle.

La justice a étendu cette notion à un accidenté de la route, gravement blessé, qui avait eu le temps de comprendre que son décès était imminent… »

 

Indemniser la peur de la mort, c’est tout de même révolutionnaire. Il est spécifié que cette indemnisation ne peut être réclamée que par les proches. On ne voit pas ce que le défunt pourrait en faire dans son tombeau, mais on ne voit pas non plus pourquoi les proches devraient toucher de l’argent pour une peur ressentie par le disparu. Le magistrat a précisé que le mourant doit mourir en pleine conscience et avoir la certitude qu’il va mourir, il faut donc des témoins pour recueillir l’expression de cette certitude. Mais attention, s’il ne meurt pas ça ne compte pas, car l’anxiété serait difficile à démontrer selon le magistrat. Autrement dit, pour celui-ci, si la mort ne survient pas, la crainte de la mort serait erronée, ce serait une fausse peur. Il y a donc des vraies peurs et des fausses peurs. Si quelqu’un menace de vous tuer, la peur de mourir n’est pas authentique s’il ne vous tue pas. Les subtilités judiciaires m’échapperont toujours.

 

Il faudrait étendre cette jurisprudence à beaucoup de maladies et notamment à l’infarctus du myocarde qui se caractérise souvent par une sensation de mort imminente, mais à condition que cette sensation se concrétise, seule preuve de sa réalité.

 

La peur de la mort me semble une anxiété très répandue et la certitude de mourir bien établie pour chacun d’entre nous, et ressentie en pleine conscience. Il serait donc logique que vos proches touchent une indemnité s’ils vous survivent. Le magistrat s’y opposerait en arguant que dans ce cas, la mort n’est pas ressentie comme imminente si vous n’avez aucune raison de mourir dans l’immédiat, je pourrais lui répondre qu’il n’en sait rien et que la mort , dont la crainte est présente toute la vie, peut survenir brutalement. Comme l’écrivait Saint-Exupéry dans « Terre des hommes », voyant sa fin venir dans le désert : « Trente ans, trois jours, c’est une question de perspective ».

On pourrait donc, si l'on se réfère à la décision de la Cour de cassation, proposer d’étendre le droit à cette indemnisation de la peur de la mort à tous ceux qui ont eu « l'inconvénient d'être né »(Cioran) pour finalement mourir, qui le savent fort bien et le redoute.

   

Curieux monde occidental pétri de peur, mais ce sentiment est considéré comme inacceptable. Il se calfeutre, se précautionne, se « préventionne », s'infantilise, demande assistance, et s’assure pour tout et parfois pour n'importe quoi. Où il faut que les aspérités de la vie, les souffrances, les chocs, les drames aient un aspect marchand sous forme d'indemnisations pour que justice soit faite, car la souffrance est injuste et doit être réparée. Où il serait impossible de faire son « travail de deuil » sans qu’un coupable soit désigné et sans avoir été indemnisé, c'est-à-dire, en quelque sorte, rémunéré pour ce « travail ». Où même la peur de mourir n’est plus assumée, n’est plus dans la nature des choses et peut être monnayée au bénéfice des proches.

 

Andrea Mantegna : « Christ mort »

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Publié le 7 Janvier 2013

id-es-de-M-2.jpgLes socialistes au pouvoir depuis quelques mois sont traités d’amateurs. Il est vrai que depuis dix ans qu’ils étaient dans l’opposition ils n’ont pu exercer leurs talents, avec plus ou moins de bonheur, que dans leurs baronnies et semblent un peu surpris d’être à la tête du pays où ils enfilent les gaffes avec beaucoup de dextérité. Laissons leur le temps pour faire aussi bien que les professionnels de la droite qui, en dix ans, ont réussi à faire passer un excédent commercial en 2002 à un déficit de 70 milliards en 2012, à réduire les emplois manufacturiers de 20% et à creuser la dette de 600 milliards en seulement 5 ans. Certes, il est difficile de faire mieux, mais rien n’est impossible lorsqu’on acquiert de l’expérience.

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Publié le 7 Janvier 2013

Magritte-pipe.jpgFrançois a mis un préservatif sur un rapport à la galloise. La crainte de la maladie sociale syndicalement transmissible. Avant même d’être consommé, le rapport a été interrompu. Alors, coco, pourquoi payer un rapport si ce n’est pas pour aller jusqu’au bout ? C’est, nous le voyons bien, qu’il ne correspondait pas à tes désirs. Un rapport, oui, mais selon tes exigences. Priorité au client, à lui de décider ce qu’il veut en exhiber. Manquerait plus qu’on lui dicte sa position à François. Ne serait-il pas plus simple à l’avenir d’éviter tout rapport puisque, de toute façon, ça se termine par une séance d’onanisme.

Ce petit billet elliptique fait allusion au rapport Gallois sur la compétitivité qui doit sortir le 5 novembre mais qui été plus ou moins rejeté à l'avance par Hollande ("ce rapport n'engage que son auteur"). 

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Publié le 7 Janvier 2013

« Une mère a perdu vendredi son enfant en le mettant au monde dans sa voiture sur l'autoroute A-20 alors qu'elle faisait route vers une maternité de Brive, faute de maternité dans le nord du département du Lot où elle réside. Les pompiers ont constaté la mort du nouveau né peu après 12h00.

La jeune femme, accompagnée de son compagnon, avait pris la direction de Brive, soit un trajet d'un peu plus d'une heure, sur les conseils de son gynécologue qu'elle avait consulté peu avant à Figeac (nord-est du Lot). »

 

La maternité de Figeac avait été fermée en 2009 après celle de Gourdon, si bien que le département du Lot (170.000 habitants) ne compte qu'une maternité à Cahors, et ce qui devait arriver, arriva.

Les deux-tiers des maternités ont fermé depuis 20 ans selon une véritable idéologie du regroupement qui parait aux yeux des autorités comme LA solution (et ceci pour toute les activités hospitalières, notamment celles qui revêtent un caractère d’urgence). Certes, la concentration des moyens est source d’économie (ce qui n’est pas certain pour les maternités) et d’efficacité une fois arrivé à bon port, mais elle n’est pas sans inconvénients.

- La fermeture des petits hôpitaux, alors qu’ils donnent toute satisfaction, contribue à faire fuir d’une région le personnel de santé.

- En raison de la distance à parcourir et de l’accès parfois difficile, l’essentiel est de ne pas mourir en chemin car il serait dommage de ne pas bénéficier des qualités d’un grand centre. Et ne ce n’est pas l'engagement verbale de François Hollande de ne laisser «aucun Français à plus de 30 minutes de soins d'urgence» qui y changera grand-chose.                                                           

- Si l’on ferme les petites maternités, on risque de surcharger les grandes. Pour les autorités sanitaires  c’est un problème de vases communicants : calculer l’activité minimale pour que le nombre de complications provoquées par le maintien  des petites soit  au plus égal au nombre de complications, y compris nosocomiales, dues à la surcharge  ainsi provoquée dans les grandes, sans augmenter le nombre de sages-femmes, médecins accoucheurs et infirmières.

Peut-être que le drame qui ouvre ce billet aurait pu être évité si nous avions suivi le conseil de H. Melville (dans Moby Dick) : «  L’art de l’accouchement devrait être enseigné en même temps que ceux de l’escrime, de la boxe, de l’équitation et de la rame ». En même temps que le maniement d’un jeu vidéo serait plus adapté à notre époque, le jeu lui-même pouvant être un support éducatif.

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Publié le 7 Janvier 2013

La France, puissance moyenne (ce n’est déjà pas si mal), a tendance à jouer à la grande puissance qu’elle fut autrefois, à tel point qu’elle est parfois taxée d’arrogance. Ses gouvernants, aussi médiocres soient-ils, ne se privent pas de donner des conseils aux autres, de les gronder pour leurs travers, encouragés en cela par une partie de la population qui s’estime garante des droits de l’homme et exige que ceux qui les représentent portent leur voix.

De la même façon, la France tient à son prestige et à faire bonne figure aux yeux du monde, même lorsqu’elle n’en a pas les moyens. La médecine française restant encore de qualité, nombre d’étrangers fortunés ou officiels viennent se faire soigner en France plutôt que dans leur pays. «… On va les chercher à l’aéroport en ambulance toutes sirènes hurlantes, on leur dispense des soins de qualité et on ferme les yeux sur les factures qu’ils n’acquittent jamais » (Patrick Pelloux). C’est ainsi que les hôpitaux ont augmenté leur déficit de cinquante millions de factures impayées. Sur ces cinquante millions, 20 millions leur seraient dus par la Caisse nationale des assurances sociales algérienne, tandis que le Maroc et les pays du Golf (dont on connait la pauvreté) participeraient chacun à hauteur de 10 millions d’euros à cette dette (JDD).

Toujours pour son prestige, la France sait se montrer généreuse même à l’égard de ceux qui la détestent. Elle s’est engagée dans le cadre du « traité de coopération et d’amitié entre la France et l’Afghanistan » à financer des projets dans le pays des talibans à hauteur de 300 millions d'euros sur 3 ans. Ce cadeau aux cousins très proches de ceux qui avaient tué 3000 américains sur leur propre sol, n’a été accepté qu’avec réticence par le Sénat de Kaboul au motif qu’il n’était pas possible de signer un traité d’amitié avec des infidèles. Les Afghans, miséricordieux, ont fini par accepter le texte en remplaçant le mot « amitié » par celui de « relation » et en tenant compte du fait « qu’il y avait beaucoup de musulmans en France » (Canard Enchaîné du 11/10/12). Nous voilà soulagés…de 300 millions donnés sans contrepartie à ceux qui ne nous aiment pas.

 

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Publié le 7 Janvier 2013

Les verts, amoureux de la nature, semblent avoir un goût prononcé pour la verdure. Il ne faut pas oublier la cohérence de Cécile Duflot  qui a prénommé une de ses filles « Térébenthine », résine qui provient de l’incision de certains végétaux. Il n’est donc pas étonnant qu’elle soit partisane de la dépénalisation de la consommation de cannabis. Il semble également qu’une élue verte pétrie de convictions se soit entièrement investie dans le circuit marchand de cette plante afin d’en faciliter sa consommation.

Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, et donc au plus près de nos chers enfants, a considéré dimanche soir sur France Inter qu’il fallait rouvrir cet « épineux dossier »: « C'est un sujet majeur. Je vois quasiment tous les soirs à la télévision des reportages pour montrer les trafics illicites de nos banlieues. C'est quand même une question qui se pose sérieusement ».

D’abord, notre ministre regarde la télévision tous les soirs et c’est d’elle qu’il semble tirer l’essentiel de ses informations, comme tout un chacun. Les hautes sphères se mettent au niveau du Français moyen, preuve que le socialisme est en marche. Ensuite, devant l’importance du trafic de cannabis la solution sous-tendue par notre ministre pour le faire cesser serait de dépénaliser la consommation de cette drogue dite douce, mais qui pourrit un peu le cerveau et donne le cancer du poumon avec plus de certitude que le tabac, sauf si l’on meurt auparavant sur la route dans de douces divagations euphoriques.

Certes, je n’ai pas la finesse de nos élites, mais je ne vois pas comment la libre consommation du cannabis (qui risque de ce fait d’augmenter) ferait cesser le trafic, car pour en consommer il faut d’abord en trouver. A moins de permettre simultanément, pour ceux qui en ont les moyens, la culture de la plante dans l’espace privé. Ce qui serait une bonne occasion de retourner à  la nature et de promouvoir le jardinage, avec le risque de mécontenter les trafiquants dont on connait la susceptibilité meurtrière en cas de concurrence. (Voir également : « 114. Le  cannabis doit-il rejoindre l’alcool et le tabac ? ».

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Publié le 7 Janvier 2013

Dali-montre-molle.jpgCe week-end les cambrioleurs de l’appartement de 300 m2 du ministre du budget Jérôme Cahuzac, situé dans le XVI arrondissement, ont dérobé une dizaine de montres de marques dont la valeur a été estimée à 100000 € (d’après le Parisien). On se souvient des ennuis de Julien Dray qui avait utilisé des crédits discutés pour s’offrir une collection de belles montres (marques Patek Philippe et Richard Mille). Mais les socialistes ne sont pas les seuls à collectionner ces objets carpiens, la droite également. Que n’a-t-on pas entendu sur la Rolex Daytona de Sarkozy et sur la Patek Philippe offerte par Carla, heureusement que Séguéla est venu à son secours en parlant de la Rolex comme symbole de la réussite pour un homme de la cinquantaine, rejetant dans le purgatoire les millions de ratés ne possédant pas cette montre de luxe (dont je suis).

On peut se poser la question sur le goût répandu des hommes politiques pour les montres de marque. Peut-être collectionnent-ils les montres comme ils collectionnent les mandats. Peut-être font-ils un investissement dans des objets d’art. Peut-être que ces montres leur rappellent, dans un chœur unanime et parfaitement synchrone, qu’un mandat a une durée limitée et qu’ils n’ont pas de temps à perdre. Je crains que cette  dernière hypothèse ne soit pas la bonne. Et c’est dommage.

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Publié le 7 Janvier 2013

Chacun connait et est plus ou moins victime du symbolisme des chiffres. Il suffit d’entrer dans un magasin quelconque pour en avoir la preuve, le prix est rarement indiqué en chiffre rond, le 9 est largement utilisé comme décimale et le plus souvent doublé comme 29,99 par exemple, le cerveau retient le 29 et néglige les décimales si bien que le prix parait nettement moins élevé que 30.

Le nombre de 2 millions 999999 chômeurs (dont on n’a pas parlé) a moins d’impact que 3 millions de chômeurs, nombre dénommé à juste titre : barre symbolique et qui soulève immédiatement des vagues de commentaires critiques et pessimistes, alors qu’un chômeur de moins permettait un certain apaisement. Quand on sait de quelle façon est évalué le nombre de chômeurs, on peut se poser quelques questions.

Buffet clown chapeau pointuDepuis des années on nous assène sur la tête une autre barre symbolique : les fameux 3% du PIB pour le déficit à ne pas franchir et autour desquels les politiques et les économistes se battent avec acharnement. Plutôt qu’une barre, il s’agit en fait d’une règle  d’or, mais des coups de règle sur les doigts, aussi dorée soit-elle, sont également douloureux. Or, un certain haut fonctionnaire du budget dénommé Guy Abeille a fait son miel de ces 3% en révélant dès 2010 (ce que rappelle le Canard Enchaîné du 3/10/12) de quelle façon ce pourcentage fatidique a été déterminé. C’est en 1981, sur la demande de Mitterrand, que ce plafond, qui faisait sérieux, a été proposé par les grosses têtes des Finances pour que le président puisse l’opposer à ses ministres lorsqu’ils venaient lui réclamer de l’argent. D’après Mr Abeille, le chiffre de 3% aurait été imaginé« sur un coin de table […] en une heure […] et 3%, c’est un bon chiffre, cela fait penser à la Trinité ». C’est pas symbolique ça ? Et si l’on ne respecte pas cette Trinité, le ciel risque de nous tomber sur la tête.

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Au festival  du « Printemps de septembre » 2012 de Toulouse, une installation de l’artiste marocain Mounour Fatmi : « Technologia », qui mêle des images de la modernité (la machine des « Temps modernes » de Chaplin) aux versets du Coran, a du être retirée de la programmation par la mairie pour apaiser la communauté musulmane du coin. Des images de l’œuvre avaient été projetées sur la façade de l’hôtel-dieu, mais aussi, par inadvertance (bug informatique), sur le sol du Pont-Neuf. L’œuvre en elle-même n’est aucunement blasphématoire (Dieu merci !), elle a été exposée au Qatar et doit l’être à l’Institut du monde arabe à Paris. Mais les images du Coran sur le sol du pont ont choqué les musulmans, et lorsqu’une jeune Toulousaine en marchant a été amenée à mettre ses chaussures sur les calligraphies projetées qui ne signifiaient rien pour elle, des musulmans se sont indignés et l’une d’entre eux a giflé la malheureuse passante (des représentants des associations musulmanes s’en sont excusés par la suite) [source Le Figaro.fr].

Cette affaire surréaliste amène quelques questions :

- Si l’illusion d’un objet sacré est aussi sacrée que l’objet lui-même, le sacré n’est-il pas une illusion ?

- Si les musulmans ont aussi facilement une réaction allergique dangereuse pour tout ce qui concerne leur religion, ne faut-il pas en faire un problème de santé public ?

 - Pourquoi les musulmans présents sur le pont n’ont-ils pas demandé gentiment à la passante d’éviter de marcher sur les versets projetés du Coran plutôt que de la gifler ? -- Je suis persuadé qu’elle se serait volontiers exécutée, même si pour elle ces versets ne sont aucunement sacrés, et qu’elle a le droit de marcher où bon lui semble dans l’espace public.

- La violence est-elle une réaction privilégiée par les fidèles de l’Islam ?

- Vous serait-il possible de faire parvenir vos pantalons usagés aux responsables de la mairie de Toulouse ? (le porc est payé à la réception).

 

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Publié le 7 Janvier 2013

Marilyn-Monroe.jpgEn voilà une drôle d’idée ! Un médecin de la Loire avait fixé sur sa chaussure une caméra vidéo pour filmer sous les jupes des visiteuses médicales ! Les images filmées sur ou sous huit d’entre elles retrouvées par les enquêteurs ont montré, devinez quoi ? Des jambes. Certes, elles devaient être jolies comme le sont souvent les visiteuses médicales, car il vaut mieux que l’ambassadrice d’un médicament soit plus plaisante à voir que les rondeurs d’un comprimé, mais les jambes féminines largement dévoilées ne manquent pas dans les rues, comme ne manquent pas dans un cabinet médical celles des patientes (que l’homme à la caméra au pied ne filmait pas). Justement, pour un voyeur, ces jambes dévoilées manquent de jupe, l’intérêt est de découvrir ce qui est recouvert et il est dommage pour l’intéressé que ses visiteuses n’aient pas été revêtues d’une burqa, ses investigations auraient été plus profondes, quoique plus dangereuses.
Quoi qu’il en soit notre médecin, féru d’observation sur le vif et dans les conditions de la vie courante, a écopé d’un mois de suspension par le Conseil de l’ordre et coupable aux yeux fouineurs de la loi d'atteinte à l'intimité de la vie privée, les jambes étant éminemment personnelles, il a été condamné à trois mois de prison avec sursis et à verser 1 600 euros de dommages et intérêts, pour préjudice moral, à trois de ses victimes qui, traumatisées par l’objectif indiscret, portent désormais des pantalons.
 

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Publié le 7 Janvier 2013

Après le navet sur Mahomet tourné par un Egyptien copte qui s’est courageusement empressé d’impliquer les juifs à l’origine de son œuvre qui traînait depuis des mois sans que personne ne s’y intéresse, voilà que Charlie Hebdo publie quelques dessins sur le prophète de l’Islam.

Les réactions peuvent se résumer dans leur majorité par : nous tenons à la liberté d’expression, mais ce n’était pas le moment d’en user. Il y a donc des moments où la liberté d’expression peut s’exprimer et d’autres où il vaut mieux ne pas le faire. Autrement dit : une liberté conditionnelle.

Pourtant, c’était le bon moment dans l’intérêt même des musulmans intégristes. Songez que les foules sont déjà mobilisées sur le pied de guerre, qu’elles se sont déjà procuré des drapeaux à brûler, qu’elles ont déjà acquis une expérience dans l’assaut des ambassades et dans le lynchage des ambassadeurs, que ceux qui n’ont pas de travail vont pouvoir s’occuper dans une saine activité de plein air, que ceux qui ont à peine à manger pourront bouffer de l’occidental, le plat préféré des intégristes. C’est aussi le moment pour ceux-ci de remercier le journal satirique qui a compris que c’était le moment.

C’est enfin le moment où tous les journaux satiriques libres devraient publier des dessins sur le sujet, mais de préférence humoristiques et de bon goût, sans tomber dans la stupidité et le récit de bas étage du film obscur qui a tout déclenché et qu’un quidam eut la bonne idée de traduire en arabe, histoire de faire trucider quelques innocents pour la bonne cause, dans la plus grande miséricorde.

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Publié le 7 Janvier 2013

Un rapport de l’inspection générale des Finances (IGF) a été remis à Mr Fillon sur le maquis proliférant des agences officielles dont on ne sait pas ce que font nombre d’entre elles, d’autant plus qu’elles sont parfois deux ou trois sur le même créneau. Ce rapport ayant été remis en période électorale, il a été soigneusement rangé dans un tiroir que le nouveau gouvernement vient d’ouvrir.

Nombre d’agences : 1244 – Employés : 442830 avec une augmentation des effectifs de 6% depuis 2007 (1500 agents ont pour mission d’exercer une tutelle) – coût : 50 milliards € (+ 15% en 5 ans)

 

Dans le domaine de la santé, la prolifération est telle, qu’elles doivent douloureusement se marcher sur les pieds :

- « Haute autorité de santé » (HAS),

- « Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médicaux sociaux » (ANAP) (Courteline, pas mort).

- « Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux » (ANESM). Je pense que vous avez saisi la nuance par rapport à l’agence précédente.

- « Ensemble pour la solidarité thérapeutique hospitalière en réseau » (Esther). Cette Esther bien mystérieuse est un GIP (ce n’est pas une insulte) crée en 2002. Esther, brave fille, est là pour faciliter (à l’aide de ses 28 fonctionnaires) l’accès au traitement et aux soins de qualité en faveur des personnes vivant avec le VIH-SIDA dans les pays « en voie de développement », bien au chaud à côté de l’OMS, l’Onusida, UNITAID et la foule d’ONG qui s’y consacrent.

006-copie-1Avec une régularité métronomique, les médias révèlent des révélations déjà révélées sur des situations scandaleuses, des gabegies incompréhensibles, des gens grassement payés par la collectivité pour ne rien faire. Le Canard Enchaîné en a fait une de ses spécialités pour déclencher un rire jaune. Des livres bien documentés paraissent dont les auteurs sont interviewés. La Cour des comptes fait son petit tour de piste chaque année devant les yeux ébahis de la France entière. Et comme cela ne suffit pas, le gouvernement en place demande des rapports dont il tient rarement compte. Gesticulations onéreuses pour faire semblant de résoudre un problème ou satisfaire un groupe de pression. Rideau.

 

(Sources : Le Parisien et le Journal International de Médecine)

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Publié le 7 Janvier 2013

Les agences de tourisme ont enrichi leurs catalogues pour les voyages dans les pays musulmans. En matière d’horticulture, elles sont à même de proposer les fruits du printemps arabe : barbes fleuries et pousse de voiles. En Tunisie, le circuit inclut depuis peu la visite d’une tribu primitive : les salafistes, qui vivent toujours selon les mœurs du Moyen Âge. Quelques membres de cette tribu ont d’ailleurs été présentés récemment à Paris, en suscitant l’étonnement des Parisiens.

Dans chaque pays de grandes manifestations artistiques sont organisées comprenant des ensembles choraux exécutant des rythmes folkloriques ancestraux et des danses parfaitement déréglées se terminant par des feux de joie et quelques tirs d’artifice du plus bel effet. Ces nouveautés attireront sans doute les touristes à la recherche d’authenticité. Mais nul n’est prophète dans son pays.

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Publié le 7 Janvier 2013

Il existe au sein de l’ONU un Conseil des droits de l’Homme qui se révèle être une sinistre absurdité. Il y siège des états amenés à juger du respect de ces droits dans le monde et qui chez eux ne les respectent aucunement. Il fut un temps où la Libye de Kadhafi en assurait la présidence et on sait le souci avec lequel ce dictateur fou et libidineux les respectait. Il semblerait que ce Conseil ait accepté à nouveau comme membre le Soudan, alors que son président est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour crimes contre l’humanité et génocide. Une bagatelle. Ce Conseil, par sa composition habituelle, a surtout comme objectif la condamnation des pays occidentaux. Un peu comme si un jury composé de meurtriers avait à juger de l’innocence d’un prévenu.

Je me permets de retranscrire ici un extrait d’un livre de Guy Millière « Le désastre Obama » que je n’ai pas lu et je l’ai trouvé sur le site Atlantico (je ne peux donc pas en garantir la véracité) :

«les Etats-Unis refusaient depuis des années de siéger au Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies en raison du fait que celui-ci était composé aux deux tiers de pays qui violent sans cesse les droits de l'homme et qui ne trouvent en général qu'un seul pays à condamner et à fustiger : Israël. L'administration Obama a demandé que les Etats-Unis se voient accorder de réintégrer le Conseil dès le mois de mai 2009, ce qui fut aussitôt accepté. Ils ont, l'année suivante, présenté, très humblement, un premier rapport sur les droits de l'homme aux Etats-Unis, définissant le pays comme «violant encore différents droits», mais «ouvert à la critique» des autres membres du Conseil. Les critiques n'ont pas manqué lors de la séance au cours de laquelle le rapport a été discuté, le 5 novembre 2010 : les Etats-Unis se sont fait insulter violemment par le représentant de Cuba, de l'Iran, de la Chine et de la Corée du Nord.»

Vous avez bien lu. Les censeurs savent de quoi ils parlent puisqu’ils s’efforcent d’entraver les droits de l’homme dans leur pays et pour le faire, il faut bien les connaître.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Le pasteur brésilien Lucinho qui dépend de l’église baptiste d’un quartier populaire,  a montré sur une photo publiée sur le site de la Mission évangélique Praia da Costa, que l’on peut « sniffer » la bible et appelle les jeunes à participer aux « mercredis fous de Jésus » à Vila Velha, ville qui se trouve par une coïncidence miraculeuse dans l’Etat du Saint-Esprit (Espirito Santo).

L’objectif louable de ce prêtre est de détourner les jeunes de l’enfer de la drogue en leur proposant à la place un substitut paradisiaque, celui des « principes de Dieu, où se trouvent le plaisir et la joie » et en montrant « que la Bible donne plus de plaisir que n’importe quelle drogue".

La démarche de ce bon prêtre est aussi pure que de la bonne cocaïne. Dealer gratuitement de la religion est moins dangereux dans l’immédiat que de dealer des drogues qui commencent par perturber sérieusement le cerveau avant de devenir mortelles. Cependant le pasteur inocule un peu légèrement le germe du doute. D’abord, par ses « mercredis fous de Jésus » qui suggèrent le possible déséquilibre mental de ses participants (les « fous de Dieu » étant un précédent fâcheux). Ensuite, en faisant le parallèle entre religion et drogue, la première pouvant se substituer à la seconde en prétendant donner plus de plaisir. Il est vrai que les deux sont capables de déconnecter le consommateur de la réalité en le faisant accéder à un paradis artificiel.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Pendant des siècles la médecine était basée sur des observations, des anecdotes, des « histoires de chasse ». On s’en souvenait parce que les cas étaient exemplaires, on les racontaient pour que les autres en tirent bénéfice, on les enseignait, on en faisait des livres. La médecine était empirique et littéraire. Les observations n’ont pas disparues, elles font l’expérience du médecin, et celui-ci ne manque pas de se précipiter dessus lorsqu’elles sont publiées dans les journaux médicaux, même si on ne peut rien conclure de quelques histoires individuelles. La médecine se veut science.

Certes, mais c’est une science parasite. Elle a tiré ses progrès décisifs de la physique, de la chimie, de la biologie et maintenant de la génétique. La médecine seule n’est entrée dans le sein de la science que par la petite porte, celle de la statistique. 

Où la probabilité devient une preuve
Pour être science, la médecine doit prouver ce qu’elle avance, notamment dans le domaine thérapeutique. Les traitements doivent être validés par la « médecine basée sur les preuves ou les faits ». Concept « révolutionnaire » né dans les années 1980, « officialisé » au début des années 1990, que l’on pourrait définir ainsi : pour soigner leurs malades, les médecins doivent tenir compte des essais considérés comme sérieux parus dans la littérature médicale. Rien à dire. Mais cela sous-entend qu’auparavant les médecins ne lisaient pas, faisaient n’importe quoi ou dans le meilleur des cas, appliquaient ce concept sans le savoir.
L’ennui est que les faits « démontrés » ne sont pas des preuves mais des probabilités statistiques. Ils ne sont applicables qu’à la majorité des sujets, à condition qu’ils possèdent eux aussi les critères d’inclusion[1] dans les essais et il est impossible a priori de savoir si la personne que l’on veut soigner en fait partie ou si l’alternative minoritaire ne lui serait pas plus bénéfique.

Que pourrais-je mesurer ?
L’outil mathématique fourni par la statistique que l’on utilise actuellement pour les études est à ce point séduisant que l’on a parfois tendance à l’appliquer à tort et à travers, souvent pour démontrer doctement des évidences comme l’intérêt de faire un diagnostic avant de traiter[2]. En son temps, le Pr Mathé avait proposé ironiquement de comparer le coût d’un hôpital avec malades avec celui qui en serait dépourvu. On peut aussi perdre beaucoup de temps pour résoudre des problèmes d’un intérêt limité comme établir une corrélation entre le poids et la taille à la naissance et l’état marital futur[3].

Mais la frénésie des études conduit parfois certains en mal de publications à un haut niveau d’indécence et de cruauté, comme celle qui s’est emparée des épidémiologistes de Yale (avec l’accord de leur comité d’éthique! ) les amenant à interroger 226 malades en phase terminale de leur maladie et en ayant conscience, pour juger de leur adhésion ou non à la promesse d’un traitement salvateur plus ou moins risqué (mais qui n’existait pas) et en affirmant qu’en l’absence de ce traitement l’issue serait fatale. Les pourcentages et les courbes ont permis à ces expérimentateurs (on hésite à les appeler médecins) de confirmer une évidence : presque tous acceptaient, mais la proportion diminuait en fonction de la lourdeur du traitement évoqué et des risques encourus[4].

Où pourrais-je mettre mon nom ?
La frénésie des publications s’explique, c’est le champ de bataille principal des médecins universitaires. Il faut publier, même n’importe quoi[5], l’important est d’être de la revue, de préférence anglo-saxonne. C’est sur elles que sont basées notoriété et nomination. Le contenu est jugé sur « l’ impact factor » : nombre de fois où l’article est cité dans d’autres articles . Si le plus souvent c’est pour sa qualité et son apport novateur, il peut se faire que ce soit pour le critiquer et l’infirmer.Mais plus que le contenu, c’est le nombre qui importe et qui impressionne. C’est ainsi qu’il existe en général une pléthore de signataires, la plupart n’ayant le plus souvent qu’un rapport lointain ou inexistant avec le travail réalisé. En principe celui de tête est l’auteur principal, le dernier est le patron qui n’a rien fait, et entre les deux le jeu consiste à deviner si ce sont de vrais acteurs ou des figurants.
                                                                               
Les chiffres ça se manipulent
La médecine aimerait être une science exacte, elle est en manque de mathématiques. Son ambition est de chiffrer tout ce qu’elle touche. « C’est l’entrée dans un nouveau mode de pensée rationnel, la disparition d’un certain romantisme médical, le passage de l’art subjectif au jugement mathématique » (François Fourrier)
[6]

L’introduction des mathématiques en médecine ne garantie pas la véracité de ce qu’on avance. Biaiser des données numériques, fausser des statistiques, par conviction ou par intérêt est et a été malheureusement fréquent. L’exemple historique le plus connu est au XIXe siècle celui de Francis Galton et de Paul Broca. « Le cerveau sécrète la pensée comme le foie sécrète la bile » disait Pierre Cabanis au XVIIIe siècle. Il était donc logique de supposer que plus la glande est grosse, plus la sécrétion est importante. On s’est donc mis à mesurer les cerveaux de l’homme, de la femme, des blancs, des jaunes, des noirs, des animaux, avec le désir avoué de mettre en évidence des inégalités dans l’espèce humaine. Que l’homme est supérieur à la femme, que l’ écart entre hommes et femmes se creuse (Gustave Le Bon) que le blanc est supérieur au jaune et au noir. Pour prouver leur théorie et satisfaire leurs préjugés, ces messieurs n’ont pas hésité à tronquer leurs chiffres[7].
Manipulations dangereuses et vaines : l’intelligence ne dépend pas de la taille du cerveau.
Si l’on parle volume, l’homme serait moins intelligent que l’éléphant, le dauphin ou la baleine. Si l’on compare la taille du cerveau avec le corps de l’individu, l’homme est classé premier parmi les primates, mais derrière les capucins d’Amérique du Nord et quelques chauves souris. Quant au poids, le cerveau d’Anatole France était nettement au-dessous de la moyenne et plus de deux fois moins lourd que celui de Lord Byron. Sacrée glande.
 
Les mathématiques ça fait sérieux
La médecine ne perd pas une occasion d’introduire des formules, des courbes, des diagrammes, des grilles, des échelles, des algorithmes, même pour saisir l’insaisissable comme la qualité de vie.
L’ambition des médecins est de mettre en équations des phénomènes qui échappent aux mathématiques. C’est tout un art. Le QI (Quotient intellectuel) en est un exemple : il mesure l’intelligence comme la taille d’un tableau mesure le talent du peintre. Ce goût s’exprime même dans des domaines inattendus comme la psychanalyse :
« C’est ainsi que l’organe érectile vient à symboliser la place de la jouissance, non pas en tant que lui- même, ni même en tant qu’image, mais en tant que partie manquante à l’image désirée : c’est pourquoi il est égalable à la racine de -1 de la signification plus haute produite, de la jouissance qu’il restitue par le coefficient de son énoncé à la fonction de manque de signifiant : (-1). » ( Lacan)[8] .

Comment mettre en équations l’empirique, l’évidence et l’incertitude. 
C’est en principe pour les aider dans leurs décisions que l’on délivre aux praticiens des recommandations d’une précision diabolique, comportant des sections, des sous sections et des sous sous sections pour paraître scientifiques, alors que les données sont empiriques et que l’ensemble pourrait se résumer en quelques phrases. Les recommandations sont elles-mêmes classées selon leur niveau de « preuves » I ou II, assorti d’un coefficient A, B, C selon la valeur méthodologique des études, ce qui pourrait se résumer plus clairement par : certain, probable, incertain. Remplacer un adjectif par une cotation ne change pas le fond, n’ajoute rien, sinon de la confusion.
Les praticiens disposent également de grilles qui permettent de chiffrer le risque pour un patient d’être atteint d’une maladie ou de ses complications dans les années à venir. Ces grilles expriment bien la volonté d’une démarche mathématique à tout prix, elles apportent des pourcentages précis qui impressionnent, car l’incertitude est chiffrée avec exactitude. On constate aisément sans le secours des grilles et des formules (il en existe une douzaine pour les affections cardio-vasculaires), que plus le patient a de facteurs de risque pour une maladie, plus le risque de l’avoir est grand et savoir que sa probabilité d’apparaître dans les dix ans à venir est de 10 ou de 15% ne change pas grand chose pour instaurer une prévention plus ou moins rigoureuse.
La stratification des risques est également un concept à la mode. C’est le recueil des caractéristiques d’un malade pour déterminer les probabilités évolutives de sa maladie. Concept pouvant se résumer ainsi : plus le patient a d’anomalies, plus sa maladie est grave. Stratification a tout de même une autre allure qu’évidence.
Dans la pratique les chiffres issus des grands nombres sont un trompe l’œil, mais leur esthétique est incontestable. Le chiffre donne à la pensée intuitive une caution « scientifique » qui fait les délices des savants et que le praticien serait bien sot de ne pas accepter puisqu’on a pris la peine de penser pour lui.

Où on élève la pensée du médecin au niveau de l'ordinateur
Des algorithmes sont proposés au praticien, propositions guère flatteuses pour son intelligence. Labyrinthes de la pensée, très utilisés de nos jours pour schématiser une démarche intellectuelle permettant d’aboutir au diagnostic ou de déterminer le traitement. Le choix à chaque étape dépend d’une réponse par oui ou non, processus binaire ramenant la pensée du médecinau niveau de l’ordinateur. Cette démarche alambiquée pourrait en général se résumer en une ou deux phrases simples. Mais la littérature n’a pas le sérieux d’un diagramme. 

Documentation réunie avec la collaboration de Jean Waligora

 


[1] Caractéristiques qui permettent à des personnes qui n’ont rien demandé de faire partie d’une étude et de prendre par tirage au sort un traitement plutôt qu’un autre. Les personnes qui ne possèdent pas ces caractéristiques ou qui refusent de jouer le jeu se voient exclues de l’étude. Loin d’être un désavantage, cette exclusion leur assure un meilleur traitement, car adapté à leur cas.
[2] BC. Delaney et coll. « Cost effectiveness of initial endoscopy for dyspepsia in patients over age 50 years : a randomised controlled trial in primary car » Lancet 2000 ;356 : 1965-69
[3] D.I.W. Philipps et coll. « Prenatal growth and subsequent marital status : longitunal study » Br Med J 2001 ;322 : 771-2
[4] Fried T et coll. « understanding the treatment preferences of serious ill patients ». N Engl J Med 2002;346 : 1061- 66
[5] Le niveau de vigilance des comités de lecture des revues n’est pas toujours à la bonne hauteur
[6] Dictionnaire de la pensée médicale (direction Dominique Lecourt) puf 2004
[7] S.J.Gould, La Mal-mesure de l’homme, éd Ramsay 1983
[8] Cité par Sokal et Bricmont. Impostures intellectuelles, éd. Odile Jacob

                                                                               

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

L’ennui avec les experts c’est qu’ils savent beaucoup de choses et l’esprit encombré par tout ce qu’ils savent ne leur permet pas toujours d’appréhender ce qu’ils ne savent pas. Ceci les amène souvent à rejeter ce qui ne fait pas partie de leur savoir pour ne pas encombrer davantage leur esprit.
Voici quelques avis d’experts du passé. Nos successeurs se chargeront de juger nos jugements.
                                                                          ¤  
La circulation est " paradoxale, inutile, fausse, impossible, absurde et nuisible " [1] affirme à Paris, le Doyen Gui Patin lorsque l’Anglais William Harvey publie en 1628, à Francfort, après plus de vingt ans d’observations et d’expérimentations rigoureuses, sa théorie de la circulation.
                                                                          ¤
«  La chirurgie est parvenue au point de n’avoir presque plus rien à acquérir. » déclarait en toute simplicité un chirurgien parisien renommé, Jean Marjolin, en 1836.
                                                                           ¤
«  Eviter la douleur dans les opérations est une chimère qu’il n’est plus permis de poursuivre aujourd’hui » affirmait, en1839, Alfred Velpeau, surnommé le Prince de la chirurgie, sept ans avant la première opération chirurgicale sous anesthésie générale.
                                                                            ¤
«  Si j’avais l’honneur d’être chirurgien, pénétré comme je le suis des dangers auxquels les exposent les germes des microbes répandus à la surface de tous les objets, particulièrement dans les hôpitaux, non seulement je ne me servirais que d’instruments d’une propreté parfaite, mais après avoir nettoyé mes mains avec le plus grand soin […] je n’emploierais que de la charpie, des bandelettes, des éponges préalablement exposées dans un air porté à la température de 130° à 150°… » recommandait Pasteur en 1878
A cela le professeur Peter à l’académie de Médecine, répondit la même année :
« Ce sont là des curiosités d’histoire naturelle, intéressantes à coup sûr, mais à peu près de nul profit pour la médecine proprement dite, et qui ne valent ni le temps qu’on y passe, ni le bruit qu’on en fait. Après tant de si laborieuses recherches, il n’y aura rien de changé en médecine ; il n’y aura que quelques microbes de plus […] L’excuse de Monsieur Pasteur, c’est d’être un chimiste qui a voulu, inspiré par le désir d’être utile, réformer la médecine à laquelle il est totalement étranger.» [2]
                                                                           ¤

«  Une habile mystification » déclara Lord Kelvin, un des plus grands physiciens de la fin
du XIXe siècle, lorsqu’on lui rapporta la découverte en 1895 des rayons X par l ‘Allemand 
Röntgen.
 


Documentation réunie avec la collaboration de Jean Waligora

[1] Cité par Bariéty et Coury, Histoire de la médecine
[2] Cité par J-M Galmiche, Hygiène et médecine

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

« L'art de la médecine consiste à distraire le malade tandis que son affection poursuit son cours inexorable » disait Voltaire. Les médecins d'aujourd'hui guérissent  plus souvent les malades que du temps de Voltaire, mais les distraient probablement moins.

Malgré son aspect scientifique actuel, la médecine reste un art et les praticiens, des artisans, notamment les chirurgiens. Comme eux ils travaillent le plus souvent aux pièces, ne soignent qu'un malade à la fois et acquièrent les gestes de leur métier et le maniement de leurs instruments après un long apprentissage. Mais cet art peut être exercé de diverses façons.                                                                              

Les attraits du traitement collectif.

L'idéal serait de donner à la médecine un petit côté industriel. Ce serait possible si un seul médecin pouvait traiter plusieurs malades à la fois. Méthode lucrative pour la médecin et qui pourrait être économique pour la société. La voie a été montrée par le Docteur Messmer avec une certaine réussite.

A la fin du XVIIIe siècle, le médecin autrichien Franz Mesmer prétendait traiter toutes sortes de maladies avec le « fluide magnétique ». Il obtint des succès notamment avec une jeune claveciniste viennoise Mademoiselle Maria Teresa Paradies. Elle avait perdu la vue et était une protégée de l'impératrice Marie-Thérèse dont elle recevait une pension. Le Dr Mesmer fût amené à la traiter et la jeune fille parvint à distinguer le contour des objets. Les médecins qui n'avaient obtenu jusqu'alors aucun résultat, firent perfidement remarquer au père, dont ils connaissaient l'avarice, que si sa fille recouvrait la vue, la pension de l'impératrice ne lui serait plus versée et le traitement fût abandonné.

S'installant à Paris, son succès fût tel et l'affluence si grande que Messmer mis au point un traitement collectif. Les malades encordés, disposés en cercle concentriques autour d'un baquet, étaient en contact avec son contenu (limaille de fer, verre pilé et bouteilles d'eau) par l'intermédiaire de tiges métalliques sortant du couvercle. Son fameux baquet provoquait souvent des crises d'hystérie collective...et obtint des guérisons. Les déboires, les satires, et le refus d'une expertise poussèrent Messmer à quitter Paris pour la Belgique, malgré le soutien de sa payse, Marie-Antoinette. Le « fluide magnétique » était bien parti pour faire le beurre des charlatans. Mais faut-il jeté le bébé avec l'eau du baquet ? Le magnétisme animal existe, il a été mis en évidence chez des bactéries ou les oiseaux. Et après tout c'est grâce à l'argent attiré par son magnétisme que Mesmer a pu commander à Mozart enfant son premier opéra : Bastien et Bastienne. 

D'une certaine façon, le traitement collectif est aujourd'hui largement répandu sous la forme de la prévention et du dépistage où un nombre réduit de médecins impose leurs directives  à l'ensemble de la population. Dans l'exercice privé de la médecine, malgré ses avantages, le traitement simultané de plusieurs patients, tel que l'avait conçu Messmer, s'avère difficile à mettre au point. Seuls les psychiatres, psychanalystes ou psychologues  réussissent à appliquer parfaitement la méthode Messmerienne dans les thérapies de groupe où le gourou est honoré par chacun des participants en échange d'une parole devant témoins ou d'une écoute de la parole de l'autre.

Les bonnes fées autour du lit.

La configuration : un patient, plusieurs médecins reste en faveur aujourd'hui comme dans le passé.

A l'hôpital, un malade - surtout s'il est « intéressant » - peut être interrogé et examiné de multiples fois le même jour. Il voit ainsi défiler toute la hiérarchie, du moins au plus gradé, finissant par connaître les gestes à faire et les questions qui lui seront posées, affinant les réponses et livrant parfois la clé du diagnostic au chef de service, dernier de la chaîne.

Rien de nouveau si l'on en croit  une épigramme de Martial datant du premier siècle :

« Malade, je réclame Symmaque ; le voici

D'une bonne centaine d'étudiants suivi ;

Sur mon sein chacun d'eux pose une main glacée,

Je n'avais pas la fièvre et ils me l'ont donnée ! »[1]

La visite à l'hôpital est la cérémonie pendant laquelle le malade est enfin très entouré et où l'équipe soignante lui montre le chef de service. C'est le moment pour ce dernier de ne pas décevoir son public. Le chef est reconnaissable : c'est le seul qui peut poser à tous des questions dont il connaît les réponses. Il peut parfois prendre plaisir et croire s'élever en abaissant ses subordonnés. Les mandarins sont une espèce non protégée, en voie de disparition. Les derniers représentants se dissimulent en se répandant en critiques sur leurs comportements nuisibles tout en continuant à les pratiquer pour leur compte personnel. On ne s'étonne donc pas que les panégyriques les plus flatteurs sont ceux que l'ont fait au départ à la retraite de son chef de service, car ils expriment la joie de le voir enfin partir.

Le « staff » hospitalier permet d'exercer un art collectif de soigner en l'absence du patient. C'est une  réunion du personnel médical d'un service où l'on discute les dossiers des malades. Arène des rivalités sourdes où le patron a l'occasion d'enseigner et les assistants de se faire valoir. Pseudo démocratie de type athénien où seuls les « notables » du service ont droit à la parole et où, in fine , après avoir pris l'avis de tous ses subordonnés, le patron prend la décision thérapeutique qu'il aurait de toutes les façons prise en cinq minutes tout seul  dans son bureau.

Le « réseau » est une idée en vogue Jusqu'à présent, le médecin consciencieux faisait du « réseau » sans le savoir, de façon informelle, avec des correspondants qu'il choisissait, pouvait changer ou ne pas solliciter lorsque ce n'était pas nécessaire. A présent le patient risque de tomber dans un réseau préformé de praticiens imposés, comme dans une toile d'araignées multiples dont il aura du mal à se dépêtrer.[2]

Le « parcours de soins » est plus ou moins imposé au patient. Cette curieuse expression évoque une course de malades épuisés, passant obligatoirement d'un médecin à un autre, d'un examen au suivant, franchissant les obstacles du traitement en multipliant les relais onéreux. Pour respecter le slogan si souvent entendu : « soigner mieux », on pourrait agrémenter ce parcours d'un circuit touristique, en suivant les palmarès des cliniques et des hôpitaux qui paraissent régulièrement dans la presse. Se faire opérer une hernie à Montpellier, retirer la thyroïde à Lyon, les varices à Metz et revenir dans le sud-ouest, à Toulouse, pour soigner son infarctus du myocarde qui ne manquera pas de survenir après un tel périple.

La pluralité praticienne a l'avantage d'entourer le malade d'un aréopage médical, mais si tous sont responsables de lui, aucun ne l'est vraiment.

Quoi qu'il en soit, le patient passe encore d'un artisan à un autre et les soins dépendent de la compétence et du savoir-faire de chacun d'eux.

Que tout le monde fasse la même chose.

Pour que le malade ne dépende pas des fantaisies ou des trouvailles individuelles, il suffit d'imposer à tous les médecins la même façon de faire par des protocoles et des recommandations. On pourrait aller jusqu'à considérer que si un médecin ne les suit pas, il dérogerait au sacro-saint principe de précaution et devrait s'en justifier. Bel avenir pour l'immobilisme.

Les recommandations de bonne pratique (RBP) sont des protocoles établis par les sociétés savantes ou les conférences de consensus. Guides utiles dont la rigidité évoque cependant la pensée unique de la Faculté du Moyen Age qui ne tolérait aucun écart. Pour le malade une bonne hérésie est parfois salutaire.

Une conduite thérapeutique  doit être étayée par des études statistiques irréprochables. Il est fermement recommandé au praticien de n'utiliser que des traitements validés, de ne prendre aucune initiative, de douter de tout ce qui n'a pas été déterminé de cette façon. On se demande comment la médecine a progressé jusqu'à présent. «  La médecine n'a jamais progressé que par la transgression » (J-F Mattei, ancien ministre de la santé).

Les recommandations des sociétés savantes et des agences officiels fleurissent et plus elles sont complexes plus elles paraissent scientifiques. Elles réduisent de fait (mais le plus souvent à bon escient) la liberté de prescription et d'innovation du médecin, à condition que celui-ci les comprenne et qu'elles ne se contredisent pas.  En cas d'incertitude, les conférences de consensus décident. C'est l'accord final d'un groupe d'experts au terme d'un débat opposant des opinions divergentes. L'une d'elles est probablement la bonne, mais n'est pas choisie. Un consensus qui concilie les divergences, est donc probablement faux. « Il nous faut refuser le  consensus qui a été inventé pour que les imbéciles ne se sentent pas seuls.» (Recteur Hélène Ahrweiler)[3].

Les conférences répandent la bonne parole. La chaire donne de la hauteur à celui qui parle même si son discours est plat. Il arrive que multiplier les écrits, les exposés, les apparitions médiatiques conduisent à parler de malades que l'on n'a plus le temps de voir et de soigner. Lorsqu'un conférencier a un bon sujet, il peut lui servir pendant plusieurs années. Il va l‘exposer dans des lieux différents, même si l'auditoire ne change guère. Personne ne lui en veut de dire toujours la même chose, car orateur et discours ne font plus qu'un et l'un ne va pas sans l'autre.

Les conférences, certaines sur « l'état de l'art », réunissent des médecins dans le but de regarder ensemble la projection de vues et seul le conférencier est habilité à les lire à haute voix. Le conférencier se repose entièrement sur elles. Il lui suffit de savoir les lire et d'agir comme si ses auditeurs n'avaient pas ce privilège.                                                                                                                                                           

Les congrès assurent une diffusion mondiale. Leur mode atteint de nos jours le ridicule : autour d'une spécialité ou d'une spécialité dans la spécialité, plusieurs fois par an, avec redondance, dans une ville toujours éminemment touristique, c'est un rassemblement tourbillonnant de médecins qui ne prendront vraiment connaissance de ce qui s'y est dit qu'en lisant par la suite les comptes-rendus. C'est dans les couloirs des salles de congrès et par les seconds couteaux, assistants et internes, qu'on est au courant de ce qui se passe dans les services, des complications non dites, des pratiques non assumées, des astuces techniques gardées confidentielles, des résultats réels... Heureusement qu'il y a les couloirs.

Le praticien, un peu perdu, empile les pilules

Le praticien est le plus souvent dépassé et impressionné par le vernis mathématique qui accompagne chaque essai et le nom des experts qui signent les consensus et les recommandations. Il est incapable de juger de la véracité de ce qu'on lui impose et leur fait confiance. Les erreurs, les fraudes, les pressions de l'industrie pharmaceutique sont indiscernables.

La plupart des essais sur lesquels reposent les directives des experts, qui participent souvent eux-mêmes aux études, sont parfaitement honnêtes et crédibles. Si bien que lorsqu'il est démontré - et les laboratoires s'efforcent de le faire - qu'un médicament est efficace pour une maladie, il doit s'ajouter aux autres pour lesquels la démonstration a déjà été faite. La réduction de la morbidité et/ou de la  mortalité obtenue par chacun d'eux tourne souvent autour de 30%. Il est décevant de constater que la sommation des soustractions n'entraîne pas une guérison totale, mais une multiplication des effets secondaires.


 Documentation réunie avec la collaboration de Jean Waligora


 

[1] Cité par Kenneth Walker, Histoire de la Médecine
[2] Il y a même des « café-réseaux »
[3] Le Monde du 7/0 7/ 1994).



 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013


Un nouveau langage est apparu en médecine et dans les lois qui la concernent, fortement inspiré de celui de l’entreprise et introduisant enfin la pratique médicale dans l’économie de marché en dehors de laquelle il n’y a pas de salut. Voici un petit glossaire médico-libéral qui permettra aux attardés de se mettre à la page :
 
Usager du système de santé désigne en fait tout le monde, puisque dès la naissance on acquiert ce statut, ne serait-ce que par les vaccinations obligatoires. On devient usager du système de santé bien avant d’être abonné à un distributeur de service quelconque. D’après le code civil « L’usager ne peut céder ni louer son droit à un autre », c’est un privilège de naissance dans les heureux pays où ce système existe. Etre un usager plutôt qu’un patient contribue à banaliser la maladie et à en faire un état commun, presque normal.
 
Consommateur de soins désigne une personne malade ou craignant de l’être. Il était opportun de remplacer le terme malade par consommateur, plus valorisant. La maladie constitue un handicap et introduit une discrimination, alors que consommer des soins c’est comme acheter une marchandise et participer à l’activité économique du pays.
 
Producteurs de soins. Le médecin en fait partie, mais il n’est pas le seul. Un producteur de soins a la particularité de ne rien produire et élever le médecin au rang de producteur devrait le satisfaire. Formé pour porter secours aux autres, il avait jusqu’à présent une conception romantique de son rôle et devenir enfin un acteur économique est tout de même plus sérieux.
 
Capital santé. Etre malade ou en bonne santé ne signifie plus grand chose. Nous sommes tous capitalistes. Notre santé constitue un capital. Malheureusement, on ne peut ni l’investir, ni le faire fructifier. Par contre, on peut tenter de le préserver ou de le récupérer. « …le patient est prêt à participer à la décision médicale et à acquérir une certaine autonomie dans la gestion de son capital santé »[1]. Le capital santé, comme tout capital qui dort, s’érode avec le temps, sa particularité est de disparaître avec le capitaliste. Ses descendants n’héritent que du capital génétique qu’ils ne peuvent refuser même lorsqu’il est défaillant.
 
Propriétaire. Un consommateur de soins est propriétaire de sa maladie (et bien sûr du dossier qui la décrit). Le détenteur de cette propriété cherche à s’en débarrasser au plus vite et à tous prix, jusqu’à rémunérer celui qui l’en débarrassera. Quoi qu’il en soit, la propriété est sacrée et il n’est pas question que le médecin s’en empare comme si elle était sienne et prenne des décisions au nom du propriétaire légitime. Le médecin ne doit pas s’approprier indûment la maladie de son patient et lui retirer cet avantage sans son avis.
 
Gestion. Ce terme fait fortune dans tous les domaines et il n’y a aucune raison de ne pas l’appliquer à la médecine. On gère un amour, une amitié, un mariage, des enfants…Alors on peut gérer un malade, une maladie, un traitement comme on gère une entreprise.
 
Co-gestion. Laissons la parole au Dr M. Ducloux, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins[2] : «  le passage du malade passif, dans une relation de bienveillant paternalisme médical, à un patient devenant davantage actif et co-gestionnaire de sa santé ». En bonne logique économique, il aurait du parler de la co-gestion du capital santé. Chacun sait à présent que le médecin et le consommateur de soins sont des partenaires, voire des associés dans la gestion de la maladie, mais seul l’un d’entre eux en est le propriétaire et l’autre fait de son mieux pour l’exproprier en ménageant sa susceptibilité.
 
Négociation. Il est évident que les partenaires d’une co-gestion sont amenés à négocier. Ils négocient quoi ? Les examens et le traitement dont doit bénéficier l’un d’eux, toujours le même. Et que se passe-t-il si ce dernier les refuse ? Il reste propriétaire de sa maladie. C’est tout.
 
Prestataire de service. La jurisprudence[3] fait du médecin un prestataire de service comme un autre, soumis aux mêmes obligations vis à vis de son client qu’un assureur, un vendeur ou un banquier. Non seulement le médecin doit dire la vérité, mais il doit aussi prouver qu’il l’a dite et que son patient l’a bien comprise. Dans le contrat qu’il passe avec le consommateur de soins, les petits caractères illisibles qui viseraient à tromper son client sont interdits. La transparence permet au consommateur de soins de se voir tel qu’il est, à lui d’assumer pleinement sa propriété.
 
C’est beau l’humanisme.
                                                                                                                     

[1] Philippe Eveillard, La Revue du Praticien / 2004 : 54
[2] Conférence inaugurale du Médec 2004
[3] « Celui qui est légalement ou contractuellement tenu d’une obligation particulière d’information doit rapporter la preuve de l’exécution de cette obligation ».( Arrêt Hédreul de la Cour de Cassation de 1997)

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Publié le 7 Janvier 2013

Magini-Carlo-nature-morte-avec-tete-de-veau.jpgLe 27 décembre de l’année dernière, le président de la République Française a quitté pendant la nuit son lit douillet pour se rendre à l’aube voir de près des « vrais gens » qui se lèvent tôt pour travailler, comme on va dans un zoo voir des spécimens représentatifs d’une espèce en voie de disparition. En l’occurrence, les spécimens choisis ont été ceux de Rungis, dont la pérennité, sauf famine, restera indispensable, selon une tradition qui tend à s’établir comme la visite obligée des politiciens au salon de l’agriculture et la contemplation du cul des vaches.

Le Canard Enchaîné du 2/01/13 nous ramène quelques échos de cette visite historique que seul l’AFP avait le droit de suivre, car le président de la République Française « veut être tranquille, pouvoir discuter sans intermédiaires avec les gens qu’il va croiser dans les allées et sur les stands ». Malgré cette volonté d’intimité, la France entière n’a pas ignoré cette preuve de courage et d’abnégation. Il ne fait aucun doute que cette discussion fut enrichissante pour tout le monde. Je me souviens de la visite d’un ministre de la Santé dans l’hôpital où je travaillais, et des échanges que nous avions pu avoir, j’en avais conclu à l’époque que cette haute autorité ne connaissait rien à la santé et qu’il était parti après son petit tour médiatique sans rien en connaître de plus.  

Les journalistes, notamment ceux de la radio, ont été furieux (leurs rédactions ont même par la suite officiellement protesté auprès du secrétariat général de l’Elysée) de ne pouvoir assister à cette visite inoubliable de l’étalage de bouffe destinée à la capitale et après avoir insisté il leur fut permis de se rendre sur le parking du pavillon des viandes où ils ont pu suivre les péripéties de la visite sur « Twitter » par une succession de messages du plus haut intérêt comme : « 5h46 : on entre au carré des volailles. ». Néanmoins, le responsable de ces informations a été assez magnanime pour communiquer par téléphone avec la presse assoiffée, au bord de la syncope et prisonnière dans les voitures, en leur lâchant l’information capitale suivante : « le Président vient d’assister au dépeçage d’une tête de veau. Il porte une polaire blanche de Rungis. Il se fait beaucoup photographier, il sert beaucoup de mains. »  

Pauvre presse. Pauvre France.  

Carlo Magini (XVIIIème) : « Nature morte avec tête de veau »  

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Publié le 7 Janvier 2013

« Selon une  étude [allemande] publiée dans la revue Health Psychologies, réalisée auprès de 6000 personnes, celles qui intériorisent leurs pensées négatives ont un rythme cardiaque plus élevé que les personnes qui expriment leur mauvaise humeur. Traduction : extérioriser ses émotions est meilleur pour la santé. En effet, à trop intérioriser ces dernières, on augmente sa tension artérielle, un facteur de risque favorisant les maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires ou les cancers.

Les personnes exprimant leur agressivité sont moins anxieuses. A titres d'exemple, les Espagnols et Italiens, connus pour leur tempérament "méditerranéen", vivraient, ainsi, deux ans de plus que les anglais, généralement loués pour leur sérénité.»

 

Source sur TF1 News : La colère, bonne pour la santé ?

 

 

Adam-et-Eve-chasses-du-Paradis.jpgComme c’est curieux, vous avez dit bizarre ? Exprimer ses émotions n’est pas une mauvaise chose, mais la colère est moins conseillée, elle accélère le cœur et surtout élève brutalement la tension artérielle, ce qui n’est guère recommandé pour les artères, notamment cérébrales. Si intérioriser peut éventuellement élever le rythme cardiaque et la pression artérielle, ce n’est probablement que de façon modeste, et on ne voit pas en quoi l’hypertension artérielle pourrait favoriser le cancer ! C’est une affirmation pour le moins originale. Quant à considérer que la longévité supérieure de deux ans des Espagnols et des Italiens par rapport aux Anglais constituerait la preuve des bienfaits de la colère est plutôt téméraire. Bien d’autres facteurs que le profil psychologique interviennent, ne serait-ce que la décroissance du nord au sud de l’Europe de la fréquence des accidents cardiaques. Il est même incertain de penser que le profil psychologique pourrait intervenir. La psychologie mène à tout à condition d’en sortir très vite.

 

NB Je n’ai pas lu l’article original, mais son compte-rendu. Il est donc possible que les auteurs se soient montrés plus prudents et plus rigoureux. Je l’espère pour eux.

 

Adam et Eve chassés du Paradis (vitrail du XVIIème. Eglise Saint-Etienne à Beauvais)

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Publié le 7 Janvier 2013

« Don Piero Corsi, curé de San Terenzo, sur la côte ligure (nord-ouest de l’Italie), avait placardé sur la porte de l'église paroissiale le jour de Noël un tract qui interrogeait : "Les femmes qui provoquent par leur habillement succinct, qui s'éloignent de la vie vertueuse et de la famille, provoquent les instincts et doivent se livrer à un sain examen de conscience, en se demandant : peut-être le cherchons-nous ?"

Ce texte a aussitôt suscité un tollé dans la paroisse et en Italie où le bilan des femmes assassinées - 118, selon le décompte de la presse - a été particulièrement lourd en 2012. » [L'évêque de La Spezia a fait rapidement retirer l’affiche]

  (AFP, Le Point)

 

Ce charitable curé, dans la droite ligne de la misogynie des monothéismes, a exprimé bêtement ce que nombre de mâles pensent. Combien de fois entend-on, ne serait-ce que dans les films ou les téléfilms, des insultes comme « salope » ou « putain », surtout lorsque le mâle est rejeté après une tentative vaine de séduction, ce qui prouve bien que la femme sollicitée n’est ni une salope, ni une putain. Et que dire de l’expression répandue : « elle s’est fait violer» comme on dirait : "elle s'est fait teindre en blonde" qui implique la responsabilité initiale de la victime et donc sa culpabilité ?

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Dans l’histoire, les religions se sont le plus souvent opposées aux avancées de la science, même si certains prêtres furent eux-mêmes à leur origine comme le chanoine polonais Copernic dont la théorie de l’héliocentrisme (qui ne fut révélée que quelques jours avant sa mort) avait été condamnée comme contraire à la Bible ou l’abbé belge Lemaître qui, un des premiers, en 1927, avait émis l’idée de l’univers en expansion à partir d’un atome primitif. Cette théorie du « big bang » fut au contraire  bien accueillie par l’Eglise car une telle conception cadrait bien avec la création du monde. A l’époque, l’abbé Lemaître fit alors remarquer au Pape qu’il ne fallait pas mélanger la science et la religion, depuis l’Eglise catholique semble avoir suivi son conseil pour ce qui concerne l’astronomie.

Pour les religions, la situation est plus périlleuse  devant les avancées médico-biologiques, car là elles touchent à l’être humain, aux mœurs, au couple, au mariage et à la procréation, c'est-à-dire à l’organisation intime de la société à laquelle elles tiennent beaucoup depuis leur naissance car il s’agit de leur position morale dans la société, et du rôle qu’elles entendent y jouer ne serait-ce que par les cérémonies qu’elles président et que la laïcité, lorsqu’elle existe, a fait reculer.  

L’Eglise catholique n’a accepté l’usage du préservatif dans la prévention du sida qu’avec réticence, s’opposant ainsi aux données médicales au péril même de ses fidèles auxquels elle a demandé, outre la fidélité, plutôt de s’abstenir, contre tout réalisme.  

Une nouvelle opposition à la médecine apparait dans une fraction de l’Islam de nature cette fois politique : l’hostilité qu’elle manifeste contre l’Occident. En 2004, dans l’état de Kano du Nigéria, des  imams se sont livrés à une campagne de diffamation en affirmant que le vaccin contre la poliomyélite avait été volontairement contaminé par les Américains dans le but de stériliser les Africains. Ce qui eut pour conséquence la résurgence de foyers de la maladie. Depuis la campagne de vaccination a pu reprendre dans cet état du Nigéria.  

Mais ces rumeurs se sont propagées dans le monde musulman et en particulier au Pakistan où des imams assurent que le vaccin contiendrait du porc ou qu’il provoquerait la stérilité ou que l’Occident l’utilise pour affaiblir les musulmans. Ils avancent comme preuve la fausse campagne de vaccination contre l’hépatite B organisée par la CIA et les vrais prélèvements d’ADN qui ont conduit à localiser Oussama Ben Laden. Selon l’AFP, des milliers de Pakistanais refuseraient de faire vacciner leurs enfants ou sont menacés s’ils désirent que leurs enfants soient protégés. L’année dernière 198 cas de polio ont été recensés dans un pays où la maladie avait pratiquement disparu. Pour couronner les méfaits de l’obscurantisme : neuf personnes participant aux campagnes de vaccination ont été assassinées récemment par des tireurs à moto, ce qui a conduit l'UNICEF à suspendre les vaccinations.

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Publié le 7 Janvier 2013

id-es-de-M-2.jpgEn lisant un article du Point (« Les bêtes lui disent merci » de Pascale Hugues), j’ai appris (mais je ne connais rien en la matière) que l’Allemagne dans le vent de la libération sexuelle avait, en 1969, légalisé la zoophilie en même temps que l’homosexualité  logée dans le même article du code pénal ! En innocent que je suis, j’ai été déniaisé en apprenant que les animaux subissaient jusqu’à présent, en toute légalité outre-Rhin, des sévices sexuels à condition que l’animal ne soit pas gravement blessé. Quand on constate la diversité des animaux violés, on reste effaré car parmi eux il y aurait le hamster et le serpent ! Ce retour à la nature pour le moins bizarre est interdit en France depuis 2004, l’Allemagne vient de le faire en suivant en cela les directives européennes. Non sans une certaine résistance du ministre de l’Agriculture (conservateur). Sur internet, les zoophiles ont annoncé qu’ils porteraient plainte contre la nouvelle loi et notamment l’un d’entre eux, un bibliothécaire de 52 ans, qui a fait son « coming out » en 2005, et s’est fait photographié avec sa partenaire, une bergère allemande de 8 ans du nom de Cessie. Il déplore « ce retour de bâton de la morale et de l’intolérance » en affirmant que cette liaison avec sa chienne (de même nationalité) est consentie et qu’il « est d’ailleurs plus facile de comprendre les animaux que les femmes ». En somme, un couple équilibré malgré la différence d’âge.

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Publié le 7 Janvier 2013

Ingres-L-Odalisque-.jpg

Cette histoire n’est pas très fraîche, puisqu’elle date de septembre 2012, mais elle reste néanmoins rafraîchissante. Elle se passe en  Iran et plus précisément à Shahmirzad, un joli nom qui évoque les contes de mille et une nuits. Dans cette ville, dont  j’ignorais jusqu’à ce jour l’existence, et que je suis incapable de situer sur la carte, un mollah dont le nom a été révélé par les gazettes du cru (mais que je tairais par bienséance) vaquait à son occupation favorite dont l’utilité n’échappe à personne : se rendre à la mosquée.

Or, sur son chemin,  le brave homme, bien qu’occupé par ses pensées dévotes, remarqua tout de même qu’une jeune personne du sexe complémentaire ou secondaire (au choix) avait une tenue indécente car sa tête (oh ! Mon Dieu) était découverte (on ne peut pas contester que des cheveux de femme à l’air libre frise –si j’ose dire- la pornographie). Conscient de son devoir, le mollah demanda à la jeune femme de se couvrir la tête, ce qui prouve sa dévotion car il était conjointement fort gêné par une ébauche d’érection provoquée par cette chevelure impudique. 

Et que pensez-vous que répondit la créature du diable ? Je vous le donne en mille et une, elle répondit : « couvre-toi les yeux ! ». Mais la jeune Iranienne ne se contenta pas de cette répartie osée, quoique frappée au coin du bon sens, elle frappa également le brave homme en l’insultant, alors que celui-ci ne voulait que son bien (la difficulté est, je vous l’accorde, de distinguer le bien du mal) et le rossa de telle sorte qu’elle l’envoya pour trois jours à l’hôpital. J’ignore la suite de l’histoire et je crains le pire, car le bon sens est la chose du monde la moins bien partagée. « Je n’ai pas voulu la poursuivre personnellement, mais si les autorités veulent s’emparer de l’affaire, je n’y vois pas d’inconvénient », a déclaré le mollah tabassé.

 

Ingres : « L’odalisque couchée ». Les peintres occidentaux ont éprouvé le malin plaisir à dévêtir les femmes musulmanes, mais en laissant leur tête couverte.

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Publié le 7 Janvier 2013

A la fin de l’année nous devons subir des fêtes obligatoires et des repas obligés. Mais là n’est pas le plus difficile, le plus difficile est de trouver des cadeaux à offrir et quand on prend de l’âge, ce n’est pas une mince affaire car les surprises qui peuvent faire plaisir se raréfient, et l’imagination se tarie avec le temps. Heureusement que d’autres n’en manquent pas.

Le site Psycadeau.com. vient de créer le premier coffret offrant une séance de psy à un proche qui en a besoin. Le choix est grand à l’étalage : gestion du stress, surmenage, sexualité, sevrage tabagique, estime de soi, relations parents-enfants, préparation aux examens, accompagnement de régime, phobie… Ce cadeau de 59 euros donne accès à une séance découverte de 45 minutes auprès d'un psychologue, psychothérapeute, psychanalyste ou d'un coach agréé.  

N’hésitez pas à surprendre une personne de votre entourage en glissant sous la sapin une enveloppe à son nom contenant, par exemple, un « Bon pour un bilan sexualité » accompagné d’un carton où vous ne manquerez pas d’écrire « Avec tout mon amour » ou « Avec toute mon affection » selon le degré d’intimité. Je suis sûr, qu’elle en serait profondément touchée.  

  

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Publié le 7 Janvier 2013

Médicalisation des opinionsCe dessin fait partie d’un livre « Les dessous du New Yorker » qui montre l’absence de tabous de ce magazine. A ce propos, l’auteur de l’article du Point fait remarquer : « Plus on feuillette et plus on se dit : la France est vraiment malade de trouille. Où sont passées notre liberté, notre ironie ? ».

C’est qu’en France, comme dans la plus grande partie de l’Europe, la tendance est de rendre pathologique une opinion contraire ou une hostilité en utilisant avec une grande facilité le terme, avant tout médical, de phobie. La raison en est, sans doute, la folie des massacres qui se sont déroulés en Europe pendant la IIème guerre mondiale.  

La phobie est une aversion instinctive sans aucune justification raisonnable. Si une opinion sur un groupe humain n’est aucunement justifiée ou pire repose sur des arguments erronés et encore pire sur des bases inventées de toutes pièces, il s’agit d’une aversion instinctive et on peut parler de phobie. Dans le cas contraire, utiliser le terme de phobie c’est considérer qu’une opinion défavorable, même argumentée, sur un groupe humain ou une de ses parties,  ressort de la psychiatrie et son porteur comme un malade, ce qui conduit à condamner son opinion comme sans fondement raisonnable et celui qui l’émet comme irresponsable mentalement, mais éventuellement responsable devant les tribunaux.

Reste qu'il est souvent injuste et parfois dangereux de généraliser et d'englober dans une opinion sans nuance, aussi argumentée soit-elle, tous les individus d'un même groupe. Un individu doit être jugé sur ce qu'il est et ce qu'il fait, et non sur son appartenance à un groupe. La radicalité est au moins une psychorigidité, si elle n’est pas une phobie.

 On comprend alors que les gens, le personnel politique, les médias ont acquis la crainte d’être traités de X-phobes, même s’il s’agit d’une opinion étayée ou d’une antipathie sans la moindre agressivité (car on a tout de même la liberté de trouver des gens sympathiques ou antipathiques). D’où cette frilosité, les précautions oratoires un peu lâches, et le maniement d’une ironie le plus souvent constipée, surtout si celle-ci touche une fraction de la population prompte à dégainer ou protégée par des associations qui visent à niveler la pensée selon un politiquement correct de plus en plus étouffant.

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Publié le 7 Janvier 2013

A l’occasion de l’anniversaire de la loi du 9 décembre 1905, François Hollande a annoncé la mise en place en 2013 d’un observatoire national de la laïcité. Le projet de cet observatoire existe en fait depuis 8 ans. Si cette annonce se concrétise, il y aura bientôt dans le paysage français autant d’observatoires que d’éoliennes pour brasser du vent.

En astronomie, un observatoire est doté d’instruments permettant de rendre visible des objets lointains. En politique, il est fait pour éloigner un objet en espérant le rendre invisible. Il est vrai que les religions se comportent comme des trous noirs dont l’énergie attire des composants de la société pour les engloutir. Mais l’observer n’empêche pas le phénomène de se produire.

Pourquoi observer la laïcité par le petit bout de lorgnette, puisqu’il existe une loi et qu’il suffit de l’appliquer ? Si l’on éprouve le besoin de payer des observateurs, c’est qu’elle n’est pas appliquée correctement par l’Etat, et que ses serviteurs pusillanimes sont donc dans l’illégalité. Des observateurs ne sont que des témoins. Il serait temps de remplacer les témoins par des acteurs.

Pour prendre l’exemple simple des cantines scolaires, si la nourriture habituelle, qui convient à la grande majorité de la population, ne convient pas aux parents qui ont embrigadés leurs enfants dans une religion qui sélectionne les aliments, c’est à eux de préparer les repas à emporter pour leur progéniture, et non pas à l’école de modifier les menus en fonction  d’impératifs religieux. Pas besoin d’observatoire pour cela. L’école de la République est laïque et n’a pas à se plier aux revendications d’une minorité religieuse agissante, quelle qu’elle soit.

Imam prêtre rabbin JR

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Publié le 7 Janvier 2013

N’est-il pas absurde, pendant que les Etats cherchent à moins dépenser sous les yeux vigilants de l’UE, que « l’argent public file sans contrôle à Bruxelles,  alors que la Cour des comptes européenne a refusé de certifier le budget pour la dix-huitième année consécutive à cause de manquements dans l’exécution ? » (1). Le budget européen, lui, progresse, et on comprend pourquoi lorsqu’on y voit figurer des subventions réjouissantes comme celle de 54000 euros pour une maison close du nom attractif de « 7e Ciel », celle de 100000 euros reçue par un Danois « pour construire une piste de ski sur une île plate où il ne neige qu’une fois par an » ou celle de 411000 euros (!) attribuée « à un centre de remise en forme pour chiens en Hongrie » (2)

En lisant ces loufoqueries, j’ai immédiatement pensé que le regretté Pierre Dac était encore parmi nous, et qu’il s’était infiltré dans les commissions européennes pour leur suggérer, avec son sourire en coin, l’objet de ces subventions absurdes.

En hommage à Pierre Dac, je me permets de retranscrire ici les citations qui figurent en tête des chapitres de son roman loufoque « Du côté d’ailleurs » et que l’on pourrait offrir comme livre de chevet aux têtes pensantes de la machinerie européenne :

 

- « Heureux celui qui, ayant fait le don de sa personne aux formes supérieures du cœur et de l’esprit, consacre son existence à consoler les régions désolées » MORDICUS d’Athènes (129-82, au fond de la cour, à droite av. J.-C.).

 

- « Gouverner c’est prévoir. Pour prévoir faut voir loin pour y regarder de plus près » MAZARIN.

 

- « L’amour de soi développe le sens de l’individu et encourage le travail manuel. » NARCISSE.

 

- « Si les choses ne sont pas ce qu’elles sont, c’est parce qu’elles ne sont pas ce qu’elles devraient être » Charles DE GAULLE.

 

- « Un livre doit toujours être à la page » GUTENBERG.

 

- « La paix immobilière repose sur le désarmement du béton » Jean-Marie CARDEGNAULE.

 

- « Tout corps plongé dans la volupté y subit une poussée horizontale dirigée d’arrière en avant qui est égale au poids du volume de fluide déplacé par la corps et appliquée au centre de sensibilité de la partie fluide déplacée » ARCHIMEDE et NINON de LENCLOS.

 

- « C’est la frustration du bonheur qui, le plus souvent, empêche les gens d’être heureux. » Sigmund FREUD.

 

- « L’économie politique, c’est l’art de dépenser soi-même avec l’argent des autres. » Pierre MENDES FRANCE.

 

- « Et Jéhovah leur ordonna de rentrer en eux-mêmes, mais c’étaient des impurs et des orgueilleux, aussi se rebellèrent-ils contre la volonté divine, et pour tenter de percer le grand mystère, ils s’engouffrèrent tous ensemble au sein de celui des leurs qui s’était offert pour cet acte impie. » Exode-Magazine. Livre VI, chap. XVII, verset 33.

 

- «  Dans le domaine du futur, seul l’avenir compte. » MAC-MAHON.

 

- « L’esthétique est au  charme féminin ce que le barbecue est à la viande grillée. » DUCHESSE de WINDSOR.

 

- « Revenir à son point de départ équivaut à retourner d’où l’on vient. » Vasco de GAMA.

 

 1. François Lenglet, Le Point du 29/11/2012

 2. Exemples relevés par le comité d’experts Open Europe (cités par Lenglet, ibid)

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