Quand j’étais interne en médecine –
il y a donc fort longtemps – le règlement intérieur de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière stipulait que l’interne de garde avait droit à une botte de foin, non pas pour lui-même, mais pour son
cheval qui lui permettait à l’époque napoléonienne de se déplacer rapidement en cas d’appel urgent, les distances à parcourir étant grandes lorsqu’un seul interne était de garde pour un aussi
vaste hôpital. Il est possible que cette règle ait été abrogée depuis, mais ce n’est pas certain.
On ne s’est aperçu que récemment qu’en France ou au moins à Paris, les femmes (dont celles qui font partie des forces de l’ordre) sont hors la loi puisque l’ordonnance du 26 brumaire de l’an IX (17 novembre 1799) n’a jamais été abolie : « Toute femme désirant s’habiller en homme devra se présenter à la Préfecture de police pour obtenir une autorisation au vu d’un certificat d’un officier de santé ». Mais je me pose la question, à l’époque les jambes des femmes étant invisibles et voir une cheville féminine était d’un érotisme torride, quelles pouvaient être les raisons médicales justifiant le pantalon ? Si vous voulez, mesdames, régulariser votre situation, vous avez intérêt à en trouver une.
Illustration : Daumier "Le grand escalier du Palais de Justice"