J’ai vu sur le petit écran des lycéens et des lycéennes acnéiques réclamer, avec un enthousiasme révolutionnaire, de payer les retraites de leurs ainés désirant travailler moins longtemps. J’ai vu les apprentis meneurs et les apprenties meneuses avoir leur minute de gloire médiatique avec peut-être l’arrière-pensée de trouver ainsi leur premier job dans un parti politique, ce qui traduit la ligitime inquiétude des jeunes face au chômage. Mais je suis perplexe devant leur opposition à une réforme concernant les retraites qu’ils ne prendront en principe que dans une cinquantaine d’années et je suis supris de leur conception linéaire et programmée de leur avenir comme si ce qui se décide aujourd’hui restera valable dans un demi-siècle.
Pour ce qui concerne ma modeste personne, au sortir d’une guerre mondiale, j’ai connu en France, en une cinquantaine d’années, et pour faire bref : deux républiques, deux guerres coloniales, une menace sérieuse de guerre civile, une pseudo révolution, la guerre froide qui a bien failli être chaude à deux reprises, sans compter les autres évènements internationaux qui ont touché la France plus ou moins directement. On peut y ajouter, et ce n’est pas rien, tous les bouleversements technologiques qui ont changé la vie individuelle, le fonctionnement de la société et du travail, pendant que le visage grimaçant de la planète est devenu de plus en plus méconnaissable.
Alors, jeunes gens, il est bien naïf de penser que le cours des choses se déroulera sans accident, sans détours et il est bien illusoire de croire qu’un pet réformateur laché aujourd’hui aura un impact décisif et inchangé dans cinquante ans.
Alors, jeunes gens, je vous trouve bien sympathiques mais un peu cons.