Publié le 30 Novembre 2018

Ce tableau représente "Boissy d'Anglas saluant la tête du député Féraud" qui lui est obligeamment présentée sur une pique le 20 mai 1795. Il fut peint par Alexis-Evariste Fragonard, fils de Jean-Honoré dont les oeuvres sont plus coquines et où les personnages perdaient la tête d'une façon plus aimable. Si le père connut à la fin de sa vie la révolution de 1789, le fils était enfant quand elle éclata, mue surtout par le ressentiment, en balayant l'ancien temps.

Qu'avait fait Jean-Bertrand Féraud pour mériter un tel sort ? Il tentait de convaincre courageusement la foule qui avait envahi la Convention Nationale pour réclamer du pain et une femme impatiente, sans doute excédée par la longueur du discours (ce qui devrait servir de leçon à ceux dont les discours sont trop longs) le tua d'un coup de pistolet à bout portant.

Quant au garçon serrurier qui piqua la tête pour la présenter au président de la Convention Nationale (qui aurait été Théodore Vernier et non pas Boissy d'Anglas selon le titre du tableau), il perdit la sienne en étant le 2807ème et dernier condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire.

On ne sait jamais jusqu'où peut aller le ressentiment et le goût de la vengeance, surtout lorsque la colère est attisée et utilisée par des bonimenteurs qui proposent des remèdes séduisants, le plus souvent pires que le mal.

Il faut garder la tête sur les épaules pour ne pas la perdre. 

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Publié le 29 Novembre 2018

"C’est au rythme de plusieurs événements universitaires et culturels par mois que se multiplient les initiatives militantes portées par le mouvement « décolonial » et ses relais associatifs (1). Ces différents groupes sont accueillis dans les plus prestigieux établissements universitaires (2), salles de spectacle et musées (3). Ainsi en est-il, par exemple, du séminaire « Genre, nation et laïcité » accueilli par la Maison des sciences de l’homme début octobre, dont la présentation regorge de références racialistes : « colonialité du genre », « féminisme blanc », « racisation », « pouvoir racial genré » (comprendre : le pouvoir exercé par les « Blancs », de manière systématiquement et volontairement préjudiciable aux individus qu’ils appellent « racisés »). 

Or, tout en se présentant comme progressistes (antiracistes, décolonisateurs, féministes…), ces mouvances se livrent depuis plusieurs années à un détournement des combats pour l’émancipation individuelle et la liberté, au profit d’objectifs qui leur sont opposés et qui attaquent frontalement l’universalisme républicain : racialisme, différentialisme, ségrégationnisme (selon la couleur de la peau, le sexe, la pratique religieuse). Ils vont ainsi jusqu’à invoquer le féminisme pour légitimer le port du voile, la laïcité pour légitimer leurs revendications religieuses et l’universalisme pour légitimer le communautarisme. Enfin, ils dénoncent, contre toute évidence, le « racisme d’Etat » qui sévirait en France : un Etat auquel ils demandent en même temps – et dont d’ailleurs ils obtiennent – bienveillance et soutien financier par le biais de subventions publiques. 

La stratégie des militants combattants « décoloniaux » et de leurs relais complaisants consiste à faire passer leur idéologie pour vérité scientifique et à discréditer leurs opposants en les taxant de racisme et d’islamophobie. D’où leur refus fréquent de tout débat contradictoire, et même sa diabolisation. D’où, également, l’utilisation de méthodes relevant d’un terrorisme intellectuel qui rappelle ce que le stalinisme avait naguère fait subir aux intellectuels européens les plus clairvoyants. 

C’est ainsi qu’après les tentatives d’ostracisation d’historiens (Olivier Pétré-Grenouilleau, Virginie Chaillou-Atrous, Sylvain Gouguenheim, Georges Bensoussan), de philosophes (Marcel Gauchet, Pierre-André Taguieff), de politistes (Laurent Bouvet, Josepha Laroche), de sociologues (Nathalie Heinich, Stéphane Dorin), d’économistes (Jérôme Maucourant), de géographes et démographes (Michèle Tribalat, Christophe Guilluy), d’écrivains et essayistes (Kamel Daoud, Pascal Bruckner, Mohamed Louizi), ce sont à présent les spécialistes de littérature et de théâtre Alexandre Gefen et Isabelle Barbéris qui font l’objet de cabales visant à les discréditer. Dans le domaine culturel, l’acharnement se reporte sur des artistes parmi les plus reconnus pour les punir d’avoir tenu un discours universaliste critiquant le différentialisme et le racialisme. 

La méthode est éprouvée : ces intellectuels « non conformes » sont mis sous surveillance par des ennemis du débat qui guettent le moindre prétexte pour les isoler et les discréditer. Leurs idées sont noyées dans des polémiques diffamatoires, des propos sont sortis de leur contexte, des cibles infamantes (association à l’extrême droite, « phobies » en tout genre) sont collées sur leur dos par voie de pétitions, parfois relayées dans les médias pour dresser leur procès en racisme… Parallèlement au harcèlement sur les réseaux sociaux, utilisés pour diffuser la calomnie, ces « anti-Lumières » encombrent de leurs vindictes les tribunaux de la République. 

Nos institutions culturelles, universitaires, scientifiques (sans compter nos collèges et lycées, fortement touchés) sont désormais ciblées par des attaques qui, sous couvert de dénoncer les discriminations d’origine « coloniale », cherchent à miner les principes de liberté d’expression et d’universalité hérités des Lumières. Colloques, expositions, spectacles, films, livres « décoloniaux » réactivant l’idée de « race » ne cessent d’exploiter la culpabilité des uns et d’exacerber le ressentiment des autres, nourrissant les haines interethniques et les divisions. C’est dans cette perspective que s’inscrit la stratégie d’entrisme des militants décolonialistes dans l’enseignement supérieur (universités ; écoles supérieures du professorat et de l’éducation ; écoles nationales de journalisme) et dans la culture. 

La situation est alarmante. Le pluralisme intellectuel que les chantres du « décolonialisme » cherchent à neutraliser est une condition essentielle au bon fonctionnement de notre démocratie. De surcroît, l’accueil de cette idéologie à l’université s’est fait au prix d’un renoncement à l’exigence pluriséculaire de qualité qui lui valait son prestige. 

Nous appelons les autorités publiques, les responsables d’institutions culturelles, universitaires, scientifiques et de recherche, mais aussi la magistrature, au ressaisissement. Les critères élémentaires de scientificité doivent être respectés. Les débats doivent être contradictoires. Les autorités et les institutions dont ils sont responsables ne doivent plus être utilisées contre la République. Il leur appartient, à tous et à chacun, de faire en sorte que cesse définitivement le détournement indigne des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui fondent notre démocratie" 

1. Par exemple : Parti des Indigènes de la République, Collectif contre l’islamophobie en France, Marche des femmes pour la dignité, Marches de la dignité, Camp décolonial, Conseil représentatif des associations noires, Conseil représentatif des Français d’outre-mer, Brigade antinégrophobie, Décoloniser les arts, Les Indivisibles (Rokhaya Diallo), Front de mères, collectif MWASI, collectif Non MiXte.s racisé.e.s, Boycott désinvestissement sanctions, Coordination contre le racisme et l’islamophobie, Mamans toutes égales, Cercle des enseignant.e.s laïques, Les Irrécupérables, Réseau classe/genre/race. 

2. Par exemple : Collège de France, Institut d’études politiques, Ecole normale supérieure, CNRS, EHESS, université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis, université Paris-VII Diderot, université Panthéon-Sorbonne Paris-I, université Lumière-Lyon-II, université Toulouse-Jean-Jaurès. 

3. Par exemple : Philharmonie de Paris, Musée du Louvre, Centre dramatique national de Rouen, Mémorial de l’abolition de l’esclavage, Philharmonie de Paris, musée du Louvre, musée national Eugène-Delacroix, scène nationale de l’Aquarium. 

LES SIGNATAIRES

Waleed Al-Husseini, essayiste –Jean-Claude Allard, ancien directeur de recherche à l’Iris –Pierre Avril, professeur émérite de l’université Panthéon-Assas –Vida Azimi, directrice de recherche au CNRS - Elisabeth Badinter,philosophe –Clément Bénech, romancier –Michel Blay, historien et philosophe des sciences –Françoise Bonardel, philosophe –Stéphane Breton,ethnologue et cinéaste –Virgil Brill, photographe –Jean-Marie Brohm,sociologue –Sarah Cattan, journaliste –Philippe de Lara, philosophe –Maxime Decout, maître de conférences et essayiste –Bernard de La Villardière, journaliste –Jacques de Saint-Victor, professeur des universités et critique littéraire –Aurore Després, maître de conférences –Christophe de Voogd, historien et essayiste –Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS –Arthur Dreyfus, écrivain, enseignant en cinéma –David Duquesne,infirmier –Zineb El Rhazaoui, journaliste –Patrice Franceschi, aventurier et écrivain –Jean-Louis Fabiani, sociologue –Alain Finkielkraut, philosophe et académicien –Renée Fregosi, philosophe et politologue –Jasmine Getz,universitaire –Jacques Gilbert, professeur des universités –Marc Goldschmit,philosophe –Philippe Gumplowicz, professeur des universités –Claude Habib, professeure des universités et essayiste –Noémie Halioua, journaliste –Marc Hersant, professeur des universités –Marie Ibn Arabi, professeure agrégée de philosophie –Pierre Jourde, écrivain –Gaston Kelman, écrivain –Alexandra Lavastine, philosophe –Françoise Lavocat, professeure de littérature comparée –Barbara Lefebvre, enseignante et essayiste –Jean-Pierre Le Goff, sociologue –Damien Le Guay, philosophe –Noëlle Lenoir,avocate au barreau de Paris –Anne-Marie Le Pourhiet, professeure de droit public –Laurent Loty, chercheur au CNRS –Catherine Louveau, professeure émérite –Yves Mamou, journaliste –Laurence Marchand-Taillade, présidente de forces laïques –Jean-Claude Michéa, philosophe –Isabelle Mity, professeure agrégée –Yves Michaud, philosophe –Franck Neveu,professeur des universités en linguistique –Pierre Nora, historien et académicien –Fabien Ollier, directeur des éditions QS ? –Mona Ozouf,historienne et philosophe –Patrick Pelloux, médecin - René Pommier, universitaire et essayiste –Céline Pina, essayiste –Monique Plaza,docteure en psychologie –Michaël Prazan, cinéaste, écrivain –Charles Ramond, professeur des universités et philosophe –Philippe Raynaud, professeur des universités et politologue - Dany Robert-Dufour,professeur des universités, philosophe –Robert Redeker, philosophe –Anne Richardot, maître de conférences des universités –Pierre Rigoulot, essayiste –Philippe Sanmarco, essayiste –Boualem Sansal, écrivain –Jean-Paul Sermain, professeur des universités en littérature française –Dominique Schnapper, politologue –Jean-Eric Schoettl, juriste –Patrick Sommier, homme de théâtre –Véronique Taquin, professeure et écrivaine –Jacques Tarnero, chercheur et essayiste –Carine Trévisan, professeure des universités en littérature –Michèle Tribalat, chercheuse démographe - Caroline Valentin, avocate et éditorialiste –André Versaille, écrivain et éditeur –Ibn Warraq, écrivain –Aude Weill Raynal, avocate –Yves Charles Zarka, professeur des universités en philosophie.

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Publié le 27 Novembre 2018

Egon Schiele : "Arbres en automne"

En novembre des lots de lumière nous sont dérobés. On se réveille dans le noir encore ensommeillé, et l’après-midi est amputé par une nuit précoce.

Les feuilles teintes en roux sont ébouriffées par la bise. Ce roux que les vieilles dames semblent apprécier. Mais les feuilles comme elles finissent par tomber. 

Les arbres deviennent chauves tondus par le vent, après une chimio. appliquée une fois l'an, et chacun espère les voir guéris au printemps.

 

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Publié le 26 Novembre 2018

Le président de la République (Emmanuel Macron pour être précis) doit sans doute mettre la dernière main à la pièce montée qu’il nous cuisine pour demain et qui sera intitulée « Haut conseil pour le climat » destinée à freiner l’élévation de la température sur la surface du globe terrestre tout en permettant à la classe moyenne française en voie de paupérisation de boucler ses fins de mois. Bien que « Haut », on peut douter de l’efficacité à venir de cette pièce montée de toutes pièces, par contre on ne doute pas de l’accueil qui lui sera fait par les « gilets jaunes » qui la considéreront sans doute comme montée à côté de la plaque, on ne doute pas non plus de la dépense qu’impliquera le fonctionnement de ce comité « Théodule » supplémentaire qui fera de surcroît double emploi avec le ministère de l’Ecologie. Nous verrons si notre cuisinier en chef aura l’art d’accommoder les restes afin que l’on puisse les digérer.

D’un art à l’autre.

Tout en cuisinant, notre président s’est également penché sur la restitution d’œuvres d’art africaines notamment au Bénin. Bien que mon avis n’ait pas été sollicité (ce qui ne m’étonne pas le moins du monde), je suis pour cette restitution, et cela pour deux raisons :

La première est qu’il est juste de rendre des œuvres qui, pour beaucoup, ont été volées ou achetées à bas prix lors de la colonisation des pays subsahariens. Volées à la manière des nazis qui faisaient main basse sur quelques tableaux dans les musées des pays occupés, et sur les collections réunies par les Juifs qu’ils considéraient comme des sous-hommes mais dont ils appréciaient le goût et les connaissances artistiques après les avoir massacrés.

J’ai honte de la seconde raison : je trouve peu d’intérêt à l’art africain pour la plupart des œuvres que j’ai pu voir, art dont on peut se faire une idée en visitant le très beau musée du quai Branly voulu par Chirac. J’ai honte, car cet art à beaucoup inspiré les artistes du XXe siècle et notamment Picasso. Chirac, lui, est un connaisseur et un grand amateur de cet art africain qu’il ne considérait pas comme « primitif » mais comme « premier ». L’ennui est que cet art au cours des siècles est toujours resté au même stade sans passer la seconde. Il est vrai que l’art gréco-romain n’avait aucunement besoin de passer à un stade ultérieur puisqu’il était parfait (à mon humble avis). Peut-on dire la même chose de l’art de l’Afrique subsaharienne ? Espérons que je ne serai pas traité de raciste si je préfère l’art gréco-romain (ou assyrien ou égyptien ou chinois ou indien…) à la plupart des sculptures d'Afrique noire.

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Publié le 25 Novembre 2018

On peut se demander si aujourd’hui le droit de manifester n’est pas devenu un droit obsolète.

A une époque où l’opinion publique ne pouvait s’exprimer qu’à travers les journaux ou le parlement, ce droit à s’exprimer dans la rue était un corollaire nécessaire à la vie démocratique, d’autant plus que les journaux, eux-mêmes orientés, peuvent aisément manipuler l’opinion, et que le parlement n’est jamais vraiment représentatif de la population en l’absence d’une élection à la proportionnelle intégrale, ce qui donne d’ailleurs une importance excessive aux formations élues par des minorités.

Aujourd’hui l’opinion publique a de nombreuses possibilités de s’exprimer. Des sondages avec des questions précises, sans ambiguïté et une méthodologie rigoureuse en donnent déjà un bon aperçu. Les réseaux sociaux et les pétitions constituent d’autres angles d’évaluation, et internet permet d’imaginer d’autres modalités d’expression de l’opinion publique qui pourraient même être organisées officiellement.

Mais voilà, il y a les chiffres et les êtres. Un million de signatures ont un impact bien plus faible qu’un million d’êtres humains qui prennent la peine de descendre dans la rue, d’autant plus qu’aujourd’hui ce n’est pas sans risques.

Car il est devenu impossible de manifester en France quand il s’agit d’un problème économico-politique. Seules certaines manifestations sociétales, celles qui font consensus, se déroulent sans heurts. Les autres sont l’occasion pour des voyous estampillés d'extrême gauche ou d'extrême droite d’exprimer, non pas une opinion, mais une violence ou une volonté de pillage.

Il fut un temps où chaque manifestation était encadrée et balisée et le plus souvent pacifique, la violence ne s’exprimant que dans les slogans. A présent on ne peut plus défiler dans les rues où le parcours est devenu systématiquement destructeur, surtout si les manifestants suivent l’itinéraire de leur choix.

S’il s’agit de manifester en nombre pour exprimer une opinion, il n’est aucunement nécessaire de défiler pour mettre les magasins et le mobilier urbain du parcours à la disposition des voyous. Une masse populaire sur une esplanade serait même plus impressionnante qu’un défilé clairsemé dont l’importance est à chaque fois évaluée de façon discutable.

Mais le nombre pour une manifestation n'est pas suffisant pour être efficace, il est nécessaire qu'elle soit nuisible.

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Publié le 25 Novembre 2018

 

« Madras (Inde). 22 novembre. Des jeunes gens sautent dans la mousse qui s’accumule sur le rivage. Celle-ci se forme quand les polluants contenus dans les eaux usées déversées plus loin se mélangent à l’écume de mer."  PHOTO ARUN SANKAR/ AFP 

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Publié le 23 Novembre 2018

Le jaune et le noir

J’ai rarement vu un matraquage publicitaire aussi acharné, aussi continu, aussi renouvelé, aussi diffusé, notamment sur les radios privées. Il faudrait être sourd ou aveugle ou retiré du monde connecté pour ne pas savoir qu’aujourd’hui, devinez quoi ? Nous sommes le « Black Friday ». En anglais, c’est mieux, d’autant plus que cette provocation de fièvre consommatrice nous vient de l’univers anglo-saxon. C’est mieux, car « vendredi noir » ce n’est pas encourageant du tout : ça sent la catastrophe, un attentat terroriste, ou, pour être moins pessimiste, un encombrement sur les routes du week-end.

D’un côté nous avons ce « Black Friday » qui veut nous pousser à une consommation effrénée et de l’autre les « gilets jaunes » qui manifestent car leurs porteurs n’ont plus les moyens de consommer. Il faut avouer que ce noir matraquage sur le jaune ne manque pas de piquant par son côté sadique.

Illustration par Bernard Buffet : « La guêpe »

J'ASSUME

Le jaune et le noir"J'assume" est un élément de langage de plus en plus répandu dans le monde politique. On a entendu Macron le marteler à plusieurs reprises, je ne sais plus en quelles occasions, ou Hidalgo toujours droite dans ses bottines. C'est à présent Hulot, le Don Quichotte partisan des moulins à vent, qui l'a proclamé hier quand il a été interrogé sur la taxe carbone dont il fut le promoteur. Un Don Quichotte qui prétend sauver la planète en assurant d'urgence la transition énergétique dans l'hexagone.

"J'assume", sous-entend que la discussion est close que l'on ait tort ou raison, la décision étant assumée avec un semblant de courage. "J'assume" est une fin de non-recevoir, c'est à dire une impasse bornée.

SEMEURS DE MERDE 

Il ne s'agit en aucun cas des "gilets jaunes". Je ne me le permettrais pas, d'autant plus qu'ils viennent demain à Paris et il vaut mieux être prudent. On sait comment ces mouvements spontanés de foule commencent, mais on ne sait jamais comment cela peut se terminer : voyez la révolution de 1789, qui pouvait prévoir la tournure qu'elle allait prendre. 

Le jaune et le noirNon, il s'agit de l'appel par l'hôpital St Antoine aux volontaires sains pour faire don de leurs selles afin d'évaluer l'efficacité de la transplantation de microbiote fécal dans la rectocolite hémorragique. Les selles étant rémunérées à hauteur de 50 euros, l'hôpital est débordé par les appels. C'est la première fois que l'on peut tirer un bénéfice de ce type d'exonération. La recherche de merde se porte bien en France.

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Publié le 20 Novembre 2018

Cohn-Bendit, beau parleur inutile mais parfois amusant en clown de la politique, a déclaré devant les manifestations des « gilets jaunes » protestant notamment contre l’élévation du prix des carburants liée en partie à l’élévation de la taxe carbone : « les pollueurs doivent payer, quels qu’ils soient ». Cet ancien anarcho-communiste libertaire (les extrémistes de gauche forment des sectes ésotériques pittoresques) ne tient évidemment pas compte du fait que ces pollueurs ne le font pas par négligence ou pour le plaisir, mais parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement pour la plupart s’ils veulent survivre. Par ailleurs, peu d’entre eux ont les moyens, quelle que soit l’aide que l’Etat pourrait leur apporter, de se payer un véhicule électrique pour se déplacer en province qu’il s’agisse de travail ou de nécessité en l’absence de transport en commun.

Pour la ville on peut certes proposer la trottinette électrique dont l’utilisation, après un certain âge, risque de faire exploser les urgences. Bonne façon de se débarrasser des vieillards dont j’ai vu quelques exemples trottiner sur les trottoirs et que j’ai réussi éviter de justesse. Il n’y a pas que le ridicule qui peut tuer.

C’est vrai, la « fée » électricité est magique : elle ne pollue pas. Ce matin, sur France Inter, un écologiste en parlait avec amour, mais à aucun moment l’intervieweur ne lui a posé la question : cette électricité, elle va venir d’où ? Car bien sûr, les écologistes sont unanimes : il faut fermer les centrales nucléaires dangereuses. Cependant, et c’est bizarre, elles ne polluent pas l’atmosphère et ne réchauffent pas le climat. Et si finalement les centrales nucléaires étaient moins dangereuses à terme que le réchauffement climatique qui, lui, touchera – et gravement - tous les êtres vivants de la planète ? Il me semble que les centrales à charbon de l’Allemagne qui les ont remplacées polluent et réchauffent largement.

Inanité

Alors d’où va venir cette électricité propre ? Des éoliennes et des panneaux solaires ? sans doute, mais il en faudra beaucoup dans le paysage où elles vont finir par être plus nombreuses que les arbres (les meilleurs pièges à CO2 que nous connaissons). Des marées peut-être. Des économies d’énergie ? Bien sûr, c’est souhaitable, mais l’isolation est hors de prix et cela risque de ressembler à la réduction des dépenses de l’Etat, il y a des seuils que l’on ne peut pas dépasser avec la meilleure volonté sauf à faire disparaître l’Etat lui-même.

Peut-être faut-il être réalistes et modestes : regardons une mappemonde. La France, c’est tout petit, avec une population minuscule comparée aux mastodontes de l’Asie et de l’Afrique et même des USA. Alors croit-on vraiment que des efforts pour le climat à notre petite échelle, notamment en taxant les émissions de CO2, entraînant les gens à manifester sur les routes jusqu’à la violence parce qu’on leur demande de payer ces efforts, vont changer quoi que ce soit à l’évolution de la température terrestre ? Si ces efforts sont louables, ne sont-ils pas vains tant que l’humanité entière n’y participe pas ? Et ce n’est pas demain la veille.

Inanité

Un mariage en Chine

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 19 Novembre 2018

 

Comme des mouches

Max Ernst : « Jeune homme intrigué par le vol d’une mouche non euclidienne »

Comme des mouches, les dirigeants politiques d’opposition tournent autour des gilets jaunes en cherchant à y trouver leur nourriture en se posant dessus comme elles le feraient sur de la chair à canon. C’est que les mouches politiques sont affamées, elles n’ont rien à se mettre vraiment sous les mandibules depuis que leurs essaims ont été dispersés par le vol insolite d’un moustique zigzaguant qui pique à droite comme à gauche. Certaines, les rouges, sont attirées par le parfum enivrant bien que faisandé de la révolution qu’elles n’arrivent pas à fomenter elles-mêmes, d’autres, les bleues, enfilent le gilet pour bourdonner comme les autres en affirmant que les autres bourdonnent comme elles.

Il faut savoir qu’un gilet se retourne encore plus facilement qu’une veste.

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Publié le 17 Novembre 2018

Mon côté « gilet jaune »

Nos dirigeants devraient le savoir : nous sommes beaucoup plus sensibles à ce que l’on nous retire qu’à ce que l’on nous donne. Une nouvelle taxe accentue douloureusement la pression fiscale, mais quand il arrive qu‘une taxe soit retirée (ce qui est tout de même rare) nous percevons la chose comme tout à fait naturelle : c’est nous rendre de l’argent qui nous appartenait : c’est un remboursement. Nous prendre de l’argent est toujours perçu comme un vol.

Quand nos dirigeants nous disent : mais voyons, cette taxe est largement compensée par ceci ou cela, il faut savoir que la taxe c’est pour tout le monde mais que ceci ou cela, c’est pour certains.

Il faut se rendre à l’évidence, le gouvernement, tout en étant chroniquement en déficit, est rarement perdant. Il faut bien qu’il puisse continuer à payer ses commissions et ses observatoires bidons et son armée d’inutiles censées l’aider à mal gouverner même quand il s’agit de psychologie élémentaire : il vaut mieux ne rien donner plutôt que de prendre.

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Publié le 15 Novembre 2018

De Gaulle a mis fin à la guerre d’Algérie et il est heureux qu’il l’ait fait. Indépendamment de toute considération sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, si les partisans de l’Algérie française et du maintien des trois départements d’Afrique du Nord dans le giron national avaient eu gain de cause, la moitié de la population française serait aujourd’hui musulmane, sans compter la guerre civile contre les islamistes qui déchira par la suite l’Algérie indépendante et dont la France aurait probablement héritée.

Comme chacun le sait, De Gaulle fut obligé de faire face à de graves rébellions, à une menace de coup d’Etat militaire et à plusieurs tentatives d’assassinat dont celle du Petit- Clamart (après les accords d’Evian) dont il a échappé par miracle avec son épouse et son gendre, sa Citroën DS ayant été criblée de balles. Ce dernier attentat fut exécuté par des membres de l’OAS (Organisation Armée Secrète) et planifié par le lieutenant-Colonel J.M Bastien-Thiry qui fut fusillé.

La haine n’est plus ce qu’elle était

Le pèlerinage du 9 novembre dernier à Colombey-les-Deux-Eglises nous donne une bonne occasion de ricaner car on a vu défiler un lot de descendants idéologiques de ceux qui voulaient la mort de De Gaulle. Ceux qui considèrent aujourd’hui que la France est menacée d’être submergée par une invasion musulmane, alors que leurs ascendants idéologiques, œuvraient dans une vision à courte vue, les armes à la main, pour qu’un jour ou l’autre les musulmans deviennent majoritaires dans le pays.

Les morts ne ricanent pas, sinon De gaulle aurait pu s’ébaudir en voyant défiler pour lui rendre hommage, des représentants de la droite et de l’extrême droite dont le président du groupuscule Siel, Karim Ouchikh, Renaud Camus qui théorise le « grand remplacement », un représentant du Rassemblement national (et on connaît les opinions qu’avait J.M. Le Pen lors de la guerre d’Algérie), Florian Philippot (qui n’a jamais caché sa sympathie pour le général) et Nicolas Dupont-Aignan accompagné de 200 sympathisants.

Sans trop faire dans la fiction, je pense que l’on n’a peu de chance de se tromper en supposant que tous ces admirateurs de De Gaulle aujourd’hui auraient été hier ses détracteurs les plus féroces, jusqu’à souhaiter sa mort, et auraient défendu l’Algérie française (comme le fit J.M Le Pen et bien d’autres sans être de la même tendance politique). Ils auraient sans doute sympathisé au début des années 60 avec l’OAS en rébellion contre l’Etat français, et peut-être même que certains en auraient fait partie.

L’histoire ne manque pas d’ironie, avec le temps et les troubles de mémoire de ses acteurs, la haine peut se transformer en dévotion et vice versa.

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Publié le 13 Novembre 2018

 

Commémorations

 

L’histoire de France est si riche en catastrophes et en triomphes que les commémorations représentent une activité en expansion, le passé étant complété par le présent ensanglanté par le délire islamiste. Il faut reconnaître que les gouvernements français, quels qu’ils soient, ont un savoir-faire qui pourrait s’exporter. Les dirigeants étrangers, régulièrement invités, ne cachent pas leur admiration pour la maîtrise dont nous faisons preuve pour magnifier un évènement historique ou s’incliner avec émotion devant des tombes.

Cette fois encore nous n’avons pas été déçus par les cérémonies et les discours marquant le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale. Les majuscules s’imposent en honneur de l’ampleur du carnage et du degré de stupidité des causes à l’origine de son déclenchement.

J’ai cependant ressenti une impression d’irréalité, de déphasage devant ces manifestations marquant le retour de la paix, complété, pour faire bonne mesure, par un « forum de la paix » comme s’il s’agissait de fêter la fin des guerres. Or si l’armistice de 1918 a heureusement marqué la fin d’un carnage, on ne peut que constater l’absurdité de la chose puisque vingt après la der des ders, vingt ans ! Même pas une génération, la Seconde Guerre Mondiale allait provoquer trois fois plus de morts que la première.

 

MEMORIAL

 

Les hommes sèment pour leur pardon

Des pierres gravées de noms disparus,

Des noms sans tombe ou des tombes sans nom

De morts inconnus.

 

Les hommes sèment dans le temps

Des plaques sur les murs des rues,

Sur les façades des places publiques,

Des listes de tués sur des monuments

Appelés à la mort par ordre alphabétique,

Des mémoriaux où les noms tournent par milliers,

Sans corps, dans le néant,

Jusqu’à donner la nausée.

 

Les hommes sèment dans les champs

Des noms dans les cimetières militaires,

Alignés en ordre par les survivants

Sur des tombes uniformes à l’infini.

Une armée en rangs serrés dans la terre,

Corps disciplinés dans la mort comme dans la vie.

 

Vaines semailles sans moisson.

 

La mémoire des massacres passés

N’empêche pas les massacres à venir,

La mémoire en pierre des assassinés

N’empêche pas les hommes de mourir,

Pour des causes inutiles,

Pour des causes futiles,

 

Ou d’être exterminés sans raison

 

Paul Obraska

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Publié le 10 Novembre 2018

Sur Instagram des « influenceuses » blanches se font passer pour noires (Huffpost). Ce phénomène a été appelé « niggerfishing , littéralement la pêche aux nègres, ou plutôt dans ce contexte, la pêche aux négresses. On peut se demander quelle est la motivation qui pousse des personnes blanches à apparaître comme des personnes noires (l’inverse peut se comprendre en cas de discrimination). Il ne s’agit pas de vouloir changer définitivement de « race » comme certains ont la volonté de le faire, sans doute avec la perspective de se victimiser en rejoignant une communauté qui a subi des exactions au cours de l’histoire et qui continue parfois à les subir. Ces influenceuses semblent vouloir rechercher un succès qui leur paraît plus facile en ciblant la communauté noire plutôt que l’ensemble du public. On a presque l’impression que ces "influenceuses" veulent changer de catégorie comme des sportifs peuvent parfois le faire pour être plus performants.

La blanchitude n’est plus ce qu’elle était

La Suédoise Emma Hallberg, une des premières "influenceuses" à avoir été épinglée pour "niggerfishing". 

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Publié le 7 Novembre 2018

La sagesse n’est plus ce qu’elle était.

Un de mes patients, chef d’entreprise venant de prendre sa retraite, m’avait dit jadis : « lorsque j’étais en activité, je faisais mille choses, enchaînant les déplacements, les réunions, les décisions, mais à présent que je suis à la retraite, la moindre des choses à faire me pose un problème, et je finis par m’angoisser pour n’importe quoi »

Mon tour est venu. Loin de donner la sagesse, l’âge fait parfois de chaque monticule à enjamber, une montagne à escalader. Une escalade qui, le plus souvent, n’aura pas lieu mais que l’on anticipe bêtement.

On dit que l’âge nous permet de relativiser les évènements, de les considérer avec une certaine distance, voire un détachement amusé. C’est vrai pour les évènements extérieurs, comme les péripéties politiques ou les déclarations des politiciens dont le comique de répétition, pourtant attendu, tient toutes ses promesses alors que celles qu’elles annoncent sont rarement tenues. Par contre, relativiser les évènements personnels devient moins évident, et des actions à accomplir, même anodines, finissent parfois par préoccuper sans raison.

Si l’expérience nous rend souvent désabusé, elle ne nous rend pas sage pour autant et encore moins désinvolte. La désinvolture est plus l’apanage de la jeunesse que de la vieillesse et pourtant cette dernière ne risque plus grand-chose, sinon le maximum, et c’est ce maximum qui devrait rendre insignifiants les petits tracas de la vie quotidienne.

Illustration par Rembrandt : « Le philosophe en méditation »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 6 Novembre 2018

DOSSIER PERSONNEL ? (13 mai 2009)

Il fût un temps où chaque bon médecin tenait soigneusement à jour une fiche pour chacun de ses patients, souvent manuscrite, et dont il était le gardien. Ces fiches, le plus souvent informatisées, existent toujours (du moins, je l’espère), mais le progrès conduit à vouloir stocker ces données secrètes dans des lieux mystérieux afin qu’elles puissent être partagées. Le système permettant de faire fonctionner ce Dossier médical personnel (DMP, le P voulait dire à l'origine "partagé") parait complexe et onéreux, mais les autorités de tutelle espèrent en tirer des économies. Le Dossier pharmaceutique (qui a ses avantages) est déjà fonctionnel et le Dossier médical personnel, dont l'utilité n'est pas évidente, dans les limbes depuis longtemps, est prévu pour 2010. / Il est actuellement opérationnel pour une petite partie de la population française I

Le 30 avril dernier aux USA, le site Internet du « Prescription Monitoring Program » de Virginie a été « piraté » et les hackers en ont extrait les données de 8 millions 257 378 patients ( 35 millions de prescriptions médicales, numéros de sécurité sociale, informations sur le permis de conduire) et effacé les originaux qu’ils ne restitueraient que contre une rançon de 10 millions de dollars, en menaçant l’organisme de contrôle des prescriptions, s’ils n’obtiennent pas satisfaction, de les vendre au plus offrant.

Le progrès, ça va encore durer longtemps ?

IL EST NE LE DIVIN DMP (16 décembre 2010)

Le Dossier médical personnel (DMP) doit être lancé dans les prochains jours (selon l’Asip Santé, l’agence d’état qui pilote le projet) « Facultatif, ce dossier virtuel doit offrir aux patients volontaires un accès effectif à leurs données médicales, le DMP devant rapidement devenir consultable de chez soi par internet. Côté médecins, le DMP est censé permettre une meilleure coordination des soins et éviter les examens inutiles » (AFP). / Le dossier a été repris par la CNAM en 2016 /

C’est Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, qui avait présenté ce projet en 2004 comme une des solutions majeures pour diminuer le déficit de l’assurance Maladie (l’estimation des économies avait été chiffrée à l’époque en milliards d’euros !..) tout en assurant les meilleurs soins. Depuis ce projet a eu bien des déboires et il est à présent envisagé comme facultatif et les économies qu’il pourrait générer sont mises en sourdine.

Stocké par un hébergeur / qui sera la CNAM / de données sécurisées, le DMP doit s’enrichir peu à peu, des prescriptions, comptes rendus de radiologie ou autres résultats d'analyses et chaque patient pourra demander à un professionnel de santé de lui en ouvrir un, que pourront ensuite consulter et compléter des confrères, en ville ou à l'hôpital, toujours avec l'accord du patient. Cette centralisation parait à priori séduisante (elle est faite habituellement par le médecin traitant), mais s’il ne s’agit que des prescriptions et des comptes rendus d’examens, ils ont été délivrés à chaque fois au patient et il suffirait pour lui de les conserver. Il est vrai que la forme informatique est plus commode et qu’il est parfois difficile d’obtenir le dossier hospitalier.

Permettra-t-il de faire des économies ? Assurément non.

D’abord l’opération a un coût (elle a déjà coûté 500 millions €), exige du matériel et l’ouverture comme le suivi d’un DMP exigent du temps, ce qui conduira à rémunérer le médecin (le dossier qu’il consacre habituellement au patient étant beaucoup plus rapide à établir et à mettre à jour). / Il semble que pour la relance actuelle du DMP, il n'est pas prévu pour l'instant de rémunération du médecin pour cet excès de travail. /

Ensuite faire des économies en évitant les examens inutiles est un peu illusoire, sauf s’il s’agit d’une redondance avec un intervalle de quelques jours, mais le DMP ne sera pas mis à jour aussi rapidement, si l’intervalle est de quelques mois, voire de quelques semaines, l’examen ancien est évidemment devenu obsolète et devra être refait (avant d’être malade, on est en bonne santé).

Le DMP sera-t-il fiable ?

D’abord, cela dépend comme toujours de la compétence des médecins qui fournissent les données. Espérons que les uns n’ajouteront pas leurs erreurs à celles des autres.

Ensuite et surtout, le patient aura la possibilité de masquer certaines données (comme une maladie sexuellement transmissible), alors qu’elle est la valeur d’un dossier incomplet ?

Le DMP peut-il être dangereux ?

Déjà s’il manque des données ou si elles sont erronées, il peut le devenir. De façon paradoxale, on pourrait dire que plus on a confiance en sa fiabilité plus il existe un risque. Dans la pratique médicale, la remise en question doit être permanente : doute sur les conclusions des autres et doute sur ses propres conclusions antérieures.

Le patient ne sera-t-il pas perdu et inquiet par la masse des informations qu’il ne sait pas interpréter ? Ensuite est-il souhaitable qu’un malade ait accès sans réserve au pronostic de sa maladie (dont il est « propriétaire » selon le jargon à la mode) ?

Enfin peut-on affirmer que la confidentialité du DMP sera garantie à l’avenir ? Si l’on s’en donne la peine, il sera sans doute possible de parvenir à y pénétrer et ces dossiers pourraient intéresser des journalistes, les compagnies d’assurances ou les employeurs (s’ils n’exigent pas un jour de les consulter) ou être un motif de chantage (cf plus haut). Jusqu’à présent il n’existait qu’un seul fichage de la population en matière de santé : celui de l’assurance Maladie.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 5 Novembre 2018

« Le cœur de Paris respire » mais pas les poumonsEtant obligé de me rendre dans une gare en voiture (que j’utilise le plus rarement possible), j’avais oublié que hier nous étions le premier dimanche du mois et qu’en ce jour fatidique, la municipalité de Paris interdit la circulation automobile dans quatre arrondissements de la capitale ainsi que sur l’avenue des Champs-Elysées, opération communicante intitulée : « Le cœur de Paris respire ».

Pour le trajet aller, j’ai pu échapper aux barrages largement équipés par les forces de l’ordre qui ont sûrement apprécié leur dimanche et l’utilité de leur travail permettant aux piétons de marcher sur la chaussée, mais pour le retour, ce fut une autre paire de soupapes.

Je me suis retrouvé dans des caravanes de centaines de voitures tournant en rond cherchant une issue pour rejoindre les unes la rive nord, les autres la rive sud. Bien sûr, dans une circulation hyper ralentie, moteurs vrombissants et lâchant une pollution plein pot. Au lieu des trente minutes pour accomplir mon trajet de retour, j’ai mis plus de deux heures.

On peut en conclure que si les piétons, les cyclistes, les utilisateurs de trottinettes, de rollers, de planches à roulettes, pouvaient s’éclater dans les quatre arrondissements protégés en se croyant indemnes de toute pollution, le reste de Paris devait suffoquer un peu plus que d’habitude, alors que pour un dimanche ordinaire, quand on ne fait pas respirer le cœur de Paris, la densité des voitures est plus faible que dans  la semaine et l'on respire mieux dans l’ensemble de la ville.

Ah ! Si l’agitation municipale pouvait chasser les particules fines de la capitale !

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Publié le 3 Novembre 2018

 

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

13

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

14. Le repas de l'aveugle

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

15. (l'inévitable) Arlequin

J'ai une certaine tendresse pour ces couples tristes :

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

16. Etreinte

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

17.

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

18.

Des enfants. Une enfance dont Picasso n'était pas si loin.

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

19. L'enfant au pigeon

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

20. Fillette au panier de fleurs

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

21. Jeune fille à la chevelure

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

22. Les deux frères (j'ai été frappé par le regard de l'aîné)

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

23. Le meneur de cheval nu

Quelques scènes de vie : 

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

24. La vie

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

25.

Bleu et rose de Picasso (deuxième partie)

26. Coiffure

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Publié le 3 Novembre 2018

 

Bleu et rose de Picasso

1. Autoportrait

Ces tableaux ont été peints dans les premières années du siècle dernier par un jeune homme d'une vingtaine d'années dont les conditions de vie furent difficiles entre Paris et Barcelone. En 1903, Max Jacob accueille Picasso dans son appartement Bd Voltaire. L'artiste est alors amené à dormir le jour et à peindre la nuit, et l'on dit que la prédominance du bleu dans ces oeuvres de l'époque pourrait s'expliquer par ce travail nocturne éclairé par une lampe à pétrole.

Nombreuses représentations de femmes :

Bleu et rose de Picasso

2. Femme en bleu

Bleu et rose de Picasso

3.

Bleu et rose de Picasso

4. Femme en chemise (Madeleine)

Bleu et rose de Picasso

5.

Picasso dans la misère lui-même peint à cette époque surtout des femmes malheureuses :

Bleu et rose de Picasso

6.

Bleu et rose de Picasso

7. Attente

Bleu et rose de Picasso

8. Buveuse d'absinthe

Bleu et rose de Picasso

 

9. (l'admirable) Femme au fichu

Bleu et rose de Picasso

10. Les pierreuses

Bleu et rose de Picasso

11. Célestine (pas rassurante, mère maquerelle probable)

Bleu et rose de Picasso

12. La naine

 

 

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Publié le 1 Novembre 2018

C’est ainsi que les cons se font connaîtreIl m’a semblé intéressant, dans le souci de contribuer au développement de la paléontologie, de publier cette photo d’un Isérois récemment découvert, qualifié à tort d’adolescent alors qu’il serait âgé de 19 ans, bien que les savants du ministère de l’Intérieur qui ont extrait cet inconnu des strates des réseaux après les avoir purgés, débattent encore de son âge réel. On ignore encore où ce spécimen, qui n’est cependant pas unique en son genre, sera exposé. Il est fort probable que, lui, ne sera exposé à rien.*

* Cet « adolescent » a incité sur les réseaux sociaux à la violence contre les forces de l’ordre ("La purge") dans le but de reproduire la soirée sanglante du film "American Nightmare". C’est ainsi que les cons se font connaître.

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Publié le 1 Novembre 2018

PAR KAMEL DAOUD

"La France a été condamnée par des experts onusiens, sans effet de contrainte, pour avoir verbalisé deux femmes portant le niqab. « Le Comité a jugé que l’interdiction du niqab viol[ait] la liberté de religion [et] les droits humains. » La mesure d’interdiction est même jugée radicale, presque avec un jeu de mots malsain. Courtes phrases de la littérature de l’Occident piégé par son utopisme de la démocratie. Mais aussi résumé indirect du piège du siècle dernier : accepter les fascismes au nom du droit à la liberté de chacun ? Ou réduire la liberté de certains pour justement la sauver et la préserver face à des gens qui vont y mettre fin s’ils sont au pouvoir ? Equation à solutions diverses. Parfois très coûteuses.

En Algérie, le gouvernement vient d’interdire le port de la burqa dans l’administration. L’Algérie ne sera pas cependant condamnée pour cette interdiction, ni interpellée. Il y a peut-être une sorte de traitement par spécificité culturelle sur cette question dans les instances internationales. La burqa est une affaire interne, sans extension symbolique, quand il s’agit d’un pays dit musulman, comme l’Algérie. Elle est une affaire de droit, de symbolisme lourd, de surcharge communautaire en Occident. Je déteste ce mot mais là on semble bien « essentialiser ». Passons. 

Ce qui reste à retenir, c’est comment on peut lire ce genre de littérature du raffinement de la défaite de la liberté face au fascisme montant. On y prêche par quelques présupposés : l’un, le plus scandaleux, est que la burqa est un choix. Donc un choix de liberté. On oublie qu’on n’a jamais vu des femmes en burqa manifester pour la liberté des femmes qui ne la portent pas, ni en faveur des femmes non voilées des pays du « Sud ». La liberté est à sens unique. En deux, on y prêche par déni et en fermant les yeux sur l’état du monde qui n’est pas occidental. Le port de la burqa sera en effet une liberté lorsque des femmes ne se feront pas tuer, harceler, violenter, déclasser et insulter parce qu’elles ne portent ni voile ni burqa hors d’Europe. Il y a des géographies où ne pas se voiler est un délit, de loi ou d’inquisition. Aucune femme n’a été tuée en Occident parce qu’elle refusait de porter des talons aiguilles, mais des femmes sont tuées dans des pays où le port du voile est une contrainte. Cela coûte 150 euros d’amende en France si on porte le niqab, mais cela coûte des vies ailleurs si on ne le porte pas. Venir aujourd’hui défendre la liberté de la burqa en Occident, c’est défendre l’obligation de la porter au « Sud ». 

Le corps des femmes. Troisième a priori discret : on y consacre le présupposé misogyne culturel, presque : la burqa est un droit de… femmes. Car va-t-on défendre le droit d’un homme à porter une cagoule ? Non. Conclusion : cacher son corps est un droit féminin, lié au statut, au genre, au sexe, à son infériorisation. Un homme qui porte une cagoule est un braqueur, une femme qui porte une cagoule est une culture. Car elle est femme. C’est-à-dire qu’elle est un sexe. Dans l’argumentaire de ces experts, on reprend même un vieux leitmotiv de la littérature de justification du voilement : c’est un moyen pour la femme d’investir l’espace public. On ferme les yeux sur la monstruosité de cette excuse : la femme n’a accès à cet espace qu’au prix de son corps. Elle a le choix de garder un corps mais enfermée, ou de sortir mais sans son corps. On professe la mutilation comme solution graduée pour la rééducation à la liberté. Cela fait passer la renonciation comme une libération et la compromission comme compromis. On oublie qu’on consolide ainsi une normalisation affreuse de la renonciation au corps, au lien social, à l’humanité et ses partages. La burqa devient un débat sur la liberté et pas un débat sur l’atteinte à la liberté.

Faut-il encore le rappeler ? La burqa n’est pas un droit, c’est un uniforme, un renoncement, une exclusion, un refus. C’est un projet politique." 

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Rédigé par Dr WO

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