Chacun connait la formule Thatchéro-Reaganienne : « le
problème, c’est l’état ». Cette formule s’applique sans conteste aux états totalitaires, mais elle concernait des états démocratiques où elle a poussé à sacrifier les services publics au
service de tous, pour introduire des entreprises privées au bénéfice de quelques uns, au nom de la concurrence dont on attend toujours les retombées positives promises.
La conception d’un libéral vis-à-vis de l’état est : si je perds tu perds et si je gagne tu perds aussi. En voici quelques exemples :
Lorsque les banques ont perdu leur mise au casino de la finance, elles se sont tournées vers les états en pleurant : « allo, maman bobo » pour qu’ils assurent leur fiabilité en aggravant pour beaucoup leur propre dette, dette dont elles pourront ensuite tirer éventuellement des bénéfices, tout en maintenant la rémunération de leurs dirigeants, partisans d’un libéralisme bien tempéré par les contribuables que l’on récompense en maintenant des frais bancaires élevés.
Serge Dassault est un grand libéral, qui se dit gêné par la puissance publique, mais comme l’étranger n’en veut pas, il ne vend ses « Rafale » qu’à l’état français. Son libéralisme vole haut propulsé par l’argent des contribuables.
Servier a horreur du socialisme, se méfie de ses employés qu’il espionne, n’a de cesse de dénoncer les abus étatiques (il aurait même fait paraître deux ouvrages pour les dénoncer), mais son laboratoire aurait gagné environ 1 milliard d’euros en une trentaine d’années, en vendant le Mediator, produit inefficace, sinon pour détériorer les valves cardiaques, avec la complicité de l’état et est sans doute satisfait d’avoir été décoré par son ancien employé, aujourd’hui Président de la République, de la grand-croix de la Légion d’honneur. L’ultralibéral Servier a horreur de l’état, mais trouve normal d’avoir vécu pendant tant d’années à ses crochets. Et on ne dit pas merci pour ce milliard payé par l’Assurance Maladie et les mutuelles ? Un libéralisme bien tempéré par l’argent des contribuables dont certains ont du se faire opérer du cœur, toujours aux frais de la sécurité sociale.