Rembrandt : « Vieil homme en rouge »
Lorsqu’une personne âgée de plus de 70 ans est le héros malheureux d’un fait divers (comme cet homme de 73 ans, je crois, qui a blessé les deux femmes venues le cambrioler), les médias parlent souvent de vieillard. Ce terme semble réservé au bon peuple d’en bas, car il n’est jamais utilisé pour le peuple d’en haut : homme politique (par ex. Chirac ou Pasqua), intellectuel (comme Lévi-Strauss mort à 101 ans) ou pour une personne à la tête d’une grande fortune (on dit que Mme Bettencourt est une dame âgée, mais on ne dit pas que c’est une vieillarde).
Le terme de vieillard implique le grand âge mais également une connotation de décrépitude. Ce qui veut dire que les médias éprouvent du respect pour le peuple d’en haut en évitant de le dévaloriser mais ne se privent pas de le faire pour le menu fretin.
Peut-être que cette façon de voir est-elle spécifique de la société occidentale car dans d’autres parties du monde comme en Asie ou en Afrique, il existe un respect des plus anciens à qui il est attribué une sagesse liée à leur expérience (bien qu’un proverbe chinois considère que l’expérience acquise n’est qu’une lanterne accrochée dans la dos n’éclairant que le chemin déjà parcouru). Ce respect va même au-delà de la mort avec le culte des ancêtres.
La société occidentale est coupée en tranches générationnelles sur le plan socio-économique mais également familial, avec des contacts restreints ou forcés entre les générations et rarement une imbrication souhaitée. Mais à ce découpage quasi communautaire vient s’ajouter une inégalité du traitement médiatique selon la classe à laquelle on appartient.