Le
goût n’échappe pas
à la pression de la société. Une partie du corps médical est très à cheval sur ce que vous mangez, s’efforçant de changer vos appétences en vous menaçant de mille maux si vous ne le faites pas et
les industriels suivent avec leurs alicaments qui vous promettent longue vie en vendant leurs yaourts et autres produits riches en vitamines, oligo-éléments, antioxydants et bouffeurs de radicaux
libres. Les repas deviendront-ils des potions prescrites 3 fois par jour ? Manger selon son goût (je ne parle pas de la goinfrerie) est un des agréments de la vie, faudra-t-il le faire avec
un sentiment de culpabilité à l’égal d’un pécher mortel ? Ceci, pour atteindre – dans le meilleur des cas - un âge où l’on n’a plus dents pour manger.
L’odorat. Sa capture est du domaine des parfums et des eaux de toilette et d’un bon rapport lorsqu’on est capturé. Vecteurs de séduction, comment ne pas céder à la tentation lorsque l’on voit dans leurs publicités de divines créatures vous tomber dans les bras quand vous passez à leur proximité en lâchant vos effluves.
Le toucher. Ce sens pour les voyants échapperait-il à la capture? Pas tout à fait : les lessives ne vous promettent-elles pas la douceur du linge lavé et les vendeurs de crèmes et de rasoirs, une peau prête aux caresses ?
Illustration : Jacques Linard : "Les cinq sens" (1638)