Publié le 30 Août 2019

« Fake news » au carré

Il est certain qu’avec la meute en réseau, la vérité a de plus en plus du plomb dans l’aile. Certes, le mensonge en politique est de tous les temps notamment pour justifier une action douteuse, et ce mensonge a été officialisé sous le terme admis de propagande. Néanmoins la vérité existait en soi et constituait un étalon auquel des gens honnêtes et renseignés pouvaient se référer.

Aujourd’hui cet étalon lui-même est remis en question. On parle de vérité relative, de vérité alternative, de vérité personnelle : « c’est ma vérité et elle vaut bien la vôtre ». Et puis nous avons les fausses nouvelles, les « fake news » et la vérité disparaît sous leur avalanche drainée par les réseaux. Cette désinformation vient alimenter la fabrication de complots qui permettent à leur tour la naissance d’autres fausses informations.

Récemment j’ai été confronté à ce que l'on pourrait nommer une fake news au carré, c’est à dire à une information considérée comme montée de toutes pièces, accompagnée de ce fait d’un parfum de complot, mais qui se révèle en définitive exacte. Ce fut le cas de la remarque irrespectueuse d’un internaute brésilien qui comparait le physique et l’âge de Mme Macron avec ceux de Mme Bolsonaro, remarque relayée avec satisfaction par le Président brésilien. Rapidement, cette information fut considérée comme fausse,* provenant soi-disant de comptes bidons, sous-entendu que cette information n’étant pas à l’avantage de Mr Bolsonaro aurait été monté de toutes pièces peut-être à partir de l’Elysée pour déconsidérer le président brésilien. Il s’avère en définitive que la grossièreté bolsonarienne est authentique puisque le porte-parole du gouvernement brésilien a signalé par la suite le retrait du commentaire vulgaire de Jair Bolsonaro, ce qui prouve bien son existence préalable.

Ce concept de fake news au carré consistera désormais à transformer une vérité en mensonge, ce qui permet de faire douter de la vérité elle-même, celle-ci ayant pris pour un temps les oripeaux du bobard.

Illustration de Salvador Dali : « L’image disparaît ». Ce tableau recèle deux vérités : le portrait de profil de l’homme moustachu et celle de la femme lisant une lettre (référence au tableau de Vermeer). Ces deux vérités sont imbriquées, l’une n’existe pas sans l’autre ; elles sont relatives. L’image globale a deux significations alternatives et l’on peut opter pour l’une ou l’autre par choix personnel mais le choix d’une image fait disparaître l’autre. L'image, comme la vérité, dépend de celui qui la regarde.

* Le blog "le Salon beige" qui a affirmé la fausseté de l'information, ulcéré par la passivité des médias, a laissé son texte en l'état en ajoutant au milieu cet addendum :

"Addendum : Finalement, le compte utilisé serait bien un compte authentique de Jair Bolsonaro et c’est l’AFP qui aurait diffusé une fausse nouvelle, reprise par de nombreux médias comme BFM (cité ci-dessus) et donc également par le Salon beige. Nous vous prions de nous excuser d’avoir fait confiance à l’AFP (sic!). Nous aurions dû être plus prudent car le Salon beige dénonce suffisamment souvent cette tendance dans les médias à reproduire les dépêches AFP au mot près sans apporter de plus-value. Cette mésaventure n’en est qu’un exemple de plus et montre à quel point les médias institutionnels manquent de fiabilité. Voici les explications de Libération"

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Publié le 29 Août 2019

 

A quoi sert l'ONU ?

A une époque où les frictions se multiplient dans le monde, où la Corée du Nord envoie ses pétards pour amuser son jeune dictateur, où les musulmans ne perdent pas une occasion de s'étriper entre croyants et de se suicider en groupe, histoire d'avoir de la compagnie au paradis, tout en propageant les bienfaits de leur religion de paix, et ceux escomptés de la fission nucléaire, où la Chine et les USA se disputent des parts de marché en montrant leurs muscles et leurs taxes, où l'Afrique qui croulent sous les richesses naturelles, va de viols en massacres, s'appauvrit au profit des dirigeants accrochés à leur fauteuil, et se vide de sa jeunesse en faisant de la méditerranée un cimetière marin, que fait l'ONU ?

L’ONU se mêle le moins possible de ce qui devrait la regarder (en dehors de l’OMS pour la santé) et le plus possible de ce qui ne la regarde pas, comme de rectifier l'histoire de la Palestine en essayant d'effacer l'empreinte millénaire des juifs dans la région au profit des musulmans infiniment plus nombreux. Mais tout cela est accessoire.

Elle vient de montrer l'importance de son rôle dans le monde en accueillant comme il se doit la présumée autiste à peine sortie de l'enfance, mais donneuse de leçons au service du climat, après sa traversée héroïque de l'Atlantique en voilier, et son arrivée triomphale à New-York sous les applaudissements. L’ONU a accueilli Greta Thunberg avec les honneurs : une flotille de 17 voiliers - un pour chacun des 17 objectifs du développement durable fixés par l’ONU à l’horizon 2030 - a accompagné son voilier pour la dernière ligne droite avant son arrivée à Manhattan. Des dizaines de journalistes et quelque 300 personnes l'ont vu miraculeusement accoster, après avoir recueilli pieusement son dernier tweet :   “Terre ! Les lumières de Long Island et de New York devant nous”.

Ajoutons cependant que le « machin » sert tout de même à nourrir beaucoup de monde.

Illustration : François Boucher : "St Pierre tentant de marcher sur l'eau"

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 27 Août 2019

La diplomatie de l’insulte.Ce qui se passe dans le monde est tout de même étonnant. Non seulement de grossiers personnages se multiplient à la tête des Etats. Mais il me semble que c’est la première fois que le président de la République française est ainsi insulté en temps de paix, en l’occurrence par le président du Brésil Bolsonaro et par son entourage. Macron ayant été traité par un ministre brésilien de crétin ou de connard opportuniste (l’opportunisme consistant à défendre l‘agriculture française). A cela s’ajoute l’élégante comparaison physique entre les femmes de deux présidents au détriment de Brigitte Macron.

Reste à savoir lequel des deux présidents pisse le plus loin. Notre président plus jeune de 23 ans que celui du Brésil a ici toutes ses chances.

Nous avons toujours des relations diplomatiques avec le Brésil ?

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 26 Août 2019

297. « Le vin ce n’est pas de l’alcool », mais ce n’est pas de l’eau non plus

Il est répété, à juste titre, qu’en période caniculaire il est nécessaire de maintenir une hydratation suffisante pendant toute la journée par des boissons diverses. Mais comme le disait notre ministre de l’agriculture si « le vin, ce n’est pas de l’alcool », ce n’est pas de l’eau non plus, et il vaut mieux boire de l’eau tout court, bien qu’insipide.

Comme j’ai le goût des paradoxes, j’ai retrouvé le résumé d’un éditorial accompagnant les recommandations américaines de 2015 à propos des dangers d’une consommation trop importante d’eau, car rien n’est simple dans ce bas monde.

« Dans un éditorial associé à ces recommandations, MH. Rosner (Université de Virginie, Etats-Unis) rappelle que dans le milieu sportif mais aussi dans le grand public, une idée-fausse règne très largement, à savoir celle des bienfaits d’une hyperhydratation. Mais celle-ci peut avoir des conséquences dramatiques, en particulier dans les sports d’endurance mais pas seulement puisqu’un cas est également décrit chez un adepte du yoga ! Parmi les cas décrits, on trouve celui, caricatural par l’importance de l’excès de consommation de liquides, d’un jeune ayant bu plus de 16 litres durant un exercice d’endurance dans l’objectif d’endiguer des crampes musculaires. Ce jeune est décédé d’une encéphalopathie hyponatrémique (taux bas de sodium – apporté par le sel – du milieu intérieur et notamment dans le sang, par dilution. Le cerveau dans ce cas n’a pas apprécié de baigner dans de l’eau pas assez salée).

D’autres exemples aussi dramatiques existent sans que la consommation de liquides soit aussi disproportionnée par rapport aux besoins. Si bien que dans les recommandations publiées dans le Clinical Journal of Sport Medicine (de 2015), les experts s’insurgent contre les avis largement diffusés sur les sites internet consultés par les sportifs, où il est recommandé de boire abondamment avant même de ressentir le phénomène de soif. Les experts insistent sur le fait que chez de nombreux sportifs, notamment pratiquant des sports d’endurance tel le marathon, une telle recommandation peut être mal interprétée et conduire à des comportements totalement inappropriés. Pour ces experts, la meilleure recommandation qui puisse être faite à un sportif est de boire régulièrement avec la seule perspective d’étancher sa soif, phénomène physiologique de régulation des besoins de l’organisme en eau.

Il en va bien sûr autrement chez la personne âgée exposée à une température caniculaire car chez celle-ci, le phénomène régulateur de la soif est souvent largement émoussé, exposant aux conséquences également dramatiques d’une déshydratation sévère »

Illustration : Annibal Carrache : "Homme buvant"

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 25 Août 2019

 

Et Moix, et Moix, et Moix

Nous assistons, un peu ébahis, au déballage dans les médias du linge sale de la famille Moix. Dans son dernier livre (que je n’ai pas lu), l’écrivain bien connu des plateaux TV, et pour lequel je n’avais guère de sympathie, accuse ses parents d’avoir été des bourreaux d’enfants - ce que son père récuse (mais il est attendu qu'il le fasse) - et son frère Alexandre de l’avoir torturé. Mais Alexandre se rebiffe, et vient d’accuser son grand frère d’avoir subi de sa part les tortures que Yann Moix décrit dans son récit autobiographique en tant que victime. Sans vouloir entrer dans cette querelle familiale et prendre parti, je note cependant que Yann, qui se déclare victime de son frère Alexandre, est plus vieux de 4 ans, ce qui laisse supposer que son petit frère qu’il accuse d’être le bourreau avait une force herculéenne. Je suppose également que Yann Moix dans son livre explique comment avec une tête de plus que son petit frère celui-ci ait pu la lui mettre dans la cuvette du WC (tirer la chasse est, par contre, plus simple) et qu’il ait eu la force nécessaire pour tenter de défenestrer son aîné. On finit par se demander si le livre de Yann Moix est une vengeance ou une confession par usurpation victimaire.

Vous me direz, et vous avez raison, que cela n’a aucun intérêt, sinon celui de promouvoir un livre que je ne lirai pas, mais je me demande si Yann Moix ne recevra pas en pleine tête - hors cuvette - un retour de bâton après ce déballage de linge sale.

Ce qui n’empêchera sans doute pas les lecteurs de la catégorie « voyeur » de se précipiter pour lire les malheurs de la famille Moix.

Car la littérature française est très riche en livres de ce type, c’est à dire nombriliste, dont les auteurs sont plus volontiers des femmes que des hommes. Chacun et chacune y racontent, la larme à l’œil, sa micro-destinée en tentant de la faire passer pour exceptionnelle, ses petits malheurs en tentant de passer pour une victime plus persécutée qu'un concurrent, ses petites rancoeurs, en les étalant sur des pages et des pages comme une vengeance, de préférence quand les accusés sont morts.

Là, les protagonistes sont encore vivants. Cette minable histoire va continuer à clapoter.

Illustration : Bernardino Mei : "Les Atrides"

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Publié le 23 Août 2019

Les ONG ne représentent aucunement la société civile« Greenpeace comme WWF, Oxfam France ou le Secours catholique dénoncent une mise à l'écart (du G7) : l'Élysée a accordé 25 accréditations aux ONG contre 100 les autres années » (la presse).

J’ignore les raisons exactes qui ont conduit l’exécutif à écarter 75% des ONG (essentiellement environnementales) de la réunion des 7 chefs d’Etat qui vont entrer en conclave, et dont il ne sortira très probablement aucune fumée blanche. Je suppose que la crainte des manifestations hostiles et les obligations de la sécurité y sont pour quelque chose. Ces réunions de chefs d’Etat agissent comme des abcès de fixation qui attirent tous les mécontentements et les groupes violents. La réunion qui s’était déroulée à Gênes reste dans la mémoire de tous les ministres de l’intérieur.

“Au vu des conditions de participation de la société civile qui nous sont imposées par l’Élysée, le Réseau action climat a décidé de ne pas participer au G7 ce week-end… “Cette décision est une atteinte à la liberté d’expression de la société civile que nous refusons pour ce sommet et pour les suivants”a expliqué la représentante du RAC qui fédère 32 associations nationales et locales (dont la ligue pour la protection des oiseaux).

Ce que je remarque dans cette déclaration est que ces ONG se considèrent comme les représentantes de la société civile et même qu'elles sont la société civile. Or les ONG écologiques (quel que soit leur bien-fondé) ne représentent et ne sont qu’elles-mêmes. Ce sont des groupes de pression organisés pour la défense de leur point de vue qui n’est pas obligatoirement celui de l’ensemble de la société civile. Les ONG fonctionnent en fait comme des partis politiques, et en général comme des partis d’opposition, mais sans chercher à prendre le pouvoir (pas folles). Elles ne seront évidemment jamais satisfaites des actions gouvernementales. Cette insatisfaction est d’ailleurs leur raison d’être. On ne peut dénier leur rôle de contre-pouvoir, tout en demandant au pouvoir de les subventionner.

La société civile s’exprime avant tout par les élections, même si le mode électoral introduit des biais dans la représentativité, mais quels que soient ces biais (en dehors des manipulations électorales), il se dégage toujours une majorité plus représentative que les ONG ou les groupes de pression. Les Verts ayant obtenu 13% des voix aux dernières élections européennes, Jadot qui a mené campagne à leur tête s’estime déjà apte à gouverner. Un peu de patience : le fruit est encore vert. La société civile peut aussi descendre dans la rue mais les manifestations n’ont une signification que si elles sont massives, sinon elle ne représentent qu'une petite fraction de la population. Restent les réseaux sociaux, je ne crois pas que ce qui se déverse, le plus souvent anonymement, dans ce tout-à-l’égout soit représentatif de la société civile, il s’agit plus d’humeur que de convictions, seule une fraction de la population les utilise, et à cela s’ajoute la facilité avec laquelle ils peuvent être bidouillés.

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Publié le 22 Août 2019

 

La musique n’adoucit pas les mœurs 

Bien sûr, les sérénades, les chansons un peu sirupeuses, ou des mélodies peuvent faire rêver et calmer les ardeurs belliqueuses.

Bien sûr, on connaît l'action favorable de la musique en matière thérapeutique, utilisée pour renforcer certaines psychothérapies. Action thérapeutique remarquée par les napolitains qui faisaient danser la tarentelle aux victimes du tarentisme, troubles nerveux provoqués par la morsure d'une tarentule. Dans ses Souvenirs entomologiques, Jean-Henri Fabre, qui avait vérifié que la morsure pouvait tuer un moineau ou une taupe, suggère que la transpiration provoquée par la danse pouvait aider à éliminer le poison, et dans ce cas la musique n’y serait pour rien.

Mais la musique est toujours chargée d’émotions fortes. Les militaires l’ont bien compris, et la musique (ou simplement le tambour) a longtemps été utilisée pour faire marcher les soldats au pas, puis vers la mort. La musique symphonique, elle, n’est pas là pour calmer les esprits mais le plus souvent pour vous prendre aux tripes. La musique dite classique est rarement une musique sereine, et quand un mouvement se permet de l’être, la suite remet les choses dans l’ordre dramatique.

Quant au rap, la violence et la haine lui sont consubstantielles, elles constituent sa matrice et sa raison d’être. Des paroles aux gestes, il n’y a qu’un pas, et les rappeurs, notamment issus du 93, mais vivant pour la plupart ailleurs, roulent sur l’or tout en exprimant leur révolte contre un monde qui les enrichit. Ils s’insultent entre eux, et vont jusqu’à se battre en utilisant parfois des armes létales. On ne sait jamais dans cette tragicomédie la part publicitaire qui lui revient, le rappeur peut vouloir se rendre authentique auprès de ses fans en jouant la violence dont il fait la promotion. Il s’agit de ne pas décevoir, le rap a une audience considérable (Booba, sur le réseau social Instagram, compte 4,2 millions d’abonnés !). Le rappeur avec sa gueule de voyou (un gage de succès) est d’abord un entrepreneur qui fournit un exutoire à son public, et celui-ci le diffuse à plein volume dans les rues en roulant vitres ouvertes.

Vous allez me dire que si le rap n’est pas une musique qui adoucit les mœurs, c’est pour la bonne raison que ce n’est pas de la musique. Certes, le rap est en général fait de vociférations rythmées assorties d’images brutales lorsqu’il s’agit d’un clip, mais le parlé-hurlé est un mode d’expression qui s’apparente au parlé-chanté. Ce mode a été utilisé par Arnold Schönberg dans son « Pierrot lunaire » à partir d’une douzaine de poèmes d’un poète belge. Et il fut largement utilisé par des auteurs-compositeurs de chansons comme Léo Ferré ou Gainsbourg. Paix à leur âme, j’espère qu’ils ne se retourneront pas dans leur tombe.

Illustration de Bernard Buffet

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Publié le 20 Août 2019

Si pour les tenants de la « théorie du genre », le sexe n’est qu’un présupposé biologique, le sexe étant surtout façonnée par la société à partir de ce présupposé, il faut avouer qu’en matière de santé le sexe s’impose en dehors de toute pression sociale. En ce domaine la parité d’existe pas. La société ne peut rien faire contre le marquage génétique sexué de chaque cellule de l’organisme, même si l’environnement, qui peut être différent selon le sexe, est susceptible de modifier l’expression des gènes (épigénétique).

Un article de Junien C et coll. paru en avril 2019 dans les Archives des Maladies du Coeur et des Vaisseaux [1] montre bien que la parité sexuelle n’existe pas en biologie. Les auteurs rappellent que « si la ressemblance, en termes de séquence d’ADN, entre deux hommes ou deux femmes est de 99,9%, la ressemblance entre un homme et une femme n’est que de 98,5% du même ordre de grandeur qu’entre un humain et un chimpanzé, de même sexe… ». Des études ont montré qu’il y avait une différence hommes/femmes statistiquement significative dans l’expression de nos gènes pour environ 30% des gènes exprimés.

Même si l’on doit tenir compte des conditions de vie, les hommes meurent plus jeunes que les femmes avec 20% de cancers en plus. Ils se suicident deux à quatre fois plus, meurent deux fois plus après une fracture de hanche, ont plus de retards mentaux, ou encore d’AVC ischémiques… que les femmes. Mais celles-ci meurent plus souvent d’une maladie cardiovasculaire que les hommes, sont plus souvent atteintes d’une maladie d’Alzheimer ou d’une autre démence, sont plus souvent concernées par la sclérose en plaque, la dépression, ont 20% de cancer du poumon en plus à âge et consommation tabagique équivalents, et sont plus souvent atteintes d’anorexie, de dépression, d’ostéoporose que les hommes. En fait pour chaque maladie, et chacun le sait, il existe le plus souvent une prédominance masculine ou féminine. Les constantes elles-mêmes sont souvent différentes selon le sexe, et pas seulement biologiques : par ex. en électrocardiographie la durée de l’activité électrique périodique du cœur (intervalle QT) est en moyenne plus court chez l’homme (effet de la testostérone) que chez la femme

Les auteurs insistent sur le fait que 80% des études faites chez l’animal pour tester les médicaments ne l’ont été que sur des mâles. Entre 1997 et 2000, sur 10 molécules retirées du marché, 8 l’ont été suite à des effets secondaires survenus chez des femmes qui ont donc une tolérance pharmacologique différente. Les États-Unis et plusieurs pays européens ont pris la décision de ne plus allouer de financements aux études qui n’incluaient pas les deux sexes lorsqu’elles le pouvaient, que ce soit sur l’animal ou l’humain. En France atteint d’un politiquement correct imbécile, le sujet est évité sous prétexte d’égalité des sexes. Selon les auteurs de l’article, la France aurait 10 ans de retard par rapport à certains de ses voisins européens qui mettent en place une médecine différenciée sans être accusés de discrimination.

 

[1] Junien C et al. L'inextricable enchevêtrement du sexe et du genre dans la recherche et les études cliniques : le corps, ce grand oublié de la parité. Archives des Maladies du Coeur et des Vaisseaux - Pratique Volume 2019, Issue 277, April 2019, Pages 11-19.

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 17 Août 2019

Corrida

Je n’ai assisté qu’une seule fois à une corrida, il y a bien longtemps, à Barcelone. C’est un spectacle mortifère puisqu’il s’agit d’un jeu cruel entre un homme et un bovidé puissant qui se termine le plus souvent par la mort de ce dernier avant celle du premier. Mais ce n’est pas toujours le cas, le jeu reste ouvert, et c’est peut-être ce qui fascine les spectateurs, cousins lointains de ceux des cirques romains qui assistaient, comblés, à la mort des gladiateurs.

Le cérémonial peut séduire, mais c’est tout de même celui de la mort. Ce qui révulse est l’action des picadors qui tournent autour du taureau sur un cheval aux flancs protégés en lui plantant des pics dans l’échine. Le sang coule, nappe le pelage, et imprègne le sable de l’arène. Le taureau se défend en cherchant à renverser le cheval et son cavalier. Les picadors ne sont guère appréciés, la torture qu’ils affligent à la bête contraste avec la chorégraphie qui suit où le toréro se met en danger face à elle. Mais si le taureau n’était pas fatigué, le jeu serait inégal, et la bête massive l’emporterait aisément sur l’homme armé d’une simple cape, l’épée ne servant qu’à la fin du spectacle.

Ce taureau que l’on a choyé pendant plusieurs années va mourir, mais ce n’est pas la mort industrielle des abattoirs au milieu des cris des bêtes apeurées, car après s’être défendu, il sera foudroyé dans une mort instantanée par l’épée du toréro, et restera une seconde immobile sur ses pattes avant de tomber brutalement sur le flanc.

Je n’ai jamais plus assisté à une corrida. Je n’aime pas que l’on puisse jouer avec la souffrance et la mort. Mais j’ai eu par ailleurs l’occasion d’entrer dans un abattoir et je pense que si le taureau avait conscience, et le choix, il préfèrerait peut-être combattre dans l’arène avant de mourir.

Les protecteurs des animaux ont pleinement raison d’œuvrer pour que leur soit infligé le moins de souffrance possible. Mais nous sommes amenés à les tuer pour nous nourrir. Et dans le cas où nous cesserions de les tuer pour nous nourrir, nous serions obligés de les tuer (ou d’empêcher leur reproduction) pour nous défendre, qu’il s’agisse de moustiques ou de taureaux.

Corrida

Illustrations : Picasso : « La mort du taureau » (1934) / Photomontage dont j'ignore l'auteur (oeuvre figurant dans une exposition consacrée à Denis Robert)

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 16 Août 2019

Les tics du langage sont probablement aussi vieux que le langage. Mot ou expression que l’on sort à la moindre occasion de façon appropriée ou inappropriée, et dans ce dernier cas de façon mécanique comme un pet involontaire.

Si parfois on connaît les circonstances qui ont permis la formation et l’éclosion du tic, le plus souvent on les ignore. Un tic donné a une durée de vie limitée mais qui peut aller jusqu’à plusieurs années. Il disparaît en général lorsqu’un autre est capable de le remplacer en s’introduisant insidieusement chez les individus aux défenses immunitaires abaissées. Il arrive parfois que plusieurs tics coexistent, ce qui rend le contact avec autrui irritant.

Le tic agit comme un virus, sa contagion se fait par voie aérienne, de bouche à oreille, en empruntant un circuit phono-audio-cérébro-phonique dans sa forme complète. Si le tic peut pénétrer dans tous les organismes, ceux pourvus d’anticorps résistent, et ne contribuent pas à propager l’épidémie car ils enkystent le tic, et ne le rejettent pas à l’extérieur, la phase phonique expectorante étant nécessaire à sa transmission.

En ce moment je suis soumis à l’attaque récidivante d’un tic qui semble avoir diffusé largement dans les milieux de la restauration, mais pas seulement. Il s’agit du tic : « ça marche ». On ne dit plus oui ou non ou d’accord ou à la rigueur OK, mais : « ça marche », même quand ça ne marche pas. Ainsi quand la personne qui vous sert vous demande : « vous voulez du ketchup ? » et que vous répondez « non », elle réplique : « ça marche ». Bizarre, non ?

Il faut souligner que ce sont les personnes jeunes qui sont le plus sensibles aux tics du langage. Ce sont également elles qui ont des trous dans leur jean. Est-ce que les trous dans les jeans favorisent la pénétration du virus ? C’est peu vraisemblable car la contagion se fait par le conduit auditif et non par les genoux.

D’où est sorti ce « ça marche » ? Sans doute que l’expression donne une touche dynamique même si rien ne bouge. Si l’expression était utilisée en cuisine, il n’y a aucune raison pour qu’elle soit utilisée en salle, et dans les entreprises ou ailleurs. On est bien obligé de rapprocher ce tic pédestre de « La république en marche » d’autant plus que le tic est apparu (hors cuisine) – si je ne fais pas erreur – en même temps que les « marcheurs » de Macron qui ont porté leur idole au pouvoir. Ce dernier tic épidémique ne serait donc qu’un dégât collatéral des dernières élections présidentielles. Des études épidémiologiques sérieuses devraient être faites pour évaluer cette hypothèse si l’on veut mettre sur pied des mesures prophylactiques dans l’avenir.

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Publié le 15 Août 2019

The Lancet va à Canossa

Pietro Aldi : En 1077, au château de Canossa en Italie, l'Empereur germanique Henri IV s'incline devant le pape Grégoire VII afin que celui-ci lève l'excommunication dont il était frappé.

Le groupe britannique de revues médicales (18) The Lancet vient de faire paraître un éditorial* où les rédacteurs se mettent publiquement des cendres sur la tête, et se traînent à genoux pour se faire pardonner d’avoir été des mâles blancs dominants. La faute étant avouée, la culpabilité prononcée, ils s’engagent devant le monde entier à « accroître la représentation des femmes et des collaborateurs provenant de pays à revenus faible et intermédiaire parmi ses conseillers de la rédaction, ses pairs évaluateurs et ses auteurs ».

La présence féminine devra être obligatoire dans les comités, ce qui est sensé, et l’objectif étant que les comités comprennent au minimum 50 % de femmes. Cette parité obligatoire qui semble s’imposer partout en Occident est évidemment sexiste puisqu’elle conduit à choisir quelqu’un-e en fonction de son sexe, ce qui peut aboutir, quelle que soit la compétence de l’individu rejeté, à une discrimination de l’autre sexe.

J’avoue que définir des collaborateurs par leur provenance « de pays à revenus faible et intermédiaire », c'est utiliser une circonlocution géopolitique d’une belle hypocrisie pour ne pas introduire la couleur de la peau dans la sélection, et en préférant plutôt mentionner le sous-développement (on dit en voie de développement depuis des décennies) de leurs pays d’origine, ce qui est finalement moins flatteur que d’avoir la peau bronzée.

J’espère que cette poussée féministe et extra-blanc du Lancet, sûrement justifiée car elle vise à réparer des injustices du propre aveu des rédacteurs, n’ira pas jusqu’à adopter dans ses articles le langage châtré qui envahit les universités américaines où les étudiants atteints d’un féminisme aigu proposent de remplacer « femme enceinte » par « humain enceint » et même homme par « individu sans utérus ».

Que le groupe du Lancet décide de ne recruter ses collaborateurs que sur leur compétence serait une bonne chose, qu'il ne l'ait pas fait jusqu'à présent en est une mauvaise, mais qu'il introduise d'autres critères que leur valeur personnelle est discutable et qu'il l'annonce en fanfare l'est encore plus.

Pourrait-on rêver d’un monde où l’on ne choisira, ni ne rejettera une personne en raison de la couleur de sa peau, de son origine ethnique, de son vagin, de son pénis ou de son trou du cul ?

*The Editors of the Lancet Group. The Lancet Group’s commitments to gender equity and diversity. Lancet. 10 August 2019. DOI:10.1016/S0140-6736(19)31797-0

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Publié le 13 Août 2019

Ignace Philippe Semmelweiss est mort un 13 août il y a 154 ans

A la demande des chirurgiens d'Amsterdam, Rembrandt a peint ce tableau, "La leçon d'anatomie du Dr Nicolaes Tulp" en 1632, il avait 26 ans. On y voit le Pr Tulp disséquer la face antérieure du bras gauche (ce qui explique l'orientation du pouce) de Aris Kindt, pendu le jour même pour vol à l'âge de 41 ans.

Une dissection en public n'était autorisée qu'une fois par an, et de préférence en hiver, le sujet pour la démonstration devant rester la plus frais possible par égard pour les notables qui venaient y assister. Le livre aux pieds du pauvre Aris est peut-être celui de Vesale, ouvrage qui avait balayé un siècle auparavant les connaissance anatomiques qui dataient de l'Antiquité.(voir 36)

Ce que ce tableau montre surtout est que l'opérateur et les spectateurs sont en habits de ville, que tous ont les mains nus et qu'aucun, probablement, sauf peut-être le Dr Tulp (en raison du sang dont elles pouvaient être éventuellement maculées) ne se les lavera à la sortie de la salle d'autopsie. Tout ce petit monde ira donc transporter à l'extérieur les germes plutôt méchants recueillis sur le cadavre, au profit des autres, et notamment des malades qu'ils auront à examiner par la suite.

C'est le Hongrois Semmelweiss, mort il y a 154 ans jour pour jour, qui a montré, un siècle environ après la création de ce tableau, que les obstétriciens eux-mêmes transportaient le vecteur des fièvres puerpérales (qui tuaient à l'époque jusqu'à près d'un cinquième des accouchées à Vienne) à partir des autopsies qu'ils réalisaient pour tenter d'expliquer cette hécatombe. Bien entendu, la plupart de ses confrères autrichiens, n'ont guère apprécié d'être considérés comme des meurtriers involontaires, alors que le lavage des mains à l'hypochlorite de calcium préconisé par Semmelweiss suffisait à faire chuter la mortalité vers 1%.

Interné à Vienne pour maladie mentale, ce précurseur de l'hygiène serait mort à 47 ans, le 13 août 1865, d'une septicémie liée aux blessures infligées par le personnel de l'asile. 

 

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Publié le 10 Août 2019

L’alcool contre la sédentaritéLe monde politique n’est pas toujours risible, mais là nous sommes servis. Nous avons même droit à un collectif d’amuseurs publics puisqu’ils sont 105 députés (aux dernières nouvelles) de La République en Marche titubante, cons et dangereux à la fois, à proposer une loi « visant à faire de la France une nation sportive » car il « ne s’écoule pas un jour sans qu’une publication témoigne des bienfaits de la pratique physique et sportive pour la cohésion sociale, le bien être, la santé, (…), pour lutter contre la sédentarité, participer au traitement de certaines maladies ». Et comment ? Mais en favorisant l’alcoolisation des amateurs de spectacles sportifs assis sur les bancs en leur permettant d’acheter des boissons alcoolisées dans l’enceinte du stade, ce que la loi Evin avait interdit jusqu’à présent. Des amuseurs « du nouveau monde » qui confondent allègrement la vue du sport et sa pratique.

On se demande évidemment quel est le côté sportif d’une bonne biture, à moins de considérer que l’agitation traumatisante qui peut s’ensuivre dans le stade ou dans les rues permet de lutter contre la sédentarité. Il est à craindre que cette proposition de loi vise à augmenter le taux d’alcoolémie de la nation plutôt que sa musculature.

Bien sûr, c’est un problème de fric, et les arguments fournis par les soutiens de la loi frisent la débilité, comme : il est préférable que les spectateurs se pintent en regardant les sportifs évoluer plutôt qu’arriver ivres dans le stade, ou, en faisant vibrer la corde de gauche, puisque que ceux qui se restaurent dans l’enceinte du stade ont droit d’accompagner leur repas d’une boisson alcoolisée, celle-ci devrait pouvoir couler partout dans un souci d’égalité. On voit là aussi que le principe d’égalité peut servir à toutes les sauces jusqu’à permettre n’importe quoi.   

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 8 Août 2019

L'artiste vesulienne Pink Art Roz rend hommage, à l'aide de son talent et de 175 litres de peinture, au poète chanteur qui fit connaître Vesoul au monde entier sur un air d'accordéon musette (la photo est de SEBASTIEN BOZON/AFP)

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Août 2019

Lamentations

Nombre de blogs (et souvent le mien) sont des blogs pessimistes. Les auteurs y déversent leurs récriminations plus que leurs critiques, et leur ironie ou leurs insultes plus que leur argumentation. L’avenir est évidemment noir, ce qui est exact pour chacun d’entre nous, et l’on a tendance à étendre notre propre mortalité à court terme à celle de la planète et de l’humanité dont on prévoit la fin prochaine, ce qui, d’une certaine façon, pourrait passer pour une consolation de notre propre disparition.

Chacun de ces blogs « noirs » pourrait être assimilé à un mur dit des « lamentations » où l’auteur glisse son billet entre les pierres. Un billet plein de reproches plus que de prières.

Le Point a publié le 3/08/19 un article intitulé : « L'Occident est-il condamné au pessimisme ? » à partir d’une analyse du philosophe des sciences Maarten Boudry parue dans Quillette, (journal australien en ligne, article traduit par Peggy Sastre).

Boudry y fait l'inventaire de quatre sortes de pessimisme répandues dans les sociétés occidentales, de la nostalgie au pessimisme cyclique. Les extraits de l’article du Point sont en italique. Ce pessimisme existe alors qu’à bien des égards, le monde n'a jamais été en meilleure forme qu'aujourd'hui. Les gens vivent plus longtemps, en meilleure santé, plus paisiblement et en sécurité qu'à n'importe quel autre moment de l'histoire et ces améliorations ont été obtenues grâce à l’application des idées occidentales et paradoxalement ce sont les Occidentaux qui auraient la vision la plus sombre de l’avenir.

Les causes de pessimisme invoquées ne manquent pas et Boudry classe les comportements à leur égard en quatre catégories :

Le pessimisme nostalgique

Au bon vieux temps, tout était mieux. Le monde était intact et beau, mais aujourd'hui, tout part à vau-l'eau. En fonction des pessimistes nostalgiques, l'âge d'or se situera dans un temps historique différent. Pour certains, il s'agit tout simplement du passé qu'ils ont eu la chance de connaître dans leur jeunesse. Pour d'autres, l'utopie est un peu plus lointaine. C'était la Belle Époque précédant les deux guerres mondiales, la vie simple des communautés paysannes médiévales, ou encore « l'harmonie avec la nature » de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs...

Les déclinistes de droite romantisent une époque où les gens (surtout les jeunes) obéissaient encore à l'autorité et à la tradition, tandis que leurs homologues de gauche soupirent pour une époque où la solidarité et la confiance mutuelles étaient encore des valeurs largement estimées. Bien sûr, les uns comme les autres cherchent les responsables et le tournant idéologique qui ont conduit à la détérioration de la situation et à la spoliation du paradis et bien entendu les coupables sont à l’opposé selon le bord où l’on se trouve. Le complot n’est pas loin.

Le pessimisme « vous allez voir ce que vous allez voir »

Contrairement aux nostalgiques, certains sont disposés à admettre que le monde s'est considérablement amélioré au cours des deux derniers siècles. Mais, affirment-ils, cela ne peut pas durer. L'orgueil de l'homme moderne, croyant naïvement au progrès, doit être puni tôt ou tard…

Aujourd'hui, en Europe, les principales prophéties à tourmenter les catastrophistes sont la peur du changement climatique et celle d'une Europe transformée en « Eurabie » à la faveur d'une immigration islamique massive. Et curieusement : plus vous aurez peur de l'un, moins vous aurez de chances de craindre l'autre. Autrement dit, la crainte écologique est souvent inversement proportionnelle à la xénophobie. A mon avis, les pessimistes profonds craignent les deux.

Si vous êtes persuadé que le monde court à sa perte à moins de prendre des mesures aussi immédiates que drastiques, vous avez la justification parfaite pour des actions extrêmes, voire inhumaines, que vous n'auriez jamais envisagées en temps normal…D'un autre côté, la mise infinie du catastrophisme « vous allez voir ce que vous allez voir » peut facilement avoir l'effet inverse de celui recherché : la paralysie. Si la société s'achemine vers un désastre total si nous ne prenons pas immédiatement des mesures drastiques et que ces mesures sont soit impossibles, soit éthiquement inacceptables, alors autant nous résigner à l'inévitable. Ce n’est plus du pessimisme, c’est du désespoir.

Le pessimisme cyclique

Ce type de pessimiste admettra que les choses vont plutôt bien en ce moment, sans penser pour autant que notre chance actuelle soit historiquement exceptionnelle. L'humanité a déjà connu des périodes de prospérité et de paix relatives, mais toutes ont pris fin tôt ou tard. Le cours de l'histoire, pour le pessimiste cyclique, va et vient comme les marées ou les saisons… Quoi qu'il en soit, même s'il est vrai que rien ne garantit une poursuite indéfinie du progrès, le principal danger de la pensée cyclique est qu'elle peut rapidement se muer en pensée cynique. Si toutes ces courbes ascendantes doivent tôt ou tard retomber, rien ne sert d'essayer d'éviter l'inévitable.

Le pessimisme du tapis roulant

Le pessimiste du tapis roulant accepte que certaines mesures objectives du progrès (davantage de richesse, moins de violence, une vie plus longue et en meilleure santé) sont réelles, mais maintient que, malgré tout, nous n'avons pas vraiment avancé là où cela compte vraiment. À l'instar d'Alice et de la reine rouge dans Alice de l'autre côté du miroir, nous avons couru et couru pour nous apercevoir, lorsque nous avons repris notre souffle et regardé autour de nous, que nous n'avions pas bougé d'un iota depuis le départ. Dans ce type de pessimisme la notion de bonheur, bien difficile à appréhender est un critère pris en compte.

Le pessimisme du tapis roulant est omniprésent dans le domaine de la justice sociale. Dans les milieux militants, les constats de progrès moral sont souvent rejetés comme un triomphalisme facile visant à enraciner les privilèges et l'oppression, et maintenir le statu quo. Un problème étant remplacé par un autre ou sous une autre forme…« théorie de la substitution » du mal selon « la loi de conservation de l'indignation »

Là aussi le risque est de ne rien faire, le progressisme serait une perte de temps : Si nous sommes convaincus qu'un mal (racisme, oppression, violence) va toujours être remplacé par un autre ou qu'il va refaire surface sous une autre forme, autant renoncer à essayer de le combattre.

Ainsi on pourrait conclure que si l’optimisme peut être béat, en permettant cependant d’éviter des souffrances lors de notre passage dans la bulle spatio-temporelle qui nous est dévolue, le pessimisme peut s’avérer dangereux en jugeant toute intervention sur l’environnement comme inutile ou à l’inverse en imposant des souffrances supplémentaires ou même des destructions sans avoir la moindre certitude de changer l’avenir ou de l’avoir prévu correctement.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 3 Août 2019

 

Noirmoutier : paysages dont je ne me lasse pas, mais qui peuvent lasser les autres

Renoir : Le bois de la Chaize à Noirmoutier

Noirmoutier : paysages dont je ne me lasse pas, mais qui peuvent lasser les autres

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 1 Août 2019

Les femmes veulent-t-elles devenir des hommes ? Mais l'inverse est également possible. La confusion des genres m'attriste Que la compétence des femmes soit reconnue à sa juste valeur est une nécessité évidente, mais pour le reste, j’aimerais qu’elles restent différentes. Un avis, qui, je le comprends, n’intéresse personne, suscité par les 35000 signatures (et probablement plus à cet instant) à l’appui d’une pétition (soutenue, bien sûr, par Mme Schiappa) qui proteste contre l’embauche de jolies jeunes femmes pour embrasser les champions cyclistes sur le podium du Tour de France, qui, elles, seraient plutôt heureuses et bien rémunérées pour le faire. Le journal « Les Inrocks » trouve le baiser au vainqueur épouvantablement sexiste, et estime qu’il est urgent de le supprimer. Par contre, de nombreuses personnes ont fait remarquer que ce même journal ne fut aucunement choqué de mettre en couverture un certain Bertrand Cantat qui, certes, aime les femmes, mais au point de les tuer.    

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Rédigé par Dr WO

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