Publié le 31 Mars 2016

 

La déprime de SatanSatan ne va pas bien.

L’oisiveté.

Certes, il s’occupe encore de quelques bricoles, mais il ne fait plus que du détail : des brochettes d’individus. Une misère.

Cette situation est d’autant plus déprimante qu’au XXe siècle son affaire était florissante, on faisait la queue pour entrer en Enfer, et des postulants, faute de place,  étaient obligés d’attendre au Purgatoire par dérogation spéciale, le temps que le matériel soit à nouveau opérationnel.

Satan se souvient, ému, des fournées d’assassins laïcs du XXe siècle ! Les bandes à Staline, Hitler, Mao, Pol Pot et autres génocidaires ! Le rêve, pas de discussion avec les Patrons[1] : direct dans les feux de l’Enfer.

Mais aujourd’hui, quelle hérésie ! On assassine pour mériter ce Paradis organisé en parc d’attractions par l’un des Patrons, et plus l’assassinat est ignoble, touchant innocents, femmes ou enfants, plus les commanditaires font miroiter aux postulants les chances d’y parvenir.

Alors si les assassins de masse vont au Paradis que reste-t-il à Satan ?

Si l’on tue au nom de Dieu, on peut comprendre le découragement de Satan, il n’y a plus grand monde qui tue en son nom à lui.

Alors le Diable tourne en rond dans l’Enfer, le cœur n’y est plus, il n’a plus le feu sacré.

Si le Paradis devient un asile d’aliénés, s’il accueille tout le Mal du monde, s’il est pavé de mauvaises intentions, il ne reste plus à Satan que de s’inscrire à Pôle Emploi, c’est aussi l’enfer.

Illustration du Codex Gigas (XIIIe siècle)

 

[1] Satan est employé par plusieurs Patrons uniques

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Publié le 30 Mars 2016

 

A propos de l’article précédent : « 211. Révélations » j’ai eu ce commentaire fort sensé de Vega que je me permets de reproduire ici. Il faisait suite à un autre commentaire :

« Je trouve méprisant le terme d imbéciles attribué aux croyants qui peuplent la terre depuis des millénaires ! parmi ces " imbéciles " des écrivains, des scientifiques des grands médecins etc… même si ces évènements relèvent de la légende, on peut comprendre que tant de gens malheureux de leur vie terrestre trouvent un refuge dans les religions. Et puis comme chacun sait, la médecine n’est pas une science exacte ? ».

Ma réponse fut la suivante :

« La médecine n'est pas une science exacte et encore moins dans cet article qui concerne des personnages légendaires (Abraham est mort à 175 ans ! et Moïse a vécu aux environs de 1200 avant JC). Le récit de leurs faits et gestes est également légendaire ou transmis par d'autres et les "symptômes" qui leur sont attribués n'ont peut-être jamais existé. "L'analyse médicale" est en fait un jeu basé sur des données discutables. Par contre si l'on croit à ces récits ou s'ils sont exacts (comme je l'ai dit la vérité est enterrée) alors ces personnages auraient pu être psychotiques.

Quant à la croyance, elle est hors de la raison, elle est donc évidemment compatible avec l'intelligence concernant d'autres domaines. Par ailleurs la croyance en Dieu ne veut pas dire que l'on croit à tous les dogmes d'une religion. 

NB. L'ancienneté d'une croyance et le nombre de croyants sont des faits historique et sociologique, elle ne prouve pas sa véracité ».

Et à propos du mépris :

Pour ma part, je ne méprise personne, mais si le croyant a le droit de croire ce qu'il veut, j'ai aussi le droit de le craindre s'il croit posséder la vérité et s'il veut me l'imposer. J'ai aussi le droit de m'étonner de ce qu'il croit.

 ***

Un article repéré par Slate.fr sur The Independent Science Daily vient compléter mon propos sur la séparation entre croyance et intelligence, l’une n’excluant évidemment pas l’autre, une cohabitation que de nombreux génies ont vécue, Newton en est un exemple, parmi bien d’autres.

« Lorsqu’il est question de foi, cela peut sembler absurde d’un point de vue analytique, explique le Pr Tony Jack, l’auteur principal de l’article paru dans PLOS one. Mais, d’après ce que nous comprenons au sujet du cerveau, l’acte de foi qui permet la croyance au surnaturel revient à mettre de côté la façon critique et analytique de penser afin d’arriver à avoir de plus fortes intuitions émotionnelles ».

D’après cette équipe, l’IRM montrerait que le cerveau a un réseau de neurones analytiques qui permet de penser de façon critique et un autre réseau plus social qui est lié à l’empathie.

Huit études ont été faites sur plusieurs centaines d’adultes, entre 159 et 527, selon l’expérience) par le Pr Tony Jack et son équipe qui auraient montré que le croyant fait en quelque sort taire son esprit critique au profit de l’empathie, mais s’il existe un lien entre foi et empathie, il existerait également une relation statistique entre religiosité et moindre intelligence.

Je me pose cependant des questions ? Quelle était la religion des croyants testés ? Et je suis dubitatif sur le degré de l'empathie des inquisiteurs d’hier et des coupeurs de têtes d’aujourd’hui. 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 28 Mars 2016

 

Extrait d'un article du Point du 24 mars 2016

Bien connus des services de police

 

Dans un Etat de droit digne de ce nom, on attend que ça pète et que ça saigne avant d'appliquer le droit. Entre temps, un Etat de droit a le droit de compter ses ennemis de l'intérieur, il a le droit de repérer ses futurs assassins, il a le droit de suivre leurs voyages éducatifs, mais il n'a pas le droit d'entraver leur liberté s'il n'a pas la preuve certaine que ça va péter et saigner. 

Un Etat de droit a le devoir d' accueillir les futurs assassins à leur retour une fois éduqués et prêts à l'assassinat. 

Un Etat de droit a le devoir de défendre les droits des assassins qui veulent détruire et l'Etat et le droit.

Un Etat de droit a aussi le devoir de garnir de fleurs les pavés ensanglantés et de multiplier les discours dégoulinant de compassion jusqu'à la nausée.

Dans un Etat de droit, les droits des victimes ne furent jamais respectés.

Dans un Etat de droit, on a le devoir d'être con.

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 28 Mars 2016

 

211. Révélations

Rembrandt :  "L'ange arrêtant Abraham avant le sacrifice d'Isaac à Dieu"

Si au cours de ma pratique j’avais eu l’occasion de recevoir un patient venu me dire qu’il entendait Dieu lui parler, je ne doute pas un instant qu’il en aurait été très inquiet et je l’aurais été également pour lui. Les hallucinations auditives comme les hallucinations visuelles sont en général inquiétantes et évoquent la possibilité d’une maladie psychiatrique sérieuse ou d’une tumeur cérébrale.

« Si vous parlez à Dieu, vous êtes religieux. Si Dieu vous parle, vous êtes psychotique » est une réplique du Dr House servie par un dialoguiste de la série américaine et qui montre qu’à notre époque avec les progrès du diagnostic médical aucun individu ne pourrait être pris pour un prophète connecté à Dieu, parlant en son nom, à l’origine d’une religion susceptible d’être suivie pendant des siècles par des milliards de croyants.

Aujourd’hui une telle personne serait soignée en ambulatoire par des drogues puissantes ou internée si elle se livrait à des actes violents envers les autres, comme Abraham ou Moïse ou envers lui-même, comme ce fut le cas de Jésus de Nazareth qui tenait apparemment à mourir crucifié afin de pouvoir, selon les chrétiens, ressusciter.

Slate.fr fait état d’ un article publié en 2012 dans la revue The Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences où des neurologues et psychiatres américains ont pris au pied de la lettre les écrits de l’Ancien et du Nouveau Testament afin d’en étudier la sémiologie avec l’œil du médecin et d’établir les diagnostics différentiels concernant les quatre grandes figures bibliques: Abraham, Moïse, Jésus et Saint Paul.

A noter que ces médecins ne se sont pas intéressés à Mahomet qui dans sa légende aurait été pourtant effrayé (comme quoi il se rendait bien compte de la gravité de son cas) en entendant des voix et en souffrant de symptômes divers dans la grotte lors de ses expériences spirituelles.

Dans l’article de 2012, les diagnostics vont bon train et ont l’avantage de ne pouvoir être vérifiés, ce qui est également le propre des thèses religieuses.

Pour Abraham au cours de ses 175 ans de vie il aurait eu de nombreuses hallucinations mystiques. La crise la plus aigue étant la folie meurtrière où il faillit égorger son fils après avoir entendu Dieu le lui demander. Selon les psychiatres américains le diagnostic le plus probable serait celui de schizophrénie. 

C’est également un des diagnostics retenus pour Moïse : de la révélation du buisson ardent à la dictée des tables de la loi, ses hallucinations visuelles et auditives sont multiples. Le diagnostic de trouble bipolaire est cependant évoqué en raison des changements brutaux d’humeur. Moïse s’était d’ailleurs révélé particulièrement violent en liquidant 3.000 adorateurs du veau d’or.

Pour Jésus Christ, aux hallucinations et délires mystiques s’ajouterait une mégalomanie s’il était vraiment persuadé d’être le fils de Dieu. Ces symptômes pourraient s’inscrire dans un trouble psychotique ou un trouble bipolaire. Les auteurs américains pencheraient plutôt vers le second diagnostic car à la fin de sa vie Jésus semblait présenter une note dépressive quand il expliquait la nécessité de sa mort, ce qui l’a conduit à un quasi suicide.

Pour Saul de Tarse (St Paul), qui fit du christianisme une religion universelle et sans qui elle serait sans doute restée la croyance locale et temporaire d’une secte juive, les psychiatres se sont surtout penchés sur l’épisode du chemin de Damas aboutissant à sa conversion alors qu’il était hostile aux chrétiens : aveuglé par un éclair blanc et chutant de son cheval, il entendit la voix de Jésus. Le diagnostic d’hystérie est évoqué. Mais le halo blanc aurait pu être provoqué par une crise d’épilepsie du lobe occipital entrainant sa chute de cheval et un traumatisme crânien expliquant une cécité de trois jours.

Bien entendu le point de vue du médecin n’est pas celui du croyant pour qui ces hallucinations et ces délires mystiques ne sont en fait que des manifestations divines subies par le prophète choisi par Dieu pour se révéler.

La vérité est désormais profondément enterrée sous le poids des siècles et de la foi que ne peut entamer aucun raisonnement médical (hypothétique) ou autre.

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Publié le 26 Mars 2016

 

Erreur d'objectif

Attention ! Ce ne sont pas des oeufs de Pâques

Trouvés dans le Huffington post

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Publié le 26 Mars 2016

 

Dans la dernière décennie chacun a pu constater que le thème de l’écologie est omniprésent. Il s’est introduit dans tous les domaines, et notamment dans le domaine commercial où l’écologie est devenue davantage un argument de vente qu’une préoccupation réelle puisque ce sont souvent les entreprises qui salopent le plus la planète qui parlent le plus d’écologie prenant exemple sur les dictatures qui ne cessent de prétendre ne se préoccuper que du peuple.

Le sexe ne pouvait échapper à l’écologie.

Sur le site néonmag.fr, Mathias Chaillot pose cette question qui tombe sous le sens : « Peut-on baiser bio ? ». Il serait irresponsable de ne pas se poser la question, surtout en dehors de la sphère hétérosexuelle, cette dernière, quoi que l'on dise, englobant encore la grande majorité de la sexualité.

Elle a été posée et quasiment résolue cette semaine lors de la Queer Week, festival LGBT organisé à Sciences Po Paris pendant lequel s’est tenu un atelier Eco-Orgasme (ça ne s’invente pas), c’est là que l’association « Générations Cobayes » a pu diffuser son guide pour parvenir écologiquement à l’orgasme, sans parabènes, sans phtalate, et sans autres produits chimiques artificiels.

On apprend que les lubrifiants vaginaux ou anaux, commercialisés dans la grande distribution ou en pharmacie, contiennent quasiment tous des parabènes. Il faut donc passer aux lubrifiants bio quand ils existent dans le commerce, et si l’on se dispense avec témérité du préservatif on peut même utiliser, quoi de plus naturel, de l’huile d’argan ou l’huile de coco. Mais comme l’a noté avec bon sens le conférencier : « la salive est un lubrifiant naturel très efficace ». Il serait effectivement dommage de s’en priver.

Pour ce qui concerne les sex-toys, le conférencier a exprimé son mécontentement : « Il n’existe pas d’étude de santé publique sur ces sujets. On s’est intéressés aux biberons, parce qu’ils touchaient les enfants, mais on a les mêmes matières dans les sex-toys. Ça n’intéresse personne, alors que c’est en contact avec nos muqueuses, et pour certain(e)s, très régulièrement. ».

Evidemment il n’est pas très sain de s’enfiler des trucs parfois inattendus dans tous les orifices disponibles. Le faire devient un problème de santé publique. Et se préoccuper des biberons, sans penser aux appareils de masturbation est une discrimination scandaleuse.

Heureusement devant la carence du Ministère de la Santé, certaines marques ont développé des sex-toys en bois (comme « Bois d’Amour ») garantis (Dieu merci) sans écharde, et avec vernis naturel, bien entendu. 

On peut tout de même s’étonner qu’il n’ait pas été conseillé d’utiliser un sex-toy aussi bio, aussi écologique, et aussi parfaitement naturel que la main.

Bonnes Pâques.

Eco-orgasme

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Publié le 24 Mars 2016

 

On se pince plus que l’on ne rit

Pour sa quatorzième édition, Le jury du prix Press Club, Humour et Politique a procédé à sa présélection 2016 de cinq « petites phrases » collectées depuis juillet :

« - Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, à propos de la présidentielle : « Je voudrais réussir à ne pas être candidat. » RMC 31/12/15.

- Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, à propos de la primaire à droite : « À droite, ce n'est plus une primaire, c'est une équipe de foot. » Le Figaro 15/02/16.

- Bruno Le Maire, député Les Républicains, candidat à la primaire à droite : « Mon intelligence est un obstacle. » Le Point 20/02/16.

- Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée nationale : « Le 49.3 est un outil qui peut favoriser la discussion. » RTL 19/02/16.

- Jean-Guy Talamoni, président nationaliste de l'Assemblée de Corse : « La France est un pays ami de la Corse. » France Info 18/01/16 ».

***

En matière d’humour, c’est assez consternant. A mon avis seule la phrase de Talamoni contient une pointe d’humour vache.

Sinon on va de la bêtise avec Bruno Le Roux (la bêtise n’est jamais drôle) à la macrocéphalie de Bruno Le Maire qui risque fort de l’empêcher d’enfiler un pull. L’ironie de Cambadélis ne dépasse pas le niveau de la pelouse d’un terrain de football et la phrase d’Attali est aussi énigmatique et pontifiante que ses discours habituels.

A mon avis cette 14ème édition devrait s’abstenir de décerner un prix ou le donner par défaut à Talamoni en admettant que la Corse fait partie de la France afin que cette attribution nationale ne soit pas ultérieurement contestée.

On se pince plus que l’on ne rit

Dessins de Geluck

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 23 Mars 2016

 

Les plaideurs

Pour qui regarde les séries américaines et notamment celles qui ont pour sujet la justice et/ou des affaires policières, l’avocat est un personnage incontournable, omniprésent, réclamé lors du moindre interrogatoire et l’on attend que soit prononcée la phrase-clef, celle qui va tout changer pour les uns comme pour les autres : « je veux un avocat ».

On sait qu’aux USA les avocats sont à l’affût devant les hôpitaux pour recueillir ou susciter les doléances des patients qui sortent de l’hôpital et qui seraient susceptibles de déboucher sur des indemnisations.

Aux États-Unis, les procès sont donc une pratique courante contre des médecins si bien qu’ils font régulièrement appel à des avocats spécialisés. On pourrait croire que les choses s’arrêtent là.

Pas du tout.

Car les médecins, s’ils perdent leur procès engagé par un patient, se retournent en justice contre l’avocat qui a échoué dans leur défense. Vous croyez peut-être que les perles procédurières vont enfin cesser de s’enfiler.

Pas du tout.

Car les avocats ainsi mis en cause par leurs anciens clients, comme les médecins le furent par les leurs, vont à leur tour confier leur défense à d’autres avocats.

Cela me rappelle l’histoire de la bague que des amis se revendaient les uns aux autres. Or un jour l’un d’eux la revendit à un étranger ne faisant pas partie du groupe. Les autres, mécontents, lui demandèrent : « et maintenant comme allons-nous gagner notre vie ? »

Illustration Honoré Daumier

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 22 Mars 2016

 

Dans son édition du 18 mars, Le Monde a publié un manifeste dans lequel 130 médecins et biologistes, à la compétence incontestable, demandent (outre l’élargissement du don d’ovocyte, l’autoconservation ovocytaire, les tests génétiques sur les embryons, et un plan contre l’infertilité) l’assouplissement des lois encadrant la procréation médicalement assistée (PMA) afin que cette technique à ce jour exclusivement réservée aux couples hétérosexuels infertiles soit ouverte à toutes les femmes : « Le don de sperme pour une femme célibataire, sans préjuger de son mode relationnel actuel ou futur, homo- ou hétérosexuel est une interdiction qui nous paraît devoir être levée puisqu'une femme célibataire est reconnue dans ses droits pour élever ou adopter un enfant ».

L’argument me paraît un peu spécieux. Le fait qu’une femme peut adopter et élever un enfant ne justifie pas ipso facto que l’Assurance maladie prenne en charge les frais de la technique lui permettant d’en obtenir un. A moins de considérer l’incapacité de procréer pour un couple homosexuel comme une maladie, bien que chacun des membres de ce couple soit capable lui-même de procréer dans les conditions de l’hétérosexualité (dans le cas contraire la question se poserait différemment).

Dans le manifeste inter LGBT qui a suivi celui des médecins, l’hétérosexualité semble avoir très mauvaise presse auprès des lesbiennes : « Celles qui n’en ont pas les moyens /d’aller à l’étranger/ pratiqueront des inséminations dites « artisanales » − indépendantes de tout encadrement médical, avec un donneur connu ou non – pouvant entrainer de graves risques sanitaires, comme des contaminations par le VIH ou autre IST, ainsi qu’un risque de violences à leur égard (dans le cas de relations sexuelles avec un inconnu : agressions sexuelles, viols,…) ».

Sombre tableau.

Dans ce manifeste LGBT : « L’ouverture de la PMA à toutes les femmes est une urgence sanitaire et sociale, ainsi qu’un droit des femmes à disposer de leur corps pour elles-mêmes ». Une urgence sanitaire dont devraient se réclamer nombre d’hétérosexuels si l’on en croit ce manifeste. A noter qu’une disponibilité de son corps n’implique pas que la société prenne en charge son insémination.

Il est mis sur le même plan le droit à l’avortement et celui de la procréation (la procréation devient donc implicitement un droit !?) : « L’ouverture de la PMA se situe dans la lignée de l’ouverture de l’IVG : toute femme doit pouvoir disposer librement de son corps, que ce soit pour avorter (IVG) ou pour procréer (PMA) ».

Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur la prise en charge de l’avortement, ce n’est pas la même chose en matière de disponibilité du corps de la femme. Une femme qui se résout (souvent douloureusement) à avorter ne veut pas que son corps soit le siège d’une grossesse (en règle provisoirement) et elle réclame par cette intervention de disposer de son corps en toute liberté. Le corps d’une lesbienne reste libre et elle peut en disposer même si elle n’est pas inséminée et il cesse au contraire de l’être en cas de grossesse, quelle que soit la méthode pour y parvenir.

En fait la question n’est pas celle de l’insémination, c’est celle de son coût lorsqu’elle est faite à l’étranger avec l’encadrement médical et l’apport du sperme : « Contraindre ces femmes à recourir à la PMA à l’étranger entraine des frais exorbitants liées aux déplacements, pouvant atteindre 30 000€ (en particulier en Espagne et en Belgique) ».

Discrimination : « La PMA est une pratique qui existe et qui est ouverte depuis 1994 (Loi de Bioéthique) en France aux femmes en couple avec un homme. La situation actuelle qui refuse l’accès aux couples lesbiens et aux femmes célibataires est qualifiée d’« incohérence du droit français » par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est une inégalité injustifiable ».

Seulement pour les couples hétérosexuels, la PMA est prise en charge par l’Assurance maladie pour une pathologie, ce qui n’est pas le cas des couples lesbiens où elle est réclamée par convenance personnelle pour assouvir le désir d’enfant malgré son orientation sexuelle. Une revendication au nom de l’égalité qui pourrait donc se discuter.

Si le désir d’enfant existe incontestablement quel que soit son orientation sexuelle, le droit à l’enfant est en passe d’exister, puisqu’il est exigé de la collectivité qu’elle assure l’intendance de la fécondation en l'absence de pathologie.

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Publié le 21 Mars 2016

 

209. Phobie administrativeAlors que pratiquement personne ne connaissait Thomas Thévenoud lorsqu’il était secrétaire d’Etat en 2014, il est passé à la postérité en créant une maladie : la phobie administrative.

Diagnostic qu’il avait lui-même posé pour expliquer la raison pour laquelle il avait évité de payer ses impôts pendant plusieurs années. Cette névrose, si elle existe, peut avoir des complications sociales sérieuses, car les formulaires, les factures, les déclarations – surtout en France -  sont omniprésentes. Mr Thévenoud, en est un exemple puisqu’il a perdu sa place au gouvernement, mais malgré son « indélicatesse » (c’est le moins que l’on puisse dire) en tant que citoyen, il est resté député socialiste et doit sortir un livre : « Une phobie française » pour montrer sans doute (car je ne connais pas la teneur de ce livre qui n’est pas encore paru) qu’il n’était pas responsable, mais malade. La maladie-alibi ça existe.

D’ailleurs les psy. se sont empressés de se pencher sur cette nouvelle phobie. Pensez donc une nouvelle névrose, cela ne se rate pas ! Alors on parle d’angoisse, de menace, de rébellion, de souvenirs d’enfance, d’examens scolaires, de la crainte d’être incapable, d’intrusion dans la vie privée, d’activité imposée, et même de crainte de la mort lorsqu’il s’agit de verser de l’argent… etc… (ces interprétations psy. sont tirées d’un article paru dans le magazine « Elle » du 18/03/16)

Et si l’on parlait surtout de paresse et d'irresponsabilité. Remplir des papiers administratifs n’est pas agréable, pas toujours faciles, payer une facture est franchement désagréable. Ces obligations n’ont aucun intérêt, on n’en retire aucun plaisir, sinon celui du devoir accompli une fois qu’elles sont faites. Mais faire intervenir une pathologie pour ne pas avoir à l’accomplir pousse au ricanement.

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Publié le 20 Mars 2016

 

NEANT SANGUINAIRE

 

Sur des places publiques

Au coin de rues passantes

Dans des foules pacifiques

Dans des lieux où l’on chante

 

Des inhumains mercenaires

Délinquants débiles et perdus

Gorgés de légendes primaires

Etouffant d’une haine éperdue

 

Meurent en se faisant exploser

Dans un feu d’artifice de chair

Et de molles entrailles dispersées

 

Le corps brûlant des feux de l’enfer

Pour une promesse de paradis rêvé

Disparait dans un néant sanguinaire

 

Paul Obraska

Illustration Chu Teh-Choun

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Publié le 18 Mars 2016

 

Le maire de La Roche-Derrien, commune d'environ 1.000 habitants située dans les Côtes-D'Armor n’ayant pas trouvé de médecin généraliste malgré tous ses efforts a embauché un…druide guérisseur qui promet de soigner "les troubles du corps et de l'esprit grâce aux forces naturelles".

Le druide tiendra une permanence tous les vendredis pendant un mois dans un bureau aménagé au premier étage de la mairie. 

Source : ouest-France.fr Mais il s'agirait d'un excellent canular !

Le retour de Panoramix

Au sein de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) il est constaté une montée en puissance inquiétante des dérives sectaires dans le domaine de la santé. Sur les 2500 à 3000 signalements qui sont faits chaque année, 40% concernent désormais le domaine de la santé, une proportion qui a doublé en trois ans.

Cette Mission risque de devoir prêcher dans le désert…médical qui, lui, n'est pas un canular.

Et on ne compte plus les pseudo thérapeutes qui exposent leurs prouesses thérapeutiques au sein des hôpitaux.

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Publié le 17 Mars 2016

 

Un rapport sur le bonheur dans le monde vient d’être publié (World Happiness Report). Déjà estimer le bonheur qui règne dans un pays n’a guère de sens dans la mesure où le bonheur est une notion relative, ressenti de façon individuel et souvent de façon rétrospective. Il est à remarquer que l’on dit habituellement « j’ai été heureux » plutôt que « je suis heureux » (peut-être par superstition).

Le classement des pays pour le bonheur de ses habitants est basé dans ce rapport sur un panel de critères dont le PIB par habitant, les soutiens sociaux, l'espérance de vie, la liberté sociale, la générosité et l'absence de corruption. Ce sont des critères qui jugent plus de l’environnement social que du bonheur de l’individu même si l’un influence évidemment l’autre.

C’est le Danemark qui remporte la palme devant la Suisse, l'Islande, la Norvège, la Finlande, le Canada, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et la Suède.

Ce sont donc les Danois qui seraient les plus heureux bien que le taux de suicide dans leur pays soit nettement plus élevé (9,9 pour 100000 habitants, mais 15,8 pour les hommes) que celui de pays parmi les plus malheureux comme l’Afghanistan (5,7) classé au 154e rang pour le bonheur (le dernier, le Burundi est au 157e rang, juste derrière la Syrie).

D’une façon générale, le taux de suicides est légèrement plus élevé dans les pays riches (12,7) que dans les pays à revenu faible et intermédiaire (11,2). En Europe, le taux (12,3 pour 100 000) est plus élevé que la moyenne mondiale (ce qui pourrait faire douter des critères choisis pour évaluer le « bonheur »). Notons que l’on ne se suicide pratiquement pas en Arabie Saoudite (0,4 pour 100000 habitants), ce qui montre à quel point les Saoudiens sont heureux, mais il est difficile de demander leur avis aux décapités dont la conduite a sans doute été suicidaire. Il faudrait cependant tenir compte pour le taux de suicides de la culture et surtout de la validité des registres de l’état civil, c’est sans doute pour cette raison que ce taux ne semble pas faire partie des critères du classement (à ma connaissance), alors que l’on pourrait le considérer comme un critère du bonheur individuel.

La France est un peu à la traîne au 32e rang (taux de suicides : 12,3) parmi les pays de même niveau derrière les États-Unis (13e), l'Allemagne (16e), la Belgique (18e), le Royaume-Uni (23e). Cependant la France peut se consoler car elle est devant, mais pas loin, de l'Arabie Saoudite (34e). Si l’on juge sur le PIB, on ne juge pas de la répartition du bonheur, les princes saoudiens, le cul assis sur le pétrole, doivent probablement être heureux, mais qu'en est-il des esclaves, de la main-d’œuvre étrangère, des opposants et des femmes infantilisées se promenant déguisées en fantômes noirs, trouvant sans doute une consolation à déambuler dans des magasins luxueux. A noter que la liberté sociale fait partie des critères de jugement du classement !

Le ridicule de l’évaluation du bonheur

Et l’Arabie saoudite, théocratie du Moyen Âge, où la plupart des distractions sont interdites et sévèrement réprimées, est nettement devant l'Espagne (taux de suicides : 6,2) au 37e rang et surtout l'Italie (taux de suicides 5,4) qui arrive péniblement à la 50e place !

Vous avez déjà été en Italie ? Moi, j’y retourne dès que je peux.

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Publié le 15 Mars 2016

 

Un rapport de l’OMS publié aujourd’hui (AFP) affirme que près d’un décès sur quatre dans le monde est lié à une cause environnementale. En 2012, 12,6 millions de décès lui sont attribués.

Impressionnant.

Comment ce rapport définit-il l’environnement ?

- 8,2 millions de décès ont été attribués à la pollution de l’air. Il s'agit notamment des AVC, des maladies cardiaques, des cancers et des maladies respiratoires.

- La pollution de l’eau et des sols. Les diarrhées, occupent la 6ème place dans la liste des 10 maladies recensées par l'OMS, et sont souvent induites par un mauvais réseau sanitaire, ce qui provoque 846.000 décès par an.

- Le changement climatique.

- Les rayons UV.

- Les traumatismes non intentionnels, comme les accidents de la circulation sont aussi classés par l'OMS dans les pathologies liées à l'environnement et représentent 1,7 million de décès en 2012. L'OMS considère que les accidents de la circulation peuvent être liés à l'environnement, car ils sont souvent provoqués par le mauvais état des routes.

- Les « traumatismes volontaires » dont font partie les suicides, sont la 10ème cause de décès liés à l'environnement. Pour l'OMS, certains suicides sont provoqués par un accès à des produits toxiques tels que des pesticides donc liés à l'environnement.

***

Si la pollution de l’air a un effet néfaste pour nombre de maladies mais surtout pour les maladies respiratoires où cet effet est important, attribuer une relation de cause à effet pour les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiaques et les cancers est sans doute excessif et expose à bien des biais pour démontrer une relation directe sans nier pour autant sa responsabilité dans d'éventuelles poussées évolutives.

Pour ce qui concerne le changement climatique et les UV. Il est certain que la vie sur Terre expose à certains dangers, mais on n’a pas le choix, sinon se protéger de la lumière du soleil (ce qui nous expose par contre à un déficit de vitamine D).

Considérer que les accidents de la circulation font partie de l’environnement, je veux bien, mais la chute d’un escabeau aussi.

Je suppose que les guerres et les meurtres font partie de « traumatismes volontaires ». On ne peut nier le caractère malsain de ce type d’environnement. A éviter.

Enfin dire que les pesticides ou des produits toxiques trouvés à proximité (donc dans « l’environnement ») sont responsables des suicides parce qu’ils sont utilisés pour se suicider, ce sont des moyens, pas des causes. On pourrait à ce titre considérer que la médecine fait également partie de l’environnement puisque l’on se suicide couramment avec des médicaments.

A vouloir trop démontrer…

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 14 Mars 2016

 

« En vertu de l’article L.1111-2 du Code de la Santé Publique, l’obligation d’information doit porter non seulement sur l’état de santé du patient mais aussi sur les traitements prescrits. Le médecin doit informer le patient sur l’utilité des traitements, mais aussi leurs conséquences ainsi que leurs effets secondaires graves ou normalement prévisibles. »

Le Code de la Santé Publique interdit donc au médecin de mentir à son patient, et une question intéressante a été soulevée dans le Journal international de Médecine (JIM.fr) : le placebo est-il légal ?

La prescription d’une substance n’ayant aucune action pharmacologique démontrée, mais en donnant au patient l’illusion qu’elle en a une, est une pratique courante. D’après une enquête de l’institut de Bethesda parue en octobre 2008 (BMJ) la moitié des internistes et rhumatologues américains prescrivaient à l’époque des placebos de façon habituelle.

Cette prescription peut être justifiée car elle peut s’avérer efficace dans certaines indications. L’homéopathie en est exemple : il n’y a plus une seule molécule active dans la préparation finale après les multiples dilutions, mais ça peut marcher…comme un placebo, dont l’effet entre pour 30% environ dans l’efficacité d’un traitement aussi farfelu soit-il, et entre deux placebos, celui qui est vendu le plus cher s’avère le plus efficace !

Il a d’ailleurs été montré par l’imagerie fonctionnelle cérébrale qu’un médicament contre la douleur et un placebo cliniquement efficace activent les mêmes zones du cerveau. On voit ici la puissance de la pensée, de la confiance et de la croyance à l’origine de l’effet placebo dont il serait dommage de se dispenser dans l’intérêt même du patient puisqu’il active favorablement des zones cérébrales avec une totale innocuité.

L’efficacité d’un placebo tient donc dans la façon de le présenter au patient, c’est à dire dans la façon de lui mentir. Le placebo est donc illégal puisque sa prescription est basée sur la désinformation, mais si on le rend légal en révélant sa nature pour respecter l’obligation d’information, il devient inefficace. Cruel dilemme.

L’homéopathie est de ce point de vue un cas particulier car le procédé de fabrication de ses remèdes n’est aucunement caché, l’absence de molécule active après de hautes dilutions est connue. On ne peut donc pas dire que le patient n’est pas informé, mais le besoin d’une thérapeutique non conventionnelle est telle que son effet placebo persiste.

La question de la prescription par le médecin d’un placebo (en dehors des études) n’a d’ailleurs pas été abordée en tant que tel dans le Code de la santé publique et on le comprend.

Alors que tout le monde ment, dans les couples, les familles, le commerce, et bien sûr en politique, le mensonge est en principe interdit en médecine alors qu’il s’agit du domaine où il peut s’avérer le plus utile pour soulager ou diminuer l’anxiété si l’on ne peut pas guérir. Comme disait Napoléon 1er en évoquant son médecin personnel : « Je ne crois pas à la Médecine mais je crois en Corvisart ».

L’optimisme lui-même est condamné s’il trompe intentionnellement le patient sur son état. Car mentir, en s’écartant de la loi pour le bien du malade, est tout un art et un trop gros mensonge risque de se retourner contre le menteur.

C’est ainsi qu’un médecin fut condamné par la Cour d’Appel de Metz qui a retenu l’existence d’un manquement à l’obligation d’information en estimant « qu’en donnant une indication exagérément optimiste à sa patiente, le Docteur X. faisait miroiter à celle-ci de fausses perspectives d’amélioration de son état de santé » (cité par l’avocat Charles Haroche).

La loi est censée obliger le « docteur tant pis » à écarter le « docteur tant mieux » et c’est parfois tant pis pour le malade, car quel médecin peut-il affirmer avec certitude qu’une maladie aura une évolution favorable ?

206. L’illégalité du placebo

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 12 Mars 2016

 

Dans Le Point du 10 mars 2016, un long article est consacré à Jean-Marie Le Pen.

Au début de l’article figure ce passage que je reproduis :

Le chat et le détail

La perte d’un animal de compagnie est souvent douloureusement ressentie et on le comprend fort bien.

Je reproduis également ce passage qui figure à la fin de l’article.

Le chat et le détail

Tant d’émotion pour un chat, et si peu pour le massacre de millions d’hommes, de femmes et d’enfants qualifié dans une "formule innocente" de « détail » de la Deuxième Guerre mondiale !

L'affection pour les animaux peut se doubler chez certains d'une indifférence pour le sort des êtres humains. Cette discordance – sans avoir le mauvais esprit de pousser trop loin le rapprochement - a été constatée chez les Allemands nazis avec pour ceux-ci la transformation de l'indifférence en barbarie. Les nazis se déclaraient écologistes à leur manière, et passaient pour aimer et protéger les animaux au point qu’Himmler, Reichsführer-SS, admirait les moines bouddhistes agitant la nuit des clochettes pour écarter de leur chemin les petits animaux de la forêt afin d’éviter de les écraser. Ce brave Himmler, plein de compassion pour les vers et les limaces, désapprouvait la chasse et déclarait : « Comment pouvez-vous prendre plaisir à tirer par surprise sur les pauvres bêtes innocentes et sans défense qui broutent paisiblement à l'orée de la forêt ? À bien y regarder, c'est de l'assassinat pur et simple… La nature est si magnifique, et, après tout, chaque bête a le droit de vivre. » Mais pas les Juifs, les Tsiganes et les homosexuels.

Quant à Hitler, très affectueux avec ses chiens, plusieurs témoins ont rapporté que dans sa propriété de montagne, il avait fait clouer sur les arbres de petites niches pour les oiseaux, qu'il faisait approvisionner de graisse et de miettes de pain en période hivernale. Attendrissant. Voir également "Prenons garde"

Les nazis ont d’ailleurs légiféré pour protéger les animaux avec notamment l’interdiction de la vivisection animalière tout en permettant à des médecins fous de faire de la vivisection sur des détenus des camps d’extermination.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 11 Mars 2016

 

Sophie Marceau a refusé cette semaine la Légion d’honneur, estimant honnêtement ne pas la mériter car n’ayant à son actif aucune décapitation au sabre.

Elle a bien compris qu’elle ne pouvait pas se mesurer au prince héritier d’Arabie saoudite et de surcroît ministre de l’intérieur de ce pays, donc directement responsable des 153 personnes décapitées en 2015, et avec la perspective de battre un record en 2016 puisque de janvier à mars, le royaume wahabbite a exécuté 70 personnes, dont 47 en une seule journée, le 2 janvier, sans doute pour fêter dignement la nouvelle année.

C’est tout à l’honneur de la comédienne de refuser par modestie d’appartenir à cette Légion qui, comme on le voit, nécessite pour y entrer l’accomplissement de faits exceptionnels.

A noter dans le dessin ci-dessous paru dans l'OBS une faute d'orthographe sans doute par mesure de rétorsion contre le pays honoré par la France

Une Légion infréquentable

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 10 Mars 2016

 

Les jeunes sont dans la rue, qui est foutu ?

Manifestation d’étudiants à Grenoble le 9/03/16 contre le projet de loi El Khomri. Xavier Vila/SIPA

Le texte de la pancarte est intéressant : « PERDRE SA VIE A LA GAGNER NON MERCI ».

Son interprétation prête évidemment à discussion. Plusieurs hypothèses :

  1. Je ne veux pas travailler ou le moins possible, j’ai des choses plus « cool » à faire.
  2. Je veux toucher une allocation pour ne pas avoir à travailler.
  3. Je ne perdrai pas ma vie à travailler, puisque de toute façon je serai au chômage. Le « non merci » semblerait suggérer que le chômage serait, dans ce cas, une perspective séduisante et revendiquée.

On peut donc penser que ces jeunes manifestants n’iront pas rejoindre les « 350 000 Français /qui/ résident à Londres, /et sont/ dans leur grande majorité âgés de moins de 35 ans. Personne n’y va pour le climat ou pour le fish and chips. D’après les témoignages, ils sont séduits par la flexibilité du travail et les opportunités de la capitale britannique, à la différence de l’immobilisme et de la bureaucratie françaises.” (La Vanguardia, journal de Barcelone).

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Publié le 8 Mars 2016

 

En cette journée dédiée aux droits de la femme, il faut remercier la cour d’appel de Versailles d’avoir accordé officiellement en février le droit à la femme d’être battue.

Orelsan, un petit gars bien de chez nous et propre sur lui, avait vomi en 2009 un rap intitulé élégamment « Sale pute » où il incarnait un homme en costume menaçant de violences l'ex-petite amie qui l'avait trompé. Il y exposait une panoplie complète de câlineries promises comportant entre autres : un déboitage de mâchoire, un cassage de nez sur un coup de tête, un avortement à l’opinel, un sort à la Marie Trintignant, en assurant ne respecter que celles « qui encaissent jusqu'à devenir handicapées physiques ». 

Attention, que l’on ne s’y trompe pas, ce charmant programme n’était que de la fiction artistique. De l’art, on vous dit, un peu comme en littérature « Bagatelles pour un massacre » de Céline de 1937 où il exprimait sa haine des juifs avant leur massacre à grande échelle.

Condamné en première instance pour « provocation à la violence » à la suite de plaintes d'associations féministes, Orelsan a finalement été relaxé par la cour d’appel de Versailles.

Mais le rappeur n’a pas été blanchi au nom de la liberté d’expression mais par refus d’un « pouvoir de censure qui s'exercerait au nom d'une morale nécessairement subjective », la cour entend respecter « des modes d'expression, souvent minoritaires, mais qui sont aussi le reflet d'une société vivante et qui ont leur place dans une démocratie ».

Curieusement ce tribunal parle de morale, mais pas de droit à appliquer. En outre cette morale n’est plus commune à l’ensemble de la société, mais elle est « subjective » et donc forcément diverse. Si un individu ou un groupe ou une communauté estime qu’il est licite de battre sa femme au nom de sa morale « subjective », il n’y a aucune raison juridique de s’opposer à une telle déclaration.

Un encouragement pour les violences conjugales dans le cadre d’une moralité « subjective » ou d’un multiculturalisme triomphant.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Mars 2016

 

Quand on prend de l’âge ou quand l’âge vous prend, on finit peu à peu par connaître plus d’amis morts que d’amis vivants. Déprimant.

J’ai lu quelque part qu’il arrivera un jour, pas si lointain, où les comptes Facebook des décédés surpasseront en nombre ceux des vivants. Dans quel cimetière les bits seront-ils enterrés ? A qui va appartenir cette masse virtuelle en continuelle expansion ? Un univers, comme il se doit, où le vide écrase la matière.

Si l’on en croit les données du site FiveThirtyEight, depuis l’apparition d’Homo sapiens, dont la date est estimée à 50000 ans avant J-C par les Nations Unies, 108,2 milliards d’individus seraient nés (en postulant une croissance démographique constante jusqu’en 1850).

Et 93%sont morts.

Les morts sont 14 fois plus nombreux que les vivants. Il faut avouer qu’ils prennent peu de place. Sauf dans les cœurs...enfin pour quelques-uns.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 6 Mars 2016

 

205. Punir pour guérir ?Il y a fort longtemps, Michel Debré, un des rédacteurs de la Constitution de la Vème République et Premier ministre de Charles De Gaulle, avait proposé à une époque où la Sécurité sociale ne connaissait pourtant pas le déficit abyssal qu’elle connaît aujourd’hui, de ne pas rembourser les soins des alcooliques et des tabagiques puisque leurs maladies, lorsqu’elles apparaissent, sont provoquées par des intoxications volontaires. Cette proposition n’a pas eu de lendemain et les dépendances à l’alcool ou au tabac constituent en elles-mêmes des maladies que l’on s’efforce de soigner.

Or l’Assurance maladie belge vient de décider de conditionner le remboursement d’Ofev indiqué dans la fibrose pulmonaire à la certification par les patients qu’ils ne sont pas fumeurs ou qu’ils ont cessé de l’être depuis au moins 6 mois (ce qui est long), sevrage vérifié par une analyse d’urine (ce qui interdit les substituts nicotiniques).

La fibrose pulmonaire est une atteinte pulmonaire diffuse entraînant une insuffisance respiratoire qui peut devenir sévère. Le médicament Ofev indiqué dans les formes sans cause déterminée (mais où le tabagisme  est un poison s'il n'en est pas la cause) est fort cher : en France, 2233,56 euros pour 60 capsules (soit un mois de traitement) et n’est remboursé en France qu’à 30% (j’ignore le taux de remboursement en Belgique).

Ce lien entre remboursement des produits de santé et mode de vie provoque un débat en Belgique comme en France où nombre de médecins seraient également partisans de mesures de ce type.

Doit-on accuser les malades d’avoir provoqué leur maladie par leur mode vie ?

Lorsqu’il existe un lien évident entre les deux il est difficile de ne pas le faire, même sans vouloir culpabiliser (stigmatiser dirait-on aujourd’hui) le patient, et avec la volonté de mieux le prendre en charge en traitant la cause.

Doit-on responsabiliser le patient ?

Sûrement. Mais faut-il le punir s’il ne change pas son mode vie en lui faisant payer intégralement les soins dont il a besoin pour y parvenir ?

Sur le plan déontologique, c’est une décision difficile pour un médecin et c’est pourtant lui qui est en première ligne pour juger de la discipline du patient. La majorité des praticiens belges semblent être pour la décision de leur Assurance maladie. Et il faut avouer qu’il est désespérant pour un médecin de traiter un malade qui entretient sa maladie. Mais le but du médecin n’est-il pas de l’aider même dans ce cas ? Certains vont cependant jusqu’à exiger le sevrage pour continuer à suivre un malade.

Jusqu’où peut-on estimer la responsabilité du malade dans l’apparition de sa maladie ?

C’est évident pour les homosexuels masculins et certains hétérosexuels qui continuent à avoir des comportements à risque de maladies sexuellement transmissibles sans se protéger, et qui devront recourir à des traitements lourds et onéreux une fois contaminés par le VIH. Le lien est avéré pour l’alcool et le tabac, en soulignant que la continuation de l’intoxication tient de la dépendance. Mais pourquoi la société devrait-elle payer l’antidote si le malade continue à s’empoisonner ?

Cependant la responsabilité pourrait devenir extensive et évoquée dans bien des cas comme celui de l’obésité par ex., facteur défavorable pour des soins notamment chirurgicaux et source possible de discrimination.

Il faut souligner que la mesure belge ne tient pas compte du mode vie dans la genèse de la maladie mais du mode vie pour débuter et poursuivre le traitement, notion passée sous silence par les opposants à la mesure.

Doit-on séparer le point de vue du médecin de celui de la société ?

Le médecin ne peut refuser ses soins à quiconque et n’a pas à juger son patient même si certains le font avec une certaine cruauté. Mais la question peut se poser pour la collectivité qui peut vouloir refuser de continuer à payer des soins onéreux alors que le patient ne fait pas un effort de son côté. SI le système d’assurance est basé sur le principe que la majorité non concernée doit payer pour la minorité concernée, cela ne doit cependant pas conduire cette dernière à être irresponsable. Après la peur, la pression la plus puissante pour la responsabiliser est malheureusement d’ordre économique.

Qu’en sera-t-il de la relation entre le médecin et son patient ?

Au moment où le premier aura à décider de ne pas soigner le second lorsque celui-ci n’en a pas les moyens. Ce problème risque de se poser si l’on étend la responsabilité du patient à d’autres maladies, notamment celles provoquées par le tabac qui peuvent nécessiter des soins chirurgicaux onéreux dont les résultats risquent d’être obérés à moyen terme par un tabagisme persistant. Dans le cas de la fibrose pulmonaire concernée par la mesure belge, le médicament proposé n’a guère de chance d’améliorer le malade si celui-ci aggrave sa maladie en continuant à fumer. La mesure belge paraît donc sensée.

Est-ce une atteinte à la liberté de l’individu ?

Oui, puisque l’on exerce sur lui un chantage (pour son bien) afin de modifier son comportement.

Non, puisqu’il est finalement libre de son choix (sous réserve d’une éventuelle dépendance prononcée), à ses risques et périls. La liberté peut se payer cher lorsqu'elle aggrave son état et abrège sa vie. Il a aussi la liberté de ne pas se traiter lorsque le traitement proposé ne peut amener au mieux qu’une amélioration transitoire sans aucune chance de le guérir ou de bloquer l’évolution de sa maladie.

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Publié le 4 Mars 2016

 

Le Courrier international rapporte la teneur d’un article du journal russe en ligne : Gazeta.ru qui relate la mésaventure survenue à un internaute de 38 ans habitant le sud de la Russie. Il fut surpris quand deux enquêteurs vinrent sonner à sa porte car il ignorait qu’il était visé par une enquête au pénal à la suite de deux commentaires qu’il avait postés, six mois plus tôt, en octobre 2014, sur un réseau social russe.

Dans une discussion sur une page dédiée aux habitants de la région de Stavropol, cet internaute dénommé Krasnov avait écrit que la Bible n’était qu’un “recueil de contes juifs” et que “Dieu n’existe pas”.

L’ennui est que deux de ses interlocuteurs, croyants orthodoxes, s’empressèrent de déposer une plainte au pénal pour avoir osé nier l’existence de Dieu.

« L’instruction a recours à l’article 148 du code pénal russe, qui punit d’une amende, de travaux d’intérêt général ou d’un an d’emprisonnement “l’insulte aux sentiments religieux des croyants”. Cet article a été ajouté au code pénal russe à la suite de l’affaire Pussy Riot, un groupe de militantes féministes qui se sont fait remarquer par une “prière punk” dans la principale cathédrale à Moscou en 2012.

A l’époque soviétique, c’est la croyance en Dieu qui avait mauvaise presse et était poursuivie, mais dans un esprit de continuité et de constance, les méthodes répressives sont restées semblables : l’internaute athée a été placé de force dans un hôpital psychiatrique pour une expertise, qui l’a reconnu tout de même sain d’esprit. Puis ses propos ont été soumis à une expertise linguistique ( ?), qui conclut que ceux-ci “revêtent un caractère offensif vis-à-vis des chrétiens orthodoxes et ont pour objectif de bafouer les sentiments religieux des croyants”.

Donc, dans un premier temps, affirmer l’inexistence de Dieu pouvait être considéré comme un signe de folie. Cependant être traité de fou par des fous n’est-il pas un signe de bonne santé mentale ?

Notons qu’il est impossible par le raisonnement de démontrer l’existence de Dieu ; c’est une croyance. De la même façon, il est impossible de démontrer l’inexistence de Dieu, l’athéisme est donc également une croyance. En tant que croyance, l’athéisme devrait logiquement être respecté comme les croyances religieuses.

Par une coïncidence que je trouve amusante (chacun s’amuse comme il peut), sur la paroi du wagon de métro où je me trouvais ce matin, j’ai remarqué en face de moi cette inscription au feutre que je n’ai pas pu prendre en photo en raison d’une tête malencontreusement interposée :

Jean-Paul Sartre 1907- 1987

« L’absence de Dieu

est plus divin que Dieu »

Je ne garantie pas l’exactitude de la citation car JP.  Sartre est né en 1905 et est mort en 1980.

Laïcité russe

Dessin de Geluck

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 2 Mars 2016

 

L'Italie vient d’accorder une union civile aux couples de même sexe qui ne prévoit ni l'adoption de l'enfant de son conjoint, ni le devoir de fidélité.

L’obligation de fidélité (dont la définition n’a jamais été vraiment précisée) fait partie de l’union maritale en Italie comme en France où selon l’Article 212 du Code Civil : « Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance ». Jusqu’en 1975 l’infidélité était même une infraction pénale, et le divorce pouvait être obligatoirement prononcé si la preuve de l’infidélité était rapportée.

Ce retrait de l'obligation de fidélité dans le texte italien, obligation jugée trop proche du mariage (dans sa version Ô combien théorique), satisfait les centristes, mais pas les homosexuels.

Le journaliste et militant Stefano Bucci a dénoncé à ce propos "une bêtise souveraine, un énième stéréotype. Ou, pire encore, une offense que le monde gay ne mérite pas".

Il assez curieux de constater que les hétéros et les homos ont tendance dans leurs relations de couple à évoluer en sens inverse.

Les homos italiens réclament pour leur union civile l’obligation de fidélité alors que cette obligation a de moins en moins de consistance légale - du moins en France - pour les couples hétéros avec la libération des mœurs que la jurisprudence est bien obligé de suivre.

Ainsi il n’y pas de faute ni de violation grave et répétée des obligations du mariage, et de l’obligation de fidélité dans les cas suivants :

"Connivence entre les époux, mode de vie libéré des époux, accord signé entre les époux".

Il est d’ailleurs préférable que l’Etat par sa législation n’intervienne que le moins possible dans l’intimité des gens.

Les homos italiens se réclament d’une conception passéiste du mariage et considèrent curieusement la liberté d’être infidèles comme une offense.

Paradoxe pour une communauté qui revendiquait sa liberté de mœurs par rapport au reste de la société.

L’orientation de la fidélité

Dessin de Geluck

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Rédigé par Dr WO

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