Entre le réveillon de Noël et celui du jour de l’an, s’installe une semaine molle où domine l’introspection intestinale déclenchée par la première fête obligée et la perspective de la seconde.
Comment ne pas être séduit par Noël, occasion annuelle de réunir les familles dont les membres se tenaient prudemment éloignés, occasion de paraître sous son meilleur jour, en sachant que chacun regardera l’autre pour juger de l’impact sur chacun de l’année écoulée. Et il y a les cadeaux. Vouloir faire plaisir à l’autre est un beau mouvement. Des cadeaux qui, même décevants, sont accueillis avec une émotion feinte, mais que l’on a toujours l’opportunité de vendre sur internet.
Comment ne pas être enthousiasmé par la joie démonstrative et les embrassades contraintes à l’aube de la nouvelle année, gaîté parfois renforcée – avec un peu de chance - par les cotillons, le port avantageux de chapeaux pointus, la folie des farandoles agrémentées d’attachants serpentins et d’une pluie multicolore de confettis que l’on ramène religieusement chez soi dans les cheveux et le pli de ses habits.
Comment ne pas se réjouir d’être encore là, même si vieillir n’est pas réjouissant.
Je suis certain que ce billet mou ne ternira en aucune façon le souvenir du joyeux Noël déjà passé et de la promesse du jour de l’an à venir.
Illustration : Otto Dix « Les noctambules »