Publié le 7 Janvier 2013

Michael_Willmann-echelle-de-Jacob.jpgLe principe de Peter : « Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence » est bien connu. Il part du postulat que ceux qui sont incompétents restent à leur poste et que ceux qui sont promus en raison de leur compétence risquent de devenir incompétents à un niveau supérieur, pour aboutir à la conclusion que la plupart des postes dans une organisation sont occupés par des incompétents.

Le principe de Peter est plus satirique que réel, car ce qui compte c’est l’adéquation entre une personne et son poste. Dans une usine, par exemple, celui qui fut un mauvais ouvrier peut devenir un bon directeur. Cependant, il se révèle parfois exact, non seulement dans le sens vertical, mais également dans le sens horizontal.

Prenons, par exemple, les ministres d’un gouvernement. Le plus souvent ils sont désignés à un ministère pour des raisons politiques et non pour leurs compétences à ce poste, d’où l’armée de conseillers et de consultants dont ils s’entourent. Avec le temps le ministre, s’il n’est pas idiot, finira par devenir compétent dans ses attributions. Pour le récompenser de cette compétence acquise, au prochain remaniement, il sera promu à un ministère plus important ou plus délicat où il risque de montrer toute son incompétence.

 

Le principe de Dilbert, décrit pas Scott Adams, est peut-être plus proche de la réalité : « Les gens les moins compétents sont systématiquement affectés aux postes où ils risquent de causer le moins de dégâts : ceux de managers. ». Les dirigeants n’ont même plus la compétence de leurs subordonnés (c’est sûrement vrai pour la technologie) et ceux-ci deviennent irremplaçables à leurs postes, seuls les incompétents sont promus.

Prenons un exemple récent. Jean-Amédée Lathoud est devenu directeur de l’administration pénitentiaire, or c’est lui qui en tant que procureur général de Douai avait validé l’instruction du juge Burgaud sur l’affaire d’Outreau de triste mémoire. André Ride est devenu directeur de l’inspection générale des services judiciaires (IGSJ), or c’était le procureur général d’Auxerre au moment de l’affaire des disparues de l’Yonne où certains dossiers de victimes avaient été classés ou avaient disparus. L’un et l’autre  furent entendus par des commissions d’enquête (et Ride par l’IGSJ dont il est aujourd’hui le directeur) et c’est à ces brillants magistrats qu’a été confié l’établissement du rapport sur d’éventuels dysfonctionnements dans l’affaire du meurtre de Laëticia et par lequel les juges ont été blanchis.

 

Illustration : Michaël Willman « Montée des anges le long de l’échelle de Jacob » (1691)

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Publié le 7 Janvier 2013

L’orgasme a été proposé comme traitement préventif et curatif des névroses par le psychiatre autrichien Wilhelm Reich. Il eut beaucoup de succès auprès de la jeunesse, plus qu’auprès de ses collègues  qui l’exclurent de l’Association internationale de psychanalyse, comme il fut exclu du parti communiste (il est mort dans un pénitencier de Pennsylvanie en 1957).

bonnard77.jpgBien des gens,  névrosés ou non, appliquent le traitement à la manière de M. Jourdain, sans le savoir, et sous toutes les latitudes recourent à des méthodes non estampillées par la Faculté. Ainsi à Naples, il est conseillé en cas de difficulté d’avaler un marsala à l’œuf au bon moment et de porter une médaille de San Rocco.[1]

 

La difficulté ou l’impossibilité pour une femme d’arriver à l’orgasme salvateur est interprétée par certains sexologues ou psychanalystes, comme une éjaculation précoce, une inhibition liée à l’angoisse de castration ou même une « impatience de la personnalité » (sic). Quoi qu’il en soit, c’est la maladie du monde la plus répandue, écrivait Gérard Zwang[2] en 1972. Cependant «  Bergher en 1944, estime que 90% des femmes sont frigides, Weiss quelques années plus tard avance le chiffre de 50% et Hélène Kaplan en 1979 seulement 10% »[3] . Les hommes font des progrès.

 

Le cardinal autoproclamé Carlos Bebeacua estime, lui,  que l’orgasme est divin et doit être vénéré. Il a donc fondé « l’Eglise de la Madone de l’orgasme » et son culte compte quelques centaines de fidèles, et uniquement des prêtresses. Mais la justice suédoise, en août dernier, a refusé d’enregistrer ce culte comme communauté religieuse et l’appellation « Eglise de la Madone censurée » a également été refusée. Le « cardinal » ne désespère pas de gagner son combat auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.

 

Illustration : Pierre Bonnard « Homme et Femme »



[1] Norman Lewis, Naples 44   

[2] La fonction érotique, éd Robert Laffont

[3] Ph.Brenot, Les mots du sexe, éd L’esprit du Temps.

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Publié le 7 Janvier 2013

C’est le moins que l’on puisse dire. L’ambition de la poste est de devenir le plus possible une banque. C’est que l’on manque de banques. Heureusement, il y a encore des cafés et des commerces de proximité à transformer en agences bancaires pour attirer l’argent des autres à chaque coin de rue et permettre aux traders de jouer au casino.

Alors assurer le courrier, c’est embêtant, notre Président n’a-t-il pas suggéré à un quidam qui se plaignait d’aller lui-même porter son courrier ?

Et tous ces employés à gérer, quel fardeau ! Mais la « poste » a trouvé la solution : remplacer les employés qu’il faut payer par les clients qui payent. Ce n’est pas beau ça ? On demande de plus en plus aux clients de faire le travail des postiers. Service public veut-il dire servi par le public ?

Si vous voulez envoyer une lettre recommandée, vous vous adressez à un robot, vous pesez la lettre, vous faites la monnaie, vous le payez, vous collez vous-même les feuillets du récépissé, mais attention ! Vous devez tout de même faire la queue pour qu’il soit tamponné. Mais donner un coup de tampon est rapide et nécessite une formation limitée, le travail que vous avez fait avec la collaboration intelligente du robot a été évité à l’employé et de ce fait, il y a moins d’employés et…plus de chômage que le contribuable devra payer d’une façon ou d’une autre.

N’oubliez pas que la poste veut devenir avant tout une banque et elle en a déjà l’esprit.

 

 vermeer dame écrivant une lettre

Vermeer : « Dame écrivant une lettre »

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Publié le 7 Janvier 2013

Chaque matin, sur France Inter, nous avons droit à un interlude où une personne vient dire que, jusqu’à maintenant, elle ne s’intéressait pas au cancer, mais que l’on vient de lui en découvrir un (variante : ou que son père en a un) et qu’il est devenu dorénavant son cancer, la solution adéquate étant de contacter « Cancer-info ».

L’intérêt de cette annonce matinale pour bien commencer la journée m’échappe.

Si vous n’avez jamais eu un cancer, cette annonce vous injecte aux aurores une dose d’angoisse et si vous en avez déjà eu un dont vous vous êtes sorti, c’est une injection de rappel qui va vous imprégner  une partie de la journée.

Le « son » cancer devient une appropriation comme s’il s’agissait d’un avantage que l’on vient d’acquérir. En outre, parler du cancer en général n’a aucun sens. Si le processus biologique de base est commun à tous les cancers, l’évolution et les possibilités thérapeutiques varient grandement d’un cancer à l’autre. Il n’y a pas un cancer mais des cancers.

J’ignore ce que « Cancer-info » peut délivrer comme message, mais si le cancer de la personne a déjà été diagnostiqué, je suppose qu’une équipe médico-chirurgicale est déjà passée par là et que les informations nécessaires concernant ce cancer précis ont déjà été délivrées.

Alors je ne vois toujours pas l’intérêt d’annoncer sur les ondes que "le" cancer vous menace et je ne vois pas en quoi s’adresser à « Cancer-info » contribuera à la guérison du patient déjà pris en charge ailleurs.

J’ajoute, qu’à mon humble avis, la tumeur cancéreuse est totalement indifférente au degré d’information de son porteur.

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Publié le 7 Janvier 2013

Grain de sel sur l'enseignementLes ministres successifs de l’Education Nationale se sentent obligés - les résultats n’étant guère à la hauteur des sommes englouties - de modifier quelque chose pendant leur bref séjour à ce poste : journées, horaires, programmes, façon d’enseigner, etc… Les enseignants doivent bien s’ancrer pour ne pas être emportés par les vents successifs et de directions contraires. En 1940, on disait que pour les messagers en moto de l’armée française, celui qui conduisait était porteur de l’ordre et son passager sur le siège arrière du contre-ordre.

 

Toutefois, un bon ministre ne doit pas faire trop de vagues pour ne pas être emporté par un raz de marée protestataire venu des syndicats, des parents d’élèves ou des élèves eux-mêmes. Par contre il y en a peu qui ont résisté à l’influence de cuistres pédants (pléonasme) qui, pour des raisons mystérieuses et parfois idéologiques, se sont efforcés de remplacer les méthodes d’enseignement simples, aux termes clairs, qui leur ont permis, à eux, de réussir, par des méthodes délirantes, une phraséologie opaque substituant, par exemple, à la bonne vieille triade : sujet – verbe - complément, des dénominations absconses (« situation d’énonciation », « adjuvant », « adjuvé », « schéma actuantiel ou narratif »…) qui vont traîner des années dans les manuels, de quoi dégoûter définitivement les élèves de la littérature.

L’université n’échappe pas aux élucubrations, comme celle du changement de toutes les dénominations anatomiques, changement dont l’intérêt est nul, sinon celui de compliquer la vie des étudiants.

Les médiocres pensent toujours faire une découverte en changeant le nom des choses.  

 

Luc Chatel ne manque pas à la règle générale : donner l’impression de réformer mais sans trop bouger. Il veut que l’on apprenne aux élèves les calculs de la vie courante, je pensais que cette enseignement élémentaire allait de soi, car (horreur !) on peut perdre sa calculette, cependant il est possible que cela ne soit pas le cas car, il y a maintenant longtemps, j’ai appris à ma fille les merveilles de la règle de trois.

Il veut que les enfants s’intéressent à la science. Je trouve que c’est une bonne chose. La science est omniprésente et l’on ne dispose pas assez de scientifiques en France, les études étant longues, difficiles et les rémunérations plutôt courtes. Mais il propose "qu'il y ait un seul enseignant pour les sciences physiques, la chimie, les SVT et la technologie". C’est peut-être un peu difficile pour les enseignants de bien connaître toutes ces matières, mais c’est une excellente occasion d’en réduire le nombre et de faire baisser le niveau de l’enseignement.

Peut-être faudrait-il ne pas changer les programmes à tout bout de champ, laisser les enseignants enseigner comme bon leur semble et ne les juger que sur leurs résultats.

 

Si apprendre aux enfants à se dispenser de la calculette va de soi, la place royale pris par les mathématiques dans l’enseignement me semble excessive puisque cette matière est la marque des classes « d’élite ». Si les mathématiques  sont indispensables pour former des ingénieurs ou des physiciens, beaucoup de sciences ne les utilisent pas, en dehors des calculs statistiques qui n’ont rien à voir avec des mathématiques de haut niveau. Sélectionner, par exemple, les futurs médecins sur leur don pour les mathématiques est un non-sens, car ils ne les utiliseront jamais dans leur pratique quotidienne, il serait préférable de les remplacer par l’étude de la philosophie et… de l’anglais médical.

 

Illustration : Edouard Vuillard "Deux écoliers, jardin public"

 

 

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Publié le 7 Janvier 2013

Louis-Ferdinand Céline est mort dans son lit il y a 50 ans. Médecin médiocre, écrivain talentueux, psychopathe antisémite, appelant au meurtre des Juifs dans ses pamphlets, un peu lâche aussi, s’enfuyant en Allemagne puis au Danemark à la fin de la Deuxième guerre mondiale pour ne pas subir le sort de Robert Brasillach, fusillé en 1945.

Ce personnage, dont les écrits antisémites, s’ils sont lus (ne serait-ce que des extraits), font prendre le risque de vomir son dernier repas, a été inscrit  dans l’officiel « Recueil des célébrations nationales » comme un de « ceux dont la vie, l’œuvre, la conduite morale, les valeurs qu’ils symbolisent sont, aujourd’hui, reconnues comme remarquables» (préface de Alain Corbin)[1].

Bien sûr, cette inscription a soulevé une polémique, notamment de la part de Serge Klarsfeld, celui-ci soulignant que les orphelins de ceux dont Céline justifiait avec tant de haine et de jubilation l’assassinat, sont encore vivants ayant échappés au massacre, ce qui a conduit à son retrait de la liste de célébrations nationales.

Si Céline est un écrivain qui a marqué le XXe siècle, on peut difficilement dire qu’il a été remarquable par sa conduite morale et les valeurs qu’il symbolisait.

Chacun aura son opinion sur la séparation de l’œuvre et de son créateur (65% environ des votes sollicités par le Figaro seraient pour une célébration de l’anniversaire du cinquantenaire de la mort de Céline).

On peut aussi se poser la question de la pertinence de ce recueil des célébrations nationales établi par une équipe d’archivistes résumant en quelque sorte une histoire officielle, entériné par un Haut Comité, dans le but est de « pacifier les mémoires ». Cette brochure serait pour ses promoteurs qu’un simple pense-bête à l'attention des associations et autres institutions. La France aime marcher à reculons, l’œil fixé sur le passé, au besoin en l’arrangeant.

L’histoire est ouverte à tout le monde et chacun est libre de célébrer qui il veut, on peut donc se demander quelle est l’utilité de faire un choix officiel, qui, comme on le voit, est loin de pacifier les esprits.



[1] « Dans les pages consacrées à Céline, Céline est prétendument présenté comme se tenant «à l’écart de la collaboration officielle» alors qu’il écrit dans «Au Pilori» et qu’il publie pendant l’Occupation de violents écrits antijuifs: en 1941, «Les Beaux Draps», et la réédition de «Bagatelles pour un Massacre», en 1942, la réédition de «l’Ecole des Cadavres». » (Serge Klarsfeld)

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Publié le 7 Janvier 2013

En période de paix, il est rare que les hommes politiques laissent derrière eux une œuvre marquante et durable. Les modifications qu’ils ont éventuellement introduites étant en général peu ambitieuses, transitoires, et susceptibles d’être elles-mêmes modifiées ou supprimées par les successeurs et de toute façon oubliées par le peuple.

 

 

Un homme politique même médiocre peut rester dans les mémoires des générations futures, lorsqu’il est à l’origine d’un projet immobilier. Comme chacun sait, la pierre, il n’y a que ça de vrai et de sûr.

 

Georges Pompidou restera associé à la raffinerie Beaubourg dont il a voulu la création, et si par la suite le projet a été combattu par Valery Giscard d’Estaing, il a été soutenu par Chirac. Par contre son nom ne s’imposait pas pour désigner un grand hôpital parisien alors que la construction de celui-ci a conduit à la disparition de l’hôpital Laennec, le nom du plus grand médecin français aurait pu lui être attribué plutôt que celui d’un politicien.

 

Valery Giscard d’Estaing a voulu la création du musée d’Orsay.

 

Le nom de Mitterrand restera associé à la grande bibliothèque et à la construction de la pyramide du Louvre, très controversée à l’époque et soutenue là encore par Chirac et celui-ci a été à l’origine du musée du quai Branly.

 

 

Dans une France endettée il peut paraître suspect d’entrer dans l’Histoire par la porte d’un bâtiment que l’on a fait construire à grands frais. Alors comment un homme politique controversé peut-il marquer favorablement les esprits futurs ? Il y a une solution : atteindre la sainteté.

 

L’exemple nous vient de Russie : à Nijni-Novgorod une secte a été créée par une certaine Photinia, dédiée à Vladimir Poutine considéré comme la réincarnation de l’apôtre Paul,  car, comme lui, Poutine a d‘abord fait des choses injustes (au KGB), mais il est manifeste que « le Saint-Esprit est descendu sur lui pour qu’il dirige ses ouailles ». A noter que la dame gourou, guérisseuse et voyante, a été emprisonnée en 1996 pour escroquerie alors qu’elle s’occupait de gestion de chemins de fer.

 

 

Notre président actuel a fait des choses injustes, il a déjà ses apôtres, il a de bonnes relations avec le pape, et il subit le martyr des sondages, il pourra donc prendre la posture du saint, le dragon qui le menaçait ayant été jeté aux enfers.

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Publié le 7 Janvier 2013

On se gausse et on glose du contact de DSK avec une Porsche, comme s’il avait contracté une maladie honteuse par contamination, avec la crainte  d’une  transmission à l’ensemble de sa famille.

Les Français ont vis-à-vis de l’argent une certaine répulsion non dénuée d’une pointe d’envie, comme les Américains l’ont vis-à-vis de l’adultère, mais les uns comme les autres pratiquent les deux avec beaucoup de plaisir.

 

Il est certain que les hommes politiques de gauche ne nagent pas dans la pauvreté. La plupart, comme ceux de droite, ont réussi une « belle » carrière. Doit-on la leur reprocher si elle s’est faite sans malversation ? Doit-on choisir pour être candidat à une haute fonction une personne qui a échoué dans sa vie plutôt que celle qui a réussi ?

 

Mais, me dira-t-on, DSK est-il un homme de gauche puisqu’il s’est permis d’entrer dans une voiture de luxe ? Certes, c’est incontestablement maladroit de sa part et il eut été plus sensé de ne pas le faire, car la réaction épidermique des Français, dont beaucoup ont du mal à joindre les deux bouts, était facile à prévoir. Cela dit, la pauvreté n’est pas le critère pour être de gauche, ni la richesse pour être de droite.

 

Mais existe-t-il encore une gauche et une droite ? Si les deux extrêmes, les nostalgiques du communisme ou du fascisme, survivent encore, le libéralisme et les « lois » du marché se sont étendus au monde entier, en dehors de quelques ilots réfractaires où il ne fait pas bon vivre, ce qui permet au libéralisme de justifier ses excès. Qu’ils soient de gauche ou de droite, les gouvernants ne sont plus que des gestionnaires avec une marge de manœuvre étroite où leur « sensibilité », qu’elle soit de gauche ou de droite, ne peut s’exprimer qu’avec parcimonie. Quel que soit  le président élu, à chaque décision il aura contre lui une moitié du pays qui le fera souvent reculer. L’expérience a prouvé que les gouvernants de droite vont souvent de droite à gauche, et ceux de gauche, de gauche à droite.

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Publié le 7 Janvier 2013

Ce matin, j'ai du me rendre à l'évidence car elle a été la plus forte. Les faits sont les faits et les choses sont les choses et vice versa dans les deux cas. Mes dispositions étaient pourtant prises, j'avais été chez le coiffeur pour qu'il me coupe les cheveux en quatre afin de leur donner du volume et je m'étais mis sur mon trente-trois (médecine oblige) et tout cela en vain !

 

Je sais, la vie a des hauts et des bas, l'ascenseur social va dans les deux sens, ce qui le rend insensé, mais tout de même, il y a des coups bas que l'on ne peut pas prendre de haut. Je suis déçu, dépité, ulcéré (au choix) car je n'ai pas été invité au mariage de Kate et de William. Vous êtes incrédules, moi aussi !

 

Pourtant je les connais, même si ce n'est que par des intermédiaires qui prenaient - comme il se doit - quelques renseignements au passage. Je sais, les tourtereaux, un peu faisandés depuis le temps qu'ils roucoulent, ne sont pas de ma génération, mais leur grand-mère non plus et pourtant elle est invitée malgré ses chapeaux excentriques. Bien sûr, je ne suis ni chanteur ni footballeur et un tantinet roturier, mais Kate aussi, cependant, en épluchant bien les fichiers qui n'ont pas lieu d'être, je devrais bien y trouver un quartier sensible de noblesse. Certes, je ne suis pas Grand-Breton, mais je peux remplacer le café par le thé (je serais un peu plus réticent pour la nourriture) et, comble de trahison, fêter Waterloo comme une victoire, mais dans une morne plaine. Alors, pourquoi ce mépris royal et cette discrimination ?

Perfide Albion.

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Publié le 7 Janvier 2013

Un accident automobile sur dix serait provoqué par le téléphone portable, que le conducteur utilise ou non un kit mains-libres. Que l’on soit au volant, en moto, ou en vélo, l’accident est provoqué par la distraction due à la conversation, surtout si  celle-ci est animée, teintée de colère ou ponctuée de rires. Si le conducteur regarde encore devant lui en étant ailleurs, il omet souvent de regarder son rétroviseur pour ne pas se distraire de la communication et il joint parfois le geste à la parole afin de convaincre son interlocuteur invisible.

Les piétons ne sont pas épargnés et dans une ville, ce sont eux qui fournissent un grand nombre de victimes (En 2010, à Paris, les piétons ont représenté près de 42 % des tués (18) et 33 % des blessés graves (232). Si les automobilistes ou les motards en sont le plus souvent responsables, le piéton a sa part de responsabilité. C’est ainsi que le piéton connecté se permet de prendre des risques car il se sent instantanément revêtu d’une cabine téléphonique censée assurer son intimité et le protéger des évènements extérieurs. De ce fait, les conversations deviennent publiques et le piéton protégé par sa cabine fictive traverse les chaussées sans se préoccuper de la circulation, évitant machinalement (et avec une certaine habileté, il faut le reconnaître) les voitures comme un torero évite le taureau, les acclamations de la foule étant remplacées par les injures des automobilistes.

Le-chat-GPS.jpgMais à présent, le téléphone portable ne sert pas seulement à téléphoner, il sert aussi à rédiger du courriel, des SMS et à en recevoir, à faire joujou, à consulter internet ou à suivre un trajet sur un plan GPS, aussi nombre de piétons, en général à la fleur de l’âge, marchent les yeux rivés sur cet objet miraculeux qui leur sert de doudou et qui permet de les repérer, traversent les rues tout en lisant ou tapotant et sur les trottoirs, le piéton classique qui avance en ne regardant que la rue et ses semblables doit prendre garde s’il veut éviter une collision, à moins de la rechercher en guise d’entrée en matière.

L’expression « coup de téléphone » prend aujourd’hui tout son sens.

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Publié le 7 Janvier 2013

J’ai lu une interview du philosophe Rémi Brague à propos de son dernier livre : «  Les ancres dans le ciel » (Le Point du 21/04/11). Commenter une interview alors que l’on n’a pas lu livre peut paraître osé. Cependant, c’est par une interview que l’on connait l’essentiel de la pensée d’un auteur car les essais philosophiques ont l’inconvénient de noyer cette pensée sous un flot de références qui finit par la dénaturer.

Brague pose la question suivante : « De quel droit pouvons-nous préférer que l’aventure humaine continue plutôt qu’elle ne s’arrête ? » ou « Au nom de quoi faut-il se perpétuer ? », l’homme peut, en effet, décider aujourd’hui de ne pas faire d’enfants. Pourquoi tirer un être du néant, sachant que la vie se termine toujours mal et qu’elle n’est pas exempte de souffrances alors que cet être n’a rien demandé (et pour cause). Pour Brague, sans réponse à cette question « l’existence de l’espèce humaine perd sa légitimité ». Et la réponse de ce philosophe serait métaphysique : « l’être équivaut au bien », ce qui justifierait de l’imposer aux autres sans pouvoir leur demander leur avis. Pour cela il faudrait « un ancrage céleste », du « divin », une transcendance quelle que soit sa forme. « Un humanisme sans quelque chose comme une transcendance » ne lui parait pas sérieux.

 

La vie est un bref passage entre deux néants. Etre tiré du néant donne au moins le choix d’y retourner en abrégeant sa vie. Le choix de vivre n’existe pas dans le néant. Il se trouve que les vivants dans leur très grande majorité font ce qu’ils peuvent pour rester en vie. S’ils y tiennent tant, cela vaut peut-être la peine de la leur donner puisqu’ils sont libres de la quitter quand ils le veulent.

 

Les êtres humains font-ils des enfants pour perpétuer l’espèce ? Les motivations conscientes sont toutes autres et ressortent pour l’essentiel de convenances personnelles : perpétuation de ses gènes si on est orgueilleux, perpétuation d’un héritage, assurance pour sa vieillesse, accident de parcours ou tout simplement le plaisir d’avoir des enfants, de les voir pousser comme des fleurs, jusqu’au moment où elles deviennent carnivores…

Faut-il considérer que le plaisir qui accompagne l’acte de procréation est de l’ordre transcendantal ? Ce qui le rend particulièrement attractif, même si dans l’espèce humaine plaisir et procréation font le plus souvent chambre à part.

 

S’il n’est pas nécessaire de faire intervenir un postulat métaphysique (« l’être, équivaut au bien ») pour donner la vie et par là même perpétuer l’espèce humaine, la reproduction et la perpétuation des espèces en dehors de l’espèce humaine sont des plus mystérieux (Brague ne l’envisage pas dans son interview, mais peut-être le fait-il dans son livre).

La vie des espèces animales et végétales est axée sur cette perpétuation, dans l’ignorance du droit, de leur légitimité et de la métaphysique. Et que d’astuces et d’efforts pour la réaliser ! Il suffit de voir le film « La Marche de l’Empereur » pour s’en rendre compte. Cet acharnement à se reproduire instinctivement contre tous les obstacles, en suivant parfois des filières invraisemblables, en obéissant à une programmation impérative et dans une obstination aveugle, est bien plus étonnant que la perpétuation de l’homme qui repose sur un choix le plus souvent égoïste.

 

Dire que la reproduction est une des caractéristiques de la vie et sans elle, la vie disparaîtrait de la Terre est une évidence qui n’explique rien. On comprend qu’il soit tentant de faire intervenir la transcendance pour expliquer l’inexplicable, éloignant ainsi le mystère.

Reste que l’Humanité a besoin des autres espèces pour survivre et qu’il faut espérer que ses appétits prédateurs ne conduiront pas à faire disparaître les miracles de la vie alors qu’elle fait tant d’efforts (parfois trop) pour se perpétuer.

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Publié le 7 Janvier 2013

Les mutants envahissent la ville (voir mutation).  Les jeunes adultes marchent dans les rues, se pressent dans les transports en commun, travaillent au bureau, les écouteurs ou le casque aux oreilles, des cordons flottant sur la poitrine et une boite en poche. Des heures pendant lesquelles se déversent dans les conduits auditifs un magma sonore dont les voisins peuvent parfois goûter la qualité.

Les jeunes femmes élégamment habillées, soigneusement maquillées, avec  des  tampons en plastique ornant leurs charmants pavillons auriculaires, agrémentés de cordons qui pendouillent sur des boucles d'oreille sophistiquées. Des belles soigneusement coiffées, la tête cerclée par un antique casque d'aviateur. Des jeunes gens, costume et cravate impeccables de cadre dynamique, le sérieux tempéré par des bouchons dans les oreilles et la corde au cou.

 

Adieu l'élégance, bonjour la surdité, mais pourquoi ?

Peut-on dire que les générations montantes ont un tel amour de la musique (du bruit ?) qu'elles ne peuvent pas se passer d'en écouter pendant des heures de façon ininterrompue et sans en être lassées?

Peut-on dire qu'il s'agit d'un effet de mode et que disposant d'une merveille technologique les jeunes et même les moins jeunes en usent et en abusent ?

Une musique rythmée donne-t-elle de l’énergie, comme le ferait une marche militaire ? Ou au contraire une musique douce permettrait-t-elle d’introduire du calme par les oreilles comme un tranquillisant en suppositoire auriculaire ?

Est-ce le besoin de s'isoler, de créer une véritable bulle sonore, les mettant à l'abri de l'environnement et des autres ? L’un m’a dit qu’ainsi il se concentrait mieux dans son travail, l’autre qu’il avait pris l’habitude de le faire pour ne pas entendre son collègue de bureau téléphoner sans cesse et il a continué même en son  absence, ce qui suggère une dépendance.

Les gens marchent ainsi dans la rue, voyagent et même travaillent, la tête enfermée dans une bulle invisible comme déambuleraient des cosmonautes dans la Lune.

 

Tintin-bulle.jpg

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Publié le 7 Janvier 2013

Aujourd’hui, les paquets de cigarettes seront illustrés sur les 40% de leur surface par des horreurs que peut provoquer la consommation de tabac. Cette illustration existe depuis 2000 au Canada, j’ignore l’impact de ces visions sur la consommation dans ce pays, alors que l’avertissement mortel n’a pas fait grand-chose (« ça n’arrive qu’aux autres »). Arrêter de fumer est souvent difficile, ne pas commencer est aisé. Ces illustrations des méfaits du tabac dissuaderont-elles les jeunes de commencer à fumer, alors qu’ils sont de plus en plus nombreux à le faire ? (il suffit de passer devant un lycée pour voir que beaucoup de jeunes filles, plus que les garçons, ont une cigarette à la main). Espérons que les plus jeunes ne se borneront pas qu’à collectionner les images et à les échanger dans les cours de récréation.

 

Dans les films anciens, notamment dans les grands films en noir et blanc, les acteurs ne cessaient pas de fumer. La cigarette était la marque de la femme libérée et de l’attitude virile de l’homme. Je me souviens d’un roman (« l’Espoir », je crois) où l’offrande d’une cigarette aplanissait l’hostilité entre deux ennemis face à face. J’ai même lu un article ancien où la fumée de cigarette était conseillée après une noyade ! Autres temps, autres vérités.

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Publié le 7 Janvier 2013

A Paris, il y a beaucoup de chiens, pas autant que des pigeons mais presque. Les pigeons sortent seuls, ils n’ont pas besoin d’être accompagnés et se débrouillent fort bien pour déféquer en l’air, mais vers le bas. Avec le retour du printemps et les arbres feuillus, les places ombragées sont constellées de leur fientes, mais pas toutes, comme s’il existait pour eux des lieux privilégiés pour se soulager. J’ai remarqué qu’en ces lieux les passants pressaient inconsciemment le pas de peur que le ciel leur tombe sur la tête.

Les chiens sortent pour déféquer, mais ils défèquent rarement seuls, ils sont accompagnés. J’ignore s’ils en sont gênés. Je ne pense pas. Ils cherchent de préférence une roue de voiture pour uriner, mais pour la grosse commission, ils préfèrent le plein trottoir comme lieu d’aisance. Leurs assistants sont loin d’être toujours équipés pour faire disparaître le corps du délit, si bien que toute distraction du promeneur peut s’avérer fatale. Enfin, glissons sur ce sujet.

Mais il existe des solutions. A Capri une équipe de policiers municipaux a été spécialement formée. Elle est chargée de ficher les chiens de tous les résidents de l’île par leur…ADN. Ces policiers sont surnommés, à juste titre,  « les experts ». Chaque crotte dûment examinée pourra ainsi être attribuée à son créateur, ce qui permettra de remonter jusqu’à son maître qui se verra infligé une amende de 1500 €.

A l’occasion de cette personnalisation des chiens par leur merde, je me suis demandé quelles étaient les applications pratiques de cette science sophistiquée qu’est la génétique. Il faut se rendre à l’évidence, elles sont essentiellement d’ordre « policier » : recherche de délinquants (dont les chiens de Capri), fichage de personnes, recherche de paternité, ou étiquetage de cadavres.

On aurait aimé qu’il y ait plus d’applications en médecine. Certes, on peut modifier le génome d’une bactérie pour qu’elle fabrique des molécules thérapeutiques, mais pour ce qui concerne les maladies elles-mêmes les résultats pratiques sont plutôt minces. On peut déterminer savamment des gènes impliqués dans une maladie, mais en dehors de l’angoisse provoquée par leur révélation à un sujet qui en est porteur, les applications thérapeutiques sont quasi nulles (en dehors d'une attitude préventive dans de rares cas) et même pour les quelques maladies rares où un seul gène est impliqué, la thérapie génique balbutie encore après des décennies de recherche.

Alors si la génétique peut contribuer à la propreté des trottoirs…

 

 De Nittis : « La dame au chien »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 van-Dongen-bal-moulin-de-la-galette-1904-05.jpg

"Le bal du moulin de la galette"

 

Van Dongen la vasque bleueHier nous sommes allés voir l’exposition Kees Van Dongen au Musée d’Art moderne.

Montmartre. Nombreux portraits de femmes aux yeux cernés. Une variation de style à donner le tournis.

Il a peint les femmes de la haute société et du spectacle, debout, grandes, filiformes avec une petite tête, telles qu'elles sont représentées aujourd'hui dans les magasines féminins et telles qu'elles sont devenues pour beaucoup.

 

"La vasque bleue"                                      "La Parisienne"van-dongen-la-parisienne.jpg

Autant que sa peinture, c'est son parcours qui est intéressant. Hollandais devenu Français, il fut anarchiste dans sa jeunesse au « Bateau-Lavoir », pour devenir mondain à Montparnasse en donnant des réceptions et des fêtes que lui permettait sa célébrité.

On dit que les extrêmes se touchent, mais à condition de faire un tour complet du cadran où midi et minuit se confondent. Van Dogen a fait ce tour dans le sens horaire, c'est à dire de la gauche vers la droite. C'est le plus souvent dans ce sens que les gens évoluent, en suivant les aiguilles d'une montre et le temps qui passe. L'exemple le plus frappant est celui de Doriot : communiste devenu fasciste, il est vrai que ces deux attitudes ont au moins en commun la rigidité de l'esprit.

La rotation dans le sens antihoraire, c'est à dire de la droite vers la gauche est moins commune. Il me semble que dans ce cas la rotation n'est jamais complète : un quart ou un demi tour de cadran, tout au plus. On voit mal des personnes, comme Longuet, à l'extrême droite dans leur jeunesse faire le tour complet du cadran dans le sens antihoraire pour aboutir à l'extrême gauche à leur âge mûr.

La rotation horaire a pour principal motif le maintien de ses acquis et de la liberté d'en jouir. La rotation antihoraire est en général exécutée pour se mettre à l'heure de la réussite, par ambition plus que par conviction.

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Après une longue discussion, deux rabbins aboutissent à la conclusion que Dieu n’existe pas. Le lendemain l’un d’eux voit l’autre prier et surpris lui en demande la raison puisqu’ils avaient conclu tout deux à l’inexistence de Dieu et l’autre lui répond : « que vient faire Dieu là-dedans ? ».

 

Cette histoire est plus profonde qu’il n’y parait. Dieu peut s’absenter dans les religions monothéistes. Certes on en parle beaucoup, il intervient sans cesse dans le langage, dans les prières (surtout chez les Juifs et les Musulmans, car dans le christianisme, il existe une concurrence déloyale de la Vierge et des saints) et plus souvent dans les jurons, mais moins dans la pratique religieuse elle-même.

Le christianisme a trouvé une solution inspirée de la mythologie grecque : incarner Dieu dans un homme, comme Zeus s’incarnait parfois dans une forme terrestre pour vaquer à ses occupations parmi les mortels. Ainsi le fils de Dieu a une histoire, un corps et un visage qu’on lui attribue, bien qu’on ait de lui aucune représentation. Et Dieu le Père a disparu au profit de son fils par le tour de passe-passe de la Sainte Trinité. La personnification du Dieu chrétien, après le meurtre du Père, assure sa présence sous forme d’une idole torturée, humanisation et représentation rejetées par les Juifs et les Musulmans où la présence de Dieu n’est pas palpable, mais menaçante.

 

« Que vient faire Dieu là-dedans ? ». Les religions pourraient fort bien se passer de Dieu. Elles consistent essentiellement à culpabiliser le croyant (dès sa naissance pour les chrétiens), à lui imposer des pratiques diverses, parfois saugrenues, à faire des promesses invérifiables qui n’engagent que ceux qui les écoutent et cette trinité : culpabilité – pratiques – promesses, assure l’emprise des prêtres sur le troupeau. Les croyants, pour se sentir moins coupables et fournir des preuves de leur fidélité, se plient aux impératifs que l'on prétend d'origine divine, en faisant pour la plupart le pari de Pascal : Et si Dieu existait ? On ne sait jamais.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Voilà longtemps, sur le Boulevard Magenta, je tentais de me frayer un chemin en voiture à travers une manifestation. Curieux, j’ai demandé au manifestant qui semblait mener la danse, quel était l’objet de cette démonstration et se penchant à ma portière, il me répondit que c’était pour que l’on respecte sa religion musulmane (déjà !) en réaction à je ne sais quelle provocation. Le manifestant qui m’avait répondu ne paraissait pas arabe et j’ai appris par la suite qu’il s’agissait du fils, converti à l’Islam, de Maurice Thorez qui avait été le secrétaire général du parti communiste français, comme quoi l’esprit religieux se transmet de père en fils.

 

Et je me suis posé la question : pourquoi devrais-je respecter une religion, quelle qu’elle soit ? C’est en tant que personne, et non en tant que croyant, que je respecte celui ou celle qui croit. Le respect de la personne ne s’étend pas à ses croyances ou à ses opinions, par contre, il y a des opinions qui conduisent à ne plus respecter la personne qui les proclame.

 

La croyance religieuse n’est qu’une adhésion à une légende et à une conception métaphysique indémontrable, placée confortablement hors de la raison et de l’erreur. Si elles ont évidemment du sens pour celui qui croit, elles n’en a aucun pour celui qui ne  croit pas, ce qui ne l’engage pas à les respecter.

Par contre, le respect de la personne implique de respecter la liberté du croyant à pratiquer ses rites, à condition qu’il les suive dans la sphère privée ou dans un temple et sans les imposer aux autres. Il doit rester en accord avec les lois d’un pays laïc et celles-ci n’ont pas à être modifiées pour satisfaire la croyance personnelle en des légendes et des rites, même s’ils sont anciens et partagés par des millions d’individus. Le nombre, s’il n’est pas un critère de véracité, reste une force de pression à laquelle l’espace laïc et commun à tous doit résister.

 

Mais lorsque le croyant affirme qu’il ne fait qu’un avec sa religion, c’est  une incarnation lourde de conséquences. Dans ce cas, ne pas respecter les conceptions métaphysiques de quelqu’un, aussi insensées paraissent-elles, serait ne pas respecter sa personne. L’ironie sur les croyances devient l’ironie sur la personne qui les incarne, ce qui soulève sa colère. Critiquer les excès d’une croyance revient à critiquer celui qui les admet et qui prétend alors être stigmatisé. Le rejet par un croyant d’une autre croyance aboutit au rejet ou à l’élimination de ceux qui croient différemment.

Et c’est ainsi que les conflits naissent lorsqu’on ne peut plus séparer la personne de ses croyances.

 

Imam prêtre rabbin JR

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Nombre de préoccupations écologiques ne sont pas contestables, comme (pour ne citer que quelques exemples) le danger que représentent la fracture des schistes sous pression d’eau dans les profondeurs de la terre pour en tirer du gaz, celui des centrales nucléaires et de leurs déchets actifs pendant des décennies ou les conséquences des déforestations inconsidérées.

Mais l’écologie est devenue politique. L’ambition d’un parti est de prendre le pouvoir ou de l’influencer suffisamment pour que ses idées soient prises largement en compte.

 

Or, l’écologie est une idéologie. Elle a une conception du monde et de la société. C’est même une conception quasi religieuse, introduisant la notion de culpabilité, où la planète, la nature, la conservation de la biodiversité sont au moins à égalité avec l’humanité et pour certains intégristes, l’être humain et ses créations passent même après. Un écologiste responsable devrait ne pas naître ou être peu durable pour ne pas consommer les ressources de la planète et laisser sa ration d’eau, de nourriture et d’énergie aux générations futures. Car comme dans beaucoup d’idéologies il faut tout faire pour que les lendemains puissent chanter. Organiser le monde d’aujourd’hui pour le futur, c’est ça être responsable.

Si on ne peut être que d’accord avec les écologistes lorsqu’ils s’élèvent contre la destruction et la pollution de la planète quand elles n’ont comme seul motif que l’appât du gain, cela devient plus difficile à défendre lorsqu’il s’agit d’élever le niveau de vie des populations qui vivent dans la pauvreté et qui désirent rejoindre celui des écologistes.

 

L’écologie peut même devenir une idéologie totalitaire et la plus totalitaire qui soit. Car aucune idéologie – en dehors de certaines religions - n’a eu l’intention d’imposer à tous une façon de vivre et d’orienter les gestes de chacun : comment se déplacer, comment voyager, quoi manger, comment s’habiller (condamnation des fourrures par ex.), comment bâtir son toit, comment se chauffer, comment s’éclairer, que faire de ses déchets et même avec quoi se torcher le derrière. Un consensus qui tendrait à culpabiliser ceux qui ne le suivent pas, si on ne les oblige pas à le suivre (de nouvelles ampoules électriques, qui ne sont pas sans inconvénients, doivent ainsi remplacer les anciennes, sans danger). 

N’a-t-on pas vu un maire demander à ses ouailles de signaler ceux qui n’avaient pas une attitude « citoyenne » à propos des déchets. Il ne manquait plus que la délation : la voilà.

 

REPONSE AUX COMMENTAIRES

 

L’écologie est, en effet, une science (elle a plus d’un siècle) qui étudie les rapports des vivants entre eux et avec le milieu où ils vivent. Je ne parlais pas de la science qui ne fait évidemment peur à personne, mais des conclusions que ceux qui se disent écologistes (non scientifiques) peuvent tirer d’une science probabiliste et des applications qui à leurs yeux sont indispensables à mettre en œuvre en considérant que les conclusions qu’ils en tirent sont certaines, ce qui n’est jamais le cas : la Terre a connu des changements climatiques, des catastrophes naturelles et des retournements imprévisibles, sans compter sur l’adaptabilité des vivants et notamment de l’homme. Reste que si l’on extrapole la situation actuelle, il y a de quoi se faire du souci pour les générations futures, mais une extrapolation n’est pas une certitude.

Dans mon article je pars de l’hypothèse où les écologistes auraient le pouvoir d’appliquer leurs idées et qu’ils veuillent le faire (si ce ne sont que des politiciens qui utilisent « l’écologie » que pour obtenir des postes, mon hypothèse n’a aucune valeur). Oui, je crois que l’écologie militante est une idéologie avec un caractère presque religieux (La Terre notre mère et sa biosphère dont nous sommes responsables et les hommes sont coupables de la mettre à sac pour leurs besoins immédiats. Voir les illustrations filmées). Ce qui ne veut pas dire que cette idéologie est mauvaise et sans fondement et qu’il n’est pas nécessaire de s’opposer à des actions destructrices et intéressées ou dangereuses, mais une conception globale du monde et les changements de la société qui devraient en découler ou être imposés constituent une idéologie.

Le terme totalitaire que j’ai utilisé a pu paraître choquant, parce qu’il est habituellement appliqué aux dictatures à parti unique. Ce n’est évidemment pas dans ce sens que je l’ai employé (je ne pense pas que les écologistes, déjà particulièrement morcelés, puissent constituer un parti unique !), mais dans le sens où les idées écologistes sont d’intervenir dans chacune de nos activités, d’imposer des normes et de modifier nos comportements, qu’on le veuille ou non. Le totalitarisme ne laisse pas le choix. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas souvent nécessaire d’imposer des règles lorsque celles-ci permettent de vivre en société et de protéger les individus, parfois contre eux-mêmes (comme la limitation de vitesse). Mais j’aimerais choisir mes ampoules électriques sans qu’elles me soient imposées…

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Jack-Vettriano.jpgIl est tout même curieux d’utiliser le mot « people » pour désigner des individus plutôt fortunés qui n’ont rien à voir avec le peuple : acteurs, chanteurs, vedettes des médias, écrivains à la mode, fils et filles à papa, grandes fortunes, nobles résiduels, personnages extravagants et même politiques qui ne négligent rien pour se faire voir, y compris à jouer les clowns à la télévision. 

« Peuple » - masse anonyme et sans visage – ou « gens » pour désigner un groupe de personnes indéterminées, alors que les « people » sont connus de beaucoup car l’un de leurs objectifs est de se montrer devant celui des photographes afin de continuer à l’être, et pour cela courir les manifestations les plus diverses et répondre aux invitations où ils rencontreront plus ou moins les mêmes personnes mijotant en vase clos dans la consanguinité du champagne.

 

Détournement du sens d’un mot, mais peut-être cette usurpation a-t-elle été faite initialement par ironie : désigner par le mot « people » ce qui est tout son contraire, comme les régimes dictatoriaux ont tendance à inclure le mot « démocratie » dans leur désignation, ce que ne font pas les démocraties authentiques. A leur époque, les « démocraties populaires » ajoutaient un pléonasme à la double usurpation de sens. Par contre, les « people » sont réellement populaires, car une partie conséquente du bon peuple d’en-bas suit avec fascination et envie leurs ébats mondains et leur vie dorée dans les magazines spécialisés : coucheries, mariages, divorces, grossesses, enfantements, habitats, confessions, et étalage de leurs écarts, certains d’entre eux finissant par se consumer à la lumière jusqu’à disparaître.

 

Illustration : Jack Vettriano

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Publié le 7 Janvier 2013

ElleAu cours de l’année, le sexe figure en bonne place dans tous les magazines féminins généralistes comme Elle, à croire que leurs rédactions sont dirigées par des obsédé(e)s sexuel(le)s, mais pendant la période des vacances et les chaleurs supposées de l’été, l’analyse des rapports entre hommes et femmes subit une véritable flambée jusqu’à devenir torride. On y pose des questions explosives comme : « Etes-vous une bombe ? », et les tests fleurissent pour évaluer la sexualité de la population féminine sexuellement active et de la gent masculine pour laquelle on ne manque pas de sévérité, voire d’ironie. Les lectrices semblent apparemment avides de comparer leur sexualité à celle des autres et d’évaluer à l’occasion la qualité du mâle choisi. Le sujet est inépuisable et il faut saluer ici l’imagination (ou son manque) des journalistes pour renouveler les tests et les  questions, verve qui s’apparente à celle des auteurs des films pornographiques qui pénètrent sans se lasser dans la sphère privée pour satisfaire son public.

 

La question la plus talentueuse a été posée dans un de ces magazines à la fin du siècle dernier et formulée ainsi : « Etes-vous une salope ? ». Un journaliste n’avait pas hésité sur les ondes à poser cette question à une dame, qui lui avait répondu : « Hélas ! Non. ».

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Publié le 7 Janvier 2013

Von-Stuck-Franz-mort-d-une-Amazone.jpgSi dans le monde occidental l’égalité en droit des hommes et des femmes est théoriquement acquise, dans les faits ce n’est pas toujours le cas (ne serait-ce que pour la différence de salaire fréquemment constatée) et le machisme n’a pas pour autant disparu. La solution est simple : il faut faire disparaître les sexes.

Que les hommes ne s’inquiètent pas, ceux qui tiennent à leurs attributs pourront les conserver en tant que « présupposition biologique » comme le dit l’Américaine Judith Butler (théoricienne du genre). Selon les études sur le genre, courant déjà ancien venu des USA, c’est la différence entre les sexes, « l’hétérosexisme », qui conduit à l’inégalité et à la domination masculine. Il faut donc faire disparaître le sexe biologique au profit du sexe social et distinguer sexe et genre sans que l’un soit accolé à l’autre par l’éducation, celle-ci imposerait un stéréotype à chaque sexe biologique sans permettre à chacun la liberté de l’adopter ou non. Le sexe biologique ne signifiant plus rien, il serait souhaitable selon certains ou plutôt certaines, de ne pas le préciser sur les papiers d’identité et il serait nécessaire de ne plus structurer l’humanité en hommes et femmes.

Cette conception, on pourrait même dire cette idéologie, progresse.

Ainsi, depuis peu, les éducateurs d’une école maternelle suédoise n’utilisent plus les pronoms discriminants  « il » ou « elle » au profit d’une forme neutre « ami », les contes de fées particulièrement sexistes ont été remplacés par des histoires de couples homosexuels et de familles monoparentales.

Une exposition sur le thème « De quel sexe êtes-vous ? » a eu lieu en Belgique, et est actuellement dans la région Nord avec comme questions posées sur le catalogue : « Comment savez-vous de quel sexe vous êtes ? », « Comment peut-on réellement différencier l’homme et la femme ? », « Combien y a-t-il de sexes ? ». Des questions pour un champion.

Elle est introduite dans les manuels scolaires. Le Bulletin officiel du 30 /09/2010 invite les enseignants de SVT à envisager un chapitre de leur programme intitulé « Devenir homme ou femme ». Dans la manuel de biologie Belin figure le paragraphe suivant : « Je peux être un homme et attiré par les femmes, mais je peux aussi me sentir 100% un homme viril et être attiré par les hommes. Et je peux être une femme attirée par les hommes ou une femme attirée par les femmes ». On se demande ce que les inclinaisons sexuelles viennent faire dans un livre de biologie destiné aux adolescents, c’est l’introduction de l’idéologie dans la science, ce qui n’est jamais très bon comme le montre l’introduction aux USA du créationnisme dans les théories de l’évolution.

Le thème du genre sera enseigné comme matière obligatoire dès septembre à Science po Paris avec, semble-t-il, le louable désir de cerner les causes à l’origine des inégalités sociales persistantes entre les sexes.

Si éducation et stéréotypes jouent un rôle certain, on perd peut-être de vue que mis à part leur appareil sexuel, qui semble devenir un objet de mépris donnant un mauvais genre, les hommes et les femmes ont d’autres différences physiologiques, notamment les caractères sexuels secondaires liés aux sécrétions hormonales et si l’homme a en général une musculature plus puissante (à l’origine de sa domination), la femme est seule capable d’enfanter et d’allaiter, ce qui fait tout de même une différence de taille.[1]

 

Franz Von Stuck : « Mort d’une amazone »



[1]Cette article est inspiré de celui paru dans Le Point du 21/07/11, intitulé : « La famille où les enfants n’ont pas de sexe » et rédigé par Emilie Lanez.

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Publié le 7 Janvier 2013

Le dernier remaniement du gouvernement constitue une avancée originale dans la gestion des affaires de la France. Un nouveau ministère a été créé avec un judoka à sa tête pour persuader énergiquement certains Français résidant à l’étranger de payer leurs impôts en France. Le ministère des anciens combattants a été ressuscité en espérant faire sortir nos grognards de terre. Ce sont des innovations que l’on peut déjà saluer.

picasso3.jpgMais le plus important est d’avoir mis un médecin aux Affaires européennes. Certes, ce médecin, qui aurait préféré le ministère de la Santé, ne connait rien à l’Europe, mais il connait la médecine, or convenez que l’Union Européenne est bien malade et qu’un médecin à son chevet est tout à fait indiqué.

Dans son ensemble, l’UE est devenue obèse et on sait que l’obésité prédispose à bien des troubles, ce qui ne saurait échapper au Dr Leonetti, cardiologue de formation.

Lorsque la Grèce, après avoir subi sa saignée, sera exsangue malgré les transfusions, il sera bon de lui tenir la main à défaut de la guérir.  D’autres pays comme l’Espagne et le Portugal risque de s’enGrècer et de subir le même sort.

La Belgique souffre d’un dédoublement de la personnalité et sans tête, elle continue à marcher (pas si mal) comme un poulet qui continue à courir après avoir été décapité.

Le Luxembourg se renferme sur ses banques.

L’Allemagne et l’Autriche commence à être touchée par la maladie d’Alzheimer avec quelque nazillons dans les trous de mémoire. Le Danemark, la Suède, la Hongrie et même les Pays-Bas ont des réactions allergiques violentes aux étrangers, la Hollande réservant son cannabis à son usage personnel pour calmer son prurit.

La Roumanie a une hémorragie de Roms qui fait tache.

Le Royaume-Uni se bourre de sucreries royales.

L’Irlande après s’être sucrée, digère mal sa déconvenue dans son coin.

Chypre a un bout de Turquie planté dans le dos.

La Pologne souffre de son  catholicisme aigu depuis la mort de son pape.

L’Italie a une politique sexuellement transmissible.

Et que dire de la France ? Rien. La France est saine. Le train de vie des élites qui nous dirigent a diminué, réduit au strict nécessaire (le Président a même vendu son avion luxueux), les banques de dépôt ne spéculent plus, la masse salariale varie de la même façon que les rémunérations devenues plus décentes des dirigeants des grandes entreprises, l’Education Nationale est enfin efficace, les entreprises manufacturières ont cessé de se disperser ailleurs, le chômage a diminué et le pouvoir d’achat a augmenté. La dette, en passe d’être résorbée, n’est plus qu’un mauvais souvenir.

Mais moi, visiblement, je ne me sens pas très bien.

 

Pablo Picasso : « Science et Charité »

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Publié le 7 Janvier 2013

Buffet-clown-derri-re-le-globe.jpgCe billet est le 1000ème article depuis la création de ce blog.

La 1000ème au théâtre est affichée fièrement car c’est la preuve du succès de la pièce. Pour un blog ce n’est pas une preuve de succès, mais de persévérance, de temps consacré et du plaisir d’écrire.

J’ai partagé avec quelques-uns et quelques-unes – et c’est une occasion pour moi de les remercier – des sujets très divers, mais atteindre le 1000èmec’est forcément se répéter. Au théâtre on se répète dès la deuxième.

 

Un blog est souvent un petit « Café du Commerce ». On peut y entrer par hasard, regarder le décor, les images accrochées au mur, les citations favorites du patron, prendre un petit quelque-chose servi sur le comptoir et partir sans jamais revenir.

Il y a les habitués qui viennent parler de l’air du temps, du dernier évènement, du dernier scandale, en commentant les journaux, certains refont le monde en élevant la voix et on les écoute parce qu’ils parlent bien, d’autres partagent des confidences ou des découvertes.

Le patron pour distraire et conserver ses clients raconte de temps en temps une bonne histoire, mais en bon commerçant il doit aussi aller fréquenter le commerce des autres et apprécier leurs produits.

 

Me voilà propriétaire d’une cave où sont entreposées mille bouteilles dans une semi-obscurité. Elles commencent à prendre de l’âge et à se couvrir de poussières.

 

 Bernard Buffet : « Clown derrière le globe »

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Publié le 7 Janvier 2013

poussin-le-deluge.jpg

 

Je hais les joints. Non pas ceux que certains fument pour changer leur regard et se ramollir le cerveau, que des herboristes clandestins vendent dans la rue, ou que des jardiniers cultivent dans leur appartement pour embellir leurs fins de mois.

 

Non, je hais le joint minable, cette rondelle ridicule que l’on est obligé de mettre pour qu’un robinet reste étanche. Il faut se rendre à l’évidence : c’est sur cette mince rondelle primitive que repose la prévention des inondations privées lorsqu’il s’agit d’un robinet dit d’arrêt qui, paradoxalement, est la source d’une fuite.

Quand on regarde cette misérable rondelle, on ne comprend pas l’immense responsabilité qui lui est confiée. Car la rondelle est fragile, on se rend bien compte que sa vie est limitée et que son destin est de pourrir.

 

Alors que se passe-t-il lorsque cette piteuse rondelle est morte ? L’eau s’écoule d’abord sournoisement en goutte à goutte puis à flot, déclenchant la fureur du voisin sous-jacent.

Et il faut bien savoir que cette rondelle perverse n’expire que le week-end et comme le dit Woody Allen : « Non seulement Dieu n’existe pas, mais allez trouver un plombier le dimanche ».

 

Alors, je lance ici un appel à tous les inventeurs qui ont permis aux hommes d’aller sur la Lune, de jeter entre eux des liens invisibles à la vitesse de la lumière, de remplacer le mouchoir en tissu par le mouchoir en papier : faites quelque chose pour rendre les robinets étanches sans devoir faire appel à cette petite rondelle ridicule et infidèle mais dont nous sommes tous si dépendants !

Que dites-vous ? Que ce serait retirer le pain de la bouche des plombiers ? Ah ! Si la rondelle a un rôle social, je n’ai plus rien à dire.

 

NB Je n’ai aucun don pour le bricolage.

 

Illustration Nicolas Poussin : « Le déluge »

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Publié le 7 Janvier 2013

L’écologie est, en effet, une science  (elle a plus d’un siècle) qui étudie les rapports des  vivants entre eux et avec le milieu où ils vivent. Je ne parlais pas de la science qui ne fait évidemment peur à personne, mais des conclusions que ceux qui se disent écologistes (non scientifiques) peuvent tirer d’une science probabiliste et des applications qui à leurs yeux sont indispensables à mettre en œuvre en considérant que les conclusions qu’ils en tirent sont certaines, ce qui n’est jamais le cas : la Terre a connu des changements climatiques, des catastrophes naturelles et des retournements imprévisibles, sans compter sur l’adaptabilité des vivants et notamment de l’homme. Reste que si l’on extrapole la situation actuelle, il y a de quoi se faire du souci pour les générations futures, mais une extrapolation n’est pas une certitude.

 

Dans mon article je pars de l’hypothèse où les écologistes auraient le pouvoir d’appliquer leurs idées et qu’ils veuillent le faire (si ce ne sont que des politiciens qui utilisent « l’écologie » que pour obtenir des postes, mon hypothèse n’a aucune valeur). Oui, je crois que l’écologie militante est une idéologie avec un caractère presque religieux (La Terre notre mère et sa biosphère  dont nous sommes responsables et les hommes sont coupables de la mettre à sac pour leurs besoins immédiats. Voir les illustrations filmées). Ce qui ne  veut pas dire que cette idéologie est mauvaise et sans fondement et qu’il n’est pas nécessaire de s’opposer à des actions destructrices et intéressées ou dangereuses, mais une conception globale du monde et les changements de la société qui devraient en découler ou être imposés constituent une idéologie.

 

Le terme totalitaire que j’ai utilisé a pu paraître choquant, parce qu’il est habituellement appliqué aux dictatures à parti unique. Ce n’est évidemment pas dans ce sens que je l’ai employé (je ne pense pas que les écologistes, déjà particulièrement morcelés, puissent constituer un parti unique !), mais dans le sens où les idées écologistes sont d’intervenir dans chacune de nos activités, d’imposer des normes et de modifier nos comportements, qu’on le veuille ou non. Le totalitarisme ne laisse pas le choix. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas souvent nécessaire d’imposer des règles lorsque celles-ci permettent de vivre en société et de protéger les individus, parfois contre eux-mêmes (comme la limitation de vitesse). Mais j’aimerais choisir mes ampoules électriques sans qu’elles me soient imposées…

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Publié le 7 Janvier 2013

Buffet-clown-derri-re-le-globe.jpgLe capitalisme est une façon de fonctionner de l’économie qui a permis son développement et jusqu’à présent les autres modèles qui ont été essayés ont échoué et souvent douloureusement. Mais le capitalisme n’est pas une idéologie et n’est pas censé être moral.

 

Or, depuis quelques années, il tente de se vêtir de lin blanc en adoptant une posture morale, celle véhiculée par l’écologie. Le paradoxe est, évidemment, que si l’écologie a pris une telle expansion, au point de devenir une véritable idéologie, c’est justement en réaction aux abus mêmes du capitalisme.

 

Les grandes entreprises sont-elles devenues vertueuses et ont-elles le souci de l’avenir de la planète ? Bien sûr que non. Leur but est de vendre ce qu’elles produisent. La pression écologique cherche à modifier les comportements au niveau d’un pays et au niveau individuel. Si le comportement des consommateurs change, les marchands doivent suivre dans le même sens, en faire un argument de vente et préserver leurs intérêts. Elles vont donc soutenir les fondations écologiques et leurs productions, entrer l’écologie dans leur publicité, former ses cadres dans cette perspective, adopter le langage vert avec les maître-mots : responsable, durable, renouvelable, recyclable, réchauffement climatique, bilan CO2, respect de l’environnement, protection de la nature… Et en profiter pour faire des économies (la facture électronique est présentée comme un geste pour l’environnement) ou pour vendre plus cher les produits fabriqués. Le commerce écolo est né.

 

A titre d’exemple, voici la page de présentation d’une entreprise australienne de services funéraires :

« Pour chaque cercueil produit, nous achetons des crédits carbone chez Positive Climate. Nous compensons ainsi aussi bien la fabrication que le transport. Dans notre offre, nous avons un cercueil durable en pin australien, issu de plantations 100% responsables et nous utilisons des colles et des laques respectueuses de l’environnement. Nous pensons qu’un produit réellement durable doit être fait localement, à partir des matériaux locaux. La durabilité est un processus global, et nous sommes fiers de proposer un cercueil véritablement durable à nos clients »[1]

Il est certain que le contenant est beaucoup plus durable que le contenu.



[1]En vérifiant aujourd’hui, il semble que ce texte ait disparu de « Caskets Direct » dont le siège est à West Footscay (Australie)

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Publié le 7 Janvier 2013

De_Chirico_Troubadour.jpgLa drague va-t-elle devenir périlleuse ? Elle semble déjà l’être aux USA sous l’impulsion de certains mouvements féministes qui veulent l’encadrer pour qu’elle ne devienne pas criminelle. Sur le lieu de travail les conseils ne manquent pas. Il est recommandé aux femmes de ne pas porter des vêtements aguichants (dress codes). « Tout compliment, regard appuyé, commentaire intrusif est vu comme une amorce de harcèlement » (speech codes). Ce qui implique de la vigilance, surtout de la part des hommes et peut conduire à un refoulement qui risque d’exploser de façon intempestive et chaotique, sans égard pour le mobilier (ce que montrent certains films américains), et  succomber dans ces conditions manque singulièrement d’élégance.

Aux USA, on a même parfois recourt à des « contrats d’amour », où deux employés qui désirent convoler ensemble s’engagent à ne pas poursuivre l’entreprise en cas de rupture.

 

Pascal Bruckner affirme dans « Le paradoxe amoureux » que « Dans les facultés anglo-saxonnes tout entretien doit être ou bien enregistré sur magnétophone ou effectué dans une pièce porte ouverte. La moindre approche équivoque peut donner lieu à une plainte » et le professeur éventuellement renvoyé.

Le ridicule a été dépassé au début des années 90 dans une université dans l’Ohio qui avait promulgué une charte de l’acte intime entre étudiants dont les étapes devaient être planifiées minutieusement par écrit et enregistrées devant un responsable. Cette programmation de l’acte sexuel n’a cependant eu aucun succès.

Il me semble qu’en France les femmes tiennent encore à la séduction, au désir de plaire, au compliment, à la suggestion, bref : aux jeux de l’amour. Pourvu que ça dure.

 

Illustration : Giorgio De Chirico : « Troubadour »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Un de mes amis profondément religieux, devant mes doutes sur les croyances, m’a assené un argument qu’il considérait comme définitif : alors, si Dieu n’existe pas, d’où vient la conscience ?

D’abord, il est aussi vain d’affirmer que Dieu existe que d’affirmer qu’il n’existe pas. On ne peut avancer de preuves ni dans un sens ni dans l’autre. Les religions ont construit un Dieu anthropomorphique, juge incommode, mais fort commode pour trouver une cause à toute chose, et comme Dieu est incréé, la quête s’arrête là à la satisfaction des croyants. Mais de la même façon on peut avancer que l’univers est incréé : il existe tout simplement, sans faire intervenir une divinité quelconque avec un projet finaliste dont nous sommes la fin, ou que l’univers est Dieu lui-même et que nous en faisons partie sur un mode malheureusement fini, ce qui permettait à Spinoza de raser la divine barbe blanche qui le gênait beaucoup. Mais avec ou sans Dieu et quels que soient ses attributs et l’endroit où on le met, le mystère reste le même.

 

La quête causale est une des caractéristiques de l’humain. Evidemment, je ne sais pas d’où vient la conscience, je me doute bien qu’elle a un rapport avec la masse de neurones connectés que nous avons dans le crâne, puisque la première disparait avec la seconde, mais c’est tout ce que nous savons. Quand on ne trouve pas la cause d’un phénomène, on cherche à tout prix à en trouver une et Dieu vient combler notre ignorance, ce qui est d’une facilité reposante, mais pas une preuve de son existence.

 

La recherche de la causalité est le moteur des sciences. Mais même là, il ne faut pas trop se faire d’illusions.  On observe et on détaille de plus en plus l’enchaînement des faits et on peut même aller loin dans l’étude des phénomènes physicochimiques, mais les savants finissent toujours par se heurter à des « pourquoi » insolubles. Les causes nous échappent encore plus en biologie. Par exemple, les mécanismes de la génétique sont démontés avec précision, on peut dire comment ça marche, mais pas pourquoi. Pourquoi les choses se déroulent-elles de cette façon et pas autrement ? Et pourquoi ces mécanismes très complexes fonctionnent-ils spontanément et à une vitesse stupéfiante ? La seule chose que l’on peut dire est que s’ils ne fonctionnaient pas de façon aussi remarquable, nous ne serions pas là pour en causer.

Et cela vous étonne que des savants, fatigués de rechercher des causes insaisissables car reculant sans cesse, puissent devenir croyants ?

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Dessin de Philippe Geluck

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

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Pourquoi la France s'est-elle endettée au point d'engloutir ce qu'elle gagne pour payer les intérêts des emprunts contractés ? Mais mon vieux, la réponse sort du panier de la ménagère : c'est que les dépenses sont supérieures aux recettes.

 

Alors, c'est sûr, ils vont  augmenter les impôts ! Oui, mais encore faut-il suffisamment de gens qui gagnent de l'argent pour pouvoir en payer. Il est difficile de tondre un mouton qui n'a plus de laine. Mais, mon bon monsieur,  vous oubliez les gens riches, ils ont de la laine à tondre. D'accord, mais ils ne sont pas beaucoup et ça fera finalement que peu de laine à tricoter, même s'ils ont la magnanimité (sic) de continuer à brouter en France pour se laisser tondre.

 

Bon, alors, si on ne peut pas augmenter vraiment les recettes  sans tuer le mouton ou le chasser, il faut diminuer les dépenses. Mais cher ami, vous oubliez que la France s'est endettée  pour répondre à la demande des gens qui manifestent dans la rue et des élus qui aspirent à le rester. C'est sûr que l'Etat dépense trop. Un peu trop pour ses membres, ce qui pourrait s'arranger, mais il dépense beaucoup pour les autres, pour vous, pour moi et on trouve que ce n'est pas encore assez, alors, là, c'est plus difficile à arranger, surtout si on est élu pour en donner  davantage. Comment mettre le "care" dans cette affaire ?

 

Vous pensez que les politiques sont impuissants ? Pas tout à fait : ils ont la faculté de faire ou de ne pas faire de bêtises. Ce qu’ils aiment, ce qui les préoccupe, c’est d’être au pouvoir, mais leur seul pouvoir réel est celui de gérer leur propre carrière, au besoin en passant par les égouts.

Mais rien n'est perdu, soyons pragmatiques : les Chinois aiment beaucoup la Tour Eiffel. La leur vendre serait un bon début.

 

John Sloan « McSorley’s bar » 1912

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

10134 mesures du taux plasmatique de testostérone ont été effectuées à Paris de 2000 à 2010 et contrairement à ce que l’on pouvait attendre, ce taux a nettement augmenté pendant les onze années d’étude, alors que ces mesures ont été faites dans le cadre de consultations pour infertilité.

 

L’hormone mâle a donc tendance à augmenter. Le corps des hommes résisterait-il secrètement à la poussée féministe comme à celle des toxiques ? Mais qu’importent les hormones mâle et femelle puisque « l’identité sexuelle » dépendrait très accessoirement d’elles, et davantage de la détermination imposée par la société en fonction du sexe mis en place par la nature. « On ne naît pas femme, on le devient » disait Simone de Beauvoir et l’on apprend maintenant aux enfants que « l’identité sexuelle » se construit tout au long de la vie et dépend de son choix.

 

C’est vrai que pour ma part, étant né avec un appareil sexuel masculin, on m’a mis d’emblée, et sans me demander mon avis, dans une école de garçons, qui, à l’époque, était séparée de celle des filles. On m’a offert (rarement) des soldats de plomb plutôt qu’une poupée et j’ai joué à la guerre plutôt qu’a la cuisine. La société, égarée par mon pénis,  m’aurait-elle imposé mon genre?

 

Alors, après toutes ces années,  je suis pris d’un doute : mon « identité sexuelle » était-elle la bonne ? Et si, en fait, j’étais une femme ? Mais si c’était le cas, je suis pris d’un deuxième doute : il est incontestable que j’aime les femmes (et là je n’ai aucun doute), alors serais-je en outre lesbienne ?

 

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Publié le 7 Janvier 2013

On se moque parfois des chercheurs qui cherchent en vain, mais il y a des chercheurs dont on aurait aimé qu’ils ne trouvent rien. Thomas Midgley est de ceux-là, ingénieur et chimiste américain, c’est probablement l’homme qui a le plus contribué à polluer l’atmosphère.

Dans les années 1920, il découvrit le tétraéthylplomb qui, ajouté à l’essence, permettait aux moteurs à explosions de faire moins de bruit et aux pots d’échappement des automobiles de dégager du plomb dans l’atmosphère en quantité importante, alors qu’il y en avait très peu avant 1923. Ceci fut démontré par un autre américain, Clair Patterson qui, voulant mesurer l’âge de la Terre[1]à l’aide d’un isotope du plomb, s’aperçut que l’atmosphère était anormalement plombée. Il passa une partie de sa vie, malgré les obstacles nombreux dressés par l’Ethyl Gasoline Corporation, à faire retirer le plomb de l’essence, ce qui fut fait aux USA en 1986. Le plomb a donc « enrichi » l’atmosphère pendant une soixantaine d’années et si le taux de plomb dans le sang des Américains a nettement chuté depuis ce retrait, il resterait 650 fois plus élevé que chez leurs ancêtres. Le plomb est éternel.

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Il a fallu beaucoup de courage et de persévérance à Clair Patterson pour lutter contre les grandes compagnies américaines groupées dans l’Ethyl Gasoline Corporation, car celle-ci ne s’embarrassait guère de scrupules. Les ouvriers qui manipulaient les dérivés du plomb étaient fréquemment atteints de saturnisme, certains en mouraient, d’autres (outre les éventuelles complications sanguines et rénales) frappés par ce neurotoxique avaient une atteinte cérébrale et des paralysies. Le saturnisme, connu de longue date, a été tranquillement nié dans leurs usines pendant des décennies par la Corporation et par Midgrey lui-même (qui ne l’ignorait pas, car il en avait plus ou moins souffert). On alla jusqu’à dire que les ouvriers étaient sans doute devenus fous d'avoir trop travaillé.

 

Thomas Midgley, après avoir plombé l’atmosphère, s’en prit (sans le savoir) à la couche d’ozone en inventant les chlorofluorocarbures (CFC) qui eurent beaucoup de succès dès les années 1930  dans de nombreux domaines jusqu’aux déodorants en spray. Or 500 grammes de CFC, qui se conservent pendant un siècle environ, peuvent capturer et annihiler plusieurs tonnes d’ozone atmosphérique (dont la couche, très mince, absorbe les rayons UV). Les CFC sont en outre des champions de l’effet de serre, 10000 fois plus efficace que le gaz carbonique !

 

Thomas Midgley, malhonnête avec le plomb, avait donc fait avec les CFC la pire invention du XXe siècle et il a fallu un demi-siècle pour s’en apercevoir. C’est une autre de ses inventions qui le tua. Ayant été atteint de poliomyélite, il avait inventé un système compliqué de poulies motorisées qui le soulevaient et le retournaient dans son lit. En 1944, pris dans les cordes de sa machine, il s’étrangla.



[1] Il réussit finalement à le faire en 1953 avec une estimation qui resta valable pendant cinquante ans : 4,55 milliards d’années (à 70 millions près). NB. En vérifiant dans Wikipédia, j’ai constaté qu’il y a un long article sur Thomas Midgley, mais aucun sur Clair Patterson.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Dans un article du 26/07/11 (« Le mauvais genre du sexe »), j’avais abordé la « théorie du genre » qui est apparue dans les années 70 aux USA et qui diffuse maintenant largement au point d’être enseignée dans les écoles. Le bulletin officiel du 30/09/10 invitait d’ailleurs les enseignants de SVT à envisager un chapitre de leur programme intitulé « devenir homme ou femme ».

 

Les nouveaux manuels de SVT du secondaire se sont conformés à cette invitation, et par exemple, le manuel Hachette avance que "le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle" mais que "ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin". "Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socioculturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l'autre".

 

Ce qui a soulevé une polémique, et 80 députés de l’UMP (surtout de la « droite populaire ») demandent au Ministre de l’Education nationale de retirer ces manuels, Luc Chatel s’y refusant, arguant qu’il donne les programmes mais que les éditeurs ont la liberté de l’édition, ce qui est un argument spécieux (cf le bulletin du 30/09/10).

Bien sûr ces députés (pour lesquels je n’ai pas de sympathie particulière) ont été traités de défenseurs de l’ordre moral (ce qui est peut-être vrai), mais la morale n’a rien à voir là-dedans, leur argument principal étant que cette « théorie » ne devrait pas être enseignée en science mais en philosophie ou en sociologie. Ce qui n’est pas dénué de bon sens, car remplacer la conformation sexuelle naturelle par l’orientation sexuelle n’a rien de scientifique. L’orientation sexuelle ressort du désir et du choix personnels et ne repose sur aucune preuve scientifique jusqu’à présent et il est abusif de parler « d’identité » et non pas « d’orientation ».

 

Ce qui n’empêche pas Philippe Meirieu, spécialiste de la pédagogie et président du conseil fédéral d'Europe-Ecologie-Les Verts de dire que « Il est nécessaire d'alerter les élèves sur une réalité sociale de la façon la plus scientifique possible [c’est moi qui souligne]. C'est le rôle de l'école de mettre des mots sur des sujets rigoureux, loin des stéréotypes et des clichés qui peuvent envahir les esprits » (Express). Il admet donc que c’est une « réalité sociale » et non pas scientifique. Quant à Bruno Julliard, le secrétaire national de l'Education au PS, il a regretté la polémique qui s'est créée autour d'un sujet de société (Il admet donc, lui aussi, qu’il ne s’agit pas d’une théorie scientifique) et ajoute (Express).  « …Il faut quant même rappeler que le taux de suicide des jeunes homosexuels est sept fois plus élevé que dans le reste de la population ». Selon lui, « il faut bien comprendre que la mise en place d'un outil de compréhension de l'identité sexuelle, ce n'est pas faire avancer les droits des LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) mais contribuer à l'éducation et la formation des futurs citoyens ».

 

Personne ne conteste que l’homosexualité, surtout lors de sa prise de conscience, peut être difficile à vivre et que l’orientation sexuelle, lorsqu’elle n’est pas agressive, est une affaire personnelle et doit être admise par tous, mais rendre secondaire la conformation biologique dans le cadre d’un enseignement scientifique de biologie est abusif. Quelle que soit l’orientation sexuelle, le corps est là et bien là, on ne choisit pas son genre, même lorsque l’on tente péniblement de le transformer dans le sens de ses souhaits, transformation qui sera de toute façon imparfaite.

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Publié le 7 Janvier 2013

J’ai une certaine tendresse pour les personnages malchanceux qui persévèrent malgré tout pour atteindre le but qu’ils se sont fixé. Le mérite des chanceux est moins grand.

J’ai fait la connaissance d’un astronome du XVIIIe siècle : Guillaume Le Gentil, qui est passé à la postérité plus pour sa malchance que pour ses travaux qui ne sont pourtant pas négligeables. Rassurez-vous, je ne suis pas si vieux, il s’agit d’une connaissance livresque. Quoique, lors de mes consultations, j’ai eu une patiente d’un  certain âge qui m’avait raconté que voyant un documentaire à la télévision avec son petit-fils, celui-ci s’était tourné vers elle en lui disant : « toi, mémé, tu as du connaître les dinosaures ».

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Un passage de Vénus devant le soleil devait avoir lieu en 1761 puis en 1769, évènement assez rare et de nombreux astronomes européens s’étaient dispersés dans le monde entier pour effectuer des mesures permettant de calculer sa distance au soleil. La plupart des astronomes (surtout français) eurent bien des ennuis, mais c’est Le Gentil qui emporta la palme.

Prévoyant, il était parti plus d’un an à l’avance pour les Indes afin d’être à pied d’œuvre pour le passage de 1761. Certes, il observa le phénomène, mais sur un bateau dansant sur les flots rendant les mesures impossibles. Il devait en effet rallier Pondichéry et, bien que proche, il ne put le faire en raison d’une guerre entre la France et l’Angleterre.

Persévérant, Le Gentil voulant observer le passage de 1769 s’était d’abord installé à Manille, où considéré comme un espion, il en fut chassé par les autorités espagnoles. Il finit par rejoindre Pondichéry à nouveau française et y installa une station d’observation où pendant huit ans il testa ses instruments.

Le matin du 4 juin 1769, la journée était belle et claire, mais juste avant le passage de Vénus, un nuage se plaça devant le soleil pendant les trois heures, quatorze minutes et sept secondes que dura le phénomène. Ce qui le déprima.

Il remballa ses instruments, mais au moment de quitter les Indes, il contracta une dysenterie qui le laissa sur le flanc pendant près d’un an. Enfin embarqué pour le retour, son vaisseau failli faire naufrage dans un ouragan près des côtes africaines et il dut attendre pour embarquer sur un autre bateau.

De retour en France après plus de onze ans d’absence, il avait été déclaré mort, sa famille s’était partagé ses biens et sa place était occupée à l’Académie royale des sciences. Après de longs procès, il récupéra son siège, mais pas ses biens.

 

Vermeer : « L’astronome »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

A Monsieur Maurice Lévy

PDG de Publicis.

Président de l’Association française des entreprises privées.

 

 

Monsieur,

 

Je n’ai pas l’honneur de vous connaître, mais je salue en vous l’entrepreneur qui s’est fait tout seul avec l’aide des autres. Je vous ai entendu ce matin sur France Inter, interview bien méritée après une tribune que vous avez fait paraître le 17/O8/11 dans le Monde, suivie d’une appel dans le Nouvel Observateur réclamant la création d’une contribution fiscale exceptionnelle (non par le taux, mais par la durée) pour les hauts revenus, pétition signée par 16 noms (mais pas par Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France).

 

Vous avez, en effet, été indigné (c’est à la mode) par l’absence de participation des grandes fortunes à l’effort de redressement de la France (et on se demande pourquoi elle est absente). Sachez que je suis ému par votre générosité et le sacrifice que vous faites spontanément de quelques milliers d’euros qui vont sûrement vous manquer.

Certes, vous auriez pu à l’instar de Warren Bufett proposer de donner une partie de votre fortune, mais les Américains ont l’outrecuidance de faire les choses sur une grande échelle, alors qu’en France nous avons l’élégance de nous élever que d’une hauteur de paillasson.

 

Non seulement vous proposez de mettre la main à votre poche révolver, mais vous suggérez des pistes pour redresser la situation économique de la France. Une fiscalité juste ne vous parait être une solution, ce qu’il faut, dites-vous, c’est réduire les dépenses de l’Etat. Chapeau. Et comment ça ? Mais cela va de soi pour un esprit aussi clairvoyant que le vôtre : supprimer les formes de solidarité comme la sécurité sociale, réduire la fonction publique et livrer les services au secteur privé, tout en réduisant au plus bas le coût du travail (grâce à ça, c’est certain, le Bengladesh est devenu florissant).

 

Ces propositions ne peuvent que me réjouir car je vais de ce fait largement participer, moi aussi, à l’effort de redressement du pays et cela de façon non exceptionnelle. J’ai également la satisfaction de constater que vos propositions si clairvoyantes, si elles étaient appliquées, vous permettraient de récupérer au centuple votre mise initiale, ce qui ne serait que justice.

 

Avec mes sentiments indignés.

 

Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Dans les actions humaines, la prévision d’un phénomène accroît sa probabilité de survenue.

 

En science, l’observateur influe sur le phénomène observé. En matière financière, la survenue d’un évènement peut être provoquée par l’annonce de sa possibilité. En matière politique, un résultat de sondage d’opinion peut orienter une élection dans le même sens. Dans les actions humaines, un jugement sur la réalité peut modifier la réalité, l’idée que l’on se fait d’un évènement devenant partie intégrante de l’évènement.

Il est certain que le verdict des agences de notation sur la situation économique d’un état contribue à modifier la situation de cet état. Tout se passe comme si un instrument de mesure serait à même de modifier par la mesure l’objet mesuré. L’état dévalorisé accuse alors l’instrument de mesure de sa propre situation, comme un patient accuserait le thermomètre de lui donner de la fièvre. Si un thermomètre ne peut pas créer un état fébrile, un malade à qui l’on annonce qu’il a de la fièvre se sent toujours plus mal et ceux qui l’entourent sont plus inquiets après cette annonce qu’avant. L’annonce de la vérité que l’on s’efforçait de cacher est toujours mal vécu par un patient comme par un gouvernement qui se mentait à lui-même et aux autres et par le peuple qui ne se fait plus d’illusions et devra la subir.

A l’encontre du théorème, on pourrait me rétorquer que les politiques ou les économistes peuvent faire des prévisions optimistes qui ne favorisent guère leur réalisation. L’inefficacité de ces prévisions tient peut-être à leur manque de sincérité. L’optimisme des dirigeants est une constante qui se veut rassurante (notamment à l’égard du  prêteur qui craint de perdre son argent et du bon peuple pour tenter de conforter ses illusions), mais dont on finit par douter, comme le pessimisme est la règle des opposants, mais que l’on suspecte de vouloir préparer leur échec futur.

D’une façon générale ce sont plutôt les prévisions pessimistes qui influent sur le cours des évènements car la peur précipite davantage le mouvement que l’espoir.

Buffet militaire clown

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Publié le 7 Janvier 2013

On a parlé de soif de démocratie pour les foules arabes qui se sont révoltées contre les régimes autocratiques sous lesquels elles vivaient depuis de nombreuses années. Qu’elles aient voulu, au prix de leur vie, renverser des dictateurs et des clans familiaux qui ont usé et abusé du pouvoir, on ne peut que saluer leur courage, mais il n’est pas certain que celui-ci sera récompensé dans l’avenir et il n’est d’ailleurs pas certain que la démocratie telle que nous la concevons soit considérée par tous les arabes comme une récompense.

 

J’ai entendu dire que le conseil de transition en Libye envisageait de s’inspirer de la charia pour leur constitution et leur législation nouvelles. Rien d’étonnant, la charia avait inspiré la constitution ancienne de leur pays et est à la base de la législation (plus ou moins adaptée à l’époque moderne) dans de nombreux pays à majorité musulmane, ce qui fait de l’Islam une religion d’état et la laïcité une inconnue.

 

Dans ces conditions peut-on instaurer une démocratie là où il existe une religion d’état, là où les lois ne sont pas votées par des représentants du peuple appartenant à divers partis, mais sont déjà formalisées pour une bonne part par des coutumes religieuses anciennes et difficilement modifiables puisqu’inspirées de Dieu ?

Certains musulmans pensent que c’est possible. Ce n’est pas l’avis de la cour européenne des droits de l’homme (et on pourrait ajouter : surtout de la femme) dans un arrêt du 31 juillet 2001 qui a fait « observer l’incompatibilité du régime démocratique avec les règles de la charia ».

 

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Photo AFP de rebelles libyens à Tripoli le 24/08/11, parue dans le Monde

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Publié le 7 Janvier 2013

Lorsque des cerveaux humains réagissent à un même évènement, l’intelligence de chacun des cerveaux est inversement proportionnelle au nombre de cerveaux réunis en un même lieu.

 

Corollaire : le phénomène peut apparaitre si les cerveaux sont dispersés mais communicants de façon rapide.

 

Le théorème s’applique, bien entendu, aux foules dont les réactions irrationnelles sont en faveur d’un degré de décérébration avancée. Mais il peut s’appliquer également aux spectateurs manipulés par un spectacle et dont les attitudes et les cris montrent l’abandon de tout contrôle.

Le corollaire est illustré par le phénomène de rumeur ou de panique sans fondement conduisant à des réactions inconsidérées ou extrêmes qui s’accentuent ou se pérennisent par entraînement. L’attitude des acteurs des marchés financiers en est la démonstration en réagissant de façon primitive  par la peur ou l’euphorie.

Comme tout théorème celui-ci pourrait présenter apparemment une exception : la confrontation des cerveaux dans un débat, celui-ci développant au contraire l’intelligence de chacun. Fausse exception, car il ne s’agit pas dans ce cas de réaction mais de réflexion.

 

Pour compléter ce théorème et son corollaire (qui n’engagent que moi), il faudrait y ajouter la notion de « polarisation de groupe », développée à l’Université du Michigan dans les années 1970. Des expériences ayant démontré que l’on  devient plus extrême dans les opinions quand on discute avec ceux qui ont les mêmes. La polarisation de groupe apparait donc comme un lien  inter-cérébral amplificateur qui conduit à la perte du sens critique de chacun des participants.

Ce phénomène n’est-il pas fréquemment observé dans la blogosphère ? Les blogueurs se groupent par affinités, leurs opinions sont donc souvent semblables, ce qui peut conduire à les rendre plus extrêmes par un effet de boule de neige entre commentaires et réponses.

 

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Publié le 7 Janvier 2013

La sémantique du « politiquement correct » va parfois, à mon avis, à l’encontre même du but recherché. J’ai relevé deux expressions (mais il y en a bien d’autres) dont je  ne connais pas les auteurs imaginatifs, véhiculées par les médias, et qu’ils imposent petit à petit dans le langage courant. Ce sont des circonlocutions hypocrites qui cherchent à remplacer des termes simples et clairs et qui n’ont rien d’honteux, alors que vouloir les exprimer de façon indirecte rend justement honteux ce qu’ils signifient.

L’expression « issu de la diversité » couramment employée n’a aucun sens et est plutôt ridicule. On ne peut être issu que de sa mère et j’ai entendu un acteur dire avec bon sens qu’il n’était pas issu de la diversité mais de la Courneuve. Même si l’on accepte cette expression, nous faisons tous partie de la diversité. Mais voilà, la diversité est le plus souvent réservée aux citoyens noirs, à un moindre degré à ceux d’origine arabe et pratiquement pas aux jaunes. Pourquoi ?  Serait-il honteux de dire « noir » ? « Issu de la diversité » est ainsi une expression discriminatoire, voire raciste pour éviter de prononcer le mot « noir » et que l’on traduit à la rigueur par « black ». Et pourquoi ce concept de « diversité » puisqu’il s’agit tous de citoyens français ? Pourquoi les différencier et les mettre à part ? Pour les promouvoir ? S’ils ne peuvent pas se promouvoir seuls, c’est que là est le problème.

Et que dire des « minorités visibles ». Un noir serait-il donc visible et un blanc invisible ? Pourquoi ne pas considérer qu’une personne dont la peau est noire ou sombre n’a qu’une différence de pigmentation comme peut l’avoir un roux et ne pas s’en préoccuper. Cette « visibilité » souligne une différence portant sur des caractères physiques : vous n’êtes pas comme nous, vous êtes « visibles ».

Voilà comment le « politiquement correct » devient incorrect, car il exprime une réticence hypocrite. Cette hypocrisie nuisible chargée d’arrière-pensées qui conduit à ne pas exprimer les choses telles qu’elles sont, à ne pas aborder les problèmes tels qu’ils sont, à les effleurer de la langue, en les masquant plutôt que de les résoudre. Un citoyen doit être considéré comme tel, avec ses droits et ses devoirs et n’être jugé que sur sa personnalité, quels que soient son aspect physique ou ses origines, sans passer par ces circonlocutions acrobatiques qui, en voulant les masquer, mettent au contraire en exergue d’éventuelles différences par rapport à l’ensemble de la population et qui devraient n’avoir aucune importance.

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Magritte : « Les deux mystères »

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Je suis très dubitatif devant cette diversité tant vantée et que l’on nous engage à promouvoir comme perspective d’avenir. Entendons-nous bien, la diversité des personnes est une évidence. Que l’on soit blanc, noir ou jaune, que l’on soit grand ou petit, blond ou brun, on ne vaut que par ce que l’on est en tant que personne et par ce que l’on fait en tant que citoyen. Une personne ne peut être évaluée ni par son physique ni par ses origines. Juger un individu de la sorte, c’est lui faire d’emblée un procès d’intention, alors qu’on doit le respecter s’il est respectable.

Par contre, nous avons tendance à juger a priori les groupes humains. Un groupe humain amène autre chose avec lui et ce qu’il amène dépasse l’individu : une histoire, des mœurs et souvent une religion, des particularités qu’il entend conserver en priorité, parfois contre les lois du pays. Un individu, s’il n’est pas assujetti au groupe, pourra faire ce qu’il veut de ce bagage et peut-être en faire profiter les autres, pas un groupe. Un individu, en plus de ce qui le caractérise et de ses antécédents, pourra faire siennes l’histoire et la culture du pays qu’il a choisi et qui l’adopte, rarement un groupe.

Alors je reste dubitatif, pour ne pas dire plus, lorsqu’on nous engage dans un mode de vie sociale où la diversité n’est pas seulement constatée, mais revendiquée, assortie d’une juxtaposition des cultures, société multiculturelle qui ne peut aboutir qu’au communautarisme, intégration façon puzzle et rejet de l’assimilation.

C’est prendre la France (et par extension l’Europe) pour un vaste camping où l’on vient poser sa roulotte et que l’on choisit pour la qualité de ses installations en réglant son dû à la direction ou en effectuant quelques travaux pour elle afin de pouvoir disposer de l’électricité et des sanitaires. Mais on reste dans sa roulotte et on se lie vraiment qu’avec les gens qui sont venus dans une roulotte de la même couleur. Quant au camping, on s’en moque un peu ; sa nature, son histoire laissent indifférent le campeur, mais celui-ci se manifestera auprès de la direction si l'on touche à sa roulotte ou si le confort apporté n’est pas à la hauteur de ses espérances.

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Dessin de Philippe Geluck

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Publié le 7 Janvier 2013

« Mais, quand elle eut grandi, fut devenue facile à renverser et marchait droit vers une révolution totale de l’Etat, ils s’aperçurent trop tard que nulle entreprise à son début ne doit être tenue pour insignifiante, car il n’en est aucune que la continuité ne puisse rendre vite considérable, lorsque le mépris qu’on a pour elle empêche d’en arrêter les progrès. » PLUTARQUE, Vie de César

 

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George Grosz : « Caïn ou Hitler en Enfer »

 

Depuis 66 ans, les grandes nations européennes sont en paix après s’être déchirées pendant des siècles. En raison des deux grands massacres stupides du XXe siècle et du manque de place sur les monuments aux morts des villages, l’idée d’une Europe unie s’est concrétisée. Des visionnaires comme Robert Schuman, Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi ont été à l’origine de sa naissance. Cette Union européenne a  avancé en claudiquant, cahin-caha, mettant parfois la charrue avant les bœufs, devenant obèse au point de s’étouffer, farcie de traités mal ficelés et inefficaces, coiffée d’instances où des inconnus désignés font la part belle aux excès du libéralisme, mais cette Union, aussi imparfaite soit-elle, existe et la paix avec elle.

Une Union que les peuples comprennent mal et sur laquelle ils n’exercent pratiquement aucune souveraineté et lorsqu’ils expriment un avis contraire, il n’est pas pris en compte. Car l’idée d’une Europe unie n’est pas une idée des peuples mais de leurs élites et les peuples sont restés nationalistes, alors que ce sont eux qui meurent sur les champs de bataille.

Et l’on voit à nouveau souffler de tous bords un vent mauvais. Les extrêmes rêvent d’un repli sur soi, un trublion socialiste invoque Bismarck, les Grecs appauvris par l’impéritie et la malhonnêteté de leurs gouvernements ressuscitent le fantôme d’Hitler.  

Imbéciles dangereux recherchant ailleurs qu’en eux-mêmes un responsable de leurs malheurs.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

« Depuis que les hommes ne croient plus en Dieu, ce n’est pas qu’ils ne croient plus en rien, c’est qu’ils sont près à croire en tout » (G.K. Chesterton, cité par Taguieff).

L’histoire est remplie de complots qui ont abouti ou échoué et d’un autre côté devant tout soupçon justifié, ceux qui sont mis en cause ont tendance à se défendre en accusant ceux qui les soupçonnent de fomenter un complot imaginaire. Défense qui parait maintenant toute naturelle car nous nageons dans un univers de complots, dans une vision paranoïaque du monde.

Chaque évènement d’importance a sa version officielle et une contre-version « conspirationniste » qui permet une explication globale en bouchant les trous de la trame historique et en donnant sens et cohérence à ce qui parait ne pas en avoir. Dans cette perspective le hasard doit être aboli et si les preuves manquent, c’est qu’elles ont été soustraites.

Postulats de Taguieff sur la pensée « conspirationniste » : 1. Rien n’arrive par accident 2. Tout ce qui arrive  est le résultat d’intentions ou de volontés cachées 3. Rien n’est tel qu’il parait être  4. Tout est lié ou connecté, mais de façon occulte.

Internet fourmille de complots car il fournit aussi une masse considérable d’informations où le vrai côtoie le faux, l’imaginaire et le malveillant. Des informations que l’on peut arranger à sa guise en créant un scénario plausible avec des connexions cachées. Révélations dont se délectent les internautes, revanche des impuissants contre les complots des puissants qui, dans un esprit démoniaque, ne peuvent que vouloir le malheur des autres avec une volonté organisée et implacable de nuire ou de tromper.

Pendant longtemps ce sont surtout les minorités – ceux qui se parlent entre eux – qui ont été accusés de comploter. Les francs-maçons ont un peu perdu la cote, par contre les juifs conservent une place de choix, bien qu’ils ne représentent que moins de 0,2% de la population mondiale et moins de 1% de la population française et qu’ils ont déjà beaucoup donné.

Déclaration récente d’Adonis Georgiadis, secrétaire d’Etat du gouvernement grec, issu de l’extrême droite: « Le peuple juif, en contrôlant le système bancaire mondial, peut l’utiliser comme arme pour faire chanter et contrôler les pays étrangers, comme la Grèce ». Sacrés Juifs ! Ils contrôlent même les banques chinoises, japonaises et…arabes et sont bien entendu responsables du naufrage de la Grèce.

Mais sur l’Internet occidental ce sont plus volontiers les Etats (notamment l’Etat américain, et cerise sur le gâteau, de préférence manipulé par le lobby juif)  et les systèmes politiques qui sont accusés de comploter. Car ceux-ci ne se sont pas privés de mentir et de tromper leurs concitoyens, alors le doute s’est instauré. Doute sur les failles ou les contradictions dans les thèses officielles. Les médias étant de connivence, la vérité ne peut se trouver que dans l’espace libre d’Internet et les internautes, qui révèlent cette vérité dans un esprit de résistance contre la désinformation officielle, imitent la démarche scientifique pour réécrire l’Histoire en donnant à un  réel avec des zones d’ombres un aspect rationnel et peut importe que leur version est le plus souvent imaginaire puisqu’elle est cohérente.

Pourtant, ce n’est pas parce que le monde est absurde et chaotique qu’il faut absolument lui trouver un sens logique.

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Publié le 7 Janvier 2013

id-es-de-M-2.jpgUne chose me surprend toujours : les politiciens et les partis se comportent comme si les électeurs leur appartenaient et s’en servent comme des troupeaux que l’on peut vendre ou  confier à d’autres. Les électeurs potentiels devenant des monnaies d’échange dans les tractations des appareils pour obtenir des circonscriptions ou des ministères futurs. Des troupeaux censés comme une seule bête suivre les instructions du berger et aller là où on leur dira d’aller. Certes, les militants inscrits à un parti suivront peut-être les consignes de vote de sa direction, mais que représentent-ils ? Peanuts. Les électeurs, que les partis considèrent ou font semblant de considérer comme décérébrés et aussi passifs qu’une monnaie d’échange, iront où ils voudront sans le moindre égard pour les souhaits du berger.

Martine Aubry, avant les primaires socialistes, pour obtenir les bonnes grâces des écologistes leur a fait moult concessions, surestimant manifestement leur poids électoral ou tout simplement le nombre d’électeurs sensibles à ce genre de tractations politiciennes ou peut-être même les ignoraient-ils. Le résultat n’a pas été à la hauteur de ses espérances : les électeurs ont choisi entre deux personnes (plutôt qu’entre deux programmes). Des mains se tendent des deux bords vers François Bayrou comme s’il lui était possible de faire transhumer ses futurs électeurs vers l’un ou l’autre bord. Les électeurs centristes ont évidemment vocation à se diviser en deux.

Ce petit monde s’agite, pond des petites phrases concoctées par des conseillers et les médias tourbillonnent autour comme des mouches à l’affût d’alliances secrètes et de territoires partagés entre des généraux sans armées.  

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Publié le 7 Janvier 2013

Mon cher François,

 

Je me permets de t’appeler par ton prénom et de te tutoyer, suivant ainsi la curieuse manie que vous avez entre vous de vous traiter de camarades alors que beaucoup se détestent et que les embrassades vont jusqu’à la morsure.

A propos de morsure, je te signale que tu es en train de te faire grignoter ton fromage. Tu vois bien que ta petite camarade, la dénommée Martine, n’a pas digéré que sa propre classe te désigne comme délégué à sa place, alors elle donne à  une classe voisine des cadeaux, sous forme de circonscriptions entourées d’un nœud rose, qui étaient destinés à tes petits camarades de jeu. Elle soigne l’équipe verte pour t’atomiser et t’embarrasser jusqu’à te faire dire n’importe quoi pour leur plaire. Mais, mon petit François, pourquoi veux-tu leur plaire ? Surtout avant le premier tour de l’épreuve puisqu’ils ont une concurrente en principe contre toi et qui va sans doute avoir une note minable. Au second tour, si tu es toujours là, crois-tu qu’ils vont appeler à soutenir l’actuel tenant du titre ? C’est eux qui ont besoin de toi car ils sont dans la mouise, question fric.

Et le redoublant Chevènement, tu ne devrais pas lui dire de retourner à sa sieste ? Et le turbulent Mélenchon, qui, dans ses rodomontades, exige que tous s’en aillent, alors qu’il est dans le fromage depuis plus longtemps que la plupart d’entre eux. Tu ne pourrais pas lui dire de fermer sa grande gueule et de se dispenser de l’insulte et du mépris facile, tu crois qu’il va appeler à se mobiliser contre toi lorsqu’il sera mis sur la touche ? On dit que tu as de l’esprit, tu pourrais peut-être t’en servir. Je te signale que « les guignols de l’info » te font passer pour un débile et question communication, ils sont très forts.

Avant de prendre une haute posture, mon cher François, il faut peut-être descendre un peu dans la cour et faire le ménage dans ton propre camp où ceux d’en face trouvent leurs meilleurs alliés. Tu pourrais dire à tes camarades, qui t’embrassent pour mieux t’étouffer, que sans toi ils seront privés de  dessert, c’est un argument auquel ils sont habituellement sensibles. A moins, compte tenu des circonstances, qu’ils aient finalement peu d’envie d’être aux manettes alors qu’ils sont si pépères dans leurs baronnies où ils peuvent paisiblement baratter leur beurre.

Mon cher François, avec de tels zozos, je te souhaite bien du courage.

 

Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

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La démocratie est un régime où le peuple exerce sa souveraineté soit de façon directe, soit par ses représentants élus.

 

En Iran. Le peuple a appelé au pouvoir en 1979 le principal opposant au Shah Pahlavi, le chef religieux Khomeini exilé en France (bien mal récompensée par la suite) qui, dès son retour, a instauré une République islamique. On connait la suite : les élections existent, mais le peuple ne peut choisir qu’entre des partis islamiques.

 

En Algérie. En 1992, le FIS (Front Islamique du Salut) face à un pouvoir militaire considéré comme corrompu, remporte le premier tour des élections législatives, élections qui seront annulées. Le pouvoir devra faire face pendant des années au GIA (Groupe Islamiste Armée) qui par ses crimes et ses viols montrera un aspect bien différent de celui du FIS qui, pour gagner les élections, apportait son aide à la population.

 

En Turquie. Le peuple a choisi à deux reprises (2003 – 2007) le parti islamique (AKP) pour être au pouvoir. Pour l’instant, l’armée, héritière d’Atatürk, veille au respect de la laïcité.

 

En Tunisie. Après avoir renversé un autocrate, le peuple qui avait acquis avec Bourguiba une certaine modernité a, par des élections libres, choisi comme premier parti un parti islamique (Ennahda).

 

En Egypte. Il est probable que lors des élections prochaines, les vainqueurs seront les Frères musulmans que Moubarak avait mis hors la loi.

 

En Libye. Les personnalités qui exercent transitoirement le pouvoir ne cachent pas leur attachement à l’Islam dont devrait s’inspirer la prochaine constitution.

 

Au Maroc. Les élections récentes mettent en tête un parti islamique (le parti justice et développement).

 

 

Ce tour d’horizon très succinct et incomplet montre à l’évidence qu’à chaque fois qu’un peuple à grande majorité musulmane avait le choix, il choisissait de mettre le pouvoir entre les mains des islamistes et que ceux-ci n’y parvenaient pas que lorsque le régime en place, en général militaire et/ou dictatorial, s’y opposait. Autrement dit, les musulmans choisissent démocratiquement un parti religieux, et de leur religion, pour les diriger, quitte à s’en mordre les doigts par la suite comme en Iran. Alors, il faut cesser de projeter notre schéma démocratique sur des pays qui ont une autre conception de la démocratie que la nôtre et où la religion irrigue la société.

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Dieu-mechant.jpgLa grande question que se posent (parfois) les croyants en un seul Dieu, surtout les chrétiens pour qui Dieu est bonté, mais peut-être aussi les musulmans pour qui Dieu est miséricordieux : comment peut-il permettre la mort des enfants, la torture, les attentats contre des innocents, les massacres, les guerres, les génocides, bref, le quotidien du monde, d’autant plus que beaucoup de ces crimes sont commis en son nom ? Car Dieu est parfait, omniscient, omniprésent, il à l’ œil sur chacun d’entre nous, surveille et jauge chacune de nos actions, et écoute les prières de chaque individu. Bref, il est partout et se mêle de tout, alors pourquoi le crime ?

Les croyants font des acrobaties mentales pour le justifier ou l’expliquer : le péché originel (preuve que le Mal existait au Paradis), Satan, la punition des infidèles, la liberté de l’Homme…etc…

 

A l’époque du polythéisme, Epicure avait déjà une explication séduisante : il ne fallait pas craindre les dieux, car ils s’en foutaient, ne se préoccupaient aucunement de notre misérable condition et n’avaient aucune relation avec les humains. Bienheureux, immortels et autosuffisants, ils vivaient hors du monde dans une suprême indifférence : « L’être bienheureux et immortel est libre de soucis et n’en cause pas à autrui, de sorte qu’il manifeste ni  colère, ni bienveillance », toutes les intentions et les sentiments que la foule prêtait aux dieux n’étaient que des fictions, « tout cela est le propre de la faiblesse ».

 

Pour le monothéisme, une explication semblable  peut être tirée de la Kabbale : Dieu n’est pas là. Il existe, mais il est ailleurs.

C’est surtout au XVIe siècle que les kabbalistes ont systématisé l’idée que Dieu s’est retiré du monde pour le  créer. « Là où est le monde, Dieu n’est pas. Et là où est Dieu, le monde n’est pas ». Ainsi les kabbalistes fournissent-ils à Dieu son meilleur alibi : il lui est impossible d’être sur le lieu des crimes.

La conclusion logique est qu’il faut être reconnaissant à Dieu pour la création dont il est responsable, sinon nous ne serions pas là, mais puisqu’il ne fait plus partie du monde, il ne peut être coupable de ce qui s’y déroule. Et pour paraphraser Woody Allen : si Dieu existe, il a une bonne excuse, il n’est plus là.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Combien de fois ai-je entendu des commentateurs ou des membres d’associations diverses considérer que les expulsions d'immigrés en situation irrégulière étaient des actes racistes. Voilà un bel amalgame qui leur donne sans doute bonne conscience et qui devrait logiquement les conduire  à plaider pour l'ouverture totale des frontières et l'accueil de tous les malheureux de la terre.

Comment peut-on assimiler l'expulsion d'une personne entrée illégalement dans un pays (même si on peut la discuter) avec les actes des conquistadors espagnols qui se posaient la question de savoir si les indiens qu'ils massacraient avaient une âme ou non, c'est à dire s'ils étaient des hommes ou des bêtes, avec les négriers qui considéraient les esclaves à mi-chemin entre l'homme et la bête, avec les Allemands qui considéraient les Juifs comme des sous-hommes, en programmant et en organisant leur extermination, du petit enfant au vieillard,  de façon quasi industrielle ?  
Le racisme prétend qu'il y a des groupes humains génétiquement inférieurs à d'autres (ce qui n'a pas de sens). Parler de racisme pour n'importe quoi finit par vider ce terme de son sens. L'hostilité envers des étrangers est condamnable mais n'est pas un racisme. Rejeter les mœurs d'un autre groupe humain peut très bien se justifier et n'est pas un racisme. Dans la discrimination, une personne est rejetée en raison de ses origines, de la couleur de sa peau ou de ses différences avant même de la connaître, ce qui est condamnable. Mais considère-t-on alors sa nature comme inférieure ? Si c’est le cas pour certains, pour la plupart elle est rejetée par crainte de la différence ou par conformisme, ce qui distingue cette discrimination du racisme. Si une partie de la population subit une discrimination, elle peut se sentir stigmatisée et la subir comme un racisme, assimilant cette situation au port de l’étoile jaune par les juifs, ce qui est encore un amalgame, car le plus souvent la population visée arbore elle-même les stigmates de ses particularités auxquelles elle tient, les signes religieux « ostentatoires » en sont un exemple, les manifestations caricaturales de la Gay Pride, un autre.

 

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Quand vous donnez au moins une fois aux fondations et associations qui tentent de recueillir des fonds pour une bonne cause : soutenir la recherche portant sur une maladie grave, alléger les souffrances d’une population, fournir de la nourriture à des enfants qui meurent de faim ou appareiller les membres perdues sur des mines que des sociétés riches vendent aux belligérants qui, au milieu de la pauvreté, ne manquent pas d’argent pour les acheter – alors - quand vous donnez au moins une fois, vous êtes régulièrement sollicités. Et si vous êtes un peu las de ces sollicitations et que vous décidez de ne pas apporter cette fois votre obole dont la destinée, en fait, vous échappe, vous avez mauvaise conscience et vous vous sentez mal à l’aise.

Car la sollicitation, envoyée par la poste, est faite en sorte de vous culpabiliser si vous vous abstenez. On vous dit que votre don va permettre de trouver le traitement de la maladie (sous-entendu : si vous ne donnez pas, on ne trouvera pas…). On vous montre des images terribles d’enfants faméliques que vous allez sauvez, des amputés claudiquant sur des béquilles qui n’attendent que l’appareil que vous allez payer. On y joint une enveloppe de retour déjà timbrée, un petit ouvrage fait par un handicapé, un petit cœur attendrissant…Comment pourriez-vous jeter cela à la poubelle ? Vous êtes remercié d’avance pour votre don, c’est eux qui vous font un don avant même de savoir si vous allez en faire un.

Alors, vous vous sentez coupable et j’en ai marre de me sentir coupable alors que je n’ai rien fait !

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

 

Certaines maladies deviennent des causes nationales : tuberculose (jadis), cancer (qui n’a jamais cessé de l’être), SIDA, Maladie d’Alzheimer etc…Et chaque maladie se pousse du col pour accéder au podium. La concurrence est forte et les crédits  comme la compassion sont limités. Les associations ne ménagent pas leurs efforts et elles ont raison. L’idéal est d’entraîner un homme politique dans leur sillage. Des présidents ont eu leur « plan » pour une maladie qui se trouve ainsi associée à leur nom : Chirac, c’est le cancer, Sarkozy, c’est l’Alzheimer.

 

Aujourd’hui, on assiste à un court-circuit et une inversion : un médecin, le Pr. Victor Izraël, pour « défendre » un groupe de maladies, en l’occurrence les cancers, veut se présenter à l’élection présidentielle avec pour seul programme trouver plus d’argent à consacrer à une pathologie qui – entre nous – n’a jamais été négligée (en son temps, le Pr. Léon Schwartzenberg n’hésitait pas à verser des larmes à la télévision en disant qu’il fallait donner la légion d’honneur à tous les cancéreux).

 

On assiste de plus en plus au mélange de la politique et de la médecine. On ne peut pas dire que c’est un couple contre nature car la seconde dépend de la première, la dépendance étant celle des moyens. Mais parfois le mélange va plus loin au détriment de la médecine : manifestations de malades dans les rues et lors de l’apparition du SIDA, Act-up accusait le gouvernement de laisser mourir un peuple homosexuel décimé (on se demande ce que le gouvernement pouvait bien faire à l’époque pour l’éviter)  et où la politique et le politiquement correct sont venus perturber la démarche médicale en réprouvant, notamment, le dépistage systématique de la contamination pour ne pas stigmatiser les malades qui étaient, pour la plupart, homosexuels. Récemment encore, on a assisté à un lever de boucliers lorsqu’une ministre a parlé de populations à risque, alors que pour bien faire, il eut été plus correct de parler de comportements à risque.

 

Mr le Pr. Izraël ne mélangez pas la politique et la médecine. Laissez aux politiques le soin de faire de la politique, y compris l’organisation du système de santé pour laquelle ils doivent cependant consulter les médecins, et aux médecins celui de traiter les maladies en espérant que les politiques leur en donneront les moyens (comme c’est leur rôle), sans passer par ces causes nationales qui ont surtout des effets d’annonce.

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Publié le 7 Janvier 2013

« La Grande Tétée 2011 s'est déroulée ce dimanche matin à 11 heures dans plus de 80 villes de France, en ouverture de la Semaine Mondiale de l'Allaitement Maternel. « Allaiter et être une femme en toute liberté » en était le thème. Pour toutes les femmes présentes, allaiter est donc un acte militant ».

 

Tetee.jpgManifestation de femmes allaitant leur rejeton en public. Mais pourquoi cette opération choc annuelle ? Pour la coordinatrice et référente du réseau à Saint-Lô : « L'objectif est de permettre aux mamans qui allaitent de se rencontrer, et de les soutenir dans leur choix. Les mamans se sentent parfois isolées. Il s'agit de montrer que l'allaitement n'est pas un acte marginal ».

Isolée ? Marginale ? C’est pour le moins curieux. En France, la moitié des mères donnent le sein à leur enfant et toutes les mères subissent des pressions pour le faire qui vont de la sage-femme à l’Organisation Mondiale de la Santé en passant par les directives européennes et la Haute Autorité de Santé, en arguant des multiples avantages de l’allaitement maternel à la fois pour la mère et l’enfant, à condition, toutefois, que l’allaitement maternel soit exclusif jusqu’à 6 mois et le mieux est qu’il soit poursuivi jusqu’à 2 ans et plus. Ce qui pousse gentiment la mère à rester au foyer (voir aussi un autre article du blog intitulé « Le lait de la discorde » mise en ligne le 22/02/10). Ces femmes – disent-elles - ne veulent aucunement culpabiliser les mères qui donnent le biberon (ce qui permet, malgré tous les inconvénients qu’on lui attribue, aux pères de soulager leur compagne et de participer aussi à cette fusion avec leur enfant) mais de montrer leur bonheur de donner le sein et d’en discuter avec leurs voisines. Je n’en doute pas, mais pour vivre heureuses est-il nécessaire de s’exposer en public ?

Quels que soient les avantages accordés à l’allaitement maternel, cette manifestation publique et militante me semble incongrue, voir ridicule.

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Publié le 7 Janvier 2013

Infériorité/supériorité. Il est évident qu’établir une hiérarchie entre les cultures implique que l’on utilise des critères de jugement. Or chaque culture peut privilégier ses propres critères et chaque critère peut être jugé individuellement de façon différente. Il n’y a donc pas de critères absolus mais relatifs. Par ailleurs,  dire qu’une culture est supérieure ou inférieure à une autre n’implique pas que les individus qui en font partie sont supérieurs ou inférieurs. La comparaison entre les cultures n’est pas la comparaison des êtres humains entre eux. Parler ici de racisme est un amalgame. Les talents des individus ne sont pas en cause, mais pour s’épanouir il est nécessaire que le milieu dans lequel ils vivent le permette. Pour prendre un exemple simple : le Judaïsme et l’islam considèrent l’image figurée comme impure, ce qui n’a guère favorisé l’éclosion d’artistes portraitistes. L’environnement, qu’il soit géographique, traditionnel ou religieux, peut être favorable ou défavorable à l’épanouissement individuel mais il n’y a pas, a priori, d’être humain inférieur ou supérieur à un autre.

Le bonheur serait un excellent critère pour juger de la valeur d’une culture. Mais c’est un critère trop relatif, trop individuel et insaisissable. A cet égard des sociétés peu évoluées, mais sages, en prise avec la nature, peuvent se révéler supérieures aux autres.

Les principes moraux. Ce qui est un comportement moral dans une société peut ne pas l’être dans une autre. Pourtant, quelle que soit la société, la tendance historique est de privilégier l’humanisme, c'est-à-dire toutes les positions et les actes qui prennent pour fin la personne humaine et son épanouissement. Vaste programme qui a connu presque autant de reculs que d’avancées, mais que l’on espère voir appliquer si l’on n’est pas un barbare.

L’innovation. Toutes les cultures à un moment donné de leur histoire ont innové et inventé. Certaines ont innové pour leur survie, mais une fois leur survie assurée, elles n’ont pas été plus loin et sont restées immobiles, attachées à leurs traditions immuables. Certaines, après avoir été fertiles au bénéfice des autres cultures, n’ont plus rien inventé. D’autres n’ont pas cessé de découvrir et d’innover faisant progresser l’ensemble de l’humanité. La question essentielle qui se pose aux sociétés restées innovantes est : jusqu’où ? Le progrès technologique et scientifique ne risque-t-il pas de conduire à leur fin ?

La richesse d’une culture est peut-être le critère le moins sujet à caution. Elle comporte, outre le nombre de ses découvertes, l’importance et la densité de ses créations intellectuelles et artistiques. Patrimoine qui profite à l’ensemble de l’humanité, sauf aux sociétés rétrogrades qui le rejettent et préfèrent l’obscurantisme de leurs traditions.

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Rédigé par Dr WO

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