Ce matin, lors d’une interview d’Alain Juppé sur France Inter, un auditeur prénommé Abdul lui pose une question sur le projet de loi sur la déchéance éventuelle de la nationalité française pour des Français récemment naturalisés et dit appartenir à une famille dont les origines sont diverses et particulièrement mêlées. Mr Juppé se montre réticent sur ce projet de loi mais alors qu’Abdul n’avait aucunement parlé de religion mais d’origine, l’ancien premier ministre pour montrer la profondeur de son esprit républicain ajoute que l’Islam a droit de cité en France au même titre que les autres religions.
Abdul n’a pas précisé son origine, il vient peut-être d’un pays africain mais Mr Juppé ne lui a pas demandé s’il est d’origine tunisienne, marocaine, algérienne ou par exemple sénégalaise, non, Abdul – par son prénom - fait d’emblée partie de l’Islam, il perd son ancienne nationalité au profit d’une religion globalisante même s’il est athée. Mr Juppé dirait-il que le Bouddhisme a sa place en France en s’adressant à un Français d’origine vietnamienne à propos de la nationalité ?
De ce point de vue les Islamistes ont gagné la bataille des esprits en imposant la prééminence de leur religion sur tout autre critère et nous allons dans leur sens lorsqu’ils affirment qu’un sujet né ou devenu musulman ne peut pas quitter l’Islam.
Ainsi parlons-nous de communauté musulmane, c'est-à-dire de la communauté de « ceux qui se soumettent » (à Dieu) et bien moins souvent de communauté arabe ou d’origine maghrébine, dénomination qui permet d’inclure des personnes areligieuses et celles-ci vont, en suivant cette exclusion sémantique, se raréfier, soit en rejoignant l’Islam (parfois de façon intégriste), soit en masquant leur origine.