Si certains territoires sont dépourvus de médecins, c’est tout simplement parce qu’ils ne veulent pas y vivre et rarement en raison de la difficulté d’y exercer leur métier. Ils ne veulent pas y vivre parce que les infrastructures peuvent manquer, parce qu’ils seraient isolés, parce que leur famille aux habitudes citadines ne veut pas se résoudre à devenir campagnarde, que le conjoint ne veut pas abandonner son activité professionnelle lorsqu’il ne peut pas l’exercer dans ces territoires désertés.
J’ai toujours pensé qu’une des solutions possibles est de demander aux médecins d’assurer une consultation hebdomadaire dans ces « déserts médicaux ». Il suffit de leur donner quelques avantages pour rendre ces déplacements attractifs, la France étant finalement un petit pays, les distances à parcourir ne sont pas élevées et sortir du train-train ne devrait pas être désagréable et plutôt formateur. Pour ce qui me concerne, je n'aurais pas hésité à le faire.
Aussi ai-je été agréablement surpris par les propositions dans ce domaine de la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn (Le Parisien) :
« Dans les zones rurales, il faut être ingénieux ! Prenez le cas d'une ville avec un ou plusieurs hôpitaux. Une à deux fois par semaine, certains médecins pourraient être 'détachés' pour aller donner une consultation dans les endroits en désertification, sans avoir l'obligation d'y vivre. Idem pour les médecins libéraux. Dans un rayon de 30 km à 50 km, ils pourraient faire une consultation temporaire".
Elle ajoute, à juste titre, que la télémédecine peut rendre des services et elle cite le cas de la dermatologie qui se prête effectivement bien à ce mode de consultation. Le diagnostic étant d’abord basé sur la vue des lésions, la transmission des images à un spécialiste est aujourd’hui aisée.
Par contre en déclarant : « Le vapotage permet de réduire sa consommation mais pas l'arrêt complet du tabac. Or, c'est ce qui compte pour prévenir les cancers et les maladies cardiovasculaires. On ne reviendra donc pas sur l'interdiction de vapoter mise en place le 1er octobre prochain dans certains lieux publics », la nouvelle ministre tombe dans le même contresens que Mme Touraine : considérer que la e-cigarette est avant tout une méthode de sevrage du tabagisme. Elle l’est, bien sûr, mais elle n’a pas, comme les autres méthodes (patchs de nicotine), une efficacité absolue, tout en permettant tout de même de réduire la consommation, ce qui n’est déjà pas si mal.
Ce qui compte est de ne pas inhaler la fumée toxique du tabac et de ne pas la faire inhaler aux autres, c’est elle qui favorise cancers et maladies cardiovasculaires, ce qui n’est pas le cas de la vapeur d’eau dégagée par le vapotage. Il faut favoriser, si on ne peut pas arrêter de fumer, le remplacement d’une fumée toxique par une qui ne l’est pas, même si le vapotage délivre de la nicotine (dont on peut diminuer progressivement la dose).
Pour moi, la e-cigarette est avant un substitut au tabac et sous prétexte qu’elle ne permet pas toujours son arrêt total, on dresse des obstacles qui poussent les vapoteurs à sortir en plein air et à se mêler aux fumeurs de tabac, ce qui risque fort de les conduire à reprendre la cigarette qu’ils avaient abandonnée. C'est probablement la raison pour laquelle on constate la baisse actuelle de l’utilisation de la e-cigarette et c'est dommage.
Dessin de Philippe Geluck