Chacun peut constater que la plupart des publicités sont stupides, mais une campagne publicitaire n’a pas à être intelligente, son but est avant tout d’accrocher une marque au cerveau du spectateur. Prenons la publicité de Free basée sur des séquences débiles mettant en scène des personnes choisies pour leur laideur, elle s’accroche bien au cerveau (y compris au mien) par sa nullité même.
Les publicités peuvent être mensongères, elles n’abusent que les crédules. En cette matière, la publicité pour les cosmétiques est assez rigolote. Non pas que les crèmes de soin soient inefficaces, elles sont bénéfiques pour la peau comme le cirage permet de faire briller, d’entretenir et de protéger le cuir, mais c’est la façon de présenter et d’expliquer leurs actions qui est hilarante. On invente des molécules aux noms ronflants capables de modifier la physiologie de la peau par des mécanismes fantaisistes, de pénétrer et de régénérer un cheveu de l’extérieur, alors que sa seule partie vivante est le bulbe situé à l’intérieur de la peau. Mais expliquer les choses sans introduire du mystère et de la magie ne ferait pas vendre.
Ce qui est moins amusant, c’est qu’il n’a pas
de limites à la commercialisation (le terme de marketing est plus sexy) qui consiste souvent à chercher à vendre à quelqu’un un truc dont il n’a pas besoin et en créant ce besoin. C’est ainsi
qu’il vient d’être lancée par Walmart (numéro 1 mondial de la grande distribution) une nouvelle gamme de soins et de maquillage antioxydants et antirides (GeoGirl) destinée…aux fillettes de 8 à
12 ans !?
J’évite de ricaner pour ne pas creuser mes rides dont je n’ai pas assuré inconsidérément la prévention dès mon enfance, sans doute avais-je alors les préoccupations de mon âge plutôt que celle de la hantise de vieillir.
Fernando Botero : « La petite fille »