Le populisme a été au départ un mouvement littéraire où les écrivains cherchaient dans leurs œuvres à peindre avec réalisme la vie des gens du peuple. Puis, curieusement, le populisme est devenu une attitude politique visant à s’attaquer aux élites dirigeantes, attitude à connotation péjorative car elle peut parfois être canalisée à son profit par un homme politique hors du sérail, qui une fois au pouvoir remplace l’élite précédente par une autre, fait en sorte qu’elle lui reste fidèle, parle au nom du peuple dont il se fiche éperdument, et tout ça se termine souvent très mal.
Les exemples historiques ne manquent pas, il n’est donc pas étonnant que les classes dirigeantes actuelles devant les attaques dont elles sont l’objet répliquent en parlant de populisme, sous-entendant que ces attaques, si elles continuent, pourraient conduire au pire et que les turpitudes dont on peut les accuser sont un moindre mal. Mais la solution qui consisterait à faire des réformes de fond pour amender le système leur vient difficilement à l’esprit et elles préfèrent, toujours sous la pression populaire ou médiatique, donner quelques gages superficiels comme autant d’os à ronger en traitant de chiens ceux qui dévoilent leurs petits arrangements et de populistes ceux qui les dénigrent. Autrement dit : culpabiliser les journalistes qui osent exposer la vérité et la valetaille qui s’en scandalise. Fastoche.