Publié le 29 Juillet 2020

Qu’arrive-t-il aux USA ?

Donald Trump vient de promouvoir une médecin d’origine africaine, Stella Immanuel, née en 1965, diplômée en médecine à l’université de Calabar au Nigeria avec une licence médicale valable aux Etats-Unis et dont le président des USA a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il la jugée « très impressionnante…“J’ai pensé que sa voix était importante, mais je ne sais rien d’elle”. Donald Trump soutient un médecin dont il ne sait rien !

Bien sûr, Stella Immanuel est une chaude partisane de l’hydroxychloroquine, en affirmant que ce médicament a empêché ses propres patients de mourir de la covid-19, et qu’il rend le port du masque et le confinement inutiles. Une affirmation qui a sans doute séduit Trump. Mais s’il s’était un peu intéressé à la dame, il aurait appris que cette médecin est une version élaborée des sorciers africains nourrie de superstitions teintées de pseudo-science comme l’ont montré des vidéos datant de quelques années dans lesquelles elle déclare : que « des “esprits de souffrance” auraient ainsi des relations sexuelles “astrales” avec des femmes, ce qui cause “des problèmes gynécologiques, des problèmes conjugaux et des fausses couches”. « Dans une vidéo de 2015, elle dit que les dirigeants des États-Unis sont des “esprits reptiliens”, “mi-humains, mi-extraterrestres”. Elle dénonce l’usage d’ADN extraterrestre en médecine, causant des mélanges entre humains et démons.

God bless America...Et nous avec

Illustration : Obou : « Danse 3 » (Côte d’Ivoire)

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 26 Juillet 2020

Vacances romaines

Non, je ne suis pas à Rome mais à Noirmoutier. Néanmoins un texte de François-Guillaume Lorrain paru dans Le Point, se référant à l’ouvrage de Alberto Angela « Une journée dans la Rome antique », m’a permis de faire un saut très bref dans la Rome antique, un séjour dépaysant par les temps qui courent car les Romains ne connaissaient ni les microbes, ni les virus et leur ignorance leur permettait de ne pas les craindre comme le montrent ces quelques extraits dans le désordre :

 « En l’an 115, sous Trajan, Rome, cinq fois plus petite que Paris en surface, compte près de 1 million d’habitants. D’où ces plaies qui nous sont familières : encombrements géants, terribles nuisances sonores, prix exorbitant des loyers, crise du logement. Il y a cependant plus de lupanars (46) que de bibliothèques (28). Dix fois plus de bains publics (1 000) que de temples (100). Malgré cet engorgement, les espaces verts occupent un cinquième de la surface, quelques places sont des îlots de calme. Mais l’impression qui domine est la cohue peuplée de gens de toutes les origines, les esclaves, clé de voûte du système, provenant de nombreux pays. Les élèves ajoutent leurs décibels en suivant à l’extérieur les leçons de leur professeur (grammaticus), assis sous un portique, lisant à voix haute.

Le plus surprenant est l’omniprésence des « gratte-ciel » : les insulae. Des immeubles de cinq à sept étages. Il y en avait près de 50 000, contre seulement 1 800 domus, maisons particulières. Gardés par un ostiarius, un concierge muni d’un bâton dissuasif en bois d’olivier, composés d’appartements de trois pièces fermées, ils abritaient l’essentiel de la population, qui y mangeait assise autour d’une table, et non alanguie sur des lits, comme le Satiricon le laisserait penser. Espace cuisine et toilettes coexistaient, les Romains ignorant l’existence des microbes. Autre réalité aussi envahissante que nos terrasses actuelles : les tabernae, boutiques qui colonisent les trottoirs. Il y en a pour tous les métiers : chaudronnier qui tape comme un sourd avec son marteau, confiseur, miroitier, marchand de perles, de couronnes funéraires, fabricant de sandales. Chacune se distingue par son enseigne, mais la plupart affichent un phallus en bronze doté d’un grelot, des tintinnabula porte-bonheur, que les Romains accrochaient aussi autour de leur cou ou qu’ils effleuraient au fond d’une niche, afin de conjurer le mauvais sort.

On commence vers 6 heures du matin pour le réveil du maître, on termine à la nuit tombée dans les alcôves, où le mâle romain, apprend-on, peut faire à peu près ce qu’il veut avec une relation, femme ou homme, pourvu qu’elle soit socialement inférieure. Ce qui n’empêche pas une certaine émancipation de la femme, qui, à cette époque, peut hériter, divorcer, vivre en concubinage.

Que mangeaient les Romains ? Au petit déjeuner, pain, figues sèches et fromage. Au déjeuner, brochette, poisson grillé, olives, œufs durs, légumes et garum, condiment à base de poisson dont ils raffolaient. Le tout servi dans les popinae, tavernes où l’on mangeait sur le pouce, en demandant parfois des faveurs sexuelles à la serveuse, qui emmenait le client à l’étage ou dans l’arrière-boutique. La pudeur n’était pas le fort des Romains. Quand on a bien bu et bien mangé, il faut soulager sa vessie : à l’angle des rues, on disposait de grandes amphores ouvertes sur le côté. Elles étaient collectées par les employés des fullonicae, les blanchisseries, en quête de cette urine qu’on déversait sur le linge, qui était ensuite foulé. Pour la grosse commission, direction les milliers de latrines, finement décorées, lieu de rendez-vous amicaux, comme les thermes. Aucune séparation n’était prévue entre les sièges alignés en rang, chacun disposant pour la toilette intime d’un bâton muni d’une éponge qu’on jetait après usage. Terminons sur une note culturelle : les librairies. Elles étaient nombreuses, propriétés des affranchis. Rouleaux de papyrus, tablettes de bois, parchemins dépliants format livre de poche, produits dans l’arrière-boutique par des copistes… tous esclaves »

Me voilà pleinement déconfiné, non seulement dans l’espace, mais aussi dans le temps.

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Publié le 23 Juillet 2020

 

Proposition de conciliation dans l’affaire Darmanin

Comme l’a dit une journaliste, l’affaire Daramin est devenu le sparadrap du nouveau gouvernement puisqu’une nouvelle enquête est ouverte pour une accusation de viol alors que trois décisions de justice avaient auparavant rejeté cette accusation. Mais parce qu’il est devenu ministre de l’Intérieur, les féministes ont estimé qu’il est aussi devenu juge et partie, et forment des essaims bruyants au-dessus de sa tête à chacun de ses déplacements, ce qui devient gênant pour les autres premiers de cordée qui l’accompagnent.

Bien sûr, je n’ai aucune connaissance sur le détail des péripéties qui se sont déroulées dans l’alcôve où les deux protagonistes se sont rendus volontairement. Je n’ai que les bribes lâchées par les médias, ce qui me laissent évidemment sur ma faim. Il semble que la dame, ancienne call-girl, aujourd’hui accusatrice, se soit rendue en ce lieu intime pour obtenir une faveur de la part du susdit en échange des siennes, que la victime présumée a qualifié de « passage à la casserole », terme bien choisi s’agissant de cuisine politique. Elle a donc offert son corps pour obtenir, non pas de l’argent, mais un service. Néanmoins, il s’agit là d’une forme de prostitution. Une attitude que je ne réprouve en aucune façon car on est libre de disposer de son corps quand on est libre d’en disposer, et vendre du plaisir n’est pas donné à tout le monde et bien plus respectable que de vendre des armes.

Dans le cas qui nous occupe (un peu, seulement) il s’agissait d’obtenir un service peut-être plus difficile à rendre que de la simple monnaie. Je crois que la dame l’a finalement obtenu, et dans ce cas Darmanin s’est conduit en client respectueux de ses engagements. Or on sait qu’à présent les clients de prostituées sont passibles d’une amende de 1500 €, ce qui risque de mettre les travailleuses du sexe sur la paille et la passe à un niveau prohibitif hors des moyens des pauvres.

Quoi qu’il en soit, notre ministre de l’Intérieur (honni soit qui mal y pense) devrait s’acquitter de cette amende, ce qui pour un ancien ministre du budget ne devrait pas poser problème, afin que cesse ce bourdonnement au-dessus des têtes gouvernementales.

Illustration : Le Valentin : "Judith et Holopherne"

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Publié le 22 Juillet 2020

Faut rigoler ! Faut rigoler !Il faut avouer que Trump est un président bizarre, aussi culotté qu’incohérent, twitter-man compulsif, partisan des vérités alternatives en niant avec beaucoup d’aplomb les évidences, mais il faut aussi avouer qu’une partie des Américains se retrouvent en lui.

La seule chose que j’apprécie chez Trump est son hostilité envers la Chine. Dictature qui finit par ressembler bigrement à celle décrite par Orwell dans 1984, utilisant une technologie de pointe pour surveiller sa population, et où les opposants ou ceux qui se permettent quelques allusions critiques du régime disparaissent un à un, quand il ne s'agit pas d'un groupe humain tout entier.

Une Chine qui investit l’ONU et notamment l’OMS, mais il est vrai qu’elle est très bien placée pour ce qui concerne les épidémies dont elle est depuis quelques années la source, et en même temps la fabrique du matériel pour lutter contre, qu’elle a la générosité de vendre ensuite aux pays touchés.

Dans cette perspective, il est logique que la Chine s’intéresse aux droits de l’Homme, comme le montre ce petit entrefilet paru dans le Canard enchaîné d’aujourd’hui :

Faut rigoler ! Faut rigoler !

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Publié le 19 Juillet 2020

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Publié le 16 Juillet 2020

L’Aveu« - Taisez-vous. Je vous avertis que cette affaire fera tomber des têtes. Nous avons toutes les preuves en main. Nous emploierons des méthodes qui vous étonneront, mais qui vous feront avouer tout ce que nous voulons. Votre sort dépend de nous. Ou vous optez pour des aveux complets pour essayer de vous racheter, ou vous vous obstinez à rester dans la peau d'un ennemi de l'Union soviétique et du Parti jusqu'au pied de la potence. Alors, pour commencer, répondez à la question qui vous a été posée... »

C’est un extrait du livre d’Arthur London « L’aveu » où ce héros communiste de la résistance pendant la IIe Guerre mondiale, appartenant par la suite au gouvernement tchèque, doit avouer des crimes qu’il n’a pas commis pour sauver sa tête, et qu’il sauva, contrairement à la plupart de ses compagnons d’infortune, victimes d’une « purge » (quel mot horrible s’agissant d’êtres humains) voulue par Staline. Le « Petit père des peuples » était un spécialiste des assassinats préventifs, appliquant le proverbe arabe : « bats ta femme, si tu ne sais pas pourquoi, elle, elle le sait » (il me semble d’ailleurs que Pierre le Grand avait sorti le même précepte).

Vous vous demandez peut-être pourquoi je ressors le cadavre de Staline que les communistes d’aujourd’hui évite de déterrer en public (car ils en ont peut-être la nostalgie en privé), et bien, parce qu’un vent stalinien venant des USA semble souffler sur notre société.

Si l’on ne pense pas droit en matière de féminisme, de LGBTQ…etc...d’antiracisme (unidirectionnel), de minorités, d’immigration, de violences policières, de colonialisme… etc…etc…Non seulement on est condamné par la meute en réseau et les meutes dans la rue, mais en plus, il faut AVOUER sa faute, et même celle de ses ancêtres, s’en excuser, changer des mots, mettre un genou à terre ou même s’aplatir, c’est mieux si l'on veut survivre. Quand on a permis à une opinion contraire ou à un auteur maudit par cette foule de s’exprimer, dans l’édition, par ex. il est recommandé de faire rapidement marche arrière, ne pas éditer le livre, expulser l’auteur malencontreux, se désolidariser de lui pour ne pas subir les avanies promises par cette foule déchaînée, avide de censure, de boycott, d’autodafé et assoiffée de totalitarisme.

La purge stalinienne est revenue, et si elle n’est pas encore sanglante, elle peut le devenir, nous n’en sommes encore qu’au stade de la rééducation de la pensée.

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Publié le 14 Juillet 2020

« Elections, piège à cons »

Photo de Dovic Marin

Le slogan de Mai 1968 : « élection, piège à cons », repris par Sartre, dont on connaît l’obscure clairvoyance, s’avère de plus en plus exact depuis que grandit l’abstention, car ce sont de plus en plus les cons engagés qui se rendent aux urnes avec le risque d’élire des candidats qui ont la même affinité pour la connerie. L'aggravation de l'abstention sélectionne les votants les plus motivés et peut favoriser les extrêmes.

Les dernières élections municipales ont permis d’élire des maires de quelques grandes villes sur un programme écologiste avec environ 20% des inscrits. Les 80% de la population qui n’ont pas voté vont donc se retrouver comme des cons à subir un programme dont ils ne veulent probablement pas pour la plupart. On voit la profondeur du slogan « élection, piège à cons », car que l’on vote ou que l’on ne vote pas, on n’échappe pas au statut de con, qui, avouons-le, est un statut bien mieux partagé que celui du bon sens.

Pour ma part, sans être engagé, je vote régulièrement, sauf aux dernières municipales de Paris sachant que Mme Hidalgo avait toutes les chances d’être élue, malgré son mauvais bilan, les macronistes qui avaient l’opportunité de remporter la mairie de Paris s’étant montrés indignes de la remporter. Je vais donc subir les lubies de l’équipe municipale au nez vert qui malgré ses oukases, qui emmerdent les Parisiens, et surtout les banlieusards, qui travaillent (et dont les socialistes se foutent complètement), promulgués et exécutés les six années précédentes nous faitt respirer un air aussi pollué, bien entretenu par les voitures de moins en moins nombreuses mais de plus en plus immobilisées. Il est vrai que le socialisme moderne s’occupe de moins en moins des pauvres et de plus en plus du sexe (« genre » si l’on tient compte de l’expansion de sa panoplie) ou de la couleur de la peau, ce qui est une dérive anatomo-hormonale du marxisme.

C’est ainsi que le maire écologiste nouvellement élu à Lyon a pris comme une de ses premières décisions, d’imposer « l’écriture inclusive » (écartée par Edouard Philippe et par l’Académie Française), facteur primordial pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans le domaine de la stupidité, en imposant une langue désarticulée que l’on ne peut pas parler et qui ne peut être écrite que par une élite orthographique. Ce qui montre que si l’on traite irrévérencieusement les écologistes de pastèques : vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur, il me semble que le rouge est un peu pourri.

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Publié le 13 Juillet 2020

La culture du chanteur d’arrière-garde.

CulturesLe chanteur Renaud, après d’autres, a voulu saluer les soignants dans une chanson : “Pour tous les potes qui ont souffert de ce putain de virus, pour tous les soignants. Amitiés !”. Bien. Mais on se demande pourquoi et en vertu de quelles connaissances, il apporte son soutien au Pr Raoult : “Quand je pense au brave Docteur Raoult ; Conchié par des confrères jaloux ; Par des pontes, des sommités ; Qui ont les moules de perdre du blé ; J’me dis que monsieur Douste-Blazy, ne dit pas toujours que des conneries ; Mais ce monde est plein de voyous qui voient le mal un peu partout”. J’ignore si mes confrères sont jaloux, mais je ne pense pas qu’ils sont des voyous (terme placé là sans doute pour la rime) et je signale au chanteur que le Pr Raoult est une sommité et plus ponte que lui tu meurs. Il ajoute dans sa chanson : qu’il “s’en fiche” puisqu’il est “immunisé avec des anticorps par milliers”. Il est dommage qu’il n’ait pas celui contre la bêtise.

Culture de masse

Cultures

Devant l'afflux des touristes, l'absence de distanciation physique, la Joconde a décidé d'être prudente :

Cultures

Culture de l'hésitation : 

CulturesLe Premier ministre Jean Castex a indiqué ce dimanche 12 juillet que “la question de développer le port du masque est à l’étude”. A l’étude ? Combien faut-il de temps pour décider si la masque est nécessaire ou non dans telle ou telle circonstance ? Décidemment ces masques sont les meilleurs opposants au gouvernement.

Culture de virus : 

CulturesSamedi dernier, le concert gratuit à Nice. Virus à gogo.

 

 

 

Culture au rabais :

CulturesLe taux de réussite au bac 2020 est de 95,7%. Par mesure d'économie et même pour des raisons écologiques, il eut été plus logique, mais discriminatoire, d'afficher les quelques rares lycéens ayant échoué à cette redoutable épreuve.

 

Culture féministe :

Cultures

Manifestation contre la nomination de Darmanin à l'Intérieur et de Dupond-Moretti à la Justice. On n'arrête pas le progrès : le viol est devenu une culture, la rue une cour de justice, une accusation une certitude, et une condamnation n'a plus besoin de procès.

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Publié le 12 Juillet 2020

3001ème

Je me suis aperçu ce matin que le billet précédent est le 3000ème édité sur ce blog et il se trouve que ce dernier a pour titre « Mea culpa ». On ne saurait mieux dire.

Le monde occidental est traversé par un vent de contrition soulevé par des rafales de demandes d‘excuses présentées par le tribunal de l’histoire, si bien qu’il finit même par s’agenouiller préventivement. Seules les victimes, ou supposées telles ou leurs descendants ont droit à la parole du fait de leur statut de victime, un statut souvent acquis par procuration séculaire plutôt que vécu. Un statut recherché plutôt que celui de vainqueur, mais il est vrai que le fait de culpabiliser ou d'insulter l’ancien vainqueur ou ses descendants est une forme de victoire. On a la victoire que l’on peut.

Donc, en commettant 3000 billets, il est certain que j’ai heurté, traumatisé, agressé émotionnellement des visiteurs égarés sur ce blog. Aussi je tiens, ici, à leur présenter mes excuses en mon nom et en celui de mes descendants pour ne pas avoir d'histoire.

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Publié le 10 Juillet 2020

 

Mea culpa

Je suis vieux et je me sens de plus en plus coupable d’avoir réussi à le devenir. Je suis coupable mais pas responsable. Aussi voudrais-je plaider ma cause auprès des journalistes et des experts qui défilent sur les plateaux pour dire que les vieux ont bénéficié des trente glorieuses, que leurs retraites sont exorbitantes alors que les jeunes ne trouvent même pas de boulot, et quand ils en trouvent un, c’est pour payer la retraite exorbitante des vieux. Que c’est en raison de la fragilité des vieux que l’on a enfermé les jeunes pour bloquer l’épidémie de covid-19, et que les jeunes ont ainsi cessé de travailler pour protéger les vieux qui sont parfaitement inutiles (en dehors d’aider les jeunes) alors qu’ils vont malgré tout continuer à toucher leur exorbitante retraite payée par les jeunes, à condition, toutefois, que ceux-ci ne soient pas licenciés à la suite des faillites provoquées par le confinement des jeunes pour protéger les vieux.

Comme manifestement, je n’ai pas réussi à plaider ma cause, il ne me reste qu’à me suicider pour faire plaisir aux journalistes et aux experts. Mais je les avertis charitablement : on devient très vite vieux et la chaleur qui se profile n'est guère indiquée pour les conserver. Et là encore je me sens coupable car le réchauffement climatique, c’est moi.

Van Gogh : "Au seuil de l'éternité"

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Publié le 9 Juillet 2020

Une occasion de rire vert

Ce petit article est tiré du Canard enchaîné du 8/07/20. Il montre à quel point les politiques sont devenus ridicules, démagogues et dépourvus de bon sens. Après on s'étonne que plus de la moitié de la population s'abstienne de voter pour des acteurs dont beaucoup semblent jouer dans un clip publicitaire. Consolons-nous, il y a encore pire ailleurs quand on voit le spectacle de téléréalités joué par Trump ou le clip de Bolsonaro se faisant filmer en train de prendre un comprimé d'hydroxychloroquine, vantant les mérites du médicament en lui attribuant l'amélioration de son état.

A ce propos, je trouve que l'hydroxychloroquine est une drogue mystérieuse par son impact sur la société et je ne me souviens pas de son équivalent dans les dernières décennies. Ce lointain dérivé du quinquina utilisé par les indiens du Pérou, cet extrait de plante ayant déjà provoqué une polémique dans le corps médical sous Louis XIV, semble aujourd'hui tracer une frontière politique entre les partisans de son efficacité contre la covid-19, plutôt situés à droite, et ceux qui doutent d'elle, plutôt situés au centre et à gauche. Bien sûr, en France, la personnalité du Pr Raoult a contribué probablement à cette répartition, mais il est moins probable que cette personnalité ait pu jouer un rôle à l'étranger.

Pour Trump (un temps partisan du médicament) et Bolsonaro on peut soulever une autre hypothèse : Si la population croit que le médicament est efficace, cela permettrait de la rassurer et de la pousser à une reprise de l'activité économique dans des pays où les gens ne sont guère protégés par l'Etat et où le maintien du président à la tête du pays dépend en grande partie de la prospérité économique.

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Publié le 8 Juillet 2020

Les intellectuels sont-ils anticapitalistes par ressentiment ?

Portraits de Mao par Andy Warhol

Les intellectuels défendant le capitalisme sont plutôt rares. Rainer Zitelmann, un historien et sociologue allemand, s’est exprimé dans Le Point le 29/06/20 sur les raisons qui pousseraient beaucoup d’intellectuels à être anticapitalistes, contre les « lois » du marché, le libre-échange, la mondialisation et bien sûr les Etats-Unis.  Un capitalisme qu’ils accusent de tous les maux de la planète, de la misère en Afrique au changement climatique.

Je me permets quelques remarques :

Beaucoup d’intellectuels ont été marxistes et certains le sont encore, jusqu’à défendre des régimes indéfendables et criminels. Sartre en fut le prototype, mais ils furent légion. Nous avons encore sur les plateaux et sur les ondes des bavards qui exposent leurs convictions tout en prenant soin de taire celles qu’ils défendaient jadis et qui ne sont plus présentables. Mais les Mao, Pol Pot ou Staline, que ceux qui sont encore en vie n’hésitaient pas à soutenir, sont remplacés par les régimes cubain ou vénézuélien qui leur semblent préférables au régime démocratique sous lequel nous vivons, et qu’ils accusent, sans sourciller, de dérive autocratique.

Il n’est pas étonnant que les intellectuels soient très friands de constructions intellectuelles car ils ont toutes les armes pour les construire dans l’idéal selon les normes de la raison. Ces idéologies pensées de A à Z s’opposent au capitalisme dont l’évolution est spontanée, même si l’on s’efforce de le réguler. Cette régulation vient à posteriori, alors que l’idéologie est un a priori : une feuille de route à appliquer par l’Etat, et à insérer dans le réel quitte à le casser quand l’une ne rentre pas dans l’autre. Ainsi les intellectuels donnent un rôle prédominant à l’Etat, un étatisme qui ne peut que limiter la liberté, ce qui ne semble pas les gêner puisque la « servitude volontaire » du peuple est pour son bien. Les intellectuels savent toujours ce qui est bien pour le peuple, et cela les pousse à parler en son nom.

Rainer Zitelmann donne une raison pour le moins originale comme une des explications de l’anticapitalisme si commun chez les intellectuels : « Les penseurs n’adhèrent pas à l’économie capitalisme car elle obéit à des règles différentes de la méritocratie scolaire »… « Afin de comprendre pourquoi les intellectuels sont fréquemment anticapitalistes, il convient de tenir compte du fait qu'ils constituent une élite ou se considèrent comme une élite et que leur anticapitalisme se nourrit de l'opposition à l'élite économique. À cet égard, il s'agit d'une compétition entre différentes élites. Si davantage d'éducation et d'enseignement supérieur ne se traduisent pas naturellement par plus de revenus et un statut plus élevé, c'est que, selon les intellectuels critiques du capitalisme, les marchés sur lesquels de tels développements sont possibles sont « injustes »… « Du point de vue de l'intellectuel, l'entrepreneur qui, peut-être, n'a pas beaucoup lu et a éventuellement été un étudiant au mieux moyen, n'a rien de comparable à lui : il n'a pas de diplôme de doctorat ni de liste de publications. » et pourtant il a « des revenus et un patrimoine supérieurs à ceux du philosophe, du sociologue, de l'expert de la culture ou des arts habilités (ce qui) entraîne un scepticisme général contre un ordre économique basé sur la compétition. » « l’injustice qui en résulte (doit être corrigée) par une redistribution massive. En enlevant aux riches ce qui ne leur revient pas, du point de vue de l'intellectuel » 

Rainer Zitelmann considère donc que dans l’anticapitalisme des intellectuels il y aurait une part de ressentiment, disons même de jalousie assortie de mépris pour ceux qui n’auraient pas suivi un cursus universitaire, et qui ont eu néanmoins le toupet de réussir mieux qu’eux dans la compétition de la vie.

Notons d’abord que s’ils sont contre un ordre économique basé sur la compétition, ces intellectuels ont également émergés à la suite d’une compétition. Rien n’empêche d’ailleurs les diplômés de gagner de l’argent, ce que certains font d’ailleurs. Mais les anticapitalistes partisans d’une redistribution massive oeuvrent surtout comme philosophe, sociologue, expert de la culture ou des arts, occupations qui ne prédisposent pas à faire fortune.

Si l’analyse de Rainer Zitelmann est exact, ces intellectuels penseraient que les diplômes leur donneraient tous les droits alors qu’ils n’ont probablement pas le talent d’entreprendre ou de réussir dans le commerce. L’idéologie n’a jamais fait marcher l’économie et quand l’économie ne marche pas, il n’y a rien à redistribuer.

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Publié le 6 Juillet 2020

Chauve qui peut

Le navire humanitaire Ocean Viking a reçu hier l’autorisation de l’Italie pour débarquer à Porto Empedocle, en Sicile, les 180 migrants qu'il a secourus en Méditerranée. Apparemment ces « réfugiés » sont tous des hommes, parmi lesquels des Pakistanais, des Nord-Africains, des Erythréens et des Nigérians. La situation à bord du navire humanitaire s’était dégradée au point que des secourus ont menacé les sauveteurs. Serait-ce prémonitoire ?

Tandis que de nombreux migrants continuent de « fuir » la Libye, mais ne sont là que pour rejoindre les pays européens « racistes, colonialistes, esclavagistes et terroristes » (comme certains noirs qualifient la France), les bateaux humanitaires ont récemment repris leurs activités de sauvetage. Les lignes régulières, en coopération avec les passeurs, ont été ainsi rétablies entre l'Afrique et l'Europe.

Photo : SHAHZAD ABDUL VIA GETTY IMAGES

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Publié le 5 Juillet 2020

Voici deux entrefilets parus dans Marianne du 3/07/20 :

Pauvre Monde

Pauvre Monde 

Le Monde est le journal de référence, mais de quoi ?

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 4 Juillet 2020

Nous avons eu le « nous sommes en guerre » de Macron, formule martelée en début de phrase dans son discours au début de l’épidémie de covid-19. Certes, l’épidémie a provoqué plus de 30000 morts en France car il faut compter les morts par d’autres maladies dont les soins n’ont pas été assurés, mais on voit bien que Macron est trop jeune pour avoir vécu une guerre, et il ne lui déplaisait pas de jouer au chef de guerre sans avoir jamais revêtu l’uniforme. Pour ce qui me concerne, cette anaphore présidentielle, loin d‘augmenter le sérieux de son discours m’a paru l’amoindrir tant il sentait l’artificiel et la rhétorique.

Nous avons à présent le nouveau maire de Bordeaux, l’écologiste Pierre Hurmic, ceint de son écharpe tricolore qui a décrété dès son élection « l’état d’urgence climatique » à Bordeaux. Une grandiloquence et une disproportion qui frisent le ridicule, car que compte-t-il faire ? Abaisser la température de la planète par des mesures imposées d’urgence aux Bordelais ? Changer le climat à Bordeaux ? Pour être sérieux, il faut rester modeste. Les écologistes purs et durs, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

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Publié le 2 Juillet 2020

331. Certaines ne masquent pas les choses

Un des médecins infectiologues intervenant régulièrement sur les plateaux a déclaré récemment que le port du masque dans la rue est inutile. Je continue néanmoins à le porter car à Paris, où les trottoirs sont souvent étroits, la distanciation physique n’est pas toujours possible ou respectée. Ainsi, sans masque nous pourrions être à la merci de l’éternuement ou de la toux d’un quidam de passage non masqué et n’ayant pas le réflexe de le faire dans le creux de son coude. Notons que l’on voit fréquemment des personnes masquées mais le nez à l’air, or la contamination de ce coronavirus se fait essentiellement par le nez.

Bien que l’épidémie ne soit pas encore terminée, et que l’on observe toujours des foyers de contamination qui s’allument çà et là, aussi bien en France qu’à l’étranger, les masques se raréfient dans la rue, et le porter finit par apparaître comme un signe de couardise. Pourtant, les différentes études montrent que le masque diminue nettement le risque de contamination comme l'illustre le diagramme ci-dessous (où s’est glissée une erreur avec inversion des chiffres pour le risque selon la distance observée).

331. Certaines ne masquent pas les choses

Nous savons qu’aux USA, surtout dans les Etats qui votent républicain, les précautions sanitaires sont mal suivies car les gens se sont élevés contre elles, aussi bien contre le confinement que le port du masque.

Le Parisien du 27/06/20 rapporte qu’au cours d’une réunion tenue à Palm Beach en Floride, des Américaines ont expliqué à la tribune pourquoi elles sont opposées au port obligatoire du masque : « L’une d’elles évoque un crime contre l’humanité, (et) demande pourquoi Bill Gates et Hillary Clinton ne sont pas en prison…Une autre les accuse de tourner le dos au magnifique système respiratoire créé par Dieu » Mais la confession de la troisième ne manque pas de sel : « Je ne porte pas de masque pour la même raison que je ne porte pas de petite culotte. Les choses doivent respirer »

Illustration : Balthus : "Thérèse rêvant"

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