Publié le 31 Janvier 2013

La prostitution permet à un homme de satisfaire son désir sexuel en louant un vagin, un anus ou une bouche. Le prix est à débattre selon le nombre d’organes creux utilisés et la durée d’utilisation, le plus souvent inférieure à une heure et qui excède rarement une nuit. Mais le prix tient encore davantage compte de ce qui entoure les cavités et peut s’élever très haut si dans la luxure on a des goûts de luxe pour ce qui concerne l’objet désiré.

Si des personnes désirent un enfant en étant dans l’incapacité de le faire elles-mêmes, dans nombre de pays, ils peuvent louer un utérus étranger pour en incuber un pendant une durée de 9 mois. Le prix de la location est évidemment en rapport avec la durée (fixe) mais surtout avec le service rendu qui ne se borne pas à la simple location, car la personne qui loue sa matrice doit également nourrir le fœtus et assurer sa sécurité afin que le résultat final soit conforme aux espérances du ou des bailleurs.

Il est à noter que les pays qui permettent, comme un progrès, la gestation rémunérée pour autrui, le plus souvent dans un cadre bien organisée et dont les organisateurs touchent leur part au passage, luttent également contre la prostitution et ceux qui l’exploitent. Mais évidemment, on ne peut pas mettre sur le même plan l’exploitation de la femme pour satisfaire le désir sexuel d’un individu et celle qui permet d’assouvir le désir d’enfant. Certes, dans les deux cas la femme prête son corps contre argent (nous ne parlons pas du don) et pour satisfaire un désir égoïste, mais un enfant, c’est tout de même autre chose qu’un orgasme, encore que le premier peut naître du second.

Mais sauver une vie est au-dessus du plaisir sexuel et plus altruiste que le plaisir de posséder un enfant. Ce serait un geste digne de rémunération, alors pourquoi ne pas permettre aux pauvres de vendre un rein à ceux qui ont les moyens d’en acheter un pour sauver leur peau ? Chacun n’est-il pas libre de disposer de son corps ? Voyons, ce serait indigne. Qui parle de dignité ?

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Publié le 30 Janvier 2013

 

Le   Pr. Dominique Marananchi, président de l’Agence nationale de sécurité du   médicament (ANSM), vient d’annoncer la suspension de l’AMM de la pilule Diane   35 et ses génériques dans toutes ses indications dans un délai de trois mois.

 Ce médicament est à la fois un anti-acnéique (indication primitive) et un contraceptif. Il est pris par 350000 femmes, le risque thromboembolique étant dûment signalé et 4 décès sont survenus en 25 ans chez les utilisatrices. C’est évidemment 4 décès de trop, mais c’est tout de même très bas par rapport au nombre d’utilisatrices et la durée de son utilisation. On peut faire les remarques suivantes :

1- Ce n’est pas le premier médicament contre l’acné que l’on supprime (la minocycline efficace contre les acnés rebelles a été antérieurement supprimée). L’acné est une dermatose difficile à traiter et très mal tolérée par les jeunes femmes. On peut se demander si la solution sans risque ne serait pas le tchador.

2- Tous les médicaments efficaces ont des effets secondaires dont certains mortels. Combien de morts avec des médicaments largement utilisés come l’aspirine ou le paracétamol ? Sûrement bien davantage qu’avec cette Diane. Pourquoi ne pas supprimer la contraception orale dont les effets délétères sont les mêmes ? Les autres modes de contraception ayant leur risques propres, restera le préservatif.

3- On assiste petit à petit avec un principe de précaution (constitutionnel, s’il vous plait) sans cesse mis en avant au retrait progressif de nombre de médicaments efficaces qui va finir par désarmer les médecins au détriment des malades. Mais source certaine d’économie.

4- Curieusement, il y a des domaines où le principe de précaution ne s’applique pas comme par exemple la chasse responsable en 2011-2012 de 18 décès accidentels.

5- On ne peut que constater que ce sont les journalistes qui prennent les décisions en matière de thérapeutique. Les autorités « compétentes » ne pouvant que les entériner sous leur pression et devant la panique qu’ils suscitent avec gourmandise.

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Publié le 29 Janvier 2013

Rédigé par Dr WO

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Publié le 28 Janvier 2013

Ces jours-ci, les informations ont pratiquement toutes débuté par l’arrivée de la régate autour du monde le Vendée Globe, en s’étalant largement sur le sujet, rejetant la manifestation en faveur du voile de marié(e) pour tous et la guerre du Mali en seconde  position.

C’est vrai que les disputes autour du mariage finissent par n’avoir comme seul intérêt que d’entraîner les futurs mariés pour la vie de couple et réclamer un débat alors qu’on ne cesse pas d’en débattre ne changera guère la donne, les deux camps faisant manifestement lit à part.

Quant à la guerre du Mali, les journalistes n’en savent pas grand-chose, mais on peut imaginer selon les bruits qui courent que les troupes françaises et les quelques troupes africaines que l’on met en avant, avancent, car il est probable que les islamistes se fondent dans la population ou refluent dans le désert, il n’y a pas de honte à mettre les voiles pour attendre bien au chaud le moment propice pour revenir.

Mais je m’éparpille comme eux. Revenons à la régate. Un voilier, c’est beau et les « voileux » plutôt sympathiques. Il est certain que mener un beau et grand voilier à travers les océans doit donner beaucoup de plaisir à celui ou à celle qui, monté(e) sur son dos, le dirige habilement en affrontant la mer parfois sujette à de fortes vagues à l’âme. Mais le spectateur, lui, ne voit que le départ et l’arrivée. Pendant la course on lui dit qu’untel est devant untel ou qu’untel est en perdition et qu’il va coûter la peau des fesses car des navires vont devoir se dérouter pour le repêcher. Où est le spectacle sportif ? Heureusement que l’on n’a rien payé pour ne rien voir, sinon la marque des sponsors au départ et à l’arrivée.

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Publié le 26 Janvier 2013

Aux USA des médecins  peuvent se faire assassiner pour avoir pratiqué des avortements. Histoire de respecter la vie. Lors de la dernière campagne électorale un candidat républicain au Sénat a affirmé qu’une grossesse issue d’un viol est « une volonté de Dieu ». J’ignore si ce candidat a été élu mais il mériterait de l’être, car connaître les desseins divins constituerait un avantage certain en politique. Cependant, si les voies du Seigneur sont habituellement considérées comme impénétrables, celles des femmes peuvent être pénétrées contre leur volonté et il n’est pas très charitable d’attribuer à Dieu des projets aussi malsains.

Considérant peut-être que faire intervenir sans cesse Dieu dans cette affaire risque de le rendre de moins en moins crédible, une parlementaire républicaine, Cathrynn Brown,  envisage de condamner l’avortement du point de vue juridique (revenant des années en arrière où l’on étudiait en médecine les complications de « l’avortement criminel »). Elle a donc déposé le 23 janvier 2013 un projet de loi de l’Etat du Nouveau-Mexique visant à définir l’avortement "comme une destruction de preuve dans les cas de pénétration sexuelle criminelle ou d'inceste". Selon le projet de loi, "la destruction de preuve doit inclure le fait d'obtenir ou de faciliter, ou de contraindre ou d'obliger une tierce personne à avorter d'un foetus résultant d'une pénétration sexuelle criminelle ou d'un inceste avec l'intention de détruire la preuve du crime". Une victime d’un viol en décidant d’avorter pourrait donc être accusée de destruction de preuves et considérée comme une criminelle, l’IVG devenant un délit passible de trois ans prison.

La femme violée étant une pièce à conviction (“incubatrice de preuves pour l’Etat”), il n’est pas dit s’il sera nécessaire de la mettre dans une boîte et de l’étiqueter comme pièce à conviction.

Dieu merci, cette loi n’a aucune chance d’être votée, l’Etat du Nouveau-Mexique ayant une majorité démocrate.

(source : Huffingtonpost.fr)

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Publié le 24 Janvier 2013

Le savant fouTrès soucieux de participer au progrès de la science et heureux de pouvoir apporter ma modeste pierre à la grandeur de cette activité qui, avec les productions artistiques et philosophiques, nous sépare de la bête (car pour les autres activités la confusion est possible), je lance ici un appel muet auquel certaines d’entre vous ne resteront pas aveugles.

George Church (le bien nommé pour quelqu’un qui a la foi), généticien de l’Harvard Medical School, est à la recherche, selon le magazine allemand le Spiegel, repris par le quotidien britannique l'Independent et que je relais ici même par mon appel, d’une femme "audacieuse" ou « aventureuse » pour donner naissance à un premier bébé Néandertalien (il est incontestable qu’il faut avoir des couilles pour tenter l’expérience).

George se dit en effet capable de créer un charmant bambin Néandertalien en reconstituant le génome complet de l’homme de Neandertal (disparu il y a 33000 ans) à partir de l’ADN recueilli sur les os fossiles. Une fois l’ADN introduit dans des cellules souches  puis injecté en laboratoire dans un embryon humain, il ne lui manque plus que d’implanter celui-ci dans une mère porteuse (d’où mon appel pressant).

Bien que cette avancée de la science soit interdite dans de nombreux pays, George ne se pose pas de questions (c’est là que l’on reconnait les grands hommes) et démontre tout l’intérêt de cette manipulation : "l'homme de Neandertal pensait différemment de nous. Peut-être même était-il plus intelligent. Quand le moment viendra de gérer une épidémie ou de quitter cette planète, sa façon de penser pourrait nous être utile" (Le Telegraph), car George sait comment pensait notre cousin humain et voit loin. Cette avancée pourrait même selon lui nous fournir de nouvelles informations pour le traitement de certaines maladies comme le cancer ou le sida. Et pour la folie ?

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Publié le 23 Janvier 2013

 

Pour le   prix d’une automobile de moyenne gamme : 23000 €, la mère porteuse   préférée du couple marié depuis 2005 : Elton John (66 ans) et David   Furnish (50 ans), après leur avoir livré le modèle Zachary en 2010  pour la somme de 20000 € ( hélas, les prix   montent, et dans le cas d’une troisième livraison de la même provenance, la   somme serait de 26000 €), vient de leur livrer le 11 janvier dernier un autre   bébé tout fait, en état de marche et sans aucune malfaçon, nommé Elijah. Le   délai d’attente pour la livraison a été de 9 mois, mais il n’y a eu aucun   supplément à payer, la sortie de la fabrique n’ayant pas exigé de césarienne   dont le prix prévu était néanmoins raisonnable (3000 €).

Tous nos vœux   de bonheur à Elijah qui ne manquera sûrement de rien.

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Publié le 22 Janvier 2013

Je t’aime, moi non plus.

On fête le cinquantenaire du traité de l’Elysée signé entre la France et l’Allemagne. Ce traité fut un grand  évènement après les trois guerres successives qui ont ensanglanté les deux pays. Les politiques évoquent sans cesse, et avec une apparente émotion, l’amitié franco-allemande comme l’on manipule avec précaution une fragile porcelaine pour ne pas qu’elle se brise en la laissant échapper. Le terme d’amitié est ici un terme diplomatique qui n’a rien à voir avec le sentiment.

Car existe-t-il entre les Français et les Allemands un « sentiment réciproque d’affection ou de sympathie… » (Le Petit Robert) ? Peut-être que cette amitié existe-t-elle réellement entre les jeunes générations pour qui les conflits entre les deux pays sont de l’histoire ancienne, au point que pour certains jeunes Français le nom d’Hitler n’évoque pas grand-chose sinon, peut-être, celui, d’une compagnie aérienne. Pour la plupart des autres, j’en doute. Au moment de la partition de l’Allemagne entre Soviétiques et Alliés, Mauriac ne disait-il pas : « J’aime tellement l’Allemagne que je préfère qu’il y en ait deux » (phrase attribuée à François, mais que je crois être de son fils Claude). Conscients de la force des mots, les amis réunis n’évoquent de pénibles souvenirs qu’en attribuant les exactions passées aux Nazis, peuplade sauvage ayant occupé l’Allemagne, mais à bien distinguer de la population autochtone.

D’ailleurs, les peuples sont plutôt avares de leur amitié entre eux. On ne perd pas une occasion d’ironiser sur les autres nations. Les Français aiment-ils les Anglais et vice-versa ? Aiment-ils les Américains ? Et pourtant au XXème siècle,  les uns comme les autres ont sauvé la mise aux Français. Peut-être aiment-ils les Russes car moins présents (ce n’est peut-être pas l’avis des habitants de la Côte d’Azur). Pour ma part, j’aime les Italiens…Et les Belges, une fois.

 

George Grosz : « Caïn ou Hitler en enfer »

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Publié le 20 Janvier 2013

La prise d’otages en Algérie par des islamistes s’est terminée par la mort d’au moins 25 otages (bilan très provisoire) et de 32 ravisseurs maintenant parvenus au paradis des assassins. Certains pays qui ont perdu des ressortissants déplorent la « brutalité » de l’armée algérienne. J’ignore s’il y avait la possibilité d’une action militaire plus économe en vies humaines, mais une intervention en « douceur » face à un groupe nombreux, surarmé, fanatique, déterminé à mourir et n’ayant aucun respect pour la vie des autres, me parait une vue de l’esprit, à moins de céder au chantage de ces psychopathes qui s’empresseront alors de renouveler l’opération ailleurs.

A la fin du siècle dernier l’Algérie a subi une guerre civile sanglante qui s’est soldée par 200000 morts, tuerie déclenchée par le refus du pouvoir algérien de céder la place aux islamistes sortis vainqueurs des élections. Dans le cas présent, une négociation quelconque paraissait donc exclue pour le gouvernement algérien. Les ravisseurs devaient bien le savoir et ils étaient là pour mourir. Difficile de lutter en « douceur » contre des suicidaires, le cerveau entièrement lavé par une religion extrémiste et qui font profession de meurtres et de trafics.

Il faut se rendre à l’évidence, les démocraties en respectant leurs principes,  notamment le respect de la vie humaine, soucieuses de l’opinion publique rarement unanime et farcie d’associations à la plainte pendante, sont plus ou moins désarmées devant des fanatiques qui aiment plus la mort que la vie, et qui veulent que l’on respecte à leur égard des règles qu’ils ne respectent pas.

Il faut se rendre à l’évidence, seuls les régimes autoritaires, peu soucieux des libertés individuelles et de leur opinion publique rendue muette, ont été capables de museler les religions et leurs fanatiques. Dès leur chute, la religion prend le pouvoir ou y participe. Ce fut le cas de la Russie après la chute du communisme, celui de la Tunisie après la chute de Ben Ali, de l’Egypte après celle de Moubarak, de la Libye après celle de Kadhafi, elle a également repris le pouvoir en Turquie depuis que le souvenir d’Atatürk s’estompe et que l’influence de l’armée garante de la laïcité diminue, la Syrie ensanglantée est sur la liste et le Maroc oscille dans un équilibre instable maintenu par son roi, commandeur des croyants, mais aussi autocrate.

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Publié le 19 Janvier 2013

L’accident vasculaire cérébral survenu chez une jeune femme suivant une contraception orale par une pilule de 3ème génération a donné lieu à une plainte en justice, suivie par d’autres plaintes de la part de jeunes femmes ayant été victimes d’accidents thrombotiques liés à une contraception du même ordre.

Médiatisation extrême, discrédit jeté sur la pilule contraceptive, laboratoires montrés du doigt (car les pilules de 3ème [G3] et 4ème génération [G4] sont, certes, mieux tolérées au quotidien, mais plus onéreuses), médecins généralistes jugés incompétents pour les prescrire, abandon de la contraception par les femmes inquiètes dont la moitié prenaient ces G3 ou G4.

Panique à bord pour la ministre de la Santé qui entrevoit le spectre des scandales du sang contaminé et du médiator (qui ont été le fait des défaillances des autorités de contrôle) et prend comme décision d’avancer la date de déremboursement des G3 et G4. Il n’y a pas de petites économies, d’autant plus que le coût des avortements vient d’être pris totalement en charge et que leur nombre augmente déjà depuis ce vent de panique. Décision curieuse, car de deux choses l’une : ou les G3 et G4 sont dangereuses par rapport à leur intérêt et il faut les retirer du marché, ou ce n’est pas le cas et il faut continuer à les prendre en charge, au besoin en encadrant leur prescription.

Or, on sait depuis toujours que la contraception orale comporte un risque de thrombose surtout veineux mais aussi artériel. Ce risque est plus élevé chez certaines, en particulier lorsqu’il existe une anomalie de la coagulation comme ce fut le cas chez cette jeune femme dont l’accident a déclenché l’affaire (anomalie plus ou moins passée sous silence par les médias). Mais pour dépister une telle anomalie, il faudrait réaliser des examens sanguins approfondis, ce qui n’est guère possible pour chaque candidate à la contraception orale et on est obligé en pratique de se contenter de l’interrogatoire (antécédents personnels et familiaux) et de quelques examens de base.

Toutes les méthodes de contraception comportent des risques, mais les complications possibles sont inférieures à celles des avortements (225000 en France) ou à celles des grossesses (où le risque de phlébites est plus élevé).

En 27 ans et pour des millions de femmes, il a été déclaré 567 cas d’effets indésirables pour les pilules contraceptives et malheureusement 13 décès survenus presque tous chez des femmes atteint d’une anomalie de la coagulation de détection difficile, 7 utilisaient une pilule G1 ou G2 et 6 une pilule G2 ou G4.

Le risque serait doublé avec les G3 et G4 par rapport aux G2, c’est impressionnant, mais le risque absolu est faible passant de 2/10000 à 4/10000 (dont 2% d’accidents graves), estimation peut-être même discutable car faite à partir de registres (qui introduisent de nombreuses causes d’erreurs). A noter que l’on déplore 12 décès pour 100000 femmes enceintes.

Avec cette médiatisation d’un accident iatrogène chez une femme qui n’aurait pas du être mise à une contraception orale et la réaction un peu affolée de la ministre de la Santé (se tournant même, mais en vain, vers la commission européenne), les médecins se voient déjà accusés d’avoir prescrit un poison, avec la permission sûrement achetée des autorités de contrôle, et conséquence funeste, les avortements augmentent après abandon de la pilule contraceptive par des femmes terrorisées.

A quand le prochain scandale et la prochaine plainte en justice à l’occasion d’une complication iatrogène ? Le Vidal et les notices qui accompagnent les médicaments regorgent de possibilités. Pour la contraception, on peut toujours essayer de l’homéopathie.

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Publié le 16 Janvier 2013

Le mariage est-il une affaire d’Etat ?

Dans Le Point du 10/01/13, Pierre-Antoine Delhommais expose le point de vue de l’économiste David Friedman, un des théoriciens   de la pensée libertarienne, à propos du mariage : « Que l’Etat cesse de s’occuper de définir ce que doit être ou ne pas être un mariage ». Le mariage est une affaire privée et devrait être réglée par les partenaires qui décident de vivre en ensemble, selon un contrat (ne dit-on pas « contracter un mariage ») où seraient prévues toutes les modalités, droits et devoirs, de la vie en commun et les conséquences d’une éventuelle séparation. L’équivalent d’un contrat commercial en quelque sorte. L’Etat n’aurait pas lieu d’imposer une loi  fixant la norme à respecter. Chaque couple ainsi formé et lié par contrat pouvant bien entendu choisir ou non de doubler le contrat par une cérémonie religieuse de son choix. L’intervention de l’Etat apparait ainsi comme une atteinte à la liberté de chacun et les homosexuels en réclamant cette intervention se mettent sous sa férule. « La faute moderne est de penser que les choses importantes doivent être planifiés, régies et autorisées par l’Etat » (David Boaz, libertarien américain).

Point de vue original qui manque de romantisme mais qui mérite réflexion.

Dessin de Philippe Geluck

 

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Publié le 15 Janvier 2013

Une PMA à la chinoiseLa Chine vient d’inaugurer une forme originale de procréation médicalement assistée. Dans un pays où la démographie est un problème préoccupant, mais par son excès, un hôpital de la province Hubei a demandé à son corps médical d’entourer de ses soins les corps en mal de procréation en aménageant des chambres en son sein destinées aux rapports sexuels et qui ressemblent fort à celles des bordels, mais pour couples légitimes. L’environnement – qui n’est pourtant guère romantique - est destiné à « encourager la grossesse grâce à la passion sexuelle ».

Les chambres sont équipées de lits (en rond) drapés de gaze, complétés par de confortables sofas et assortis de lumières rouges. Rien n’est laissé au hasard, les couples peuvent disposer de sex-toys, de vidéos érotiques et pornographiques et même de costumes pour satisfaire d’éventuels fantasmes : panoplies de médecin, d’infirmière, de militaire ou d’hôtesse de l’air.

Bien sûr, nous sommes dans un hôpital, son directeur veut faire comprendre à certains Chinois « que faire un enfant est un travail très technique ». Les « patients » disposent donc de livres d’instruction sexuelle et des experts en fertilité sont là pour donner des conseils éclairés.

Etant donné le service « médical » rendu la chambre est louée l’équivalent de 130 € (le salaire mensuel moyen d’un Chinois est environ de 700 €). (Source : Gentside.com)

La médecine se mêle décidemment de tout.

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Publié le 13 Janvier 2013

Le japon nous montre la voie. Le site de l’ANPE japonaise (Hellowork) offre des postes à mi-temps pour les jeunes diplômés en attendant que ceux-ci dénichent un poste à temps plein. Actuellement il leur est proposé comme le note Japan Today :

- Un poste d’observateur de ballons publicitaires dont la mission est de s’assurer que les ballons à l’hélium qui arborent le logo des établissements pour se faire connaître dans les cieux nippons sont en état de marche et correctement gonflés. Le salaire de l’observateur de ballons serait de 5300 yens à 7300 yens (46 à 63 euros) par jour, ce qui n’est pas cher payé compte tenu du risque de torticolis qu’implique une observation assidue.

- Plus sympathique est le poste de "faux invité de mariage" qui exige cependant de bonnes manières, et dont la mission est de grossir les rangs de l’assistance et de détendre l’atmosphère. Outre son salaire (de 10 000 à 15 000 yens la soirée), le faux invité peut participer au banquet et même recevoir des cadeaux.

- Pour ceux qui ont des connaissances anatomiques de base et quelques notions artistiques, ils peuvent Chez SOD Art Works, assurer le  « floutage » des parties génitales sur les vidéos pornos. Activité qui rapporte 750 yens (6,5 euros) de l’heure, frais de transports en sus.

On voit que les Japonais ne manquent pas d’imagination pour lutter contre le chômage. Nous pourrions en France suivre cet exemple et proposer des jobs transitoires comme :

- Suiveur d’enterrements dont la mission serait de grossir les rangs du petit nombre de ceux qui assistent à l’inhumation d’un défunt inconnu et solitaire. Gais lurons s’abstenir.

- Remonteur de pantalons, pour éviter aux jeunes dans le vent, mais distraits, de se retrouver le cul nu. Emploi à risque, exigeant l’expérience des combats rapprochés.

- Eviteur d’obstacles pour empêcher une collision malencontreuse à ceux qui marchent dans la rue les yeux fixés sur leur téléphone portable. Source inépuisable mais épuisante d’emplois.

- Démêleur de fils. Chacun sait que les fils sont programmés pour faire des nœuds dès qu’on les laisse en liberté, et le temps perdu qu’il faut pour les démêler, sans compter l’énervement préjudiciable occasionné par cette activité parasite. Les entreprises auraient tout intérêt à recruter un démêleur pour améliorer la productivité de leurs employés.

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Publié le 11 Janvier 2013

Les Philippins sont 100 millions dont plus de 80% sont catholiques. Aux Philippines, la démographie serait « galopante », c’est toujours le terme employé à croire que l’on fait allusion aux légions de galopins qui galopent dans les rues ou aux étalons qui enfantent dans les chambres. Quoi qu’il en soit, l’Etat philippin cherche à brider ce galop, mais trouve en l’Eglise une opposition radicale, car de tout temps elle a trouvé cette course en avant séduisante.

Après treize ans de débats acharnés, les parlementaires philippins ont finalement adopté une loi sur la planification familiale et le gouvernement pourra distribuer des préservatifs aux pauvres en ciblant ainsi leur principale distraction qui laisse cependant derrière elle une progéniture collatérale. L’Eglise qui qualifie cette loi de « génocidaire » devrait déposer un recours et elle craint d’autres réformes comme l’autorisation du divorce.

Les religions monothéistes, quelle que soit la situation, restent farouchement attachées au modèle biblique du « croissez et multipliez-vous ». C’est sans doute une des raisons de leur opposition à l’homosexualité et au mariage des homosexuels, bien que ce mariage puisse ouvrir à un petit supplément de procréation si les homosexuels confortés par une certaine stabilité avaient recours à un tiers pour entrer dans le modèle biblique tout en le contournant.

Il faut constater que les pratiquants de ces religions, surtout s’ils sont intégristes, ont tendance à largement procréer. Ce qui pourrait conduire, si ces religions continuent leur expansion, à la diminution relative des athées et de la libre pensée, ce qui ne serait pas pour leur déplaire. Mais le triomphe serait de courte durée car une croissance illimitée de l’humanité risque fort de la conduire à l’Apocalypse. Ce qui est d’ailleurs prévu dans les textes, on ne peut donc pas taxer l’Eglise d’incohérence.

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Publié le 10 Janvier 2013

Pour être intégralement soi-même et ne pas se laisser envahir par les autres, voici dix conseils. Rien d’original, il suffit d’observer ce qui se passe autour de vous et de suivre les exemples que d’autres vous donnent :

Conseil n° 1. Si vous heurtez quelqu’un dans la rue, ne vous excusez pas mais regardez l’objet heurté de façon hostile pour qu’il se sente coupable d’avoir gêné votre passage.

Conseil n° 2. Si vous ouvrez une porte qui se referme automatiquement, ne la tenez pas pour que celui qui vous suit puisse passer, vous n’êtes pas un portier.

Conseil n° 3. Dans une station de métro, n’attendez pas que les autres descendent pour pénétrer dans le wagon, vous serez ainsi parmi les premiers à trouver une place assise.

Conseil n° 4. Une fois assis, n’éprouvez aucun remord à le rester, même si des gens fatigués vous regarde avec envie.

Conseil n° 5. Si vous êtes seul, dans un wagon, dans un ascenseur, dans des toilettes, profitez de l’occasion pour donner libre cours à vos talents artistiques en griffonnant sur les murs ou les parois un dessin pornographique, mais n’importe quoi fera l’affaire.

Conseil n° 6. Si vous toussez ou baillez, ne mettez pas la main devant la bouche, c’est fatiguant et après tout vous êtes plutôt fier de vos amygdales et il n’y a aucune raison pour que vos voisins ne profitent de vos germes, vous ne serez plus alors le seul à tousser.

Conseil n° 7. Au milieu des autres, surtout dans les transports en commun, parlez fort, en particulier au téléphone. Ce que vous dites est toujours intéressant et les autres pourront ainsi en profiter

Conseil n° 8. Dans un restaurant ou un bar, il est inutile de se montrer poli avec les serveurs, ils sont là pour vous servir

Conseil n° 9. S’il y a une queue pour entrer dans une salle de spectacle, essayez de passer devant les autres, sournoisement ou sous un prétexte quelconque.

Conseil n° 10. Si vous êtes en voiture, surtout ne laissez pas la voiture qui vous précède changer de file même si elle risque d’être bloquée et contribuez à la bloquer. Faites vous une joie de passer devant les autres voitures pour arriver le premier, même si vous avez tout votre temps.

En suivant déjà ces quelques conseils, vous serez vraiment vous-même : un con

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Publié le 8 Janvier 2013

 

 

  

BAIN DE SOLEIL

 

 Des poupées aux membres écartelés

Eparpillées sur le sable plastique

Jouissent épanouies, leur corps relâché

Sous la caresse des éclats atomiques

 

Au bord de la mer à la peau ridée

Plissée d’innombrables vaguelettes

Parmi les arêtes aiguës des rochers

Elles s’étalent en renversant la tête

 

Poupées médusées, dos à terre

Leurs têtes absentes ou alourdies

Epinglées par les rayons solaires

 

Elles resteront longtemps alanguies

Exposant leurs anatomies solitaires

Avec une étoile pour compagnie
Paul Obraska  

 

Salvador Dali : « Figures couchées sur le sable »

 

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Publié le 7 Janvier 2013

A. Lettre – clef pour ouvrir une bouche. Pendant que l’enfant s’efforce de bien la prononcer, le médecin lui glisse sournoisement un abaisse-langue jusqu’à provoquer la nausée.  Et la méfiance fût.

Abaisse-langue. Permet de dévoiler les bas-fonds du palais.

Abus de medicaments.  Se traiter à tous prix.

Acupuncture. Piercing transitoire.

Aérophagie. Attribuer à l’air des troubles dont on ignore la cause. Diagnostic léger.

Affection.  Même terme pour une maladie qui vous atteint et un sentiment qui vous attache. La maladie a malheureusement plus de constance que le sentiment.

Aléa thérapeutique. Forme médicale du dégât collatéral.

Alèse.  Protège le matelas, pas les fesses.

Amaigrissement. Engraisse l’industrie alimentaire.

Américaine. Casaque stérile que portent les chirurgiens pour opérer et répondre aux interviews télévisées.

Amiante. Fibres minérales que l’on posait sur les murs avant qu’elles ne se déposent dans les poumons.

Amnésie. Celle de la vieillesse permet d’oublier les faits récents, mais de se souvenir des faits anciens afin de pouvoir rédiger ses mémoires. Celle des politiques permet de se contredire dans le présent et d’arranger ses mémoires dans l’avenir.

Amniocentèse. Prélèvement de piscine pour vérifier la conformité du nageur.

Anabolisant. Accroît la masse musculaire sans augmenter les capacités intellectuelles.

Anglicisme. Locution empruntée à l’Anglo-américain et que l’on ne rend jamais.

Anonymat.  Rend les concours écrits justes et les lettres ignobles.

Anticorps/antigène. Ils s’assemblent et s’annihilent parce qu’ils sont complémentaires. Il n’y a pas d’amour heureux.

Antirides. Tartes à la crème des publicités de cosmétologie.

A posteriori. La démarche la plus sûre pour établir un diagnostic exact.

Apprentissage. Sert d’abord à éviter les erreurs des maîtres.

Areu. Permet déjà une psychanalyse pour F. Dolto.

Armoire à pharmacie. Sert à conserver les médicaments périmés.

Arsenic. Conduit à des expertises tirées par les cheveux.

Ascenseur. Quand il ne monte plus, il descend les hôpitaux.

Asile.  Met à l’abri du danger, met les gens dangereux à l’abri, met les vieillards en  danger.

Athlète. Personne particulièrement saine à qui les médecins prodiguent des soins qui la rendent  souvent malade.

Auscultation. Méthode d’examen permettant d’être à l’écoute d’un patient en lui demandant de se taire.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Lexicon est un néologisme que je propose pour définir l’étude lexicale destinée à déterminer le poids de connerie contenu dans les mots, substance qui n’apparait pas d’emblée dans la signification des termes et que seule l’expérience peut permettre d’apprécier. En voici quelques exemples (par ordre alphabétique) concernant l’économie :

 

Action : permet de rapporter de l’argent sans agir, surtout lorsqu’on est initié.

Concurrence : sert à se débarrasser des concurrents pour pouvoir augmenter les prix, le but ultime de la concurrence étant le monopole.

Consommation : acte survenant après le mariage béni par la publicité entre une marchandise qui s’expose et un client qui la désire.

Dégraissage : liposuccion pour se débarrasser d’un homme complet.

Délocalisation : transport d’une structure où les hommes sont rémunérés, dans un pays où ils le sont peu. L’argent ainsi économisé sert à payer davantage les dirigeants responsables du transport.

Emprunt d’état : sert à payer des intérêts plus chers à des particuliers et à mettre son nom sur une opération sans intérêt.

Investissement : sert à dépenser aujourd’hui de l’argent que l’on n’a pas pour le chômage de demain que l’on aura.

Jetons de présence : sert à rémunérer des individus souffrant d’absences qui n’oublient jamais de venir les toucher en passant d’une table à une autre.

Loi du marché : la seule législation où il n’existe aucune loi.

Moralisation de la finance : « Donner des conseils de bonne conduite aux banques et aux traders est aussi ridicule que recommander à un alcoolique de réduire sa consommation ». (Nous remercions Paul Quilès, ancien ministre PS, de nous avoir fourni cette définition).

Multinationale : organisme ayant la faculté se multiplier en se moquant complètement des nations.

Petit porteur : celui qui réalise de grosses pertes en possédant peu d’actions.

Restructuration : consiste à supprimer des structures qui contiennent des hommes, sans en créer de nouvelles pour les accueillir. Le but ultime étant d’avoir des structures ne contenant que des esclaves et des dirigeants.

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Publié le 7 Janvier 2013

« Rien n’arrêtera les réformes ». Le changement (ou la rupture) est un maître-copeau dans le langage politique. Tous les partis et même les conservateurs l’utilisent. Son emploi est obligatoire au moment des élections, car on ne peut imaginer un candidat dire aux électeurs : « Votez pour moi pour que rien ne change » (mais je ne peux pas affirmer qu’il ne serait pas élu avec une telle déclaration). Une fois au pouvoir, la plupart des gouvernants font comme les comédiens qui piétinent sur place pour faire croire aux spectateurs qu’ils avancent : ils changent le nom des organismes déjà existants, ils en ajoutent d’autres qui feront double emploi, mais tous seront toujours confrontés aux mêmes problèmes dont ils continuent à ne pas avoir la solution. D’autres, plus ambitieux, pris d’une frénésie législative pondent des chapelets de lois qui viennent s’ajouter à celles qui n’ont jamais pu être appliquées et sans prendre le temps d’en prévoir les conséquences, cassant au passage ce qui ne marchait pas trop mal pour des nouveautés qui seront cassées à la prochaine omelette ou balayées par la rue.

Il est curieux de constater que le mot réforme s’applique aussi bien au changement qu’à la mise hors service.

Je ne sais pas si les réformes s’arrêteront, mais les âneries sûrement pas. Encore que les ânes dans leur sagesse ne sont guère partisans de la fuite en avant  et ont plutôt tendance à rester immobiles lorsqu’on cherche à les faire avancer.

 

« C’est la crise ». C’est aujourd’hui incontestable. Pourtant, j’ai toujours entendu les politiques dirent que la France était en crise, même pendant les « trente glorieuses ». La crise est en effet l’alibi le plus parfait pour dédouaner les politiques de leurs actes ou de leur impuissance. « C’est la crise » est un argument imparable pour faire taire les critiques. D’ailleurs, quand elle n’existe pas les politiques l’inventent, s’ils ne la favorisent pas par leur incompétence.

 

« Lancer des pistes ». Plutôt que de chercher des solutions ou de formuler des hypothèses, les politique préfèrent de plus en plus « lancer des pistes », de préférence le plus loin possible pour ne pas avoir à les suivre.

 

« Il est bon d'avoir une opposition forte ». Ce copeau est habituellement taillé par le parti qui détient le pouvoir et qui semble ainsi navré de la faiblesse de ses opposants. C’est un des copeaux les plus hypocrites de la langue de bois. En écrasant une larme, le parti au pouvoir est bien entendu ravi de la faiblesse de l’opposition et fait tout pour qu’il en soit ainsi.

 

« Je ne vous ai pas interrompu ». Il vient de le faire en interrompant celui qui l’a interrompu.

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Publié le 7 Janvier 2013

« Tout sera mis en œuvre pour retrouver les auteurs de cet acte inqualifiable ». Ce qui veut dire que d’habitude tout n’est pas mis en œuvre, c’est selon… Copeau stéréotypé d’une grande vacuité pour montrer aux victimes sa commisération et sa volonté. Le responsable pourrait-il dire le contraire ? Ou une phrase comme « on va faire ce qu’on peut, mais c’est pas gagné », mais il préfère faire des moulinets avec ses petits bras pour impressionner la galerie.

 

« Il faut être volontariste ». Le volontarisme est « L’attitude d’une personne qui croit pouvoir soumettre le réel à ses volontés » (Petit Robert). Ce copeau est plutôt récent. La question est de savoir si ceux qui l’emploient veulent dire volontaire ou réellement volontariste c'est-à-dire avec l’illusion de modifier le réel selon leurs désirs. Après tout, le mot est peut-être employé à bon escient.

 

« C’est hautement symbolique ». En politique, comme le signal est fort, le symbole est haut. Ce qui implique que le symbole a des degrés. Il y a donc des symboles bassement symboliques. Ce n’est qu’un exemple de l’inflation du langage dont les politiques sont friands (ce ne sont pas les seuls), Citons de la même veine l’inénarrable « au jour d’aujourd’hui » pour bien le distinguer des autres jours.

 

« Les partenaires sociaux ». Sont ainsi nommés : le patronat qui redoute le social et les syndicaux qui aimeraient bien le représenter. Le gouvernement, qui n’a rien de social, soit surveille son petit monde, soit entre directement dans le jeu, face aux syndicats, car pour le patronat il n’a aucune raison de le rencontrer puisqu’ils sont souvent ensemble. Les partenaires sociaux sont partenaires comme le sont des adversaires au tennis. C’est un partenariat où le but est de vaincre l’autre. Mais aucun politique n’osera parler « d’adversaires sociaux » pour ne pas envenimer le combat, pardon, le débat.

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Publié le 7 Janvier 2013

« Envoyer un signal » ; c’est le pendant du message. Le peuple envoie un message qu’il faut déchiffrer et les gouvernants envoient un signal, de préférence fort. Il est curieux que le peuple et les gouvernants soient obligés de communiquer de façon aussi sibylline, du type sémaphorique. C’est sans doute pour permettre à chacun d’avoir une interprétation qui lui soit favorable.

 

« Nous le ferons dans la transparence ». C’est un copeau très prisé par les politiques, sans doute en raison de sa connotation de limpidité et de pureté. Mais il veut dire aussi qu’auparavant ce n’était pas le cas. Dans une démocratie tout devrait être clair et vérifiable (sic) et cette affirmation n’est donc pas une avancée mais un aveu d’opacité habituelle.

Bien sûr il y a le « secret-défense » dont on comprend l’utilité, ne serait-ce que pour enterrer des affaires glauques.

 

« Nous avons créé une commission ».  Chacun sait que c’est la façon la plus élégante d'enterrer un problème. Un copeau voisin est « nous avons demandé un rapport » avec des variantes plus gaies comme livre blanc ou livre vert. Les résultats d’une commission ou d’un rapport ont une utilité bien connue : ils servent à caler les meubles des ministères. Personne n’en tient compte ou on en prend un petit bout pour faire plaisir. Mais en attendant les résultats de la démarche, les gens sont obligés de se taire.

Les « Hautes Autorités », les « Conseils de… » qui poussent comme des champignons sont de la même veine, en doublant des structures déjà existantes (ne seraient-ce que les ministères). Les unes n’ont le plus souvent qu’une autorité limitée et les conseils des autres ne sont en général pas suivis, Quant aux observatoires, si l’on tient compte des retombées pratiques et en général filantes de leurs observations, leur coût pourrait être considéré comme astronomique.

Les gouvernants et les administrations font en outre une grande consommation de médiateurs dont on ne sait pas à quel genre ils appartiennent. Le médiateur est une chimère mi-politique, mi-civile qui s’interpose entre les élus du peuple et le peuple ou entre les services publics et le public, ce qui prouve leur éloignement. Le médiateur est chargé d’accélérer les démarches en créant une étape supplémentaire à franchir.

Mais tous ces bidules ne sont-ils pas la meilleure façon de caser des copains désœuvrés ou de récompenser des fidèles ?

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Publié le 7 Janvier 2013

« La balle est dans leur camp ». Ce copeau de la langue de bois d’allure sportive a un côté ludique. Voilà des gens, en principe sérieux, qui jouent à la baballe. Le jeu consiste pour un camp politique ou syndical à se débarrasser de la balle, comme une patate chaude, en l’envoyant chez l’adversaire pour regarder avec intérêt ce qu’il va en faire. On pourrait comparer ce jeu politique à du tennis ou du volley-ball où les joueurs envoient la balle de l’autre côté du filet  avec violence, en montrant les dents et en levant le poing lorsque la patate reste de l’autre côté. Ce qui ne les empêche pas de rigoler ensemble dans les vestiaires, comme les politiques le font dans les palais de la République où seuls persistent les filets à provisions.

 

« Que le gouvernement (ou toute autre direction) prenne ses responsabilités ». On se demande ce que cela veut bien dire. Les responsabilités, il les a déjà. Ou alors d’habitude il les met de côté, bien rangées dans une armoire et quand on le sollicite, il les sort, les époussette et les prend. Ce copeau n’a aucun sens, même une direction qui ne fait rien reste tout aussi responsable de ce qu’elle est censée diriger.

 

« Il faut déchiffrer le message » Le message émane en général du peuple et est destiné aux gouvernants. Il parait difficile à lire sans doute en raison d’une certaine incurie du peuple à s’exprimer clairement, surtout lorsqu’il le fait en marchant. Les politiques, voire les journalistes se penchent donc avec perplexité sur le message abscons pour le déchiffrer. On comprend l’embarras de ces diplômés des grandes écoles devant des messages cryptés comme : « Je crains d’être licencié » ou « Je suis chômeur et je ne retrouve pas de travail » ou « Mon salaire ne me permet pas de vivre correctement ». Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ? En général les gouvernants devant les difficultés du déchiffrage se contentent d’une solution approximative comme « Ce message traduit un inquiétude ». Ah ! Bon,  c’est rassurant, il ne se passe rien, c’est seulement la crainte qu’il se passe éventuellement quelque chose, on peut donc continuer comme avant.

 

« Il faut se retrousser les manches » copeau prolétaire toujours prononcé par ceux qui ne le sont pas en réponse aux prolétaires qui réclament une augmentation de leur salaire et de façon indécente aux chômeurs qui ne demandent qu’à les retrousser.

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Publié le 7 Janvier 2013

« C’est une provocation ! ». C’est un copeau de la langue de bois volontiers syndical. On passe de la cour politique à la cour d’école où le gamin bagarreur vous pousse pour déclencher la bagarre. On ne cherche pas vraiment à réfuter la décision de l’adversaire car on estime qu’il ne l’a prise que pour vous embêter. Na !

 

« Vous êtes archaïque ». Copeau dur, suprême insulte. Plutôt que d'apporter des arguments pour justifier un changement envisagé, on classe  l’adversaire comme opposé à la modernité, donc non crédible. Car quelqu’un de sensé pourrait-il s’opposer à la modernité ? Même si la modernité est en fait un recul sur ce qui existait. Modernité que d’absurdités a-t-on commises en ton nom !

 

« Nous avons eu un dialogue constructif ». Le dialogue constructif se déroule de la façon suivante : lorsque l’un place une brique, l’autre l’enlève et vice versa. Après une telle construction il ne reste plus une seule brique debout et les deux s’en vont, remportant avec eux les briques qu’ils avaient amenées.

 

« Nous sommes partisans de l’ouverture ». En voilà une idée qu’elle est bonne. Les politiques veulent ainsi prouver leur largeur d’esprit et leur esprit de conciliation. En réalité l’ouverture est celle de la gueule d’un requin qui se referme sur un morceau un peu faisandé du camp opposé pour l’avaler, puis le digérer dans les profondeurs de son antre.

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Publié le 7 Janvier 2013

« Je ne peux pas vous laisser dire ça ». Et le politique, apparemment outré par les propos de son opposant, montre ainsi qu’il est prêt à combattre pour ses idées, qu’il va rétablir la vérité sans se laisser circonvenir par des manœuvres mensongères. C’est donc un copeau à double détente : on gonfle le torse de l’honnête homme et on rabaisse l’adversaire. Le huron qui a reçu un jour ce copeau en pleine figure a eu cette réponse : « Et comment comptez-vous m’en empêcher ? » (Pas mal, non ?).

 

« C’est intolérable ». Par cette expression le politique se dédouane. Il montre son émotion et sa révolte alors qu’il est le plus souvent responsable de l’intolérable par son incapacité à prévenir ou à résoudre l’évènement qui le scandalise. L’expérience montre qu’il continuera à tolérer l’intolérable montrant ainsi sa résistance aux épreuves.

 

« Nous avons fait le nécessaire » : jamais avant, parfois après. Quant au contenu du nécessaire, ce n’est en général pas suffisant. Ce copeau de la langue de bois est destiné à clore un débat embarrassant, sachant que sur le moment le nécessaire ne peut pas être vérifié.

 

« Il faut être responsable ». Les premiers responsables sont les politiques. Combien d’entre eux ont eu à pâtir de leurs échecs à l’échelon national ? Car ils sont réélus pour leur efficacité à l’échelon local grandement facilitée par leur position nationale.

 

« Je suis un homme (une femme) de conviction ». On ne sait pas laquelle, ce qui permet d’en changer. D’ailleurs il est préférable que le politique n’ait pas de convictions car si elles sont mauvaises et s’il cherche vraiment à les appliquer envers et contre tous, le pays risque d’aller au désastre. Il vaut mieux qu’il résolve les problèmes avec conviction que par conviction

 

« Je serai candidat si on me le demande ». Le « on » étant indéterminé on peut s’y mettre soi-même

 

« Nous n’avons aucun différent ». C’est le plus souvent le contraire, car comment deux personnes peuvent-elles être d’accord sur tout, à moins de n’avoir aucune idée personnelle (ce qui n’est pas exclu).

 

« Il (elle) a tout mon soutien » est un copeau semblable. Les politiques réussissent l’exploit de soutenir quelqu’un en le poussant pour qu’il tombe.

 

« Je fais confiance à la justice de mon pays ». Le politique prend ainsi la posture du bon citoyen respectueux des lois alors qu’il n’a pas cessé auparavant de les transgresser. D’ailleurs il va continuer à le faire en mettant tout en œuvre pour influencer la justice dans un sens favorable à ses intérêts, c’est en cela qu’il lui accorde sa confiance.

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Publié le 7 Janvier 2013

« Soyons sérieux » : c’est un copeau-clé de la langue de bois. Elle a pour but de rabaisser l’adversaire ou le journaliste dont les arguments même exacts deviennent ainsi fantaisistes, pour tenter de rendre son propre discours crédible en lui donnant un label de véracité, surtout s’il s’agit d’un mensonge.

 

« Nous le ferons après une large concertation » : c'est-à-dire, la décision étant déjà prise elle sera néanmoins exposée à ses adversaires qui ne pourront rien y changer. La concertation se situe entre la décision et son application.

 

« C’est un débat démocratique »  est un copeau du même ordre : le débat l’est parfois (mais qui participe au débat ?), la décision qui en découle, rarement.

 

« C’est un progrès pour la démocratie ». Là il faut vraiment dresser l’oreille car le plus souvent c’est un recul (ex. un conseiller de Sarkozy a osé dire sur France Inter que la nomination du président de la TV publique par le président de la république était un progrès pour la démocratie)

 

« C’est une loi votée par les élus du peuple ». Il n’y a plus rien à dire, sauf que ce n’est pas pour cela que la loi est bonne, qu’il n’est pas du tout certain que le peuple dans sa majorité la veut, qu’une grande partie du peuple n’est pas représentée au parlement et qu’une fois élus – surtout en début de mandat – les représentants se fichent le plus souvent de ce que veut le peuple qu’ils sont censés représenter. Le peuple ne peut s’exprimer que par les sondages dont les résultats sont parfois manipulés, ne serait-ce que par les questions posées.

 

« La France est un pays d’assistés ». A commencer par les hommes politiques qui montrent l’exemple en  n’hésitant  jamais à augmenter leurs émoluments et à défendre leurs privilèges (à tel point que, comme pour les hauts fonctionnels, leur salaire ne leur sert, pour la plupart, que d’argent de poche).

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Publié le 7 Janvier 2013

« Aller sur le terrain » : les politiques se gargarisent de ce copeau de la langue de bois pour montrer combien ils sont proches de leurs concitoyens (et surtout de leurs électeurs). Ils font une apparition fugace, très organisée et encadrée, pour retourner bien vite dans leurs palais, conduit par leur chauffeur attitré qui ne respectera pas les limitations de vitesse, tellement le maître est pressé de rentrer. En fait, c’est une façon de s’exprimer méprisante ; le terrain, c’est quoi ? Des champs peuplés de péquenots ? Des quartiers incertains ? Des chantiers salissants ? De la boue ? Du purin ? des ordures ? Attention ! Les politiques choisissent leur terrain, mais il faut leur rendre hommage quand ils se vantent d’ « aller sur le terrain » comme on va à la guerre, car c’est faire preuve de courage que de se mêler à la populace,  même de loin et pas longtemps.

 

« Je suis à l’écoute » : Ah ! Les politiques montrent ainsi qu’ils daignent vous écouter ! Ils font un effort, être à l’écoute serait une qualité alors qu’ils sont élus pour ça. Il ne faut pas se faire  d’illusion, ils sont surtout à l’écoute la veille d’une élection où ils semblent passionnés, sous le regard des caméras,  par ce que raconte la marchande de fruits et légumes. Ils écoutent en pensant à autre chose ou ne retiennent que ce qui les arrange, tout en vérifiant la bonne position des journalistes.

 

« Je suis au service de mes concitoyens ». Un député est élu exactement pour ça, il n’y a donc pas lieu de s’en vanter. Alors pourquoi donner cette précision ? Justement parce que les concitoyens ont des doutes : et si le député ne pensait d’abord qu’à lui ? Et s’il ne rendait service que pour être réélu ? Il est bon de répéter qu’il ne pense qu’aux autres et qu’il se sacrifie pour eux. On ne sait jamais, à force ça peut marcher.

 

« Il est dangereux de dénigrer les politiques ». Sous-entendu : dénigrer la classe politique c’est faire le jeu des extrémistes, donc : acceptez ce que nous sommes, car nous sommes moins pires que les autres. Bien sûr, il ne faut pas mettre tous les politiques dans le même cageot, il y en a d’honnêtes et même d’efficaces (quoi ? Je ne plaisante pas), mais c’est comme pour les fruits : si dans un cageot les uns sont pourris, les autres risquent de le devenir à leur contact. La politique en tant que profession est rentable et un élu cherche à le rester car une fois entré personne ne veut sortir du fromage, bien que dans ce métier le risque de chômage est faible : ceux restés en place trouvent toujours pour les copains des points de chute enviables. Le renvoi d’ascenseur est une mécanique bien rodée chez les politiques, ce qui montre leur altruisme.

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Publié le 7 Janvier 2013

MACROBIOTIQUE. Espérer une longue vie en broutant à table.

MAGNETISME. Moyen pour attirer des pièces de monnaie.

MAIN. La main qui soulage sort parfois du cadre thérapeutique.

MALADIE. Elle n’est pas une fatalité ; on peut mourir avant.

MANDARINS. Espèce non protégée, en voie de disparition. Les derniers représentants se dissimulent en se répandant en critiques sur leurs comportements nuisibles tout en continuant à les pratiquer pour leur compte personnel.

MASTURBATION. Faire à soi ce que l’on ne peut pas faire aux autres.

MATHEMATIQUES. Le rêve impossible des sciences humaines.

MECENAT. La forme la plus hypocrite, mais la plus utile de la publicité.

MEDECIN DE cAMPAGNE. exerce la médecine de ville dans le désert.

MEDECIN DU TRAVAIL. Il lui est interdit de traiter ses patients au travail. Il peut par contre les mettre au chômage.

MEDECINE. Art scientifique envahissant la société. N’intervient qu’épisodiquement de façon décisive au cours de la vie de la plupart des individus, notamment à la fin. Combat d’arrière-garde pour retarder une défaite assurée.

MEDECINE SPECTACLE. La médecine est un spectacle dont les découvertes et les techniques sont le décor,  les médecins-vedettes  les acteurs et dont nous sommes tous, tôt ou tard, les figurants.

MEDECIN TRAITANT. Malheureusement, ce n’est pas un pléonasme.

MEDICALISATION. Intervention médicale ou recours à la médecine en l’absence de maladie. Cherche à combler cette absence.

MEDICAMENTS. La plupart cherchent à soigner une maladie. Certains, pour lesquels on a beaucoup investi, poussent à créer une maladie pour la soigner.

MEDISANCE. « Il ne faut jamais dire du bien de son prochain : on en vient par là à en dire du mal. » (Le Talmud).

MEMOIRE.  Faite plus de trous que de pleins.

MENOPAUSE. La meilleure contraception.

MENSONGE. Vérité plus crédible.

MERE PORTEUSE. Le plus jeune métier du monde.

MINERVE. Signe ostensible de lésion cervicale. A garder même dans les lieux publics.

MIRACLE. Une guérison contre toute attente, mais on attend d’être guéri de la croyance aux miracles.

MISANTHROPIE. S’aimer soi-même comme on hait les autres.

MISOGYNIE. Maladie génétique transmise par le chromosome Y et qui ne touche que les hommes.

MOI. Champ fertile, sondé et labouré sans fin par les psychiatres, les psychanalystes, les psychologues avec un bon rendement.

MOMENT. Unité de temps très utilisée pour faire patienter un patient.

MORGUE. « Rendez-vous des thérapeutes » qui y laissent la leur. 

MORT.  Le seul évènement crucial de la vie dont on ne garde pas le souvenir.

MORT CEREBRALE. Mort juridique laissant le corps vivant à la disposition du corps médical.

MORT SUBITE. Survient parfois dans le plaisir (épectase, synonymes : mort surbite, tomber raide).
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Publié le 7 Janvier 2013

JARGON. Permet parfois au médecin de masquer son ignorance en substituant au terme courant son équivalent médical. Ainsi un essoufflement devient une dyspnée et des érections rares, une période réfractaire allongée.
JEUNESSE. Maladie qui guérit toute seule. Il suffit d’attendre.
KETCHUP. Ingrédient obligé de la diététique des enfants. 

KINESITHERAPEUTE. Se mobilise d’un patient à un autre.

KLEPTOMANIE. La seule manie qui rapporte.

KNOCK-OUT. Coma  provoqué sous les ovations de la foule.

LABORATOIRE (EXAMENS DE). «  Si le malade a soif et si les examens de laboratoire disent qu’il n’a pas soif, il y en a un des deux qui se trompe et ce n’est pas le malade » (Le bon réanimateur).

LABORATOIRE DE RECHERCHE. Recherche de l’argent pour trouver l’or du Nobel.

LAPAROTOMIE. Pour voir ce que quelqu’un a dans le ventre.

LASER. Répare en chirurgie et tue dans « La Guerre des Etoiles ».

LAVAGE DES MAINS. Permet de se débarrasser des importuns.

LEADER D’OPINION. Médecin omniprésent dans les réunions et les publications médicales. Recherché par les laboratoires pharmaceutiques pour imposer leurs produits à ses confrères. Le conflit d’intérêts est un conflit qui bénéficie aux deux camps. Comme d’habitude les victimes éventuelles sont toujours des civils.

LEGALE (MEDECINE). Ne s’occupe que des morts. Il serait déplacé d’en conclure que c’est la médecine illégale qui s’occupe des vivants.

LEGISTE (MEDECIN). Clown blanc des séries policières télévisées, tend à être remplacé par une jeune femme, le plus souvent charmante, qui, à se pencher au plus près sur son travail, semble se parfumer aux odeurs de décomposition.

LENDEMAIN (PILULE DU). Répare l’oubli de la femme après avoir perdu la tête.

LIBIDO. Fait couler autant d’encre que de sperme.

LIFTING. Enlève les rides mais empêche de se dérider.

LIPECTOMIE, LIPOSUCCION. Permettent de dépenser le gras mis de côté

LITHIASE. Mauvais calculs.

LIT (D’HÔPITAL). Meuble à roulettes dans lequel on couche un malade (sans être certain qu’il pourra y dormir). Souvent confondu par les « experts » avec le malade lui-même, d’où leur conseil de supprimer des lits pour supprimer des malades. Il est possible qu’en définitive ils aient raison : le malade risque de ne plus l’être de façon définitive si on ne lui trouve pas un lit pour le soigner.

LOI DES SERIES. Loi inexistante qui sert souvent d’explication ou d’excuse à des erreurs professionnelles réitérées.

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Publié le 7 Janvier 2013

Iatrogène. Définit une maladie provoquée par l’intervention médicale. Les réussites thérapeutiques les plus spectaculaires sont obtenues  lorsque le médecin reconnaît la nocivité d’un traitement et qu’il l’arrête. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Toutefois, on ne parle jamais de guérison iatrogène.

Idées reçues. Ont toujours fait des ravages, en médecine comme ailleurs : «  Ce qui a été cru par tous, et toujours, et partout, a toutes les chances d’être faux. » (P. Valéry) 

Idiopathique. Terme savant pour dire que l’on ne sait rien de la cause d’une maladie « L’art de bien traiter une science se réduit à l’art d’en bien faire la langue » (Etienne Bonnot de Condillac).

Ignorance. La médecine, plus on est ignorant, plus elle paraît simple. Plus la médecine paraît simple, plus le médecin est formel et plus il se trompe.

Illusion. Quand un patient prend un médicament et qu’il se sent bien, il est vain de lui dire que ce médicament ne sert à rien, car il est persuadé qu’il irait moins bien s’il ne le prenait pas. On s’aperçoit qu’un remède ne guérit pas que le jour où on trouve celui qui guérit (JF Revel).

Immortalité. « Je savais bien que nous étions mortels, mais je pensais que l’on aurait fait une exception pour moi » (Un auteur anglais, dont j’ignore le nom, sur son lit de mort).

Immunité. Xénophobie nécessaire.

Imposteur. Dans la mesure où un médecin ne peut pas tout savoir, il lui arrive de l’être. Le comble serait qu’un médecin fasse semblant de connaître une maladie dont il ignore tout, et que le malade simule.

Imprudence.  Ne devrait être commise que par un médecin chanceux traitant un patient qui ne l’est pas moins.

Impuissance. Perte de la puissance que les hommes mettent dans un drôle d’endroit.

Inciser. Couper n’est pas jouer.

Incubation. Un silence de mauvais augure.

Indécision. En médecine elle conduit à ne rien faire, ce qui est déjà une décision

Indication. Doit-on faire ce que nous pouvons faire ou pouvons-nous faire ce que nous devrions faire ? Là est la question.

Indifférence. Reprocher à un médecin de paraître indifférent, c’est comme reprocher aux pompiers d’éviter de se brûler

Infections nosocomiales. Lorsque les microbes les plus méchants se font hospitaliser.

Infirmières. Toujours les flatter en public. Ne s’en plaindre qu’en privé. N’épouser que les plus jolies.

Informatique. Enfin un bouc émissaire pour expliquer les erreurs médicales.

Informer. Devoir pour le médecin qui devient un problème pour le malade. 

Innocuité. Ce qui ne nuit jamais ne guérit pas non plus.

Institut de veille sanitaire. S’est endormi à la chaleur.

Interdiction. Un des plaisirs pervers des médecins « Tout ce que j’aime, ou c’est immoral, ou c’est illégal, ou ça fait grossir » (Guy Marchand)

Internement. Un ancien dicton d’aliéniste disait : en psychiatrie, tout internement est abusif mais toute sortie est prématurée.

Interrogatoire. «  Si vous ne posez que des questions, vous n’obtiendrez que des réponses  » (Balint) c’est amusant, mais qu’est ce que ça veut dire ?

Interview. Il y a des médecins préposés à l’interview comme il y en a de garde.

Intuition. A bannir, car basée sur aucune preuve. Certains malades toujours vivants grâce à elle, le sont sans preuve.

Inutile. Il est plus utile de déterminer ce qui est inutile pour le malade que d’utiliser chez lui tous les moyens dont on dispose, en croyant être utile. 

IRM. En détectant la consommation d’oxygène, l’IRM fonctionnelle permet de voir les régions du cerveau qui pensent. On va pouvoir vérifier la remarque de Jules Renard (Journal) : «  Il ne parle pas, mais on sait qu’il pense des bêtises ».

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Publié le 7 Janvier 2013

lecteur.jpgHasard. «  Je n’ai pas l’intention de refuser au hasard ce qui lui est dû : j’estime effectivement que les gens bien soignés bénéficient d’un heureux hasard, et ceux qui sont mal soignés d’un hasard malheureux. » Hippocrate (De l’Art). Rien à ajouter.

Hélice. La double hélice qui caractérise la molécule d’ADN est le symbole de la vie et de l’information qui aboutit à un être humain. Que ce soit une double ligne tordue n’est pas pour étonner.

Hérédité. Transmission à sa descendance par un organisme génétiquement modifié (OGM) au cours de l’évolution, du résultat de ces modifications. Nous sommes tous des OGM dangereux pour l’environnement et menacés de destruction.

Hernie. Joue à cache-cache, on la trouve lorsqu’elle montre sa tête.

Hétérosexuel. Permet la pérennité de l’homosexualité.

Hildegarde de Bingen. Mystique bénédictine du XIIe siècle, compositeur de musique et médecin. visionnaire, elle soutenait que l’esprit des femmes valait celui des hommes. Une bonne raison pour ne pas être canonisée.

Homéopathie. Application efficace de l’effet placebo.

Hôpital. La hantise a  toujours été d’en sortir, s’y ajoute de plus en plus celle de pouvoir y entrer

Hospice. Terme vieilli désignant un établissement où l’on concentre les vieillards mais pas le personnel destiné à s’en occuper. 

Hospitalisation à domicile. Toujours souhaitable, comme de bâtir les villes à la campagne.

Hosto. Désigne populairement l’hôpital. C’est pourquoi on ne dit jamais d’un malade qu’il est à l’hosto américain.

Humanitaires (organisations). Applications altruistes de motivations égoïstes.

Hymen. Fantasme sanglant.

Hypocondriaque. S’invente des maladies alors qu’il en existe déjà tellement.

Hypnotisme. Revient toujours à la mode de temps en temps pour traiter diverses affections mais pas l’insomnie.

Hystérie. Diagnostic aisément porté par les hommes lorsqu’ une femme s’oppose à leurs vues ou lorsqu’ils réprouvent ses actions.

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Publié le 7 Janvier 2013

Facteur Rhésus. Peut annoncer une naissance délicate[1].

Fécondation in vitro. Rencontre du deuxième type entre le spermatozoïde et l’ovule.

Fenêtre thérapeutique. Arrêt du traitement pour voir si l’état du patient ne s’améliore pas en son absence. Autrement dit : ouvrir la fenêtre pour voir si l’absence de lumière n’était pas du au volet thérapeutique. 

Fermeture de lits. Méthode qui vise à diminuer le nombre de malades en diminuant le nombre de lits disponibles. Cette méthode peut s’avérer efficace si le malade meurt pendant la recherche d’un lit vacant.

Fils de patron. Une descendance fin prête pour l’ascension, mais «  naître dans une écurie ne fait pas de vous un cheval.» (Duc de Wellington).

Flatuosités. Celles des bovidés domestiques seraient responsables en partie de l’effet de serre. Il n’y a que l’homme pour avoir le culot de transformer la vache en bouc émissaire.

Forfait hospitalier. Au prix où il est, il s’agit bien d’un forfait.

Fortifiants. Fortifient essentiellement le chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques qui les vendent.

Frigidité. Quand la chaleur jette un froid.

Fruits et légumes. Plus fréquents au bas de l’écran de télévision que dans les assiettes.

Garde-malade. Surveille quelqu’un qui ne peut pas s’échapper.

Gendre de patron. Avance masqué sous son propre nom dans les concours.

Généraliste. Doit en savoir assez sur  tout. En a assez qu’on lui mette tout sur le dos.

Généticien. Qui modifie un œuf modifie un bœuf.

Géniteur. De plus en plus anonyme et à responsabilité limitée.
Godemiché. Sexe à pile. 

Goutte à goutte. Débit d’une perfusion. L’inquiétude est pleine lorsque le flacon est vide

Grand. Un grand médecin guérit parfois, un grand malade rarement.

Gratitude. Sentiment inattendu. Parfois absente alors même que le médecin était en droit de l’espérer. Parfois présente alors qu’il ne la mérite pas, le malade étant sensible aux efforts déployés pour le sortir de la situation où le médecin lui-même l’a mis.

Gravité. Se manipule. Soit noircir la situation en toute malhonnêteté pour se protéger des reproches si les choses tournent mal ou augmenter son mérite si elles évoluent bien. Soit minimiser par compassion en prenant des risques car on en veut moins au médecin quand il se trompe en étant pessimiste  que lorsqu’il est optimiste à tort.

Greffe d’organe. Cannibalisme parentéral.

Grenouille. A permis à la médecine de progresser par petits bonds.

Grossesse. Normalement avant la ménopause.

Guêpe. Enviée pour sa taille et redoutée pour sa piqûre.

Guérison. Sauvetage provisoire.

Guérisseur. Dénomination réservée à ceux qui ne sont pas médecins, rejetée par les médecins qui sont formés pour guérir

Guevara (che) Médecin ayant acquis sa notoriété à la pointe du fusil. Continue à décorer les tee-shirts.



[1] Si une femme enceinte ne possède pas ce facteur sur ses globules rouges et si le fœtus le possède, la future mère peut former des anticorps contre les globules rouges de son futur enfant (maladie hémolytiques des nouveau-nés).

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Publié le 7 Janvier 2013

Délais. Il n’y a pas que les malades qui s’allongent.

Delirium tremens Accès à un parc zoologique imaginaire.

Démographie médicale. Sera satisfaisante lorsqu’on adaptera le nombre des malades au nombre de médecins.

Dépistage. Chasse à la maladie  ouverte toute l’année. Les plus beaux trophées sont ceux qui paraissaient en bonne santé.

Directeur d’hôpital. On lui reproche de mal traiter les médecins.

Diriger un malade. Ce n’est pas lui donner des conseils avisés mais le transporter ailleurs. C’est la seule situation où un médecin est amené à vanter une maladie pour que le malade qui en est atteint soit accepté dans un autre service.

Divan. Sert en psychanalyse à accoucher un patient de ses tourments.

Don d’organe. Permet au donneur de partager l’intimité d’un étranger même après sa mort.

Dopage. Le seul cas où en altérant la santé on augmente les performances.

Douces (médecines). Caressent les maladies dures.

Doyen. Même élu jeune, il vieillit vite.

Drogues. Même ceux qui luttent contre ne s’en sortent pas.

Droit à la santé. Noble ambition. Pour l’instant il faut se contenter du droit aux soins.

Dysérection ou dysfonction érectile. Style pompier pour désigner l’impuissance..

Echecs. Une école où mieux vaut ne pas s’attarder.

Effets secondaires. C’est l’avis des médecins, pas des malades.

Efficacité. Les traitements qui paraissent les plus efficaces au malade sont ceux qu’il prend alors qu’il guérit tout seul.

Electroencéphalogramme. Plat redouté.

Embryon. Non né, il fait naître convoitise et querelles.

Emporte-pièce. Se dit d’une perte de connaissance à début et à fin brutaux. Pièce est terme curieux pour désigner un malade.

Endémie. Visite les touristes.

Epidémiologie. Cherche en gros ce qu’il faut traiter en détail.

Erection. « Ne se dit qu’en parlant des monuments » (G. Flaubert, Dictionnaire des idées reçues)). Passé un certain âge, le monument devient historique.

Escalade. Se dit de la thérapeutique lorsqu’elle va d’échec en échec et que l’état du malade est de plus en plus bas.

Espace. Mot en expansion s’appliquant n’importe où et à n’importe quoi. Seul l’espace sottise n’est pas délimité.

Espoir. Besoin incurable.

Essentiel. Les médecins qualifient d’essentiel un syndrome dont ils ne connaissent pas la cause. Le principal de l’essentiel est l’ignorance.

Esthétique (chirurgie). Permet de remodeler les visages selon des figures imposées.

Exercer. La plupart des médecins exercent la médecine. Certains s’y exercent.

Expert. Censé connaître le sujet. Est lui-même un sujet de mécontentement. Il n’est pas défendu de l’accuser.

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Publié le 7 Janvier 2013

Caducée. Emblème d’Asclépios (Esculape pour les Romains), Dieu de la médecine qui protège des contraventions.

Cal (osseux). Peut être vicieux. Jamais vertueux.

Calorie. Unité de quantité de chaleur et de valeur énergétique des aliments. Omniprésente dans les conversations des dîners en ville où les convives transmutent simultanément la chaleur en poids et l’énergie en masse.

Carabin. Masculin de carabine dont les premiers tirs peuvent être redoutables.

Caritatif. S’épanouit dans la souffrance.

Cellules. Enfermées dans notre corps, nous sommes leurs prisonniers.

Cellule psychologique. Suit les catastrophes comme le tonnerre suit l’éclair. Du bruit pour rien.

Cellulite. L’aspiration des femmes est de la faire disparaître.

Certitudes. Croyances des médecins en ce qu’ils disent.

Chaire. Donne de la hauteur à celui qui parle même lorsque son discours est plat.

Chef de service. Le seul qui peut poser à tous des questions dont il connaît les réponses.

Chien de Pavlov. A chaque fois qu’il salivait, Pavlov lui amenait à manger.

Chirurgien. Entre par effraction avec l’assentiment de tous.

Cicatrice. Critère superficiel d’appréciation de la qualité du chirurgien.

Climatiseur. Appareil à diffuser les germes  à température constante.

Clitoris. Le seul organe dont l’unique fonction est de procurer du plaisir.

Clonage. Faire deux fois la même erreur.

Cocaïne. Poudre explosive devenant à la longue une poudre à lessiver.

Cohorte. Population désarmée, contrairement aux légions romaines, faisant  l’objet d’une étude médicale.

Coma. Dépassement mortel.

Compétence. « Un homme compétent est un homme qui se trompe selon les règles » (Paul Valéry).

Condamné par la médecine. Expression attribuant un pouvoir que le médecin n’a pas, en exonérant la maladie de sa culpabilité.

Consensus. Concilie les opinions divergentes sans choisir parmi elles la seule bonne.

Consentement éclairé. Permet d’assombrir un patient

Consommateur de santé. Expression mercantile pour désigner un malade qui se soigne et qui espère ainsi économiser sa santé.

Contagion. Ne pas garder pour soi ce que d’autres ont partagé avec vous.

Contraception orale. Emprisonne l’ovule et libère la femme.

Contrôle. Nom donné au groupe de patients qui ne prennent pas le traitement que l’on suppose efficace afin de savoir s’ils deviennent ainsi plus malades que ceux qui le prennent

Cosmétique. Cherche à soigner l’enveloppe dans les pays développés

Culotte. L’aortique est la seule culotte que l’on enfile à l’intérieur des jambes[1].

Cystoscopie[2] A été possible lorsqu’on  a inventé une lanterne pour éclairer la vessie.


[1] Prothèse en Y renversé reliant  l’aorte abdominale aux artères principales des cuisses

[2] Examen de l’intérieur de la vessie à l’aide d’un instrument muni d’un système optique et d’un dispositif d’éclairage.

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Publié le 7 Janvier 2013

Badge. Permet dans les congrès de sortir provisoirement de l’anonymat où vos travaux vous avaient laissé.

Baignoire. Dangereuse : on s’y fracture, on s’y électrocute, on s’y fait parfois assassiner.

Balance. On a beau lui marcher dessus, elle ne donne pas toujours la réponse souhaitée.

Balladeur. Les adolescents font toujours la sourde oreille aux conseils de leurs parents. Grâce à lui ils ont une excuse : ils deviennent réellement sourds.

Bande. Cache une plaie et révèle l’homme invisible.

Bassin.  Instrument de torture attendu avec impatience

Bavette. Permet d’en tailler une sans postillonner dans le champ opératoire.

Bébé bulle. Cosmonaute prématuré.

Bébé éprouvette. Son premier tube.

Biais. S’introduit sournoisement dans les études soit pour obtenir un résultat que l’on espère, soit pour rejeter une étude dont le résultat n’est pas conforme à la vérité du moment.

Bible. Fait état de résurrections sans moyens médicaux

Biceps. Le seul muscle ayant acquis une signification symbolique : force, virilité et narcissisme.

Billard. On a les boules lorsqu’on passe dessus.

Bistouri. Clef jetable pour ouvrir son prochain. On lui reproche son coût.

Botulisme. Provoquée par une bactérie mise en conserve, dont la toxine permet de conserver une apparence de jeunesse à la peau.

Bouche à bouche. Pour que son prochain ou sa prochaine ne vous quitte pas.

Boue (bain de) Thérapeutique salissante. On est soulagé lorsqu’on en est lavé.

Brancardier. Spécialiste du transport pédestre des malades couchés. Toujours attendu.

Bricolage. La vie et l’évolution seraient les résultats de multiples bricolages. Il y a parfois des coups de marteau sur les doigts qui se perdent.

Bronchiolite. Encombre les bronches avant d’encombrer les services de pédiatrie.

Bruit. Le panneau « Hôpital silence » est placé à l’extérieur de l’établissement, il serait opportun de l’installer à l’intérieur.

Bulletin de santé Pour un homme politique, c’est une invitation à maintenir les bulletins de vote en sa faveur.

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Publié le 7 Janvier 2013

Des mots et surtout des périphrases viennent enrichir la langue, apportant une signification symbolique ou politique, en remplacement de mots qui existent déjà, qui ont le même sens et que l’on veut voir disparaître pour obéir en particulier au « politiquement correct ». Sémantique de substitution qui ne change rien aux situations ou aux faits réels et qui pourrait être qualifiée d’hypocrite. La chose ayant une connotation injustement honteuse plutôt que changer le regard des gens sur la chose, on change le mot qui la désigne en espérant que le regard suivra.

 

Cette sémantique est pleine d’imagination et parfois de poésie. Prenons le terme bien connu de « techniciens de surface », il implique la possibilité de « techniciens des profondeurs » périphrase qui pourrait désigner soit des égoutiers soit des philosophes. Par contre remplacer élève par « apprenant » n’apporte rien d’autre que de la bêtise.

 

Umberto Eco dans son livre « A reculons, comme une écrevisse » donne des exemples que je me permets de commenter :

Une personne n’est plus emprisonnée mais « socialement séparée »,elle n’est pas privée de liberté, mais vient rejoindre les pensionnaires d’un asile d’aliénés et même les misanthropes, les ermites ou les religieux qui font retraite dans un monastère. Ceci afin que l’on n’accuse pas la société de vouloir punir quelqu’un pour ses méfaits.

Un cow-boy devient  un « fonctionnaire de contrôle bovin » ça fait moins péquenot, mais cow-boy avait plus de prestige.

Tremblement de terre devient « correction géologique », là je pense qu’il s’agit d’un canular de la part d’Umberto Eco, car la terre se fiche pas mal qu’on l’accuse de trembler.

Le clochard est une personne à « résidence flexible », ça c’est une périphrase de toute beauté, on a presque envie d’en acquérir une.

Une femme facile est  « horizontalement accessible », ce n’est plus un défaut : c’est une qualité.

Un homme blanc est « un manquant de mélanine », ça c’est manifestement un défaut et implique la supériorité du noir sur le blanc.

 

Il faut aussi y ajouter toutes les périphrases qui tentent de diminuer un handicap :

Une personne à mobilité réduite pour qualifier un handicapé moteur qui utilise souvent un fauteuil motorisé.

Un impuissant est « à  érection limitée » L’érection n’est pas absente, elle manque seulement d’efficacité, ce qui, entre nous, revient au même.

La calvitie est « une régression folliculaire »  et c’est vrai que la calvitie est rarement totale, mais je trouve que le terme de régression est péjoratif. Je propose de remplacer cette périphrase par « disposition folliculaire choisie »  (pas par le chauve mais par les follicules).

Et bien sûr tous le positif/négatif de l’handicap Ce sont en particulier les périphrases unanimement  appliquées de non-voyant pour aveugle et de mal entendant pour sourd. Ce qui sous-entend qu’il est honteux d’être aveugle ou sourd. Mais le positif/négatif attribue à l’handicapé la faculté manquante et ajoute sa suppression qui parait ainsi presque volontaire. Ce qui ne change évidemment rien à l’handicap et aux aménagements nécessaires pour le diminuer.

 

Ce n’est qu’un modeste aperçu de l’hypocrisie de la société qui va parfois jusqu’à la bêtise (et je ne parle pas de la phraséologie imposée aux enseignants), de la valeur donnée au verbe pour usurper et masquer les faits, pour ménager la susceptibilité exacerbée de certains ou consoler ceux qui ont du mal à assumer ce qu’ils sont.

 

Article déjà publié en 2008 dans « Bâtons rompus » sous le titre « Poésie sémantique ».

buffet sumo

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Publié le 7 Janvier 2013

goya75.jpgDepuis plus d’une décennie un nouveau langage est apparu en médecine et dans les lois qui la concernent, fortement inspiré de celui de l’entreprise et permettant d’introduire la pratique médicale dans l’économie de marché en dehors de laquelle il n’y a plus de salut. Voici un petit glossaire du langage médico-libéral qui a permis de moderniser le sentimental « colloque singulier » entre un médecin et son malade, en donnant un sacré coup de vieux au serment d’Hippocrate.

Je propose donc d’ajouter ce glossaire sous la forme d’un avenant à ce serment antique que les médecins prêtent au moment de l’obtention de leur doctorat.

 

USAGER DU SYSTEME DE SANTE désigne en fait tout le monde, puisque dès la naissance on acquiert ce statut, ne serait-ce que par les vaccinations obligatoires. On devient usager du système de santé bien avant d’être abonné à un distributeur de service quelconque. D’après le code civil « L’usager ne peut céder ni louer son droit à un autre », c’est un privilège de naissance dans les heureux pays où ce système existe. Etre un usager plutôt qu’un patient contribue à banaliser la maladie et à en faire un état commun, presque normal.

 

CONSOMMATEUR DE SOINS désigne une personne malade ou craignant de l’être. Il était opportun de remplacer le terme malade par consommateur, plus  valorisant. La maladie constitue un handicap et introduit une discrimination, alors que consommer des soins c’est comme acheter une marchandise et participer à l’activité économique du pays.

 

PRODUCTEURS DE SOINS. Le médecin en fait partie, mais il n’est pas le seul. Un producteur de soins a la particularité de ne rien produire et élever le médecin au rang de producteur devrait le satisfaire. Formé pour porter secours aux autres, il avait jusqu’à présent une conception romantique de son rôle et devenir enfin un acteur économique est tout de même plus sérieux.

 

CAPITAL SANTE. Etre malade ou en bonne santé ne signifie plus grand chose. Nous sommes tous capitalistes. Notre santé constitue un capital. Malheureusement, on ne peut ni l’investir, ni le faire fructifier. Par contre, on peut tenter de le préserver ou de le récupérer. « …le patient est prêt à participer à la décision médicale et à acquérir une certaine autonomie dans la gestion de son capital santé »[1]. Le capital santé, comme tout capital qui dort, s’érode avec le temps, sa particularité est de disparaître avec le capitaliste. Ses descendants n’héritent que du capital génétique qu’ils ne peuvent refuser même lorsqu’il est défaillant.

 

PROPRIETAIRE. Un consommateur de soins est propriétaire de sa maladie (et bien sûr du dossier qui la décrit). Le détenteur de cette propriété cherche à s’en débarrasser au plus vite et à tout prix, jusqu’à rémunérer celui qui l’en débarrassera. Quoi qu’il en soit, la propriété est sacrée et il n’est pas question que le médecin s’en empare comme si elle était sienne et prenne des décisions au nom du propriétaire légitime. Le médecin ne doit pas s’approprier indûment la maladie de son patient et lui retirer cet avantage sans son avis.

 

GESTION. Ce terme fait fortune dans tous les domaines et il n’y a aucune raison de ne pas l’appliquer à la médecine. On gère un amour, une amitié, un mariage, des enfants…Alors on peut gérer un malade, une maladie, un traitement comme on gère une entreprise.

 

COGESTION. Laissons la parole au Dr M. Ducloux, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins[2] en 2004 : «  le passage du malade passif, dans une relation de bienveillant paternalisme médical, à un patient devenant davantage actif et cogestionnaire de sa santé ». En bonne logique économique, il aurait du parler de la cogestion du capital santé. Chacun sait à présent que le médecin et le consommateur de soins sont des partenaires, voire des associés dans la gestion de la maladie, mais seul l’un d’entre eux en est le propriétaire et l’autre fait de son mieux pour l’exproprier en ménageant sa susceptibilité.

 

NEGOCIATION. Il est évident que les partenaires d’une cogestion sont amenés à négocier. Ils négocient quoi ? Les examens et le traitement dont doit bénéficier l’un d’eux, toujours le même. Et que se passe-t-il si ce dernier les refuse ? Il reste propriétaire de sa maladie. C’est tout.

 

PRESTATAIRE DE SERVICE. La jurisprudence[3] fait du médecin un prestataire de service comme un autre, soumis aux mêmes obligations vis à vis de son client qu’un assureur, un vendeur ou un banquier. Non seulement le médecin doit dire la vérité, mais il doit aussi prouver qu’il l’a dite et que son patient l’a bien comprise. Dans le contrat qu’il passe avec le consommateur de soins, les petits caractères illisibles qui viseraient à tromper son client sont interdits. La transparence permet au consommateur de soins de se voir tel qu’il est, à lui d’assumer pleinement sa propriété.

 

Goya : « Autoportrait avec le Dr Arrieta »



[1]Philippe Eveillard, La Revue du Praticien / 2004 : 54

[2]Conférence inaugurale du Médec 2004

[3] « Celui qui est légalement ou contractuellement tenu d’une obligation particulière d’information doit rapporter la preuve de l’exécution de cette obligation ». ( Arrêt Hédreul de la Cour de Cassation de 1997)

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Publié le 7 Janvier 2013

Pour être complet, voici les dernières lettres du lexicon médical, les plus redoutées et les plus lourdes au scrabble.

 

W.C. S’enquérir de leur siège est le renseignement le plus souvent demandé.

 

WEEK-END. Période pendant laquelle il n’est pas sain de devenir malade.

 

X. Lettre désignant soit une inconnue que l’on doit découvrir soit une inconnue découverte.

 

XENOPHOBIE. Corps étrangers à expulser.

 

YACHT. Expansion maritime du moi.

 

YAOURT. Prétend abaisser le cholestérol en faisant le beurre des fabricants.

 

YOGA. Dépenser de l’argent que l’on a gagné en s’agitant afin d’obtenir quelques instants d’immobilité.

 

ZELE. S’abaisser pour monter. Paradoxe de l’ascenseur social. 

 

ZERO. Son accumulation rapproche de l’infini.

 

ZOONOSE. Ce que l’homme partage avec l’animal.

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Publié le 7 Janvier 2013

UNITE DE SOINS INTENSIFS. Service où l’on concentre des malades pour qu’ils ne s’échappent pas.

UNITE DE SOINS PALLIATIFS. Service où l’on concentre des malades avant qu’ils ne s’échappent.

URGENCES. Service hospitalier sélectionné pour ses équipements où les patients attendent plusieurs heures avant d’être examinés pour savoir s’ils doivent en bénéficier.

URGENTISTE. Médecin exploité par la télévision. L’inverse est également vrai.

USAGER DU SYTEME DE SANTE. Malade, depuis la loi du 4 mars 2002. C’est tout de même d’une autre allure.

UTERUS. « Quelques philosophes anciens, et Platon lui-même, regardaient la matrice comme un animal, non seulement capable de se mouvoir d’un lieu à l’autre, mais encore susceptible de fureur. »[1] Le nouveau-né qui se fait expulser en serait d’accord. 

UV. Délivrés par des machines à sous qui permettent à chaque coin de rue de délivrer cancer et rides à volonté.

VACCINATION. Provoquer une maladie légère pour  en éviter une sévère et parfois donne l’occasion de faire des dépenses sévères avec légèreté.

VANITE. Satisfaction de soi, même si les autres en sont malades.

VARICES. La malchance d’avoir trop de veine.

VENTRE. A un bas et pas de haut.

VER SOLITAIRE. Parasite vous tenant longuement compagnie.

VERITE. Révéler le meilleur est un plaisir, révéler le pire est devenu une obligation légale. La loi ignore la compassion mais la compassion ignore la loi.

VESICULE BILIAIRE. Le foie endosse souvent ses turpitudes.

VIE. « La vie est une maladie sexuellement transmissible et constamment mortelle » ou « Qu’est-ce que la vie ? L’usufruit d’une agrégation de molécules. » (Les Goncourt) ou « La vie hélas n’est qu’un tissu de coups de poignards qu’il faut savoir boire goutte à goutte » (Christophe. Me Bafouillet  dans le Sapeur Camembert).

VIEILLESSE. Succès encombrant de la médecine. « En ce temps là, la vieillesse était une dignité ; aujourd’hui elle est une charge » (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe).

VIEILLISSEMENT. Maladie fatale lorsqu’on a échappé à toutes les autres.

VIRUS. Plus c’est petit, moins c’est mignon.

VISITE A DOMICILE. Sa difficulté est de fermer la télévision.

VISITE DU PATRON. C’est la cérémonie pendant laquelle le malade est enfin très entouré et où l’équipe soignante lui montre le chef de service.

VISITEUR MEDICAL. Vecteur intéressé de la désinformation médicale.

VITAL. Risque mortel. Carte de visite.

VITAMINES. Indispensables à la vie, même pour ceux qui en prennent sans en avoir besoin. 

VITESSES. La médecine en aurait deux. Horresco referens !

VIVISECTION. Essayer chez l’homme une intervention chirurgicale nouvelle avant de la tenter chez l’animal.

VOISIN DE LIT. Cohabitant imposé susceptible de donner l’alerte lorsque le malade n’a plus la force de continuer à sonner.

VOLONTAIRE. Sujet sain qui accepte de devenir éventuellement malade. N’est-il pas déjà malade de vouloir l’accepter ?

von Arlt Ferdinand. L’auteur le plus lu dans le monde, inventeur au XIXème siècle du tableau de lettres utilisé par les ophtalmologistes

VRAI. C’est souvent ce qui n’a pas encore été démontré comme faux.

VULGARISATION. Ce que les malades croient savoir et qu’ils apprennent à leur médecin « La courtoisie consiste à se laisser expliquer les choses que l’on connaît par ceux qui ne les connaissent pas » (Talleyrand).

 

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1 (Joseph Raulin, Traité des affections vaporeuses du sexe 1759, cité par Ph. Brenot, Les mots du sexe, éd L’esprit du temps.).

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Publié le 7 Janvier 2013

TABAC. Etait un symbole de virilité pour les hommes alors qu’il favorise l’impuissance. Comme symbole d’égalité pour les femmes, il leur permet d’avoir des maladies auparavant réservées aux hommes.

TABLEAU OPERATOIRE. Exercice de chosification du futur opéré qui y est inscrit sous la dénomination d’un organe ou d’une technique.

TARIFICATION. Comme pour les prostituées les services des médecins sont tarifés. Mais les premières sont payées pour faire des écarts. Les seconds se doivent de rester corrects.

TASSEMENT DE VERTEBRES. Réducteur de taille.

TECHNOCRATE. Décideur administratif qui ne supporte pas l’odeur de l’hôpital.

TELEPHONE. Permet de donner et de recevoir des coups sans douleur.

TELEVISION. RADIO. Où se rencontrent fréquemment  malades exhibitionnistes, médecins contents d’eux-mêmes et  voyeurs satisfaits.

TELETHON. Grande sébile télévisuelle.

TENSIOMETRE. Permet en surveillant la pression d’éviter la bière.

TERATOGENESE. Terreur monstre des découvreurs de médicaments.

TERRAIN. Où se cultive la maladie.

TESTICULES. On en fait tout un plat et on les met parfois dans  une coquille.

THERAPIE GENIQUE Modifier la carte génétique lorsqu’elle présente un défaut. La difficulté est de passer de la carte au territoire

THERMALISME. Placebo touristique

THESE. Mémoire permettant au futur médecin de prêter un serment qu’il aura vite oublié.

THYROÏDE. Glande dans le coup depuis les risques nucléaires.

TICKET MODERATEUR. Donne droit à récriminations.

TOILETTE. Le propre des aides-soignantes.

TOTALE (LA). Retirer l’appareil génital de la femme ou accumuler les ennuis. L’un peut aller avec l’autre.

TOUBIB. Sorcier guérisseur algérien devenu médecin militaire à la fin du XIXe siècle, puis médecin tout court. Une intégration réussie.   

TOUCHER  RECTAL OU VAGINAL. Toucher inquisiteur cherchant la forme dans le fond.

TOURISME. Aller chercher ailleurs des maladies qui ont disparu chez soi.

TOXICOLOGIE. Empoisonne les procès.

TOXICOMANIE. Voyage dangereux sans assurance d’en revenir.

TRAITEMENT. Intervention humaine s’opposant à la sélection naturelle.

TRANQUILLISANTS. Donnent la paix à l’entourage.

TRANSFUSION SANGUINE. Sangs mêlés.

TRANSPIRATION. Inondation provoquée par la sécheresse.

TRANSPLANTATION. Pour avoir un bel organe

TRANSSEXUALISME.  Se séparer d’un membre indésirable pour en désirer un autre.

TRAVAIL DE DEUIL. Une indemnité permet de le rémunérer.  

TREPANATION. Avoir soudain un trou.

TRIOMPHALISME. «  La chirurgie est parvenue au point de n’avoir presque plus rien à acquérir. » déclarait en toute simplicité un chirurgien parisien renommé, Jean Marjolin, en 1836.

TROGLODYTE. Bacille tuberculeux habitant des cavernes.

TROUBLES. On entre chez le médecin avec des troubles et l’espoir qu’il n’en fasse pas une maladie.

TUYAU. Unité de mesure de l’état d’un malade utilisée par ses visiteurs.

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Publié le 7 Janvier 2013

SAL’ D’OP. Espace où la burqa est obligatoire.

 

SALLE D’ATTENTE. Lieu où les malades s’observent en lisant des journaux périmés.

 

SANTE. Nom donné à un ministère. «  La santé n’est qu’un mot, qu’il n’y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire » (Jules Romains, Knock). « On peut se sentir bien portant […], mais l’on ne peut jamais savoir que l’on est bien portant (Emmanuel Kant, Conflit des facultés).

 

SAVOIR-VIVRE. « Un homme qui meurt juste avant une opération a du savoir-vivre » (Mme O, infirmière de salle d’opération).

 

SCIENCE. Le médecin doit s’asseoir dessus.

 

SECRET MEDICAL. C’est l’un des secrets les mieux gardés, étant donné le nombre de personnes qui veillent sur lui : le médecin traitant, les spécialistes, le patient, sa famille, ses amis, le médecin conseil, souvent le médecin d’une compagnie d’assurances, les médecins hospitaliers, les étudiants en médecine, les infirmières, les aides-soignantes, les équipes des services d’exploration, les secrétaires, les médias et la direction de l’hôpital s’il s’agit d’un personnage connu et enfin les acteurs d’un procès éventuel. On se demande comment un secret aussi bien surveillé peut encore être dévoilé et donner au Conseil de l’Ordre l’occasion de sévir.

 

SECURITE SOCIALE. Paie mais rien n’est réglé.

 

SELECTION. S’appliquera de moins en moins aux étudiants en médecine et de plus en plus aux malades.

 

SERMENT D’HIPPOCRATE. Serment d’hypocrite.

 

SEXE. Occupe plus la tête que la culotte

 

SEXOLOGIE. « Il m’avait toujours semblé que lorsque la sexualité tend à se muer en sexologie, la sexologie ne peut plus grand chose pour la sexualité » (Romain Gary,  Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable). 

 

SIDA. Pandémie redoutable qui cesserait de s’étendre si ces messieurs se donnaient la peine de se couvrir avant d’entrer dans l’inconnu.

 

SILICONE. Quand on a un petit creux.

 

SLIPAUSSI ? Vêtement caractéristique du consultant mâle au moment du déshabillage. 

 

SOCIETES SAVANTES. N’exagérons rien. 

 

SOINS PALLIATIFS. Traitement enjoué de l’agonie 

 

SOLEIL. Nous en sommes dépendants avec un risque d’overdose. 

 

SOLUTION. « Il n’est pas de problème qui résiste à l’absence de solution » (docteur Queuille, Président du Conseil sous la IVème République).

 

SOMMEIL. Les insomniaques en rêvent. 

 

SONNETTE. D’abord la trouver, ensuite ne pas craindre de s’en servir, enfin espérer un résultat.

 

SOUFFRANCE. « Et la souffrance des autres on peut très bien y demeurer insensible. » (Mishima, Le Pavillon d’or). Il a fallu longtemps pour que les médecins finissent par ne plus souffrir la douleur des autres. 

 

SPECIALITES. A goûter avec modération. «  On fait le foie, on fait le cœur, on fait les pieds, personne ne fait l’homme (J.Lebeau, sur Europe1 le 4 février 2003). 

 

SPERMATOZOÏDES. Concurrents dans une lutte pour la vie.

 

SPERME. Denrée précieuse conservée dans des banques. Comme toutes, elle se dévalue : la qualité du sperme à diminué de 1% environ dans les pays développés depuis cinquante ans.   

 

SPORT. A bonne presse, surtout pour les articulations qui s’usent et les disques qui s’écrasent.

 

STAFF. Réunion du personnel médical d’un service hospitalier, pseudo démocratie de type athénien où seuls les « notables » du service ont droit à la parole.

 

STATISTIQUES. « La statistique est la première des sciences inexactes » (les Goncourt) Il s’agit de calculs théoriques sur un échantillon souvent peu représentatif dont on tire des recommandations pour la pratique médicale quotidienne concernant une population différente.

 

STERILISATION. Permet d’utiliser ses instruments sans avoir peur des conséquences.

 

STETHOSCOPE. Symbole du corps médical. Les chirurgiens qui ne s’en servent pratiquement jamais le mettent souvent autour du cou pour les interviews.

 

STRATIFICATION DES RISQUES. Recueil des caractéristiques d’un malade pour déterminer les probabilités de son devenir. Concept pouvant se résumer ainsi : plus le patient a d’anomalies, plus sa maladie est grave.

 

STRESS. Permet d’attribuer à autrui ses propres faiblesses. 

 

SUTURE. Réunit les lèvres. A distinguer du baiser.

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Publié le 7 Janvier 2013

QI. Mesure l’intelligence comme la taille d’un tableau mesure le talent du peintre.

QUALITE DE VIE. Est devenue l’un des critères d’évaluation de l’acte médical. C’est estimer qu’une vie vaut plus la peine d’être vécue qu’une autre.

QUALITICIEN. Vérificateur de conscience professionnelle devenu indispensable dans tout établissement de soins qui se respecte. Son salaire permettrait d’engager une infirmière ou deux aides-soignantes supplémentaires pour améliorer les soins. Mais c’est une idée inconsciente.

QUANTIFIABLE. Quantifier pour mesurer ce qui n’est ni quantifiable, ni mesurable afin de publier des chiffres autrement plus convaincants qu’une phrase.

QUARANTAINE. S’isoler pour incuber.

QUINTE DE TOUX. Toux à répétition, persiste lors du concert.

RECRIMINATIONS. Souvent le fait d’un nouveau patient à l’égard d’un médecin vu précédemment. Le médecin nouvellement choisi doit les écouter avec attention car ce sont les mêmes qui seront faites contre lui au prochain confrère consulté.

RECUL. S’en dispenser pour publier plus tôt et prendre date avant la survenue de la rechute et des effets secondaires. Prendre moins de recul pour mieux sauter.

REFORME. La médecine a été et est toujours un champ sans cesse labouré par les réformes. Les étudiants en sortent parfois tout tordus lorsqu’ils en ont vécu plusieurs. Les médecins se demandent quand la charrue les fera disparaître. Les patients se demandent qui va payer la récolte. Et l’état où trouver le grain à moudre.

REFOULEMENT. Se dit des eaux usées et des désirs qui ne le sont pas.

REFROIDISSEMENT. Désigne une infection, alors que le malade est réchauffé par la fièvre.

REGIMES. Alimentent une littérature pléthorique qui laisse sur sa faim.

REGRETS. Pour ceux qui sont morts parce qu’on n’a pas su quoi faire ou parce qu’on en a trop fait.

REGROUPEMENT DES HOPITAUX. Le but sera finalement atteint  lorsqu’il n’existera qu’un seul hôpital monstrueux au centre du pays, vers lequel on fera converger  tous les malades qui résisteront au transport. Finies les économies de bout de chandelle. Que des cierges.

REJET. En médecine comme ailleurs, menace le transplanté. Mais ailleurs, il n’existe aucun traitement.

REMPLACANT. Permet de faire des diagnostics ayant échappés au médecin remplacé.

RENDEZ-VOUS. Incite au manque de respect.

REPONSES. N’en faire qu’aux questions posées par le patient. Il a ses raisons de ne pas poser celles dont il craint les réponses.

REPRISE. En chirurgie, c’est commencer par refaire un trou.

RESILIENCE. Tenir debout après un retour de bâton.

RESPONSABLE. Remplace avec intérêt la malchance et la fatalité.

RETRAITE. Vacances mortelles.

RETROVIRUS. Contrairement à ce qu’on pourrait croire les rétrovirus ne sont pas des virus qui marchent à reculons mais des virus particulièrement vicieux, qui pénètrent dans la cellule sans avoir l’air d’en vouloir au noyau et au dernier moment, ils  retournent leur veste pour y entrer.[1]

REVEIL  En se réveillant après une anesthésie, il vous manque toujours quelque chose.

REVOLUTION. Supprimer des dogmes auxquels on a crus pour les remplacer par des dogmes auxquels on croira avec la même conviction.

Revues médicales. Trop nombreuses, heureusement qu’elles répètent presque toutes la même chose dans chaque spécialité. L’essentiel est d’être de la revue.

RHINOPLASTIE. Correction d’un phénotype.

RIEN. Dire à un patient qu’il n’a rien est un plaisir partagé. Pourtant, certains ne sont pas satisfaits de cette conclusion, se sentent floués et vont consulter ailleurs afin que leurs troubles soient pris au sérieux. Rien ne leur fait plus plaisir que de donner un nom à leur absence de maladie.

RISQUES. Le médecin prend les risques qu’il fait courir au patient.

ROBOT. Permet de prendre ses distances avec le malade.

RYTHME CARDIAQUE. Battements utilisés dans les films pour renforcer le suspense au cœur de l’action.

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[1] Le rétrovirus est constitué d’ARN (acide ribonucléique) mais possède une enzyme spécifique : la rétrotranscriptase. Après pénétration du virus dans la cellule, cette enzyme transforme l’ARN viral en ADN (acide désoxyribonucléique), qui entre dans le noyau cellulaire et s’insère dans son génome

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Publié le 7 Janvier 2013

PALPATION. Colin-maillard médical.

PANEGYRIQUE Les panégyriques les plus flatteurs sont ceux que l’on fait au départ à la retraite de son chef de service, car ils expriment la joie de le voir enfin partir.

PANSEUR, PANSEUSE. Infirmier(e) spécialisé(e) de salle d’opération. Souffre-douleur de chirurgien. : je panse donc je nuis.

PANTHEON. Le seul médecin que la « Patrie reconnaissante » y a inhumé est Pierre Jean Georges Cabanis, non pas comme médecin, mais comme dignitaire du Premier Empire.

PAPIN Denis. Même un médecin peut avoir ses vapeurs.[1]

PARCOURS DE SOINS. Malgré les soins apportés au parcours, des accidents sont à déplorer

PARENTS. Coupables. La culpabilité est génétiquement un caractère dominant qui se transmet toujours de parents à enfants.

PASSION SCIENTIFIQUE. Freud « considérait la passion scientifique comme l’élaboration aboutie de la curiosité de l’enfant qui veut établir la vérité sur la différence entre les sexes et les mystères de la conception et de la naissance » (Peter Gay, Freud, une vie). Il est vrai que cette curiosité scientifique pousse l’enfant à jouer au docteur. A présent que cette vérité lui est révélée très tôt les vocations scientifiques devraient se raréfier.

PASTEUR Louis. A exercé illégalement la médecine pour le plus grand bien de l’humanité.

PATIENT. Celui qui attend le médecin, ce qu’il va dire, ce qu’il va faire et jadis le condamné qu’on va exécuter (Littré).

PATRON Parfois grand, jamais petit. Modèle pour fabriquer des élèves. Quand il est grand, fabrique des patrons.

PAUSE CARDIAQUE. Un arrêt de travail dangereux.

PAVILLONS D’HÔPITAL. On les empile à la verticale pour être à la merci des ascenseurs.

PEAU. Donne du chagrin lorsqu’elle s’étire

PEDIATRIE. Il n’y a plus d’enfants. Il n’y aura bientôt plus de pédiatres.

PERROQUETS. Leurs becs n’impressionnent que les radios et les patients.[2]

PEUR. «  Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur » (Beaumarchais, Le Barbier de Séville)

PHALLUS. En suivant ses propres inclinaisons il embarrasse souvent son propriétaire. 

PHIMOSIS. Interdit de sortir pour entrer.

PISTOLET. Permet à l’homme d’uriner lorsqu’il est abattu.

PLACEMENT. Recherché lorsqu’on manque de place.

PLOMBIER. Etalon de comparaison des rémunérations médicales.

POSITIF. En matière d’examens, ce qui est positif pour le médecin est négatif pour le malade.

POSOLOGIE. Avoir sa dose.

PREPUCE. Carrefour des religions.  

PRESERVATIF. « Préserve-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge » (dicton)

PRIMUM NON NOCERE. Il arrive parfois aux médecins de perdre leur latin et Hippocrate à qui on attribue cette devise ne l’a jamais su.

PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE (PMA). Faire à plusieurs ce qui se faisait à deux.

PRUDENCE. Lorsqu’un traitement peut s’avérer dangereux, il est régulièrement conseillé de l’appliquer avec prudence. Comment avaler un comprimé avec prudence ?

PSYCHOSOMATIQUE. Existe : il y a des pensées d’autrui qui vous rendent malade.

PUBLICITE DES LABORATOIRES. Une des sources principales de la déformation médicale continue.

PULSION. Etre poussé sans personne derrière vous. 

 

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[1] Papin exerçait la médecine à Paris avant d’émigrer en Angleterre, chassé par la politique de Louis XIV contre les Protestants. 

[2] Les becs de perroquet sont des excroissances osseuses des vertèbres, signes d’arthrose mais sans gravité par eux-mêmes.

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Publié le 7 Janvier 2013

OBEISSANCE. Notion politiquement incorrecte. De nos jours on demanderait plutôt aux étudiants une attestation que le professeur remplit ses fonctions avec humilité,  sans autoritarisme et sans privilégier les meilleurs de ses élèves pour respecter l’égalité républicaine. D’ailleurs ce ne sont pas des élèves, ce sont des collaborateurs avec qui il partage l’espace enseignement.

OBESITE. L’épidémie d’obésité des pays développés contrebalance la perte de poids des dénutris  des pays sous-développés permettant ainsi la stabilité pondérale de la biosphère.

OBLIGATION. Terme plus souvent utilisé en finances que dans la vie courante. En médecine l’obligation de résultat remplace peu à peu l’obligation de moyen, mais on risque dans l’avenir de ne plus avoir les moyens d’avoir des résultats.

OBSCURANTISME. En médecine, comme ailleurs, les victimes en sont les femmes. Les hommes, eux, ont bien trop peur de la maladie pour ne pas se soumettre à une médecine moderne.

OBSERVATION. A l’observation manuscrite, on tend à préférer une grille préétablie laissant à l’étudiant, ayant fait une dizaine d’années d’études, la faculté d’y mettre des croix, auparavant réservées aux illettrés. Il est vrai que plus les croix sont nombreuses, plus le malade est menacé.

OFFICIEL. Qualificatif péjoratif employé pour déconsidérer une activité. La médecine n’y échappe pas.

OGINO-KNAUS.  Méthode contraceptive à laquelle l’on doit de nombreuses naissances.

OLIGO-ELEMENTS. Eléments rares vendus en masse.

OMISSION. Pour un médecin, mentir par omission c’est pécher par charité.

ONG. (Organisations Non Gouvernementales). Font ce que les gouvernements ne font pas et entre autres, de la politique.

OPPORTUNISME. Prescrire un traitement juste au moment où la maladie prend le tournant vers la guérison spontanée et s’en attribuer le mérite.

OPPORTUNISTE (MALADIE.) Provoquée par un agent qui se livre à un abus de faiblesse pouvant aller jusqu’à l’homicide.

OPTIMISME. En médecine, le danger est de ne pas tomber de l’optimisme dans l’inconscience. Un malade pardonne plus facilement l’erreur pronostique d’un médecin pessimiste que celle d’un optimiste.

ORDONNANCE. Elle s’allonge parfois comme le nez de Pinocchio.

ORGASME. Plaisir naturel offert par la Création, recherché par les humains, condamné par les monothéismes.

OVULATION. Une migration rarement couronnée de succès

OXYGENE. Antoine-Laurent de Lavoisier qui mit en évidence le mécanisme chimique de la respiration, fût guillotiné en 1794. C’est à son avocat que le vice-procureur du tribunal révolutionnaire, Coffinhal-Dubail, fit la célèbre apostrophe : « La république n’a pas besoin de savants ». Il semble que ce soit toujours le cas.

 

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Publié le 7 Janvier 2013

NAISSANCE. Mise à la porte étroite.

NAGE. Première activité sportive du futur bébé

NATURE. NATUREL. Mots magiques qui confèrent à un traitement  un caractère d’innocuité, un zeste d’innocence édénique. « Laissez faire la bonne nature », à savoir les microbes, les virus, et toutes les dérèglements naturels de l’organisme.

NAUFRAGE. Vieillesse (Charles de Gaulle).

NAUPATHIE. Mal de mer est plus bateau.

NEGATOSCOPE. Eclaire parfois plus le visage du médecin que sa lanterne.

NEOLOGISME. Spécialité médicale. «  Le symptôme le plus sûr de la stérilité des idées » (Madame de Staël)

NEPOTISME. Les familles médicales comme les familles politiques vous diront qu’il n’existe pas.

NERVEUX. Diagnostic proposé timidement et avec espoir par le patient ou son conjoint. Trop souvent entériné ou avancé par le médecin pour ne pas admettre son ignorance. Celui-ci est surpris lorsque ce diagnostic s’avère exact.

NEVROSE. Etat de ceux qui n’ont pas de psychose.

NICHON. Nom donné au sein de la femme par les cons.

NIDATION. Implantation de l’œuf dans un endroit où on ne peut  plus le voler.

NOCIVITE. La marque des médicaments qui guérissent. 

NŒUD. Une des principales activités du chirurgien. Se forme spontanément sur le fil quand on a le dos tourné.

NOMBRIL. Cicatrice attractive.

NOMINATION. Augmente soudain la science de celui qui est nommé. 

NORMAL. Le mot le plus espéré qu’un patient puisse entendre.

NOSOCOMIALE. Qualifie toute maladie contractée à l’hôpital à l’exception de celles que les malades transmettent au personnel soignant.

NOTAIRE. Personne qui succède au médecin.

NOTICE. Accompagne le médicament comme un avocat son client.

NOTORIETE. Permet de se faire payer d’être connu pour rendre le plus souvent le même service que celui qui ne l’est pas. 

NOUVEAUTE. Renforce l’efficacité d’un traitement.

NOURRISSON. Accro du mamelon.

NUDITE. Donne un sentiment d’infériorité vis-à-vis de celui ou celle qui reste habillé(e), mais il est difficile pour le médecin d’équilibrer la situation sans créer d’équivoque.

NUMERO. Permet le repérage des lits et trop souvent de ceux qui s’y trouvent.

NUMERUS CLAUSUS. Appliqué ou levé toujours trop tard.

NUQUE. Sa raideur est douloureuse pour soi et insupportable aux autres.

NYMPHOMANIE. Adhérer aux parties des hommes.

 

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Publié le 7 Janvier 2013

George Grosz "La cité"

Un jour, les autorités, les marchands, les assureurs  manifestèrent une certaine lassitude devant les manifestations itératives défilant dans les rues des grandes villes, bloquant la circulation des sacro-saintes voitures et se terminant le plus souvent par quelques bris divers fomentés par des queues encagoulées (Honni soit qui mal y pense !).

Certes, des mesures énergiques et intelligentes avaient été prises comme l’interdiction des cagoules, mais faire retirer les cagoules à ceux qui voulaient les garder se révéla une source supplémentaire de heurts avec les forces de l’ordre et certains trublions renoncèrent à la cagoule pour s’affubler de foulards du meilleur effet et parfois de perruques féminines qui les faisaient ressembler à des catcheuses en les rendant méconnaissables dans la plus stricte légalité, le choix du sexe faisant partie des libertés reconnues.

Les manifestations des villes étant devenues intolérables, les autorités, s’inspirant du penseur Alphonse Allais, décidèrent de les mettre à la campagne. Elles prirent conseil auprès des spécialistes en la matière : les organisateurs de rave parties.

Des espaces champêtres furent donc aménagés, des circuits de cars organisés et seules les drogues politiques furent tolérées.

Les manifestants pouvaient ainsi défiler dans un air pur, brandir des banderoles, crier des slogans, chanter à pleine voix sans gêner quiconque. Les éventuels sauvageons qui n’avaient plus rien à casser, se cassèrent.

Quant aux manifestants, d’abord réticents, ils acceptèrent finalement cette solution qui leur permettait de passer une journée à la campagne et de griller quelques merguez.

Bien sûr, leurs slogans et leur colère ne pouvaient pas être entendus des ministères, mais comme ils ne l’étaient pas davantage lorsqu’ils défilaient en ville, cela ne changeait pas grand chose.

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Publié le 7 Janvier 2013


John Sloan : "Nuit d'élection"


Un jour, le suffrage universel fût supprimé. Dans les pays plus ou moins totalitaires, près de la totalité des électeurs votaient régulièrement pour l’homme ou la femme (beaucoup plus rarement) déjà au pouvoir par un élan unanime qui tenait du miracle et dans les pays dits démocratiques, il était finalement apparu dangereux de donner carte blanche pour plusieurs années à quelques-uns habilités à prendre des décisions pour tous et que la plupart contestaient par la suite. La sanction de l'élection suivante s'étant révélée insuffisante : les élus avaient le temps de faire leurs bêtises, d'étaler leurs incompétences et de créer des situations difficiles à corriger par les suivants. Les uns utilisaient ainsi l'essentiel de leur mandat à défaire ce que les autres avaient fait. On s'était aussi aperçu que les gens votaient plus par fidélité que par choix et qu'ils pardonnaient à leurs candidats ce qu'ils n'auraient pas pardonné à leurs adversaires.

A cette situation illogique et inefficace vint s'ajouter le constat que nombre d'hommes politiques censés gouverner, ne le faisaient qu'en fonction des résultats des sondages, mais que ces résultats étaient plus ou moins valables et plus ou moins partiaux.

La solution était simple,  évidente et parfaitement démocratique : les hommes politiques, intermédiaires incertains et vantards (comment ne pas l'être si l'on veut être élu), furent supprimés ou convertis en fonctionnaires non élus, recrutés par concours et révocables par sondage. Le rôle de ce corps d’état devint celui d'appliquer et de réaliser les décisions issues des sondages. Ceux-ci, permanents, bien organisés, institutionnels et contrôlés, cessèrent d'être anarchiques et téléguidés et purent représenter les opinions de la majorité de la population dont le pragmatisme rangea dans les oubliettes de l’histoire les idéologies fumeuses et fumantes qui traînaient encore dans la tête de certains.

Partis et syndicats n’avaient plus lieu d’être. Les journalistes et les intellectuels devinrent indépendants (c’est là où l’on rencontra les plus grandes difficultés), leur rôle fût de rapporter les faits et d’exposer les arguments pour permettre aux sondés de répondre aux questions (toujours multiples pour éviter l’ambiguïté) en toute connaissance de cause.

Et c’est ainsi que les statistiques prirent le pouvoir.[1]



[1] Ceci n’est qu’une fable.

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Publié le 7 Janvier 2013


Miroir, Ô miroir du harem

Du beau Palais de Topkapi,

Tu reflètes ceux que j’aime,

Protège et prolonge leur vie,

Même s’ils te tournent le dos.

Mais c’est idiot ! – Quoi ? De souhaiter longue vie au siens ? – Non, de le demander à un miroir dont personne ne dit qu’il a des pouvoirs – Mais si quelqu’un le disait, en aurait-il ? – Comment le savoir ? – Donc, si je lui attribue des pouvoirs, personne ne peut démontrer le contraire. – Pas plus que de démontrer qu’il en a, mais avec un tel raisonnement  on pourrait croire en n’importe quoi ! C’est absurde. – Pas plus que le pari de Pascal.

 

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Publié le 7 Janvier 2013

  

Anniversaire

Chagall « Anniversaire »

Lorsqu’il se réveilla ce matin-là, il vit venir un ange, un peu maladroit, ses grandes ailes le gênant pour marcher (non, ce n’était pas un albatros) et arrivé, cahin-caha,  au pied de son lit, la créature céleste lui proposa une nouvelle tranche de vie.

Il répondit que la précédente ne lui avait pas déplu et qu’il ne cracherait pas dessus. L’ange approuva de ses ailes, car les gens n’étaient pas toujours contents de ce qu’ils avaient eu et il devait parfois remporter sa tranche au ciel quand les gens trouvaient leur vie amère.

Et l’ange découpa soigneusement dans le gâteau d’anniversaire une tranche de vie pour un an.

Le voyant faire, il demanda timidement s’il ne pouvait pas en couper davantage. Mais l’ange répondit qu’être trop gourmand ne serait pas sage, qu’il fallait se contenter de ce qui était donné et le savourer lentement pour ne pas avaler de travers, un accident est si vite arrivé et il serait dommage de ne pas terminer la tranche de vie de l’année.

Sur ces paroles, l’ange mit une bougie de plus sur le gâteau entamé et plus à l’aise dans l’air que sur le sol, s’envola en lui souhaitant un bon anniversaire.

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Publié le 7 Janvier 2013

Il était une fois, il y a fort longtemps, au temps des rois mérovingiens qui n’en fichaient pas lourd, un moine du nom de Fiacre d’origine irlandaise qui, accusé de sorcellerie,  fut convoqué par son évêque. En attendant l’entretien, le moine s’assit sur une grosse pierre devant l’église et il y resta plusieurs jours. Innocenté et échappant ainsi au cul-de-basse-fosse, il put enfin rejoindre son ermitage. Mais la pierre qu’il avait honorée de ses fesses devint miraculeuse : il suffisait de s’asseoir dessus et de prier pour guérir de ses hémorroïdes qui devint le « mal de saint Fiacre » et saint Fiacre fut promu au rang de patron protecteur de la proctologie (il est également celui des jardiniers).

Le village de Saint-Fiacre-en-Brie, où il repose, devint un lieu de pèlerinage pour les malades souffrant de maladies proctologiques et on dit dans les annales que le roi Louis XIII s’y rendit.

Au XVIIe siècle, un loueur de voitures attelées avec cocher installé à Paris en face d’un hôtel à l’enseigne du saint donna son nom à ses voitures.

La moralité de cette légende est double :

D’abord, ne restez pas trop longtemps le siège sur une pierre pour ne pas avoir à redouter de vous asseoir.

Ensuite, si vous faites un long trajet en voiture (sans cocher pour les gens normaux), arrêtez-vous toutes les deux heures pour lever votre siège du siège et vous reposer[1], c’est le fondement d’une bonne conduite.



[1] Je n’ai aucun conflit d’intérêt avec la Prévention Routière.

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Publié le 7 Janvier 2013

Il y avait sur les hauteurs de l’Olympe une divinité que les humains respectaient au point d’y sacrifier  tout ce qu’ils possédaient et même parfois leur vie. Rien ne se faisait sans son aval, tout était fait pour la respecter. Les mécréants qui osaient douter de sa bienfaisance et pensaient que tous les sacrifices que l’on déposait à ses pieds ne provoquaient en retour que peu de bienfaits, étaient foudroyés sur le champ par les dévots.

Ce Dieu tout puissant s’appelait Marché. Il avait  deux filles : Concurrence, la fanfaronne, dont on attendait monts et merveilles et Finance l’évaporée qui passait son temps dans des îles paradisiaques. Marché avait également un fils, Monopole, dont il était fier car il avait bien réussi dans le monde. On disait que Concurrence et Monopole ne s’entendaient pas, en réalité le frère et la sœur s’écrivaient en secret et Marché, paternel, fermait les yeux.

Marché n’était pas contre les écarts, lui-même descendait parfois sur terre en parachute doré pour se farcir quelques humains, hommes et femmes sans distinction, car il était licencieux, mais il leur faisait croire que c’était pour leur bien, pour les protéger du redoutable Protectionnisme qui ne chercherait qu’à les enfermer.

Marché avait ses prêtres qui lui étaient tout acquis, quoi qu’il fasse, il n’était pas ingrat envers eux et les récompensait de leur fidélité en leur laissant prendre une part des offrandes que les crédules déposaient à ses pieds dans les temples des banques.

Mais les hommes depuis longtemps ne croient plus aux divinités de l’Olympe. Ce sont des fables que l’on raconte pour faire peur aux enfants.

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