Publié le 29 Novembre 2019

Les chieurs de longSur de nombreux sites, en tête des articles, le temps de leur lecture est annoncé. Comme les gens lisent plus ou moins rapidement, ce temps est évidemment approximatif, mais quoi qu’il en soit, il donne une bonne idée de la longueur de l’article puisque celui-ci n’apparaît pas d’emblée comme c’est le cas pour les journaux imprimés.

Cela m’a permis de constater, avec honte, que ma paresse grandit avec le temps car j’ai tendance à éviter la lecture des textes longs alors que je lis volontiers (quand le sujet me convient) les articles dont la durée de lecture est estimée à 2 ou 3 minutes.

Aujourd’hui, j’ai ouvert courageusement un article paru dans Slate alors que la durée de lecture annoncée était de 8 minutes car le titre était accrocheur : « On peut apprécier l’œuvre d’un monstre, même s’il s’agit de Polanski », écrit par une certaine Bérengère de son prénom. Je n’ai aucun avis argumenté sur le cas de Roman Polanski et c’est à la justice et non aux médias de trancher. Quant au qualificatif de monstre, il me semble de toute façon excessif ou alors Bérengère ne sait pas ce qu’est un monstre.

J’ai donc lu cet article…enfin pas entièrement, car je me suis lassé de lire la même chose sous une forme ou sous une autre une bonne dizaine de fois. Et c’est souvent le cas pour la plupart des articles longs quand il ne s’agit pas d’articles (en particulier scientifiques) qui déroulent une démonstration argumentée ou exposent des faits. Habituellement, les articles ne contiennent au mieux que deux ou trois idées, qui pourraient être exposées avec bonheur sur une simple page. Mais les pisse-copies ne peuvent s’empêcher de répéter leur idée sans se lasser de la contempler sous tous les angles.

J’espère que je n’ai pas été trop long, mais je n'avais qu'une seule idée.

Illustration : Giovanni Boldini : « Vendeur de journaux »

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Publié le 27 Novembre 2019

L’anachronisme, maladie mentale du politiquement correct

Gauguin : "Femmes de Tahiti"

Je parle de maladie mentale car il s’agit d’une altération du jugement. Chaque période historique, et en un lieu donné, avait ses mœurs, admettant des comportements, et en interdisant d’autres. La panoplie des interdits évolue et, aujourd’hui, dans le temps court d’une seule génération. Il en est de même des choses admises : notre temps s’élève de moins en moins contre la diffusion de fausses nouvelles, de calomnies, et de délations, permise par les réseaux sociaux. Le mensonge est devenu habituel et le plus souvent impuni, même si des personnes peuvent en souffrir.

Certes, il est licite de juger les comportements d’hier selon les critères d’aujourd’hui, mais les condamner alors qu’ils n’étaient pas condamnables dans le passé n’a aucun sens : c’est être atteint d’anachronisme.

Quand cet anachronisme touche les œuvres artistiques, l’altération du jugement devient idiotie. Interdire des œuvres de qualité pour ce qu'elles représentent ou en raison du comportement de leur créateur qui serait condamnable selon les critères actuels n’a aucun sens. Ne pas vouloir exposer les tableaux de Gauguin dans les musées anglo-saxons (le New-York Times se demande s'il faut encore exposer ce peintre)  parce qu’il peut être considéré aujourd’hui comme ayant été un pédophile et un « occidental privilégié » est stupide. A Londres la National Gallery prend ses précautions en exposant le peintre avec cette mise en garde : « L'artiste a eu de façon répétée des relations sexuelles avec de très jeunes filles, épousant deux d'entre elles et engendrant des enfants. Gauguin a de façon indubitable profité de sa position d'Occidental privilégié pour s'accorder une grande liberté sexuelle. » (A Tahiti et aux Marquises)

On pourrait aussi supprimer toutes les applications d’une découverte scientifique parce que le découvreur pourrait aujourd’hui être condamné pour les comportements qu’il a pu avoir dans le siècle de sa découverte.

Une œuvre ou une découverte passant à la postérité n’appartient plus à son créateur mais à l’humanité entière et il n’y a aucune raison que celle-ci s’en dispense pour faire éventuellement plaisir à une minorité agissante.

Soulignons, en outre, que les critères conduisant à la condamnation d’un créateur et de ses œuvres sont sélectifs, elle est habituellement prononcée lorsqu’elle concerne le sexe, le genre, le colonialisme et la race, notion paradoxalement remise à la mode par les « racisés ». Ces critères semblent être devenus primordiaux dans l’éthique actuelle.

Céline, exécrable personnage, qui appelait ouvertement au massacre d’une partie de l’humanité ne voit pas – et heureusement – ses livres mis à l’index. Ils continuent à être publiés et lus. Il s'avère donc qu’appeler à un génocide et l’approuver est moins grave qu’être un blanc colonisateur couchant avec une fillette de 14 ans, pubère et probablement consentante (« à la fin du XIXe siècle, la loi punissait tout attentat à la pudeur sans violence en dessous de 13 ans »). Gauguin n’a pas pour autant ma sympathie, ne serait-ce que pour la syphilis dont il était porteur et qu’il a probablement transmise à ses « conquêtes » coloniales.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 26 Novembre 2019

En fouillant dans mon blog, j'ai trouvé deux solutions pour résoudre l'épineux problème du financement des retraites . J'ai exposé la  première il y a neuf ans :

Bref, ça va mal, avec les jeunes destinés à payer la retraite des vieux mais qui craignent pour la leur et les vieux qui tombent malades dès qu’ils la prennent.

Alors que constatons-nous aujourd’hui ? 

Dès que les jeunes prennent conscience d’eux-mêmes, beaucoup (nous ne parlons pas des marginaux qui acquièrent rapidement une indépendance aux dépens des autres) passent l’essentiel de leur temps enfermés dans des établissements austères, à étudier, même chez eux, à préparer des examens ou des concours, à apprendre un métier, à chercher un poste ou à faire des petits boulots s’ils n’en trouvent pas ou ont été licenciés.

Plus tard, dans le meilleur des cas, les gens se marient, doivent élever des enfants, divorcer, payer une pension, enterrer leurs parents et gravir péniblement les échelons d’une éventuelle carrière.

A la fin, lorsqu’ils sont plus ou moins satisfaits de leur situation (je parle des meilleurs cas), ils partent à la retraite ou sont obligés de la prendre (je ne parle pas des politiciens que l’on est parfois amené à abattre pour ne plus les voir). Et que se passe-t-il alors ? Ils ne font plus grand-chose, certains s’ennuient et regarde leur corps dépérir au point de se suicider.

On constate donc que la jeunesse qui possède tous les atouts pour jouir de la vie, perd beaucoup de temps à ne pas en jouir, alors qu’au-delà de la maturité on a le temps d’en jouir mais pas toujours les possibilités mentales et physiques pour le faire.

La solution est donc d’inverser le processus : laisser tout le temps aux jeunes pour s’éclater et demander, dès la maturité, aux anciens, tant qu’ils en sont capables, d’étudier et de travailler jusqu’à ce que mort s’ensuive.

C’est ainsi que les jeunes, entretenus par leurs aînés, pourront être heureux et avoir beaucoup d’enfants qu’ils laisseront aux vieux satisfaits d’être utiles, en espérant que leur vie n’en sera pas abrégée, car qui payerait alors la retraite des jeunes ?! Bigre, toujours le même problème ! Mais les vieux deviennent de plus en plus nombreux, et la pyramide des âges tend à s'inverser.

Les solutions

J'ai proposé la seconde solution en 2017, mais à vrai dire, comme vous le verrez, je n'en suis pas vraiment l'auteur :

Si l’on prenait la retraite par l’autre bout ? Plutôt que de discuter sur l’âge de début de la retraite, ne serait-il pas plus simple de discuter de sa fin, et de diminuer la durée de la retraite en éliminant les retraités ?

Pour ma défense et pour être honnête, je dois vous dire que cette idée mortuaire n’est pas de moi. Elle vient des Pays-Bas :

En octobre 2016, les ministres de la santé et de la justice néerlandais, dans une lettre adressée au Parlement, ont proposé de mettre en place une législation permettant aux personnes âgées (sans qu’un âge limite soit précisé) en « bonne santé », considérant avoir accompli leur vie, et souhaitant la mort, de pouvoir « bénéficier » d’un suicide assisté. A noter que rien ne s’oppose à ce que l’environnement se montre persuasif. Ces autolyses seraient la mission d’"assistants à la mort", un métier d’avenir.

La Société royale néerlandaise pour la promotion de la médecine (KNMG) a qualifié de "non souhaitable" ce futur projet et les chrétiens-démocrates s'opposent également à une telle loi, mais les libéraux, les centristes et les écologistes y sont favorables.

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 24 Novembre 2019

En ce moment, le Grand Palais à Paris expose des oeuvres du Gréco. Peintre, sculpteur, et architecte, il est né en Crète au milieu du XVIème et mort à Tolède après avoir séjourné à Rome.

Je n'irai pas voir cette exposition, sûrement à tort, mais j'avoue ne pas apprécier sa peinture qui comporte essentiellement des portraits et des tableaux d'inspiration religieuse. Il est vrai qu'à l'époque beaucoup de commandes provenaient de l'Eglise, et elle a donc été à l'origine de la création de la plupart des chefs-d'oeuvre dans le sud de l'Europe, contrairement au nord où les peintures profanes abondaient.

Une des raisons pour laquelle je n'adhère que peu aux oeuvres du Greco est la déformation qu'il a appliquée à tous les personnages qu'il représentait : les visages comme les corps sont longilignes, anormalement allongés avec une disproportion entre une petite tête et un long corps, et à une époque où les gens étaient petits. Son autoportrait lui-même accuse un excès de verticalité :

Les prouesses d'un oeil malade 2

 

Les prouesses d'un oeil malade 2

Saint Martin et le pauvre

Les prouesses d'un oeil malade 2

La crucifixion

Ces déformations sont d'autant plus étonnantes qu'avant l'apparition de la photographie, les peintres respectaient le plus souvent les proportions et la représentation du réel, notamment pour les portraits.

Des médecins se sont donc demandés si l'oeil du Greco n'était pas malade. Les uns parlant d'une anomalie de la rétine, les autres plus simplement d'un astigmatisme privilégiant les lignes verticales.

L'oeil malade d'un peintre peut parfois donner de bonnes surprises. Ce fut le cas de Monet, et je reporte ci-dessous un billet que j'avais publié il y a 10 ans :

Les prouesses d'un oeil malade 2

Ce tableau, le pont japonais (le second), fut peint par Monet vers 1920. Ne dirait-on pas un tableau abstrait ?

A cette époque, le peintre était atteint d’une double cataracte, il ne voyait plus de l’œil droit et à peine de l’œil gauche. Il a d’abord refusé de se faire opérer dans la crainte de devenir complètement aveugle et ayant perdu le sens de la profondeur et du relief (donné par la vision binoculaire), il ne percevait que des taches de couleurs. Lorsqu’il accepta de se faire opérer de l’œil droit, Monet s’est plaint après cette opération d’avoir perdu des couleurs. Pour peindre il utilisa alors, soit l’œil droit et les bleus dominaient sur la toile, soit l’œil gauche (filtré par la cataracte) dont la vision privilégiait les couleurs chaudes.

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Publié le 22 Novembre 2019

Quand l’égalité homme/femme progresse

Cette photo montre deux « étudiantes » en train de déchirer le dernier livre de Hollande à la fac de Lille le 12 novembre où ce dernier devait donner une conférence. Celle-ci a été annulée en raison de la violence du groupuscule qui traita Hollande d’assassin, (un étudiant qui triplait sa deuxième année de licence, et dont la bourse avait été supprimée pour cette raison s’étant immolé par le feu à Lyon).

Les 450 livres détruits dans cet autodafé avaient été proposés à la vente par des librairies indépendantes, celles-ci ont été mis ainsi en difficulté par de dangereux imbéciles, « révolutionnaires en peau de lapin » qui prétendent avoir des préoccupations sociales. Leur irrespect envers les livres montre que leur objectif n’est pas d’acquérir des connaissances (qu’ils prétendent déjà avoir) dans une faculté, mais d’imposer leurs idées sans débat en rejoignant ainsi à travers le temps leurs homologues nazis du siècle dernier. Comme au siècle dernier ce groupuscule a pu se livrer à cet autodafé dans un amphithéâtre plein d’étudiants passifs. L’incommensurable et coupable passivité de la majorité.

Quand on regarde les vidéos de cette manifestation affligeante (plus ou moins excusée par Hollande), on est frappé par le nombre et l’activisme des femmes qui semblent même les plus violentes. On les retrouve de plus en plus dans les extrémismes, c’est le cas dans les universités américaines, dans nos syndicats étudiants, dans le gauchisme plus ou moins délirant, chez les « indigénistes », les « décoloniaux », les islamistes, et bien sûr dans le féminisme radical.

D’un autre côté, on devrait se réjouir des progrès de l’égalité homme/femme : le crétinisme est également réparti entre les femmes et les hommes, et dans l’agressivité du discours comme dans le totalitarisme, il semble même que les premières dépassent souvent les seconds.

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Publié le 18 Novembre 2019

302. La préférence nationale pour le choix au « pifomètre »

Embryon de 3 jours (8 cellules) que l'on ne veut pas stigmatiser

A de nombreuses reprises nous avons constaté que les députés français avaient pris des décisions importantes alors qu’ils n’étaient qu’une poignée pour les prendre. Parfois le résultat du vote ne convenant pas au gouvernement, ils ont été amenés à revoter. L’absentéisme et ce genre de manipulation ont pour conséquence de décrédibiliser l’Assemblée nationale, le rôle et le vote des députés censés représenter la nation.

Le député Modem et généticien Philippe Berta, lors de la révision des lois de bioéthique avait présenté un amendement permettant dans le cadre d’une fécondation in vitro, de proposer systématiquement un diagnostic pré-implantatoire (DPI). Mais le texte a été repoussé à la demande du gouvernement dans la crainte des dérives eugénistes.

L’amendement a été rejeté par 89 votes et les représentants de la nation sont au nombre de 577 !

Ce rejet de la part des députés présents (et du gouvernement) est lié à un contresens. Le DPI proposé dans cet amendement n’avait pas pour objectif de choisir un embryon particulier à implanter dans l’utérus mais à éliminer les embryons dont les anomalies chromosomiques risquaient fortement d’entraîner soit l’échec de l’implantation, soit des anomalies fœtales telles qu’elles conduiraient à un avortement provoqué. « Nombre d’embryons présentent des anomalies de nombre de chromosomes (aneuploïdies) qui sont la cause la plus fréquente soit d’échecs d’implantation, soit de fausses couches, soit mais dans une moindre mesure, d’anomalies viables qui amènent les couples à faire le choix difficile d’une interruption de grossesse ». Ces aneuploïdies embryonnaires sont fréquentes et d’autant plus que la femme est âgée (environ 2/3 des cas après 40 ans). Les dépister permettrait de réduire le nombre d’embryons à implanter, celui des grossesses multiples, et celui des tentatives souvent mal vécues pour en obtenir une. « Très clairement, il est difficile de concevoir qu’à l’heure des avancées scientifiques sur le sujet que nous connaissons, les équipes françaises n’ont que leurs doigts à croiser et peut être quelques prières pour essayer d’améliorer leurs résultats ». Car le choix de l’embryon à transférer dans la cavité utérine sur des critères purement morphologiques (au pifomètre) peut s’avérer totalement erroné. 89 députés sur 577, incompétents dans le domaine biomédical, ont donc pris une décision qui conduira de nombreuses femmes à continuer de « galérer » pour procréer.

Voir également : 155. L'eugénisme doux

302. La préférence nationale pour le choix au « pifomètre »

L'oeuf de Magritte

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Publié le 17 Novembre 2019

La photo ci-contre est celle d'une jeune femme en train de jouir ou qui fait semblant d'avoir un orgasme. Cette exhibitionniste a diffusé son image intime sur les réseaux sociaux, et elle a été reprise par Huffpost où je l'ai délicatement prélevée afin de ne pas déranger la personne dans son activité fantasmée.

La photo est accompagnée par l'accroche suivante : ″À 24 ans, j’ai compris que je n’avais pas besoin d’un homme pour jouir. Voilà les conséquences de cette révélation”

C'est ainsi que cette exhibitionniste, qui par ailleurs se présente comme une autrice, artiste et féministe, a réussi à se fait connaître de la foule en réseau. Si elle a le sens de la communication en passant au-dessous de la ceinture, ce qui est le moyen le plus rapide aujourd'hui pour avoir "son quart d'heure de célébrité" (j'évite d'y participer en ne donnant pas directement son nom), elle me semble cependant un peu attardée pour n'avoir découvert la masturbation qu'à 24 ans. Et peut-être est-elle infirme sur le plan affectif car il n'est ici nullement question d'amour, sinon de soi-même.

 

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Publié le 15 Novembre 2019

Paroles malheureuses

Parmi les slogans brandis lors de la manifestation du personnel soignant en faveur de l’hôpital, on a pu remarquer cette affirmation péremptoire : « si l’hôpital meurt, vous mourrez aussi ». Malheureusement, même si l’hôpital vit, vous mourrez de toute façon. Souvent moins vite, mais parfois plus vite. Restons modeste.

Paroles malheureuses

Sur France 2, Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé ce vendredi que, depuis le mois de février 2018, dans une « quinzaine de quartiers », « un peu moins de 130 débits de boissons avaient été fermés, 12 lieux de culte, 3 écoles et 9 associations ». Il a été également procédé à « 2,5 millions d'euros de redressement » au titre de la Caisse d'allocations familiales (CAF) et à « 12,2 millions de redressement » au titre de l'Urssaf.

En affirmant, crânement : « Nous luttons contre l'islamisme politique qui laisse penser que la loi de Dieu est supérieure à celle de la République ».

Tiens donc, la loi de Dieu existerait-elle pour notre secrétaire d’Etat à l’Intérieur ? Ce qui laisse également penser que le Coran en serait l’expression. Nous voilà bien, comment lutter contre une entité considérée comme parfaite, même si on peut souvent douter de sa perfection ou de ceux qui ont prétendu et qui prétendent encore transmettre sa loi. Parler au nom de Dieu devrait être considéré comme blasphématoire.

Paroles malheureuses

Lors de « La Grande Confrontation », diffusée mercredi 13 novembre sur LCI, émission de Pujadas, Alain Finkielkraut dans le feu du débat a sorti quelques déclarations provocatrices : « Violez, violez, violez ! Je dis aux hommes : violez les femmes. D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs ! ». Ce « Violez les femmes », injonction sortie du contexte, a évidemment fait le titre des journaux. Notre académicien devrait savoir que l’humour grinçant à la Desproges n’est plus possible surtout devant un auditoire imperméable au second degré comme Caroline de Haas qui a aussitôt embrayé sur le viol conjugal au lieu d’admirer un homme de l’âge de Finkielkraut pour ses prouesses vespérales quotidiennes. 

Quoi qu’il en soit, l’ironie provocatrice d’Alain Finkielkraut, qui cherchait à distinguer le viol criminel d’autres relations bien moins graves entre les hommes et les femmes, est mal passée : Je réagissais par l’absurde à une accusation monstrueuse, celle d’être un violeur parce que je refuse d’assimiler certaines pratiques, comme la drague lourde ou la galanterie, à la “culture du viol”. »

Comme on pouvait s’y attendre : « Le CSA a été saisi et une pétition demande son éviction de France Culture, où l’écrivain produit et présente l’émission « Répliques ». Notons que le thème l’émission de Pujadas portait sur la liberté de la parole.

Illustration : Joseph Ducreux : "Le discret"

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Publié le 11 Novembre 2019

Rédigé par Dr WO

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Publié le 11 Novembre 2019

Parc fantôme

Ce tableau de David Hockney terminé en 1970 représente le parc des Sources à Vichy.

Il se dégage de lui une impression d'étrangeté presque gênante. Peinture on ne peut plus réaliste, elle devient quasiment surréaliste par sa rectitude excessive, sa perspective impeccable et son vide inquiétant  à la manière de Giorgio De Chirico.

On se demande si ces arbres sculptés sont réels. Rien de naturel en eux. Ce sont des arbres domestiqués.

Le couple regarde ce parc désert et ces chaises vides. Ce sont peut-être des survivants, l'humanité a disparu. Couple homosexuel ou hétérosexuel ? Auparavant il y avait trois personnages : une chaise est vide à leur côté. Le personnage qui s'est levé est peut-être derrière eux et regarde comme un voyeur le couple regarder le parc déserté. Une solitude mortuaire de fin du monde.

Sur un blog, celui de Claude Lothier, j'ai trouvé une photo du parc des Sources de Vichy prise le jeudi 3 août 2017. Tout mystère a disparu, la vie est de retour.

Parc fantôme

 

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 9 Novembre 2019

Le mur était mûr

Comme beaucoup, puisque l’évènement est survenu il y a seulement 30 ans, j’ai été le témoin à distance de « la chute » du mur de Berlin. Cet événement fait la une des journaux puisqu’il a eu lieu cette nuit il y a trois décennies. J’ai mis le mot chute entre guillemets car ce ne fut pas une chute provoquée par un assaut irrésistible et la poussée des jeunes Allemands, mais un déblaiement sous les yeux des militaires de la « République démocratique allemande », parfaitement impassibles et n’ayant aucunement l’intention d’intervenir pour empêcher l’évacuation des morceaux de béton. La « chute » du mur de Berlin qui séparait la ville en deux territoires inégaux, et où du monde avait laissé sa peau en tentant de le franchir, ne fut aucunement une révolution et un fait d’armes de la jeunesse allemande. Ce fut plus un symbole qu’un événement historique. L’ouverture des frontières avaient déjà été décidée par les autorités du bloc de l’est.

Aussi toutes ces articles sur la chose me laissent un peu froid, et à l’époque j’ai regardé cette péripétie, qui avait pourtant soulevé l’enthousiasme des foules, avec indifférence. Je pensais, en paraphrasant Mauriac, « j’aime tellement l’Allemagne, que je (ne) suis (pas) ravi qu’il (n’) y en ait (plus) deux », car la réunification devait suivre un jour ou l'autre.

Aujourd’hui c’est dans l’ancienne RDA (la Prusse) que l’on trouve le plus de néo-nazis. Il est toujours aisé de passer d’un totalitarisme à un autre, le formatage laisse des traces même chez les descendants.

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Publié le 7 Novembre 2019

Le viol est un crime et souvent un drame dont se remet mal la victime. Cependant, il n’y a pas un jour sans qu'une femme, une actrice dans la plupart des cas, ne signale dans les médias qu’elle aussi a subi un viol qui remonte parfois à 20 ou 30 ans. Ceci prouve d’abord que, même sous nos climats, le viol est fréquent, et le violeur souvent en position socialement dominante.

Pourtant ces déclarations, aussi bien d'attouchements que de viol, qui se multiplient dans la presse de la part de personnalités du spectacle provoque chez moi un vague malaise. Je ne peux m’empêcher de me demander si ces déclarations médiatiques de personnes du show-biz concernant des évènements anciens sont faites pour faire avancer la cause des femmes ou si c’est pour se rappeler au bon souvenir du public. Certes, je ne suis pas un grand connaisseur du monde du spectacle mais le plus souvent la victime qui révèle son traumatisme des décennies après l'avoir subi m’était le plus souvent complètement inconnue avant la révélation du forfait.

#DélationsEnTousGenres

Si la révélation d’un viol, quelles que soient les motivations qui conduisent à le révéler, est une délation justifiée, les réseaux sociaux permettent d’autres délations en tous genres qui atteignent rapidement le niveau de la rumeur puis de la calomnie que Bazille se serait fait un plaisir de chanter. C’est ainsi qu’est apparu le hashtag #BalanceTonMédecin qui va encourager le corps médical à se dévouer pour leurs patients. On aura bientôt #BalanceTonPompier et pourquoi pas : #BalanceTonPèreOuTaMère car la psychanalyse a bien montré que les parents sont des salauds et les romans qui illustrent la chose envahissent d’ailleurs les rayons des librairies. Quant au hashtag #BalanceTonConOuTaConne, il risquerait de saturer Twitter. 

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Publié le 5 Novembre 2019

301. La santé ou son espoir peut avoir un sacré prix.Dans la dernière Revue du Praticien d’octobre (tome 69, n° 8) est paru un article du Pr Gilles Bouvenot (Hôpital St Marguerite, Marseille) traitant du prix des médicaments (article largement repris par Jean-Yves Nau dans Slate).

Nous savons que les médicaments nouveaux sont chers et que parfois leur prix est exorbitant. L’auteur en donne quelques exemples : le traitement de l’hépatite C par le sofosbuvir atteint 40000 € par patient pour 12 semaines, celui des rhumatismes inflammatoires coûte plus de 12000 € par an (alors qu’il était d'environ 1000 € auparavant), le coût annuel du traitement de cancers peut varier de 50000 à 100000 €, une injection unique de Yescarta (pour le lymphome à grandes cellules B) monte à 327000 €  et le prix provisoire (ATU, autorisation transitoire d’utilisation) de la thérapie génique de l’amyotrophie spinale par Zolgensma est de 1,945 million € ! Les thérapeutiques innovantes ne sont souvent plus du domaine de la chimie proprement dite, mais issues des domaines de l’immunologie et de la génétique. Il est à noter que les thérapeutiques les plus onéreuses s’adressent souvent à des maladies rares ou chroniques sans avoir toujours un espoir de guérison définitive, et c’est justement cette impasse thérapeutique fréquente, et l’espoir apporté par les innovations qui conduisent à l’inflation des prix.

Mais comment sont déterminés les prix des médicaments ? La première étape est la consultation de la commission de la Transparence (siégeant à la Haute Autorité de la Santé, HAS). Elle est indépendante et composée de professionnels de la santé, elle évalue l’intérêt médical du médicament, et détermine si le nouveau médicament constitue un progrès par rapport à l’existant. L’importance du progrès est quantifiée selon cinq niveaux (le niveau V étant l’absence de progrès et donc de service médical rendu). La commission de la Transparence donne un avis technique sans tenir compte de l’impact financier (en Grande-Bretagne, on détermine une limite supérieure à de pas dépasser pour le coût du traitement par an et par patient). Le prix, lui, est débattu avec le laboratoire par un comité interministériel, le Comité économique des produits de santé (CEPS) qui tient compte de la population ciblée, nombre et chronicité, et il est évident que plus la maladie est rare, plus le prix du médicament sera élevé, sinon les laboratoires cesseraient de tenter la moindre innovation dans ce domaine. Mais ce qui conduit à l’inflation des prix est le fait que si l’on estime que le nouveau médicament est un progrès par rapport aux médicaments existants, son prix sera automatiquement plus élevé que celui de ces derniers. Certains médicaments ne sont pas encore autorisés à être mis sur le marché (AMM), mais souvent pressés par les associations de malades et la rumeur des réseaux sociaux, les autorités permettent leur utilisation transitoire (ATU) alors que l’estimation risque/bénéfice est incomplète. Leur prix est souvent très élevé (mais il est susceptible d’être révisé ultérieurement) car il est fixé par le laboratoire, les patients en espèrent beaucoup à leurs risques et périls, et sans aucune certitude de leur efficacité.

Les médicaments à prix élevé concernent souvent des maladies prises en charge à 100%. Les progrès thérapeutiques permettent de prolonger la vie de patients atteints de maladies graves. Par contre, il n’est pas certain que la durée de vie de notre système d’Assurance maladie ne sera pas abrégée s'il continue à fonctionner avec la même générosité.

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Publié le 2 Novembre 2019

Alors que l’Article 10 de la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » - stipule que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi », nous assistons de plus en plus en France à l’interdiction de s’exprimer d’intellectuels de tous bords sous la pression de groupuscules bruyants et violents, comme récemment à l’université de Bordeaux-Montaigne pour la philosophe Sylviane Agacinski ou sous la pression des radicaux de l’islam et de leurs soutiens d'extrême-gauche à l’université Paris 1 pour le journaliste Franco-Algérien Mohamed Sifaoui qui avait été justement sollicité par cette dernière pour traiter de la radicalisation. Bien entendu, ce ne sont pas les premiers que l’on fait taire, on a vu ça, entre autres, avec Finkielkraut, et ce ne seront pas les derniers.

Dans le cas de Mohamed Sifaoui le motif de la suppression de son module serait son islamophobie (il suffit de parler objectivement de l'islam pour en être accusé) et la personnalité controversée de ce journaliste. Ce qui démontre que l’université semble avoir acquis l’horreur de la controverse, ce qui contredit l’essence même d’une université digne de ce nom, mais peut-on parler encore ici de dignité, la lâcheté serait un qualificatif qui lui conviendrait mieux.

Sylviane Agacinski, qui avait été invitée depuis des mois à Bordeaux pour un débat sur les conséquences des techniques de procréation, a été insultée par une poignée d’homosexuels et/ou transsexuels violents et leur soutiens, et c’est du coup la crainte d’un trouble à l’ordre public qui a été mis en avant. Autrement dit, une poignée d’imbéciles a réussi à empêcher un débat où devait être présente une personne éventuellement en désaccord avec leur opinion, en menaçant simplement d'intervenir physiquement.

Mais n’est-ce pas à l’Etat d’assurer la liberté d’expression ? N’est-ce pas à lui d’assurer l’ordre public ouvertement menacé par des totalitaires de la pensée ? Que de lâchetés. Il faut espérer que devant les protestations, ces deux intellectuels pourront s’exprimer, que l'on soit d'accord ou non avec eux, malgré les pressions de minorités agissantes, car si leurs opinions peuvent déranger certains, à ma connaissance, elles n’appellent pas à la haine ou au meurtre.  

 

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