Le Point du 6 janvier 2011
rapporte qu’à Cadix, un professeur d’histoire-géographie a été poursuivi par les parents d’un élève musulman qui s’était dit « offensé »,
car ce professeur avait osé enseigner les secrets de fabrication du jambon ibérique. Le motif de la plainte était : « mauvais traitements
psychologiques sur fond de xénophobie » et cours insultant les « croyances islamiques ». La Fédération des musulmans d’Espagne
est cependant intervenue en soulignant que s’il est interdit de manger du jambon, il n’est pas interdit d’en parler.
Si le christianisme a souvent associé le Diable et le porc, la consommation de ce dernier (le premier doit être particulièrement indigeste) est très appréciée en Asie comme en Occident, au point de polluer les cours d’eau par son élevage intensif.
Jules Renard disait : « Quel admirable animal que le cochon. Il ne lui manque que de savoir faire lui-même son boudin ». Dans le cochon tout est bon, y compris ses valves cardiaques qui peuvent remplacer celles de l’homme, il est vrai que sur le plan anatomo-physiologique le porc et l’homme sont assez proches et certains pensent même qu’un l’un sommeille dans l’autre.
L’interdiction de sa consommation en tant qu’animal impur vient du Judaïsme. Les juifs croyants sont ainsi privés de viande de porc (entre autres) depuis des siècles, car si cet animal a bien le sabot fourchu et fendu, le veinard ne rumine pas, et il échappe de ce fait à la casserole.
Un millier d’années après, l’interdiction formulée par l’Ancien Testament a été repris par l’Islam.
Pourquoi les hébreux se sont-ils privés de porc, et pourquoi les musulmans ont-ils suivi ? Les hypothèses sont nombreuses, ce qui veut dire que l’on n’en sait rien.
Illustration : Hieronymus Bosch : "L'Enfer" (petit fragment, coin inférieur droit)