Publié le 30 Novembre 2014

 

La loi de santé 2014, comme toutes celles qui furent pondues par les différents gouvernements, insiste sur la prévention. La prévention est en effet « la tarte à la crème » préférée des gouvernants dépassés par les évènements et qu’ils lancent périodiquement à la tête de la population.

Le postulat est le suivant : si l’on dépense suffisamment d’argent pour prévenir les maladies, elles n’apparaitront pas et nous n’auront plus à dépenser de l’argent pour les soigner. Mais ce postulat n’est vrai (voir l’article « 160. La prévention est-elle source d’économies ? » que dans domaines où la prévention permettrait d’éviter définitivement la survenue de maladies : les infections par les vaccinations (ce qui est fait), le diabète lorsqu’il est induit par une surcharge pondérale, les maladies provoquées par des intoxications volontaires comme l’alcool, le tabac ou les drogues, et il faut y ajouter les comportements sexuels à risques.

Puisque tous les gouvernements successifs n’ont cessé de prendre des mesures dans ces domaines, quant est-il des résultats de leurs efforts pour cette prévention qui pourrait être efficace de façon radicale ?

- La consommation d’alcool a certes diminué régulièrement en France mais la proportion de consommateurs excessifs reste stable à environ 10% de la population adulte, avec 20% des patients hospitalisés, et environ 30000 décès par an directement attribuable à l’alcool.

- La proportion des fumeurs en France est passée de 31,4% en 2005 à 34% en 2012 avec 200 morts par jour.

- Les jeunes français sont en tête des consommateurs de cannabis en Europe et la consommation des autres drogues ne fait qu’augmenter.

- En 2012, 64000 personnes ont découvert leur séropositivité au VIH. Entre 2011 et 2012, la découverte de l’infection à VIH chez les gays a augmenté de 14%.

On ne peut que constater l’échec de l’Etat, mais ce n’est aucunement spécifique à la France.

Quelles sont les mesures prévues en matière de prévention par le gouvernement actuel ? « Prévention du tabagisme : instauration d'un paquet neutre et encadrement de l'usage de la cigarette électronique dans les lieux publics.

Prévention de l'alcoolisme chez les jeunes. La vente de certains produits favorisant la consommation d’alcool et notamment le « binge drinking » (ou alcoolisation accélérée) chez les jeunes devrait être interdite.

Accès à la contraception d'urgence garanti pour les jeunes femmes mineures sans condition auprès de l'infirmière scolaire.

Définition d'un cadre pour l'expérimentation de salles de consommation à moindre risque, dites « salles de shoot ». (Le Monde du 15/10/14).

Il faut y ajouter le code couleur pour les aliments.

Ce sont de louables intentions mais si ces mesures sont adoptées, je crains qu’elles ne changeront guère la situation (sauf pour la contraception). Mais il faut avouer que les solutions ne sont pas évidentes, que l’on se heurte à des comportements individuels où le choix peut alterner entre soins, culpabilisation et répression. A noter qu’une opposition à la cigarette électronique est assez paradoxale puisque la consommation de tabac a baissé pour la première fois depuis son introduction. Quant aux salles de shoot, elles ne diminueront sûrement pas la consommation de drogues.

Le chapeau de la loi de santé est le suivant :

"Notre système de santé est performant mais inéquitable, c'est pourquoi il est indispensable de le refonder. La loi de santé s'articule autour de trois axes : prévenir avant d’avoir à guérir, faciliter la santé au quotidien et innover pour consolider l'excellence de notre système de santé."

J’ai toujours une certaine reticence devant les slogans publicitaires.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 27 Novembre 2014

Naufrage

Ses cheveux épars collés sur le crâne par la pluie qui semble sans cesse le noyer, le capitaine, bousculé par le tangage, godille en vain dans la tempête. Il ne se retourne pas sur les matelots qui tombent à la mer emportés par le vent des couloirs du palais, et qui, alourdis par leurs poches pleines, s’enfoncent dans les vagues de l’opprobre. Des membres de l’équipage aimeraient quitter le navire et cherchent à embarquer dans des canots de sauvetage, d’autres se révoltent contre la façon dont le capitaine mène sa barque, et envisagent même de remettre son brevet en question.

Sur la côte, l’ancien capitaine, entouré de son ancien équipage, regarde, sardonique, le bateau secoué par les bourrasques du large. Il veut reprendre la barre alors qu’il avait échoué le navire lors d’un précédent voyage en laissant dans la coque un trou béant. Il espère bien récupérer son poste qu’il estime mériter de droit divin en écartant avec mépris les importuns primaires. Il harangue ses fidèles en imitant les imitateurs qui l’imitent, et en caricaturant ses propres caricatures. Il promet tout et son contraire, mais surtout de défaire ce que l’autre a fait. Les fidèles demeurés en extase sont toujours prêts à le suivre pour un périlleux voyage. Quant à ses anciens lieutenants, ils aimeraient tenter leur chance au gouvernail. L’un espère que la capitainerie se penchera davantage sur le passé de son ancien capitaine. L’autre, qui a beaucoup bourlingué, a la tête d’un revenant qui rêverait ne plus être un fantôme.

Les gars de la Marine ricanent dans leur coin, et ne pensent qu’à pousser le navire dans le cimetière marin.

William Turner : « Naufrage »

 

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Publié le 25 Novembre 2014

De l’abstraction à la déraisonAlexandre Grothendieck est mort le 13 novembre dernier à l’âge de 86 ans. C’était un mathématicien de génie (en particulier dans le domaine de la géométrie algébrique). Il est mort à l’hôpital Saint-Girons en Ariège…En Ariège, là où sa mère protestante allemande et lui avaient été internés dans un camp comme « étrangers indésirables » et d’où son père, juif russe et anarchiste, Sascha Schapiro, interné dans un autre camp, avait été déporté à Auschwitz pour y être assassiné en 1942. Fuyant le nazisme, la famille s’était réfugiée en France en 1933. Grothendieck (le nom de sa mère) est mort près des lieux des évènements dramatiques de son enfance.

C’était un mathématicien de génie en rupture avec le milieu académique et avec l’humanité, refusant les prix qui lui étaient décernés (dont la médaille Fields en 1966 qu’il devait recevoir à Moscou, mais refusa de s’y rendre pour protester contre le régime soviétique), pacifiste et écologiste, il disparut des écrans radar en 1991 avec la volonté de s’isoler. D’après certains témoins, il aurait été en proie à des délires mystiques jusqu’à dialoguer avec les anges.

Et je me pose la question : jongler avec des abstractions pures ne peut-il pas favoriser la déraison ? Car je lis en ce moment un livre[1] où il est fait référence à deux autres mathématiciens de génie : Cantor et Gödel dont les préoccupations finales furent plutôt déroutantes.

De l’abstraction à la déraisonGeorg Cantor (1845-1918) était issu d’une famille qui avait émigré de Russie pour s’installer en Allemagne. Créateur de la théorie des ensembles, ce fut lui qui fit de l’infini une partie intégrante des mathématiques. Raisonner sur l’infini paraissait impossible pour la plupart des mathématiciens, et c’est un sujet qu’ils évitaient habituellement d’aborder. Son ancien professeur Léopold Kronecker (un tantinet jaloux), considérant ce sujet comme absurde, s’est d’ailleurs acharné à briser la carrière de son ancien élève. Il arrive fréquemment que ceux qui s’opposent à un génie passent de cette façon à la postérité quelle que soit leur talent, un peu comme un satellite noir entraîné par une étoile. Travaillant seul et à contre-courant, Cantor finit par perdre la raison en n’arrivant pas à démontrer, et pendant des années, une de ses hypothèses (« l’hypothèse du continu »[2]). Il consacra finalement ses phases de lucidité à la théologie (il pensait pouvoir démontrer mathématiquement l’existence de Dieu) et à tenter de prouver que le véritable auteur des pièces de Shakespeare était le philosophe Francis Bacon.

De l’abstraction à la déraisonL’autrichien Kurt Gödel (1906-1978), proposa, à l’âge de 25 ans, son « théorème d’incomplétude » en affirmant qu’un système cohérent est incomplet en soi, qu’il comporte inévitablement des propositions « indécidables », et qu’il existe ainsi des limites à la pensée rationnelle et au raisonnement logique. Ce théorème démontré pour un système arithmétique est largement utilisé dans d’autres domaines comme la philosophie ou l’informatique.

Gödel, confronté à l’hypothèse de Cantor, finit par montrer qu’il est impossible de démontrer sa fausseté[3]. Plus ou moins dépressif dans sa jeunesse, il devint plus tard paranoïaque en refusant de s’alimenter, craignant d’être empoisonné, et mourut cachectique et Américain. Fuyant les persécutions nazies, Gödel avait, en effet, quitté Vienne en 1940 pour les USA où, à Princeton, il se lia d’amitié avec Albert Einstein. Après avoir renoncé à se confronter à l’hypothèse de Cantor, il passa 20 ans à tenter de prouver que des travaux de Leibniz ne lui avaient pas été attribués et qu’il lui revenait de rétablir la vérité, tout en se penchant sur le problème de la démonstration de l’existence de Dieu. Lors de sa naturalisation, il ne put s’empêcher de prévenir le juge qu’il existait une faute logique dans la constitution américaine qui risquait de conduire à une dictature.

Trois mathématiciens de génie dont la manipulation des abstractions fit peut-être chanceler leur santé mentale, et qui finirent, les trois, par se confronter à l’abstraction ultime : Dieu.

 

[1] « Désir d’infini » de Trinh Xuan Thuan.

[2] Ne me demandez surtout pas de développer !

[3] C’est le mathématicien américain Paul Cohen qui montra en 1963 que « l’hypothèse du continu » que Cantor s’était acharné à démontrer n’était ni vraie, ni fausse, mais indémontrable.

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Publié le 23 Novembre 2014

 

Il faut bien que vieillesse se passe

La vieillesse ne semble plus être le temps de la sagesse, ni celui du renoncement. Du moins en Grande-Bretagne, mais il n’y a aucune raison que les vieux Anglais et les vieilles Anglaises soient d’un modèle différent de celui des séniors du continent.

Le journal The Economist (article rapporté par Courrier International) révèle que nombre de personnes âgées britanniques ont tendance à brûler leur vie par le dernier bout qui leur reste en abusant de la consommation d’alcool, de drogues et même de sexe.

En 5 ans le nombre de femmes en maison de retraite traitées pour alcoolisme dans un centre de sevrage a grimpé de 65 %. Il y a beaucoup de raisons de noyer son âge dans l’alcool, mais il faut savoir que l’alcool ne conserve que les pièces anatomiques.

« Le Centre européen de gestion des drogues et des addictions estime de son côté que le nombre de personnes de plus de 65 ans qui se rendront en centre de désintoxication aura doublé entre 2001 et 2020 ». Une vidéo circule sur le net où l'on voit trois mamies essayant de fumer du cannabis pour fêter sa légalisation dans l'Etat de Washington.

Les maisons de retraite m’ont toujours paru d’une grande tristesse. Mais voilà que j’apprends qu’en Grande-Bretagne elles peuvent être le siège d’une activité débridée. Les maladies sexuellement transmissibles s’y échangent gaîment. En 5 ans le nombre de leurs pensionnaires souffrant d'herpès génital a augmenté de 50 % chez les hommes et doublé chez les femmes. A noter que les hommes, moins nombreux, ont un large choix. Cependant, les prouesses sexuelles à cet âge risquent par un équilibre incertain de se terminer par une chute et une fracture du col du fémur. Il y a des positions fracassantes que le Kamasoutra n’avait pas prévues.

Il faut bien que vieillesse se passe

 

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Publié le 21 Novembre 2014

 

Les internes des hôpitaux ont récemment tenté de faire grève pour demander une amélioration de leurs conditions de travail. Cette grève a été, semble-t-il, peu suivie. Les médecins libéraux envisagent de faire grève fin décembre pour protester contre certains projets de la nouvelle loi santé (une de plus) concoctée par MST (pas de confusion, il s’agit de Marisol Touraine). Une grève des cabinets médicaux qui pourrait être suivie début janvier 2015 par celle des cliniques.  

D’après ce que j’ai pu voir, c’est une loi très littéraire avec surtout des intentions (notamment sur la prévention, la tarte à la crème des gouvernements successifs et la réapparition des salles de shoot, dites à « moindres risques »), mais il en ressort également un renforcement de la prééminence des hôpitaux publics sur le secteur libéral. On peut donc s’attendre à une asphyxie des urgences qui, jusqu’à présent, n’étaient qu’à bout de souffle (car la loi ne prévoit évidemment aucun moyen).

Quant à la médecine libérale, qui, à ma connaissance, n’a pas eu son mot à dire dans l’élaboration de cette pièce montée (il n'y aurait pas de médecins dans l'entourage de MST), il est prévu d’aggraver ses emmerdements. Dans un esprit de démagogie plus que d’efficacité ou d’économie, MST envisage en deux étapes de généraliser le tiers payant, ce qui va logiquement augmenter la demande (« c’est gratuit et j’y ai droit »), augmenter la paperasse à remplir par les médecins aux dépends du temps passé à s’occuper du malade, en ajoutant également celui qui devra être consacré à vérifier les remboursements des honoraires. Le médecin libéral sera ainsi livré pieds et poings liés aux caisses, et pour gagner sa vie il devra attendre leur bon vouloir pour ce qui concerne les délais de remboursement, s’il ne subit pas éventuellement des mesures de rétorsion pour indiscipline.

La médecine libérale est agonisante et il serait charitable de la débrancher définitivement.

Alors les médecins libéraux envisagent de faire grève. Mais, chers confrères, ne vous faites pas d’illusions. Nous ne sommes pas des transporteurs routiers ou des pilotes de ligne capables de bloquer les routes ou le trafic aérien pour faire plier les autorités. Notre éthique nous oblige à organiser d’une façon ou d’une autre les soins des patients pour éviter les drames, et les hôpitaux sont là en cas d’urgence, jusqu’à l’étouffement.

En tant que médecin hospitalier, il m’est arrivé de faire grève : je portais un badge sur lequel était marqué : « médecin en grève » tout en assurant mon travail. Efficace, non ?

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Publié le 18 Novembre 2014

 

Un rapport rédigé par la sénatrice EELV, Esther Benbassa et le sénateur UMP, Jean-René Lecerf, préconise – entre autres - l’enseignement du fait religieux à l’école. Ce rapport a été adopté par la commission des lois du Sénat et devrait être rendu public cette semaine[1]

Mais qu’entend-on par l’enseignement du fait religieux ?

Etudier le rôle des religions en histoire est une évidence, et ce rôle est enseigné depuis toujours. Les religions furent et sont encore des moteurs de l’histoire et non des moindres, pour le meilleur et le plus souvent pour le pire. Sans parler des religions asiatiques, l’histoire de l’Occident et du Proche et Moyen-Orient est dominée par les religions. La mainmise du Christianisme sur l’Empire Romain, éliminant le polythéisme plutôt pacifique et hospitalier, les conquêtes musulmanes en Europe, en Afrique et en Asie, les croisades, la conquête et la christianisation sanglantes des Amériques, Les guerres de religion entre chrétiens dans une grande partie de l’Europe et les évènements actuels montrent que les religions réapparaissent à l’avant-scène de l’histoire.

Les religions peuvent être également étudiées comme objet social ou anthropologique au même titre que tous les autres, mais pourquoi isoler le fait religieux en tant que tel ?

Considérer la croyance religieuse comme un objet de connaissance, c’est lui donner un statut qu’elle n’a pas. Et quelles religions étudier ? La véracité d’aucune n’est prouvée puisqu’il s’agit de croyances éminemment personnelles. Je souhaite bien du courage aux enseignants devant une classe multiconfessionnelle lors de la confrontation des légendes que l’on est libre de croire ou pas, mais qui s’excluent de façon radicale. Je suppose par ailleurs que l’athéisme, pourtant moins dangereux, ne sera probablement pas enseigné.

Que fait-on de la laïcité dans cette République qui se délite en de multiples identités et qui devient de plus en plus soluble dans les religions ? Le temps que l’on consacrera éventuellement au fait religieux ne serait-il pas mieux employé à des fondamentaux incontestables et qui semblent faire défaut à nombre d’élèves ? Personne n’a besoin de l’école pour choisir ou rejeter une croyance, d’ailleurs souvent transmise par la famille et aujourd’hui par le prosélytisme parfois agressif présent sur internet.

 

[1] D’après Claude Nicollet (Marianne)

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Publié le 17 Novembre 2014

Il m'a paru intéressant de reproduire ci-dessous un extrait d'un éditorial publié récemment par le journaliste et écrivain ivoirien Venance Konan et que j'ai pêché dans la revue médicale "Tout Prévoir" de novembre 2014.

Lucidité

 

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 16 Novembre 2014

 

L’écrivain Pierre Ménard fait état dans « Le Huffington post » de la correspondance de la Princesse Palatine. Une partie de cette correspondance (60000 lettres de 1671 à 1722 ! preuves de son ennui profond) avait été réunie dans un livre paru à Paris en 1853 et intitulé : « Nouvelles lettres de la Duchesse d’Orléans, Princesse Palatine, mère du Régent » (traduites de l’allemand par G. Brunet) et que je suis allé consulter. Elles montrent, comme on le sait, que le siècle du Roi-Soleil ne brillait pas par la propreté et l’hygiène. Même les dames lettrées avaient un goût prononcé pour la scatologie. Ce fut également le cas du « divin » Mozart.

Scatologie épistolaire

 Lettre de la duchesse d’Orléans à l’électrice de Hanovre

Fontainebleau, le 9 octobre 1694

Vous êtes bien heureuse d’aller chier quand vous voulez ; chiez donc tout votre chien de soûl. Nous n’en sommes pas de même ici où je suis obligée de garder mon étron pour le soir. Il n’y a point de frotoir aux maisons du côté de la forêt. J’ai le malheur d’en habiter une et pas conséquent le chagrin d’aller chier dehors, ce qui me fâche, parce que j’aime à chier à mon aise, et je ne chie pas à mon aise quand mon cul ne porte sur rien ? item, tout le monde nous voit chier ; il y passe des hommes, des filles, des garçons, des abbés et des suisses ; vous voyez par là que nul plaisir sans peine, et si on ne chiait point je serais à Fontainebleau comme le poisson dans l’eau. Il est très-chagrinant que mes plaisirs soient traversés par des étrons ; je voudrais que celui qui a le premier inventé de chier, ne pût chier, lui et toute sa race, qu'à coups de bâton. Comment, mordi! qu'il faille qu'on ne puisse vivre sans chier? Soyez à table avec la meilleure compagnie du monde, qu'il vous prenne envie de chier, il vous faut aller chier. Soyez avec une jolie fille, une femme qui vous plaise ; qu'il vous prenne envie de chier, il faut aller chier ou crever. Ah! maudit chier, je ne sache point de plus vilaine chose que de chier. Voyez passer une jolie personne, bien mignonne, bien propre, vous vous récriez: ah! que cela serait joli si cela ne chiait pas! Je le pardonne à des crocheteurs, à des soldats aux gardes, à des porteurs de chaises et à des gens de ce calibre-là. Mais les empereurs chient, les impératrices chient, le pape chie, les cardinaux chient, les princes chient, les archevêques et les évêques chient, les généraux d'ordres chient, les curés et les vicaires chient. Avouez donc que le monde est rempli de vilaines gens, car enfin, on chie en l'air, on chie sur la terre, on chie dans la mer, tout l'univers est rempli de chieurs et les rues de Fontainebleau de merde, car ils font des étrons gros comme vous, madame. Si croyez baiser une belle petite bouche avec des dents bien blanches, vous baisez un moulin à merde ; tous les mets les plus délicats, les biscuits, les pâtés, les tourtes les perdrix, les jambons, les faisans, tout n’est que pour faire de la merde mâchée etc.

Extrait de la réponse de l’électrice

Hanovre, 31 octobre 1694

On ne mange que pour chier, et tout de même qu'on ne chie que pour manger, et si la viande fait la merde, il est vrai de dire que la merde fait la viande, puisque les cochons les plus délicats sont ceux qui mangent le plus de merde. Est-ce que dans les tables les plus délicates, la merde n'est pas servie en ragoût? Ne fait-on pas des rôties de la merde des bécasses, des bécassines, d'alouettes et d'autres oiseaux, laquelle merde on sert à l'entremets pour réveiller l'appétit? Les boudins, les andouilles et les saucisses, ne sont-ce pas des ragoûts dans des sacs à merde? La terre ne deviendrait-elle pas stérile si on ne chiait pas, ne produisant les mets les plus nécessaires et les plus délicats qu'à force d'étrons et de merde?

On ne mange que pour chier, comme on ne chie que pour manger. Vous étiez de bien mauvaise humeur quand vous avez tant déclamé contre le chier; je n'en saurais donner la raison, sinon qu'assurément votre aiguillette s'étant nouée à deux nœuds, vous aviez chié dans vos chausses. Enfin vous avez la liberté de chier partout quand l’envie vous en prend, Vous n’avez d’égard pour personne ; le plaisir qu'on se procure en chiant vous chatouille si fort que, sans égard au lieu où vous vous trouvez, vous chiez dans les rues, vous chiez dans les allées, vous chiez dans les places publiques, vous chiez devant la porte d'autrui sans vous mettre en peine s'il le trouve bon ou non.

Lire les lettres dans leur intégralité

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 15 Novembre 2014

 


Félix Vallotton "Portrait de la femme au chapeau noir"

 
 

Elle avait gardé son chapeau

Orné d'un ruban rose et blanc

Elle avait gardé les yeux clos

En retenant d'une main

Sa robe négligemment

Elle avait dévoilé distraitement

Un sein

Et recouvert par malice son voisin

La poitrine découverte couronnée

De l'ovale d'or d'un fin collier

 

C'était le chapeau gardé sur la tête

Qui avait rendu ce sein si nu

Et les paupières closes qui avaient rendu

Ce visage si serein, la pose si coquette

Et la femme offerte si prête


Paul Obraska

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Publié le 14 Novembre 2014

Profession : courtisane

Place Saint-Georges dans le 9ème arr. de Paris, je ne manque jamais de m’arrêter devant ce bel hôtel particulier, dans un style gothique et renaissance, l’hôtel de la Païva, qui fut habité en 1851 par la marquise Païva y Arunjo, épouse pour un temps bref du marquis portugais du même nom. On peut d’ailleurs se demander si elle ne l’avait pas épousé pour ce « Païva » qui lui plaisait et qu’elle allait conserver par la suite.

Esther (puis Thérèse) Lechmann naquit pauvre dans le ghetto juif de Moscou. On la maria à 16 ans à un tailleur français, elle le quitta pour suivre un amant et après quelques pérégrinations elle se retrouva à Paris. Courtisane de haut vol, élégante et endurante, elle allait par ses talents (notamment sexuels) posséder de superbes demeures, collectionner les diamants, et les amants, dont une enfilade de Lords anglais lors de son séjour à Londres.

Elle épingla surtout à son palmarès le comte prussien Henckel von Donnersmarck, cousin de Bismarck, d’abord amant puis époux princier qui lui offrit l’hôtel Païva du 25 Av des Champs- Elysées dont la construction dura 10 ans et coûta la bagatelle de 10 millions de francs de l’époque.

Profession : courtisaneLes célébrités se pressaient à ses réceptions, car si l’aristocratie la boudait ce ne fut pas le cas des hommes politiques (Gambetta, Emile Girardin), des artistes (elle connut de grands musiciens comme Liszt et Wagner par l’intermédiaire d’un amant pianiste…Et au départ riche, Henri Herz) et des écrivains (les Goncourt, Théophile Gautier, Renan, Taine – du beau monde pour une demi-mondaine). Soupçonnée d’espionnage elle termina – dans le luxe d’un château – sa vie en Pologne, berceau de sa famille. Une vie bien remplie où elle s’était largement donnée mais en comptant.

Curieusement, cette belle rousse n’aimait pas son visage ce qui explique peut-être ce curieux portrait où elle est représentée de dos !

Les courtisanes d’antan avaient une vie aventureuse et amoureuse tout de même étonnante, avec le statut quasi officiel de prostituée de luxe, mais que les hommes haut placés n’hésitaient pas à épouser (la pancarte historique de l’hôtel signale d’ailleurs que « la Païva était une courtisane adulée sous le second Empire »).

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Publié le 12 Novembre 2014

 
Il est évident que la médecine est un spectacle. Elle l’était un peu dans le passé, elle l’est beaucoup à présent. La médecine est un spectacle dont les découvertes et les techniques sont le décor, les médecins-vedettes les acteurs et dont nous sommes tous, tôt ou tard, les figurants. C’est le plus vaste théâtre du monde sans jamais de relâche.
 
Le cirque
Au Moyen Age et jusqu’au XVIIIe siècle, les tailleurs de vessie pour la pierre, les oculistes pour la cataracte se déplaçaient de ville en ville. Etant donné la fréquence des mauvais résultats, ils avaient intérêt à ne pas faire de vieux os sur place. Un grand nombre de charlatans, pas toujours malhabiles, et les vendeurs d’orviétan et collyres miraculeux sur les foires se mêlaient à eux.
De tous temps les médecins n’ont jamais hésité à vanter leurs mérites pour attirer la clientèle, parfois en employant tous les moyens publicitaires des charlatans. Un sommet a été atteint au XVIIIe siècle par John Taylor, ophtalmologiste – on disait oculiste - anglais qui allait de ville en ville dans toute l’Europe pour opérer de la cataracte, nobles et bourgeois. Il se faisait annoncer par une campagne de tracts, de crieurs et arrivait dans une calèche bardée d’yeux peints et d’affiches vantant son habileté. Chirurgien habile, il l’était, mais aussi vantard. Il prétendait avoir opéré le roi d’Angleterre et quelques autres, le Pape, et même d’avoir rendu la vue à Jean-Sébastien Bach dans sa 88ème année alors que celui-ci était mort aveugle à 65 ans. De nos jours un tel comportement, en principe interdit par la déontologie et réprimé par l’Ordre, reste courant, notamment par l’intermédiaire de la télévision et des nombreux journaux consacrés à la « santé ».
                                                                               
Les fous
L’asile d’aliénés de Bedlam à Londres et celui de la Salpêtrière à Paris étaient des lieux que l’on visitait pour se divertir. En plein XVIIIème, le siècle des lumières, on s’y rendait avec les enfants pour voir des hommes et des femmes en proie au délire, exhibés dans des cages ou enchaînés. Il a fallu attendre la Révolution Française et Jean-Baptiste Pussin, jeune ouvrier tanneur, hospitalisé à la fin du XVIIIe siècle à Bicêtre, et devenu par la suite surveillant qui, partisan de traiter les malades mentaux par la douceur, convainquit Philippe Pinel, en 1793, et par lui le gouvernement révolutionnaire, d’enlever leurs chaînes, à Bicêtre puis à la Salpêtrière,
                                                                               
Les malades
Sans remonter si loin, il y a quelques décennies, les malades étaient hospitalisés dans de vastes salles communes contenant une cinquantaine de lits, avec au centre une grande table où les infirmières bavardaient en préparant les traitements. Un total manque d’intimité où les malades ne pouvant se lever devaient faire leurs besoins sous le regard des autres, où ils étaient examinés lors de « La visite » du « Patron » devant un cortège d’assistants et d’étudiants. L’interne présentait «  le cas » en parlant du malade devant lui à la troisième personne et en lui tournant le dos. On évoquait parfois l’autopsie attendue pour confirmer le diagnostic en usant d’euphémismes qui ne trompaient personne. On passait rapidement devant un agonisant sommairement isolé par un paravent.
Les consultations étaient souvent publiques, et jeune étudiant, j'ai parfois  assisté à des scènes scandaleuses. Dans le service de rhumatologie de l’hôpital Lariboisière, on demanda à une vieille dame de se dévêtir complètement dans un déshabilloir ; ceci étant fait, la porte opposée s’ouvrit et la patiente entièrement nue se retrouva, comme le taureau dans l’arène, au pied des gradins garnis de blouses blanches ; elle s’évanouit, seule issue possible. A l’Hôtel-Dieu, le chef du service de chirurgie fit un toucher rectal à un homme à quatre pattes devant une centaine de jeunes gens, j'avais été outré d’y assister.
                                                                       
Après 1970 les conditions matérielles d’hospitalisation se sont considérablement améliorées de même que le comportement des médecins. Mais paradoxalement c’est aujourd’hui, alors que le droit à la vérité est devenu un dogme, que la situation se détériore à nouveau, notamment dans les services d’urgence. Où est le respect de la dignité et de la liberté pour des hommes et des femmes laissés sur des brancards, dans des couloirs, attendant parfois des heures avant d’être examinés, soulagés et conduits dans un lit décent en raison du manque de personnel et de l’encombrement des services ? La hantise a toujours été de sortir de l’hôpital, s’y ajoute de plus en plus celle de pouvoir y entrer.
                                                                               
Les médecins
Il y a des médecins préposés à l’interview comme il y en a de garde. Les interviews télévisées les plus spectaculaires sont celles que l’on fait sur le lieu de travail. Blouse blanche et stéthoscope sont souhaitables pour les médecins et la casaque stérile est indispensable pour que les chirurgiens puissent répondre aux questions qu’on leur pose. Quant à l’urgentiste, c’est un médecin largement exploité par la télévision. L’inverse est également vrai
                                                                                
Les actes médicaux
Les actes médicaux eux-mêmes constituent un spectacle de choix.
Lorsque les autopsies furent permises elles se déroulaient comme un spectacle, « La leçon d’anatomie » de Rembrandt en est un exemple. Les interventions chirurgicales ne manquaient pas de spectateurs directs. A présent les téléspectateurs ont droit à un bout des grandes premières même si ce sont parfois les dernières. Chaque nouveauté est montée en épingle. Il est rare qu’un journal télévisé n’ait pas son scoop médical. Les journaux, les périodiques sont envahis par la médecine, en vantant un jour ses mérites et en se régalant le lendemain de ses insuffisances ou de ses erreurs. Le public est évidemment intéressé, car il est le sujet potentiel du spectacle[1]
Les médecins participent avec plaisir à cette course médiatique. Combien de traitements mirifiques (notamment contre le sida), basés sur quelques cas et suivis quelque temps ont donné lieu à des déclarations hâtives et à une existence éphémère. Histoire pour les promoteurs de faire enregistrer leur initiative avant l’échec, de parler et de se montrer, préférant ne pas prendre de recul pour mieux sauter dans le bain médiatique.
                                                                              
Les maladies
La maladie est toujours vécue comme individuelle même au milieu d’une épidémie. La souffrance n’est ressentie que par soi et personne n’endure la souffrance de l’autre même atteint d’un mal semblable. Mais l’isolement a fait place au collectif. Les associations de malades se multiplient, leur nombre en France est passé en vingt ans de 100 à 4500 en l’an 2000[2]. Configuration qui confère au malade une personnalité, un statut particulier dans la société[3] à l’origine de possibles revendications, sources de manifestations de rue à l’égal des syndicats, et justifiant de véritables spectacles où l’on expose les malades comme des héros et où s’empressent de figurer généreusement chanteurs et comédiens. Le public est friand de ces spectacles toujours grandioses, attiré par les vedettes et ému par la générosité ambiante. Le caritatif s’épanouit dans la souffrance.


Documentation réunie avec la collaboration du Dr Jean Waligora


[1] A titre d’exemple, l’étude WHI sur le traitement hormonal de la ménopause aurait suscité, seulement aux USA, 400 articles et 2500 émissions de radio et de télévision.

[2] Selon le Bulletin de l’Ordre des Médecins de mars 2004

[3] On parle de « patient-citoyen »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 10 Novembre 2014

 

Chère Madame Huaimpé,

 Je me vois dans l’obligation de vous écrire cette lettre au sujet de votre fils, le petit Nicolas.

Depuis sa rentrée, je le trouve très agité. Il va d’une place à une autre, il dénigre ses petits camarades et leur manque de respect dès qu’ils ne sont pas d’accord avec lui. Il monte sur l’estrade quand nous avons le dos tourné en se vantant d’être le meilleur et en déclarant que tous les autres sont des imbéciles. Bien sûr, comme c’est un meneur, il entraîne dans ses expéditions quelques-uns de ses camarades de jeu qui ne se souviennent plus des plaies et des bosses qu’ils ont récoltées en le suivant.

Je sais, chère Mme Huaimpé, que votre situation est difficile et que vous m’avez affirmé lors de notre entretien que le petit Nicolas avait changé, que les vacances l’avaient assagi, qu’il était devenu plus posé, moins hyperactif et agité, mais je suis navré de vous dire qu’il n’en est rien. Je crois même que son état a empiré avec une pointe d’agressivité.

Quant à son travail, n’en parlons pas. Il dit qu’il est le meilleur, mais on ne sait pas en quoi. Ses dissertations manquent singulièrement de fond et d’imagination et il est si faible en calcul qu’il lui est arrivé de demander à d’autres de remplir ses devoirs. Il semble n’avoir rien appris de son passage dans l’établissement précédent dont il a été exclu.

Enfin, sans vouloir me mêler de votre vie privée, n’avez-vous pas constaté qu’il manquait de l’argent dans votre porte-monnaie ? Si je me permets de vous poser une telle question, c’est que le petit Nicolas réunit fréquemment sa petite troupe de fidèles dans des arrière-salles, réunions qui exigent tout de même quelques frais qu’il ne semble avoir aucune difficulté à assumer.

Dans l’état actuel des choses, sans vouloir anticiper les jugements futurs, nous ne savons pas s’il sera digne de passer dans la classe supérieure.

Je vous prie de croire, chère madame, en mes sentiments les meilleurs.

Signature illisible

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 9 Novembre 2014

IL PLEUT SUR PARIS


Gustave Caillebotte « Paris : un jour de pluie »

 

Il pleut sur Paris

Les champignons poussent sur les têtes

Les couples se serrent pour être à l’abri

L’ombre des pépins leur fait une voilette

 

Les pavés glissants font petits miroirs

Les roues éclaboussent les passants

Les flaques dans le creux des trottoirs

Attirent les chaussures des enfants

 

Les portes cochères servent d’asile

Les fenêtres ont leur verre cathédrale

La chaussée brille de reflets d’huile

 

Des rayures chutent du ciel lacrymal

Une estompe humide passe sur la ville

Et la nue se teint de jaune pâle

 

Paul Obraska

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Novembre 2014

Hier, j’ai très peu vu la prestation de François Hollande sur TF1 (et non sur une chaîne du service public, ce qui aurait été plus logique). Le Président de la République paraissait très satisfait de lui puisqu’il est resté longtemps dans le cirque du studio après l’émission pour serrer quelques mains et répondre évasivement, comme il sait le faire, aux questions supplémentaires des invités.

L’essentiel pour les politiques est de « passer à la télévision » et faire, comme tous les gens du spectacle, leur autopromotion. Peu importe ce qu’ils ont à dire et peu importe le type d’émission. Tout est bon : mi-mandat, émissions de distraction, jeux ou même téléréalité avec déguisements. Cette fois ce fut un spectacle de proximité par procuration.

Comme le fit Cécile Sorel en 1933 qui demanda au pied de l’escalier Dorian du Casino de Paris : « l’ai-je bien descendu ?», François Hollande a probablement demandé à ses proches et peut-être aux journalistes chargés de lui donner la réplique : « ai-je été bon ? ».

Mr Hollande, « passer à la télévision », ce n’est pas gouverner (mais est-il encore possible de gouverner ?). Il est préférable de s’adresser au peuple français quand on a quelque chose à lui dire. Tout acteur a besoin d’un bon texte, sinon le spectacle risque de faire un bide et ne laisser aucun souvenir.

Pour me consoler, j’ai descendu deux carrés de chocolat.

« L’ai-je bien descendu ?»

« Indice de moral des ménages français et achats de chocolat en tablette, en kilo par acheteur ». (Le Point du 6/11/14)

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 4 Novembre 2014

La dent du mal

Michel-Ange a sculpté trois Pietà. La plus belle se trouve dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. Œuvre suffisamment belle pour qu’un déséquilibré ait tenté de la massacrer à coup de marteau en brisant le nez de la Vierge, ce qui a conduit à l’éloigner du public par une paroi de verre qui ne permet plus à ses admirateurs d’en faire le tour.

Cette sculpture taillée dans un seul bloc de marbre présente au moins trois « défauts », mais volontaires de la part du génie de la Renaissance.

D’abord la disproportion de taille entre la mère et le fils. La mère servant de socle au fils étant plus imposante.

Ensuite, ce que l’on pourrait appeler par extension un anachronisme, puisque la mère parait aussi jeune, sinon plus que son fils. Représentation volontaire de la part de Michel-Ange qui la justifiait par la virginité de Marie à l’origine de la conservation de sa jeunesse, l’absence de « tache » mettant à l’abri du vieillissement. Ce génie était aussi un fervent catholique.

Enfin, lorsque l’on peut voir son visage de près, le Christ a 33 dents ! Il a une mésiodens (dent surnuméraire) entre les deux incisives centrales supérieures. Ce que l’on observe, parait-il, dans de nombreuses œuvres de la Renaissance, et notamment dans celles de Michel-Ange. L’implantation de cette mésiodens étant probablement volontaire alors qu’elle détruit la symétrie et que le sculpteur connaissait parfaitement l’anatomie.

La dent du mal

Les historiens de l’art se sont donc posé la question. Marco Bussagli s’en est étonné dans « la Stampa », d’autant plus que «dans le monde chrétien, la présence d'une mésiodens représente la violence, la bestialité ou la luxure». Pourquoi Michel-Ange, fervent croyant et fin anatomiste, aurait-il mis « la dent du mal » dans la bouche du Christ ? En prenant forme humaine aurait-Il opté pour celle d’un porteur de mésiodens (moins de 1% de la population) ? Mais il serait miraculeux que Michel-Ange en ait eu connaissance, puisque nous n’avons de Jésus de Nazareth aucune représentation de l’époque.

Pour Marco Bussagli, le plus probable est que Michel-Ange voulait représenter le corps du sauveur en accord avec la doctrine selon laquelle le Christ a accumulé tout le mal du monde en lui. Dans une seule dent !

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #la Pietà, #mésiodens, #Michel-Ange

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Publié le 2 Novembre 2014

L’année dernière j’ai raté une Journée mondiale. Ma seule excuse est qu’il existe une foule de Journées mondiales et que je suis un peu distrait. J’ai du penser à autre chose car le 19 novembre 2013 m’avait paru une journée comme les autres avec ses petits scandales et ses petites morosités. Erreur. Je viens d’apprendre que pour la première fois, sous l’égide de l’ONU, il s’agissait de la Journée mondiale des toilettes !

Ayant l’opportunité et le besoin de les utiliser plusieurs fois par jour, j’aurais eu sans conteste une pensée émue pour ceux et celles dans le monde qui n’en disposent pas aisément, et il serait 2,4 milliards ! Imaginez les tonnes d’urine déversées chaque jour sur le sol de notre planète et en plein air, de quoi rendre celui-ci irrespirable et l’environnement pollué. Le 19 novembre prochain, seul dans mes toilettes, j’aurai une pensée pour les 2,4 milliards de mes congénères terriens qui n’ont pas cette chance.

Uriner à la campagne, de préférence contre un arbre (un obstacle sur le jet urinaire semble avoir la faveur des mammifères ayant la faculté de pouvoir le diriger), n’est pas déplaisant et il m’est moult fois arrivé de céder à cette tentation ou à cette nécessité. Mais là nous faisons œuvre utile, la terre buvant avec avidité ce liquide bourré de sels minéraux et de molécules nutritives dont vont se régaler les plantes.

Mais compisser en ville n’a que des désavantages pour l’hygiène et l’ambiance. Il parait qu’en Inde l’habitude de se soulager sur les murs est fort répandue, moins semble-t-il depuis que les autorités compétentes ont eu l’idée ingénieuse de recouvrir les murs d’effigies de dieux, ce qui pousse les croyants, fort nombreux dans ce pays, à une retenue respectueuse, aussi douloureuse soit-elle.

Il parait également que le Caire sent l’urine à plein nez, nombre de ses habitants préférant la rue plutôt que les toilettes payantes. Allah ne pouvant être représenté sur les murs, il est à craindre que ces effluves exotiques mêlant pisse et épices continuent à flotter sur la ville.

Effluves exotiques

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Rédigé par Dr WO

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