Publié le 31 Mai 2020

327. La médecine désertique au secours des déserts médicaux ?Une des conséquences de la distanciation physique au-delà de la performance de saut en longueur du coronavirus est l’explosion de la téléconsultation médicale. Elle est passée de 60000 sur toute l’année 2019 à plus de 1 million depuis le mois de mars 2020 !

Le rêve : plus d’attente dans les salles du même nom, infestées de journaux périmés et d’individus anxieux, plus de tripotages de la part du médecin, et pour le médecin plus de palper, plus de toucher, plus de percussion, plus d’embouts dans les oreilles pour ausculter, et parfois plus d’odeurs.

Cependant il faut encore parler, interroger, bien qu’un formulaire à remplir devient de plus en plus courant et parfois obligatoire… et il faut encore regarder. Pour la peau, des photos avec le smartphone seraient plus précises que le regard à distance. Pour le reste une bonne imagerie (radios, échographies, scanners, IRM…) serait plus performante que l’examen clinique bien que beaucoup plus ruineux.

Quant au médecin il n’est pas nécessaire que son écran se situe en France, il pourrait se situer dans un pays francophone. Et un petit accent exotique ne manquerait pas de charme.

Tout ça n’a pas échappé au « Ségur de la santé ». Lors de l’ouverture le 25 mai dernier, le premier ministre Edouard Philippe s’est d’ailleurs félicité de ce « choc de simplification maintes fois espéré jamais observé » : « Beaucoup de médecins, beaucoup de patients, se sont parfaitement approprié / la télémédecine /. Je pense que l’on doit tirer ensemble les enseignements de cette évolution pour voir dans quelles conditions nous pouvons la prolonger. »

C’est vrai que c’est une simplification choquante. Un rêve ou un cauchemar ?

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Publié le 28 Mai 2020

326. Et la liberté de prescription ?!Sur ce blog j’ai été amené à critiquer les prestations médiatiques du Pr Raoult : 324, 315, 312, 311. L’excès s’est exprimé dans l’interview qu’il a accordé à Pujadas pour LCI par cette déclaration inouïe dans la bouche d’un médecin dans l’exercice de son métier : "Le HCSP (Haut conseil de santé publique), c’est une opinion comme une autre, je m’en fiche un peu", "Vous voulez faire un sondage entre Véran et moi pour voir qui [les gens] croient ? ». S’il a raison de dire qu’une déclaration du HCSP est une opinion comme une autre, par contre, évoquer la possibilité d’un sondage pour établir une vérité médicale, en parlant de croyance, est plutôt déconcertant, et du même niveau que le sondage improbable où les Français interrogés ont été une majorité à penser que la chloroquine était efficace sur la covid-19. Comment un médecin du niveau de Raoult a-t-il pu proférer une telle ânerie digne d’une émission de téléréalité ?

Je continue à penser que l’attitude médiatique de Raoult a eu et a toujours des conséquences fâcheuses, mais cet excès médiatique n’implique aucunement que le protocole qu’il a suivi pour le traitement de la covid-19 n’est pas valable. Il l’est en théorie, mais les preuves manquent pour affirmer une éventuelle efficacité sur les malades.

L’étude du Lancet, massive, mais du type observationnelle, n’a pas permis de la démontrer, mais soulève nettement la possibilité d’une nocivité. Cependant, les auteurs de l’étude eux-mêmes sont prudents et ne cachent pas les biais possibles de leur étude.

Comme il fallait s’y attendre, nous assistons au phénomène du balancier, et voilà la chloroquine et ses dérivés interdits pour le traitement de la covid-19 par toutes les instances. L’OMS demande de suspendre les essais sur la chloroquine qu’elle parrainait dans la crainte de cet effet nocif. C’est dommage pour la vérité, mais comment faire autrement sur le plan éthique ?

Pour ma part, si les recommandations sont nécessaires, je suis contre l’interdiction faite aux médecins de prescrire, surtout dans une situation de controverse. La Nivaquine et le Plaquenil sont largement prescrits dans d’autres indications, ses effets secondaires possibles sont parfaitement connus, comme le sont les précautions à prendre, et la surveillance à assurer. 

On prend encore une fois les médecins pour des idiots. Laissons-les prescrire en leur âme et conscience, ils ont été formés pour ça, ils ont le souci de respecter l’intérêt de leurs patients, comme de prendre leurs responsabilités, parfois à leurs dépens. Que l’on ne leur force pas la main dans des situations incertaines, que ce soit de la part de l’Etat ou de la part des patients qui ont de plus en plus tendance à exiger une prescription prônée sur internet ou médiatisée par un médecin.

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Publié le 26 Mai 2020

Le confinement m'avait rendu plus ou moins cul-de-jatte. Aujourd'hui, j'ai décidé d'accomplir un exploit  : réaliser  la montée de la colline du Sacré-Coeur. C'était dur, mais c'est fait. La tarte à la crème est toujours là, d'une blancheur éblouissante sous ce soleil qui nous nargue depuis des semaines. A la fin de ma marche, je me suis demandé si je n'avais pas dépassé les 100 km qui me sont impartis.

Je ne me souviens pas si la dernière fois où je suis venu ici la balustrade était déjà surchargée de cadenas. A voir leur nombre, les amoureux expriment toujours le voeu improbable de rester liés pour la vie. J'ai toujours trouvé que symboliser l'amour par un cadenas est plus déprimant que touchant.

Dans ce bel immeuble, qui fend l'air comme la proue d'un navire, vivait un de mes amis. Une fenêtre de son appartement trouait cette proue comme un hublot. Je regarde toujours cet immeuble avec nostalgie car cet ami a disparu. 

Vont-ils mettre un cadenas sur la balustrade ? Trop occupés à abolir la distanciation physique 

Devant le Sacré-Coeur, on rencontre toujours des gens pittoresques, mais c'est la première fois que je vois un passant mettre bas sa culotte, sans doute pour se rafraichir, tout en portant un col de fourrure en pleine chaleur.

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Publié le 25 Mai 2020

 

Mosquée au Bangladesh (photo Rehman Asad /AFP/ 25.05.20). Fin du Ramadan.

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Publié le 24 Mai 2020

Prière de rester prudent

En France, les églises vont à nouveau accueillir les fidèles. Aux USA, Trump s’insurge et réclame que les gouverneurs qui maintiennent le confinement ouvrent néanmoins les églises et les lieux de culte pour permettre aux fidèles de prier. “En Amérique, il nous faut de plus de prières, pas moins”, a-t-il affirmé en menaçant les Etats qui laisseraient les églises et les lieux de culte fermés.

Avoir la foi pour guérir n’est pas une idée complètement fausse. Cependant il ne nous semble pas – avec regret - que les prières puissent prévenir une maladie infectieuse comme la covid-19. Au contraire, il semble que ce nouveau virus ait un spicule de mécréance ou une touche d’affection (les deux hypothèses sont possibles) en pénétrant de préférence le souffle des fidèles rassemblés pour la prière.

Une réunion évangélique fut à l’origine de la propagation du virus en Corée du Sud, et en France c’est également lors d’une assemblée évangélique à Mulhouse que les fidèles furent touchées, non par la grâce, mais par le coronavirus et ils en firent bénéficier leurs compatriotes en se dispersant à travers le pays.

Et voilà qu’à Francfort, alors que l’épidémie semblait bien contrôlée en Allemagne, une quarantaine de personnes ont été contaminées après une messe le 10 mai dans une église protestante baptiste ! Quarante personnes dont six hospitalisées malgré les gestes « barrière ».

Ce virus aurait-il une appétence particulière pour les croyants ?! Décidemment, les voies du Seigneur sont impénétrables contrairement à celles de ses  fidèles. Non, ce virus comme ses congénères a le sens du collectif et aime la chaleur humaine que l’on retrouve avec prédilection dans les lieux de culte...Mais aussi dans les restaurants et les bars où l'on ne dispense que de la nourriture terrestre.

Illustration : Vladimir Kush

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Publié le 22 Mai 2020

Foule à Bordeaux. Pas de distanciation physique possible, mais tout le monde porte un masque. A noter, au premier plan, une dame fait ce qu'il ne faut pas faire. Dans cette foule une personne sur vingt environ a été contaminée (sans doute moins à Bordeaux), et bien sûr le nombre de personnes encore contaminantes est encore plus faible. Choper le truc, ce n'est pas de chance, mais plus il y a de monde moins vous aurez de chance d'y échapper. La plupart guériront de ce truc et beaucoup ne l'auront même pas vu passer.

NB. Ceci pour participer à l'information monomaniaque en continu. Sans doute le regret de ne pas avoir été invité sur un plateau pour rejoindre la cohorte de mes confrères en mal d'image et au discours répétitif. 

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Publié le 20 Mai 2020

Masque et burqamasque

Il est certain que les musulmans rigoristes des deux sexes doivent bien rigoler en ce moment en voyant que la société française adopte leurs coutumes de distanciation. La différence est que cette distanciation en islam s’applique uniquement entre les sexes, la femme étant intouchable en dehors du viol et du mariage et la poignée de main interdite entre les sexes opposés, alors que notre distanciation laïque est fortement conseillée pour tous, excluant tout sexisme et respectant le principe d’égalité.

Les musulmans des deux sexes doivent bien rigoler en voyant tous ces visages masqués dans la rue et devant l’obligation de porter un masque dans les transports en commun, alors que le voile intégral est interdit depuis la loi de 2010 qui stipule l’interdiction de dissimuler le visage dans l’espace public.

Cela fait bien rigoler le journaliste James McAuley qui écrit dans la Washington Post : « Cela implique que si une femme musulmane pratiquante voulait accéder au métro parisien, il lui sera demander d'ôter sa burqa et de la remplacer avec un masque ». Les anglo-saxons ont manifestement une dent contre la laïcité à la française et ne manquent pas une occasion d’ironiser sur elle.

Mais là encore les masques doivent être portés par les deux sexes sans la discrimination chère à l’islam et aux anglo-saxons.

Certes la situation ne manque pas d’ironie, mais comme le dit l’écrivain algérien Kamel Daoud : « Confondre le masque et le voile, c’est confondre la survie et l’oppression, la loi et l’asservissement, une lutte pour vivre et un instrument pour interdire de vivre. » Mais des musulmanes rigoristes diront qu’elles désirent vivre recouvertes d’une burqa. Que répondre aux masochistes ? Surtout si elles se déclarent, de surcroît, féministes.

Masque et burqamasque

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Publié le 18 Mai 2020

324. Raoult ou comment se tailler un gilet jaune 

Joseph Nicolas Robert-Fleury : « Galilée devant le saint office au Vatican »

Je trouve le cas du Pr Raoult assez amusant. Ce chercheur que tout le monde considère comme compétent dans le domaine des formes infiniment petites de la vie, a acquis une notoriété à l’occasion de cette épidémie virale qui doit le satisfaire. Avant ses sorties médiatiques récentes et répétées, il écrivait déjà des chroniques dans Le Point et publiait des livres à propos de sujets qui sortaient de sa spécialité, ce qui est parfaitement son droit, mais qui dénote une certaine appétence pour la notoriété, ce qui n’a rien de condamnable, d’autant plus que son point de vue et ses commentaires ne manquent jamais d’intérêt.

Or, il s’est curieusement positionné en « rebelle », ou présenté comme tel par les médias. On se demande même s’il ne cherche pas à rejoindre ainsi la cohorte des figures historiques qui, fortes de leurs convictions, s’étaient opposées aux institutions officielles comme la Faculté ou l’Eglise jusqu’à risquer leur vie.

Nous en sommes loin puisque le chef de l’Etat a fait près de 800 Km pour faire le beau à ses côtés pendant plusieurs heures. On se demande toujours pourquoi.

Mettons de côté ses déclarations initiales concernant ce coronavirus qui se sont révélées fausses par la suite, car beaucoup de gens compétents se sont trompés comme lui à son propos, et constatons que le fond de l’affaire a la consistance d’une baudruche qui aurait dû se dégonfler comme elle si Raoult n’avait pas fait son show et si des personnalités totalement incompétentes ne s’étaient pas engagées à ses côtés dans une controverse purement médicale et qui n’est pas encore éteinte.

On ne sait toujours pas si l’hydroxychloroquine, vantée par Raoult et à l’origine de ce remue-ménage, a une quelconque efficacité clinique (elle en a une in vitro) sur la Covid-19. Les petits essais qui ont été faits ne vont guère dans ce sens et plus le temps passe, plus il deviendra difficile d’en faire la démonstration.

Raoult, pour justifier l’utilisation de ce médicament, qui n’est pas anodin, a revêtu les habits du médecin thérapeute. Ce qu’il n’est pas : c’est un chercheur et non un clinicien, et l’argument qu’il avance de traiter même si l'on n’est pas sûr de l’efficacité du traitement est très discutable, surtout si ce traitement peut avoir des effets secondaires parfois mortels. Cette démarche ne se justifie que lorsque l’on est impuissant devant des cas graves. Traiter des cas qui guérissent spontanément et se glorifier des résultats est proche d’une démarche de charlatan, ce que le Pr Raoult n’est évidemment pas, mais c’est par cette démarche qu’il est apparu comme « rebelle » puisque le corps médical depuis quelques années s’efforce de prescrire des médicaments dont l’efficacité a été dûment démontrée par une méthodologie rigoureuse. Méthodologie contre laquelle le chercheur Raoult s’est bizarrement élevé.

Et voilà que contre toute attente, toute logique, et j’ose le croire malgré lui, Raoult est devenu une figure politique. Plutôt dans la catégorie « antisystème », lui qui fait partie de l’élite et du système, celui-ci n’ayant pas manqué de le récompenser pour son travail par de larges subventions, arrondies par le soutien financier de laboratoires pharmaceutiques, dont Sanofi fabriquant de la chloroquine et de ses dérivés. Une figure qui me semble plus prisée de la droite que de la gauche et que les gilets jaunes résiduels accueilleraient sans doute volontiers dans leurs rangs.

Je vous avais dit que le cas de Raoult était assez amusant. Mais nous ne rions peut-être pas des mêmes choses.

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Publié le 17 Mai 2020

Il faut bien que jaunesse se passe

Des manifestants tiennent des pancartes lors de la manifestation des gilets jaunes a Lyon, France, le 16 mai 2020. Hans Lucas via AFP

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Publié le 15 Mai 2020

CoronabêtisesLe coronavirus nouveau exporté de Chine, comme d’autres virus respiratoires antérieurs, a non seulement provoqué une pandémie mais l’éclosion d’un foisonnement d’idées révolutionnaires, de visionnaires refaisant le monde à leur goût, de partisans de tournants historiques dans tous les sens, le surgissement de pétitions ou de chroniques aussi péremptoires que lacrymo-mirobolantes, affirmant que le monde d’après ne sera plus comme avant, en prétendant qu’il pourrait être meilleur. Mais comme l’a dit Jean-Yves Le Drian, ce sera le même, mais en pire.

Les féministes militantes, également touchées par les effets secondaires de l’atteinte virale, n’ont pas perdu cette occasion pour montrer que ce virus, bien qu’asexué, a mis en évidence le machisme de la société, et certaines comme Clémentine Autain ont parlé de « coronaviril », arguant que pendant cette épidémie, ce sont les femmes qui se sont trouvées en première ligne en tant qu’infirmières, caissières, mères etc… Il est vrai qu’il y avait un peu plus d’hommes dans les lits de réanimation bénéficiant paresseusement de leurs soins.

On comprend que l’hémiplégie des militantes féministes ne leur permettait pas de voir les infirmiers, les brancardiers, les ambulanciers, les médecins masculins, les pompiers, les éboueurs, les livreurs, les policiers et gendarmes, ou les transporteurs routiers…

Tout ceci démontre que la Covid-19 atteint bien le cerveau comme les médecins, masculins ou féminins, ont pu le constater. Les cerveaux les plus évolués n'y échappent pas, comme le montre la déclaration dans Le Monde du 12 mai de la philosophe Camille Froidevaux-Metterie : "Je plaide pour l'adoption d'un agenda féministe de sortie de crise". Nous voilà sauvés.

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Publié le 13 Mai 2020

323. Je t’aime - Moi non plus

Hier, dans ma rue, à 20 heures, il y avait moins de monde aux fenêtres pour applaudir les soignants. Sans doute en raison du dé-confinement qui semble siffler prématurément la fin de la partie, et d’un certain calme revenu dans les services hospitaliers consacrés à l’épidémie. Ce cérémonial inédit et sympathique a permis à des voisins inconnus de se faire signe à travers la rue pendant les quelques minutes que dure cette cérémonie de reconnaissance, parfois ponctuée de bruits de casserole et d’une envolée de trompette. J’y participe modestement en ayant l’impression de m’applaudir en applaudissant les soignants, même si je n’en fais plus vraiment partie.

Cet hommage est d’autant plus sincère qu’il est lointain.

Les médias ont rapporté à plusieurs reprises la volonté de chasser des infirmières qui voulaient emménager dans des locaux plus près de leur travail, les copropriétaires ou colocataires craignant qu’elles emménagent avec elles le virus du covid-19 récolté à l’hôpital où elles couraient le risque d’en être atteintes.

A présent, ce sont leurs enfants, que l’on mettait déjà à la garderie pour permettre à leurs mères de soigner les autres, et dont l’accès dans certaines écoles (notamment à Toulon et Toulouse) a été refusé (ou en étant privés de récréation) depuis la reprise scolaire par crainte, là aussi, qu’ils puissent transporter avec eux le virus éventuellement acquis par un parent au chevet de ceux qui en mourraient. Les familles ont reçu un courrier précisant : « les enfants dont les parents ont une profession prioritaire ne pourront pas intégrer leur classe habituelle » et « ne pourront pas prendre leur récréation en commun ».

Des enfants que l’on traite ainsi comme des pestiférés. A Toulouse, en effet, le rectorat a préconisé que « les enfants des personnels soignants » restent « sur les écoles spécifiquement dédiées à leur accueil afin de ne pas occasionner un brassage d’enfants qui ne serait pas en accord avec les conditions sanitaires requises ». Mais ils peuvent se consoler car l’un de leurs parents, au moins, est applaudi chaque soir à 20 heures après le bulletin de guerre. Solidaires ma non troppo.

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Publié le 11 Mai 2020

Cachez ces orifices que je ne saurais voirL’être humain a des orifices que l’on ne montre aux autres que dans l’intimité. L’autrui habilité à les voir, et éventuellement à en tirer parti, étant déterminé en fonction de son orientation sexuelle. Il nous restait quelques orifices que l’on exposait librement au grand air : les narines et la bouche, mais nous ne pourrons plus, pour un temps, les exposer qu’avec parcimonie, à nos risques et péril lorsque l’on mettra bas les masques.

Je parle des vrais orifices, ceux qui mènent dans la profondeur de nos corps, car les orifices auriculaires qui resteront visibles, plus chez les hommes que chez les femmes, ne conduisent, en fait, qu’à une impasse car l’on tombe très vite sur le mur du tympan, et il n’y a rien à espérer du nombril, que la mode féminine expose parfois à la vue des passants, et qui n’est que le souvenir d’un orifice tubulaire.

Le masque a des avantages. Barrière des postillons, il filtre aussi toutes les saloperies que l’on peut inhaler, les unes étant les formes lilliputiennes de la vie, les autres venant des déchets de l’activité humaine. Le masque a aussi l‘intérêt de cacher les vilains nez, les vilaines bouches et les vilaines dents. Le masque sanitaire ne cache que ce qui peut être laid dans un visage, car si les yeux sont parfois ordinaires, ils ne sont jamais laids. Tout dans le regard, souvent moins mensonger que la parole, et moins trompeur que les expressions.

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Publié le 10 Mai 2020

La charité médiatique

Après l’apparition d’une nouvelle tribune dans les médias signée par des personnalités (dont l’actrice Binoche qui n’en manque pas une), j’avais envie de faire un billet à propos de ce genre d’action pleine de bons sentiments où se presse un petit monde de privilégiés, et qui ressemble fort à un acte de charité envers ceux qui le sont moins. Mais je suis tombé sur un article de Jean-Marc Proust paru dans Slate et qui dit les choses beaucoup mieux que je ne saurais le dire et avec plus de verve que je ne saurais le faire. Aussi je me suis permis (sans l’accord de l’auteur) de le retranscrire ci-dessous :

La charité médiatique

« On n'en a pas un peu assez des tribunes bonne conscience du show-biz ?

Jean-Marc Proust — 7 mai 2020 à 14h35

Comme si les morts du Covid-19, le confinement et la crise ne suffisaient pas à notre malheur, un autre châtiment nous est infligé : une tribune dans laquelle des stars nous font la leçon.

Encore.

Encore une putain de tribune dégoulinante de bons sentiments nous indiquant la voie à suivre, signée par les pires profiteurs et profiteuses du système que ces gens prétendent dénoncer.

Régulièrement, stars du cinéma, du théâtre ou du show-biz, créateurs et autres millionnaires croient bon de dispenser au vil peuple leur haute conscience économico-politico-écologico-késaco-sociale pour s'indigner d'injustices – dont ils ne souffrent jamais – ou tracer d'un doigt inspiré les lignes d'un monde meilleur – à condition que le leur ne change pas.

Nous avons là, parmi les signataires, quelques scientifiques égaré·es. Les pauvres! Espérons qu'on ne les y reprendra plus.

J'ignore qui rédige ces lignes insipides avant de les soumettre à ses collègues des hautes sphères mais, récurrentes et mièvres, elles ne m'inspirent plus que du dégoût.

Car cette tribune, comme les précédentes, est une farce perfide, une mascarade minable, une tartufferie dégueulasse.

Les signataires cachetonnent aux deniers publics depuis des lustres, vivant de la billetterie autant que de subventions. Ces personnes paient, je l'espère, beaucoup d'impôts, peut-être en France.

Les signataires dénoncent des «inégalités sociales toujours croissantes», et il leur semble «inenvisageable de “revenir à la normale”».

Ces signataires voyagent en classe business aux quatre coins du monde, fréquentent des hôtels 5 étoiles où on leur offre rarement la plus petite chambre, ont sans doute plusieurs appartements, maisons, voitures et autres accessoires d'un luxe inutile, croulent sous le pognon. Mais quand même, entre deux rasades de champagne, ces inégalités sociales toujours croissantes leur restent en travers de la gorge.

Tartuffes!

Parfois, on fait un don à une ONG. Et surtout, on signe des tribunes. C'est important les tribunes, ça éduque le peuple.

La vie de ces personnalités est une atteinte permanente à l'environnement et à la planète qu'elles entendent protéger. Yann Arthus-Bertrand a sans doute passé plus de temps en hélicoptère dans sa vie que n'importe qui n'en passera dans le métro. Peu importe : il a signé.

Le collectif de « 200 artistes et scientifiques » se fait une haute idée de l'écologie : « Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d'un grand nombre d'humains. La pollution, le réchauffement et la destruction des espaces naturels mènent le monde à un point de rupture », écrit-il.

L'écologie façon show-biz, c'est simple : on voyage en first mais attention, chez soi, au marché Raspail par exemple, on achète des produits bio et puis on demande aux domestiques de trier le verre. Parfois, on fait un don à une ONG. Et surtout, on signe des tribunes. C'est important les tribunes, ça éduque le peuple.

Mais de là à voyager dans la bétaillère d'un avion, il y a un pas que leurs escarpins Louboutin (oui, Christian Louboutin a signé) ne sauraient franchir. Il est plus simple de donner la leçon aux usagèr·es de la ligne 13 que de s'y aventurer soi-même.

Au fait, ces signataires cachetonnent aussi à la publicité, non ? Robert De Niro, sans doute devenu un vieillard nécessiteux puisqu'il doit arrondir ses fins de mois en faisant la promo du nouveau modèle Kia (désolé, c'est tombé sur toi, Bob, mais les autres ont le cul aussi merdeux que le tien), a lu et signé ce qui précède.

Je pouffe.

Finalement, il faut du talent, bien du talent, pour parvenir à ce niveau de foutage de gueule stratosphérique. Chapeau les artistes !

N'excluons pas qu'à l'occasion d'un festival ou d'une autre cérémonie aux paillettes dispendieuses, l'une de ces stars ait bouffé du pangolin.

« La transformation radicale qui s'impose – à tous les niveaux – exige audace et courage. Elle n'aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. À quand les actes ? C'est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence », poursuit la fameuse tribune.

Mesdames et Messieurs qui nous invitez à la dignité et à la cohérence, je ne souhaite pas cette transformation radicale que vous appelez de vos vœux, parce qu'elle vous foutrait à terre. Vous seriez les premièr·es perdant·es de cette transformation radicale.

Je ne suis pas certain que vous envisagiez, par exemple, de ne plus prendre l'avion qu'une fois tous les deux ans ou de voir vos cachets amputés de 99% pour vous approcher du niveau du SMIC.

Qu'on rende à la biodiversité l'espace bouffé par le béton de vos diverses résidences secondaires. Le cumul de vos 200 bilans carbone ne doit pas être loin de celui d'une usine Peugeot.

Aujourd'hui, vous vous bâfrez du système et j'en suis heureux pour vous. Je vous souhaite de tout cœur qu'il en soit de même demain. Continuez à vivre de vos talents et à réjouir votre public.

Mais restez à votre place. Cette tribune n'est ni digne de votre talent, ni cohérente avec votre mode de vie. Oubliez-la. Réfutez-la. N'en signez plus. Jamais.

Car s'il y avait une première chose à espérer du monde d'après, ce serait la disparition de ces tribunes myopes, vaines, égocentriques, vulgaires et méprisantes ».

Illustration : Bernard Buffet

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Publié le 9 Mai 2020

Vers le confinement perpétuel

En ce temps où l’homme est devenu un danger pour l’homme, même avec le sourire avenant et sans faire le moindre geste agressif, mais uniquement par sa proximité et sa parole, le robot a-viral et sans expectoration fait une percée dans la société humaine qui risque de mettre l’humain davantage sur la touche ou dans les couloirs du pôle-emploi. Il restera encore, et pour un temps, ceux qui les contrôlent car les robots finiront par se construire et se réparer eux-mêmes comme l’ont depuis longtemps anticipé les auteurs de science-fiction.Voir IA.

Il a été signalé dans un hôtel de Shanghai, un robot serveur apportant ainsi son repas à un client suspecté d’être porteur du virus.

On nous a montré des robots livreurs de nourriture au Royaume-Uni, des robots triant des déchets dans des usines de recyclage américaines, des robots agents de propreté dans des centres commerciaux de Hong Kong et même un public de robots pour garnir les gradins d’un stade de baseball à Taïwan désertés par les spectateurs habituels qui avaient été priés de rester chez eux.

Plus inquiétants sont les robots policiers dans les rues de Tunis :

Vers le confinement perpétuel

Ou les robots chiens policiers patrouillant dans un parc de Singapour :

Vers le confinement perpétuel

Robots “équipés de caméras”, qui “grâce à un système d’analyse vidéo développé par le gouvernement”, doivent “aider” l’exécutif de la cité-État “à estimer le nombre de visiteurs dans les parcs”. La bête mécanique diffuse par une douce voix féminine un message préenregistré à l’adresse des visiteurs du parc, leur enjoignant de respecter une certaine distance entre eux, “pour votre sécurité et celle de ceux qui vous entourent”. Ce chien est contrôlé à distance, la surveillance du parc exige ainsi moins de personnel et permet d’éviter l’horreur des contacts entre les humains.

A quand le confinement perpétuel ?

Source : Courrier International

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Publié le 8 Mai 2020

Transit en musique 

Salvador Dali "Le Christ de St Jean sur la croix"


TRANSIT

 

Qui suis-je ? Homme ou Dieu ?

Diantre ! Les deux ?

Où suis-je ? Entre la terre et les cieux,

En transit, entre les deux.

Difficile de trouver sa place dans l’univers.

Où vais-je ? Comme tous : à la recherche du Père.

 

Alors c’est décidé, je rejoins l’Eternel.

Son regard pèse sur mes épaules,

Je suis en route vers le ciel,

J’ai terminé mon rôle.

 

De Là-Haut, Il me voit, cloué sur ma croix, revenir.

Dommage. Mais j’emporte de beaux souvenirs,

En montant je regarde l’eau refléter les cieux,

Les villes bruyantes et les déserts silencieux,

L’argent des montagnes et l’or des plaines,

Les mortels entre plaisirs et peines.

 

Je me souviens de la douceur et du charme féminins,

J’ai regardé vivre les femmes avec des yeux humains,

Et je me demande si ce n’est pas d’abord l’homme

Qui, emporté par son désir, a croqué la pomme,

Et accusé la femme de lui avoir forcé la main.

 

Enfin quel que soit le coupable, j’ai racheté leurs fautes,

Mais ils continuent et pour pécher aucun n’hésite,

Je ne peux pas descendre à chaque fois qu’ils fautent,

Ne devrais-je pas, mon Père, rester en transit ?

  

Paul Obraska

 

Ce texte inspiré par l'extraordinaire tableau de Salvador Dali, qui est pour moi la représentation la plus originale de la crucifixion, a déjà été publié sur ce blog il y a près de douze ans. Si je mets à nouveau en ligne le tableau et le texte, c'est qu'hier j'ai vu et surtout écouté sur youtube le requiem de Mozart dirigé par Sir Colin Davis en 2004. Très belle interprétation d'un chef-d'oeuvre inachevé par Mozart, écrit l'année de sa mort (1791), commandé de façon anonyme par un noble qui voulait, je crois, plus ou moins s'en attribuer la paternité. Constance, l'épouse de Mozart, demanda à ses élèves de terminer l'oeuvre afin de ne pas avoir à rembourser l'avance qui avait été versée. Si un tiers, semble-t-il, de ce chef-d'oeuvre n'est pas de Mozart, on y trouve tout de même une unité, sans trop parfois savoir qui a écrit quoi.

En tant que mécréant, je ne me suis jamais intéressé aux paroles de cette messe de requiem. Dans la version que j'ai visionnée, les paroles chantées figuraient en français au bas de l'écran. Ces paroles sont terrifiantes. Elles ne parlent que de culpabilité, même pour les justes, de punition, de cendres, des feux de l'enfer, sollicitant sans cesse le pardon tout en mettant en avant la bonté de la divinité qui vous a fait naître coupable. N'oublions pas que le symbole du christianisme est l'instrument de torture favori des Romains, et ne nous étonnons pas que l'Eglise ait inventé la confession, sans doute pour rendre la culpabilité plus tolérable.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 6 Mai 2020

322. Les scientifiques devraient cesser de fournir des alibis aux politiques.Nous avons assisté aux acrobaties de Salomon et de Véran, deux médecins, pour expliquer à la population que les masques étaient inutiles voire même dangereux pour elle (mais pas pour les soignants). Voir « Masques sans bergamasque". Et nous avons assisté, un peu éberlués, à un rétropédalage, non moins acrobatique, nous affirmant qu’ils sont en fait souhaitables et même obligatoires dans les transports en commun.

Certes, on pourrait dire (et on ne manque pas de le faire) que cette épidémie est nouvelle et que nos connaissances évoluent. Sauf que pour un virus à tropisme respiratoire la contamination se fait toujours de la même façon quel que soit le numéro qu’on lui donne. Sauf que les pays asiatiques qui ont essuyé des épidémies précédentes du même type nous avaient montré, depuis de nombreuses années, l’intérêt préventif du masque comme mesure complémentaire pour bloquer la transmission entre les personnes d'un virus à tropisme respiratoire.

Des scientifiques sont venus ainsi au secours des politiques, fournissant des arguments contre tout bon sens pour masquer l’imprévoyance des gouvernants et la pénurie. On comprend fort bien qu’ils aient été poussés à faire leur numéro et fournir un alibi aux gouvernants pour ne pas créer une panique et garder le stock réduit de masques pour les soignants confrontés directement aux malades contaminés.

On le comprend, mais en se conduisant plus en politiques qu’en scientifiques, les experts se sont décrédibilisés et la science n’en sort pas grandie.

Je crains que le tour de passe-passe pseudo-scientifique pour les masques se renouvelle pour les tests sérologiques, ce que suggère le dernier communiqué du 2 mai de la HAS (Haute Autorité de la Santé) : « La HAS appelle à la prudence quant à l’utilisation des tests sérologiques, qui ne peuvent aujourd’hui pas permettre d’établir un passeport d’immunité à des fins de déconfinement. » et ne « les recommande (que) pour les enquêtes épidémiologiques, les diagnostics de rattrapage et la prévention de la circulation du virus dans les structures d’hébergement collectif. »

Bien sûr, on n’a pas une connaissance parfaite sur la solidité et la durée de l’immunité développée par les personnes ayant eu le covid-19, mais on se demande si là aussi il n’y a pas une pénurie de tests sérologiques car nombre de virologues s’appuyant sur la mise en évidence chez les patients touchés d’anticorps neutralisants empêchant le virus du covid-19 de se fixer sur son récepteur cellulaire pensent qu'ils confèrent ainsi une protection immunitaire.

Il est à craindre que dans l’avenir, avec ces petits jeux, le discours scientifique n’ait plus aucune valeur comme alibi gouvernemental ou parapluie judiciaire, et ce qui est bien plus grave, il risque de ne pas être crédible même lorsqu’il est véridique.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 5 Mai 2020

Le curare juridique

Les maires réclamaient plus d’attention à leur égard, plus d’autonomie mais aussi plus de moyens. Il se trouve qu’avec le déconfinement qui se prépare, l’Etat leur laisse le soin de le préparer et notamment d’organiser la rentrée des classes. A cette fin, ils ont reçu un pavé de recommandations dont la bureaucratie française a le secret, un travers qui est loin d’être hexagonal, car pondre des normes est la raison d’être de toute bureaucratie, et le secret de sa pérennisation sous tous les cieux. Reste que les maires semblent être tout déboussolés, et ce qui ressort des déclarations que j’ai pu entendre est… la peur. Ils ont peur si les choses tournent mal, que les précautions prises soient jugées insuffisantes dans le cas où un enfant tomberait malade et qu’ils aient à répondre devant la justice d’un manquement quelconque ou même de la fatalité si ce manquement n’existe pas.

Nous sommes heureusement dans un Etat de droit. Mais le droit est devenu si complexe, si abondant, les normes si nombreuses et si contraignantes que le parcours d’un responsable doit suivre un sentier étroit et tortueux au milieu d’une forêt juridique inextricable et pas loin du précipice. Une forêt où se cachent des nains qui guettent le moindre faux pas pour vous pousser dans le précipice des tribunaux. Les Français sont un peuple de plaideurs qui n’attendent qu’une occasion de porter plainte, espérant tout de l’Etat mais n’en supportant pas l’existence. Les politiques ne sont pas en reste en ayant à présent la fâcheuse tendance à remplacer les projets par le recours aux tribunaux. Et ne parlons pas des associations dont beaucoup n’ont été constituées que pour pouvoir porter plainte, comme le truc contre l’islamophobie qui n’a aucune raison d’être.

La menace juridique est le propre des sociétés démocratiques, il est heureux qu’elle existe comme il est heureux que le curare existe pour pouvoir sauver un malade même si c’est au prix d’une paralysie transitoire. Le droit est nécessaire, mais il peut aussi paralyser par la peur de l’enfreindre même par de bonnes initiatives, ce qui peut conduire à éviter d’en prendre.

Si la peur juridique existe dans les démocraties, la peur de l’autorité dans les régimes autoritaires est bien pire et plus proche de la terreur que de la simple inquiétude, et bien plus paralysante. On en a vu l’illustration en Chine où les débuts de l’épidémie au covid-19 ont été cachés au pouvoir central jusqu’à faire taire les lanceurs d’alerte.

Il y a des paralysies plus souhaitables que d’autres, si certaines handicapent, d’autres sont mortelles.

Illustration : Honoré Daumier (gens de justice)

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 4 Mai 2020

C’est la guerre ou le paradis ?

« C'est un des éléments indispensables à la levée progressive du confinement. Les "brigades sanitaires" seront actives dès le 11 mai, a annoncé le ministre de la Santé, Olivier Véran, samedi. Chaque département disposera d'une "brigade sanitaire", chargée d'identifier toutes les personnes ayant été en contact avec une personne atteinte du Covid-19 et susceptibles d'être à leur tour contaminées et de transmettre le virus dans la population. » (L’Express).

Je ne sais pas qui préside aux dénominations, mais parler de brigades chargées de repérer et de poursuivre les contaminés, ça sent vraiment la guerre. Comme pour atténuer cette impression on parle aussi « d’anges gardiens ». Il paraît que le covid-19 peut toucher le cerveau car sinon le terme « d’équipes » sanitaires ou de dépistage aurait été un choix plus simple, sans grandiloquence, sans connotation et plus exact.

On sent bien que Macron n’a pas fait son service militaire, comme sans doute nombre de ses collaborateurs, mais certains auraient-ils envisagé le séminaire ?

Illustration : Francisque Duret : fontaine St Michel à Paris, l’archange terrassant le dragon

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Publié le 2 Mai 2020

321. Un modèle à découperCes derniers jours nous avons vu apparaître sur nos lucarnes un Nostradamus juvénile prophétisant une hécatombe après le dé-confinement si l’on n’enfermait pas les vieux jusqu’en février 2021. Ce jeune savant (et PDG d'une boîte d'expertise en matière de santé), sûr de lui, avait vu l’avenir, non pas dans une boule de cristal ou le marc de café, mais à partir d’une modélisation mathématique, c’est à dire d’une étude statistique dont on sait depuis les frères Goncourt qu’il s’agit de la forme la plus élaborée du mensonge.

Peut-être que notre matheux visionnaire voit juste, nous n’en savons rien, et lui non plus, puisqu’il ne peut pas comparer deux réalités dont une seule se réalisera. Il a donc construit un modèle fictif qu’il nous balance comme une certitude.

Bon, il fait son boulot (et un peu de pub au passage), mais il manque de prudence en étant péremptoire. Il faut en effet remarquer :

1° Que la Suède sans confinement déplore – jusqu’à présent – un taux de mortalité inférieur à celui de la France, même si comparer les pays entre eux en la matière est sujet à caution.

2° La modélisation mathématique ne tient compte que des paramètres existants sans pouvoir tenir compte de ceux qui peuvent apparaître ne serait-ce que la modification du virus lui-même.

3° Les études statistiques comporte toujours des écarts et une erreur d’estimation se solde par une amplification exponentielle.

4° Je suppose que la modélisation a été incapable de prendre en compte, car elle est ignorée – la mortalité provoquée par le maintien du confinement sur des sujets âgés pendant neuf mois supplémentaires. Le temps d’une gestation, celui de la mort.

Les modélisations ont une fâcheuse tendance à nous faire peur, mais aussi à se tromper.

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Rédigé par Dr WO

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