Publié le 30 Octobre 2020

345. Un remède pire que le malL’épidémie de COVID-19 que nous n’arrivons pas à juguler n’est pas le pire des maux. Sa mortalité est inférieure à 1%, beaucoup de personnes contaminées ne ressentent peu ou pas de troubles alors que des maladies virales comme la fièvre Ebola qui peut tuer un patient sur deux ou le SIDA qui tuait tous les patients atteints avant la découverte de son traitement antiviral sont d’une nature implacable. Dans l’absolu, la COVID-19 n’est pas une maladie grave mais elle peut faire des ravages en raison de sa contagiosité et lorsqu’elle touche les plus fragiles (ce qui est le cas pour toutes les maladies). Virus respiratoire, le SARS-CoV-2, est projeté par l’expiration, la parole, la toux, l’éternuement, directement sur l’autre ou sur des surfaces que l’on touche par la suite et que l’on porte sur ses mains. Un effort collectif, une discipline de chacun, jeune ou vieux, pourrait arrêter cette épidémie, au lieu de quoi le gouvernement se voit obligé de nous asséner un remède de cheval, l’assignation à résidence pour ne pas déborder les capacités hospitalières que l'on s'est efforcé de réduire depuis de nombreuses années avec le concept "gribouillesque" qu'en supprimant des lits on supprimerait d'autant le nombre de malades pour faire des économies. Un remède de cheval qui risque de tuer la bête et qui fera dans l’avenir plus de mal que le mal et c’est sûrement ceux qui l’ont négligé et pour certains pour « faire la fête », qui en pâtiront le plus. Notons cependant que les Français se sont montrés dans l'ensemble disciplinés ce qui rend la situation d'autant plus désespérante en France comme en Europe et amène à se poser des questions sur les modes de contamination.

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Publié le 28 Octobre 2020

L’exposition William TurnerDimanche dernier nous sommes allés voir l’exposition Matisse au centre Pompidou. En fait, je n’aime pas trop Matisse en dehors de trois ou quatre tableaux. Je trouve sa peinture plate et terne malgré la vivacité des couleurs. Je suppose qu’un tel jugement serait estimé bien superficiel par les connaisseurs, mais la peinture exige la complicité entre l’œuvre picturale et la personne qui la regarde, et je n’ai pas de complicité avec Matisse, encore faut-il sans doute apprendre à le regarder. Beaucoup de monde, tous masqués, mais distanciation physique impossible en face des tableaux, aussi la visite fut-elle rapide, poussée par mon manque d’enthousiasme et la probabilité des aérosols infectés nageant dans ce milieu artistique et sans avoir repéré les tableaux de Matisse qui me plaisent. Aussi en mal de photographier, j’ai pris encore une fois une vue de Paris du haut du centre Pompidou, dont je ne me lasse pas. Le lendemain, pris d’une fringale, peut-être favorisée par la perspective d’un nouveau confinement nous L’exposition William Turnersommes allés voir l’exposition William Turner au musée Jacquemart-André. D’abord cet hôtel particulier est très beau et c’est toujours un plaisir d’y entrer. Le très fortuné Edouard André le fit construire autour des années 1870 et il le transforma, avec son épouse Jacquemart, en musée ouvert au public à partir de leur collection privée. C’est un petit musée, les visiteurs masqués admis par petits groupes, si bien qu’il n’y avait pas foule devant les tableaux, essentiellement des aquarelles, quelques tableaux à l’huile, le tout provenant de la Tate Britain de Londres. J’ai pu photographier quelques œuvres, pas toujours de façon habile, le plus difficile fut de choisir, elles sont toutes belles, parfois étranges, bigrement en avance sur leur temps et il n’est pas étonnant que des critiques amateurs de peinture classique n’aient pas épargné Turner, mais il est aussi étonnant qu’il ait pu être apprécié de son vivant. On considère Turner comme un précurseur de l’impressionnisme, à mon avis il est plus impressionniste que les impressionnistes et il va jusqu’à la peinture abstraite. Surtout dans les aquarelles, les lignes et les figures finissent par disparaître au profit de la lumière et des volutes de couleurs se fondant sans limites définies. Le tableau « Impression, soleil levant » de Claude Monet a été peint une vingtaine d’années après la mort de William Turner survenue en 1851 à l’âge de 76 ans, et celui-ci avait peint un « soleil levant » (qui ne figure pas ici) très semblable à celui de Monet cinquante ans auparavant.

L’exposition William Turner

L’exposition William Turner

L’exposition William Turner

L’exposition William Turner

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L’exposition William Turner

L’exposition William Turner

L’exposition William Turner

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Publié le 26 Octobre 2020

Le droit de dire n’importe quoi« La Défenseure des droits Claire Hédon, qui vient de prendre à ce poste la succession de Jacques Toubon, appelle dans une tribune au Monde, à l’heure où il est probable que nous devrons apprendre à vivre avec le virus, à sortir du diktat de l’urgence » et déclare que « L’existence d’un débat démocratique de fond sur le caractère adapté des mesures sanitaires favoriserait la cohésion sociale ». Il est probable que Mme Claire Hédon tient à montrer qu’elle existe et une bêtise ne passe jamais inaperçue. Un débat démocratique pour juger des mesures sanitaires instaurés ? Déjà que ceux qui connaissent la question ont du mal à les adapter dans une situation sanitaire mouvante, et cette brave dame aimerait que la population en débatte et donne enfin un avis plus éclairé que ceux des médecins qui ne manquent pas de se contredirent ? Par referendum ? Elle veut sortir du « diktat de l’urgence » ? Pourquoi ne pas demander au virus, malgré son mauvais caractère, de faire une pause afin de nous donner le temps de débattre démocratiquement pendant des semaines, à travers la France, pour enfin obtenir un consensus sur la conduite adaptée à tenir ? Que ceux qui ne sont pas encore contaminés veuillent bien attendre avant de le devenir, leur droit à la santé a trouvé sa défenseure.

NB Ajoutons à la défenseure sus-nommée François Ruffin, des insoumis au bon sens, qui vient de proposer une "convention citoyenne sur le coronavirus".

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Publié le 24 Octobre 2020

MiniverChaque nation tente de tirer l’Histoire à elle, et même d’intervenir dans l’histoire des autres comme dans sa géographie avec la pulsion irrésistible d'arranger le passé pour justifier le présent sans hésiter à en effacer des pans. Une "cancel culture" historique en quelque sorte. Dans une exposition à l’Institut du monde arabe financée par l’Arabie Saoudite en 2019, Israël avait disparu de la carte géographique. Le Louvre d’Abu Dhabi a refusé le remplacement du terme « Iran » par celui d’« Asie Centrale » demandé par les autorités locales. Il est évident que l’histoire de la colonisation n’est pas vue de la même façon par les anciens colonisateurs et par les anciens colonisés. Bien sûr, les Turcs contestent le génocide arménien historiquement démontré pour le monde entier, et Erdogan ne se prive pas d’intervenir dans les affaires intérieures françaises, considérant chaque diaspora turque comme une enclave nationale en pays étranger, en s'attribuant un droit de regard sur les musulmans français. Les dictatures s’appuient fermement sur l’histoire nationale, véritable colonne vertébrale du nationalisme. Les historiens chinois semblent être passés maîtres dans les manipulations historiques à l’égal des employés du « Miniver » (Ministère de la Vérité dans le roman 1984 de George Orwell) et ne font pas dans la nuance. Ils affirment ainsi que l’action de la Chine fut déterminante par sa confrontation avec le Japon lors de la IIe Guerre mondiale, et cruciale pendant la Première en raison des milliers de travailleurs chinois envoyés en France et en Russie. Mais là où ils font fort, c’est en tentant de faire disparaître Gengis Khan de l’Histoire, c’est tout de même un gros morceau : « Une ambitieuse exposition sur Gengis Khan et l'histoire de l'empire mongol devait ouvrir en octobre au musée d'Histoire de Nantes. Elle avait déjà été reportée en raison de la pandémie, elle est désormais annulée car la Chine, qui devait envoyer 225 pièces en provenance de son musée de la Mongolie intérieure, est intervenue auprès du musée français d'une manière qui ressemble, à s'y méprendre, à de la censure. Le Bureau national du patrimoine de Pékin a en effet souhaité contrôler et réécrire les textes et les documents, supprimant, par exemple, le nom de Gengis Khan du titre et recentrant le point de vue sur l'empire des Han au détriment des Mongols. La direction du musée nantais a refusé d'obtempérer » (Le Point le 19/10/20). L'Histoire a toujours eu un rôle politique, c'est un facteur d'union lorsque les citoyens d'un pays admettent une histoire commune, souvent façonnée dans ce but. Lorsque les citoyens ne s'accordent plus sur une histoire commune, lorsque des groupes se réclament d'histoires différentes souvent importées, l'Histoire devient matière explosive, une bombe à fragmentations. En France, nous avons des groupes hostiles (une hostilité qui peut aller jusqu'au crime en cas d'adhésion à l'islamisme), nés sur le sol français, mais qui, non seulement n'adoptent pas l'histoire du pays où ils vivent, mais considèrent cette histoire comme coupable à perpétuité de racisme, d'esclavagisme et d'une colonisation disparue depuis plus d'un demi-siècle mais dont ils se prétendent être encore les victimes. Nous assistons de plus en plus à l'intrusion de l'Histoire dans le présent et à l'intrusion du présent dans l'Histoire lorsque l'on cherche à modifier ses traces pour respecter la doxa du moment. Illustration : J'ignore le nom de l'artiste qui a peint ce tableau de "rat de bibliothèque".

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Publié le 23 Octobre 2020

343. La liberté de contaminer et d‘être contaminéSur les plateaux TV lorsque le sujet traité est celui de l’épidémie, et il l’est pratiquement en continu, il y a au moins un des intervenants qui s’offusque des entraves à la liberté imposées par le gouvernement pour lutter contre sa diffusion. Le confinement était une assignation à résidence avec quelques sorties permises, et aujourd’hui les parangons de la liberté ironisent sur le terme de couvre-feu qui n’est utilisé qu’en période de guerre. Il serait en effet plus exact de parler de confinement nocturne ou d’interdiction de sortie de telle heure à telle heure puisque les lumières continuent à illuminer la ville, mais peut-être que les autorités préfèrent éviter le terme « d’interdiction » qui serait encore plus offensant pour les oreilles des défenseurs des libertés publiques. Pourtant, en période normale, ces défenseurs admettent toutes les entraves à la liberté qui permettent de vivre en société, tous les impératifs imposés par ex. par le code de la route, toutes les interdictions qui conduisent à ne pas tuer et à ne pas se faire tuer. Curieusement, personne ne demande à ces chatouilleux de la liberté comment faire autrement pour être efficace contre l’épidémie sans aucune entrave aux libertés publiques. Cependant, ils font eux-mêmes des propositions, que l’on pourrait qualifier de drolatiques. D’abord, ils reprochent au gouvernement de ne pas faire de pédagogie. Ce qui laisse penser que ces gens sont sourds et aveugles ou idiots car cette pédagogie nous est délivrée à doses massives depuis des mois et par tous les moyens de communication jusqu’à donner la nausée et provoquer l’angoisse. Ensuite, ils affirment qu’il faut faire appel à la responsabilité de chacun, ce qui conduit à penser qu’il faut ajouter aux handicaps précédents, celui de naïveté. En somme que veulent-ils ? Peut-être la liberté de contaminer les autres et d’être contaminés, ce qui permettrait à certains de faire un procès au gouvernement pour ne pas avoir fait le nécessaire, ce qui n’exclut pas le fait que ce nécessaire n’est pas toujours mis en œuvre de la meilleure façon possible. Illustration : Yue Minjun

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Publié le 20 Octobre 2020

Les liens de GulliverGulliver s’est retrouvé immobilisé au sol par de multiples liens noués par les minuscules Lilliputiens. L’Europe, c’est un peu Gulliver qui, malgré sa taille et sa puissance potentielle, est dans l’incapacité d’agir et de se défendre, empêtrée dans les liens qu’elle s’est elle-même attachée pour ne pas se livrer à nouveau à la barbarie répandue par l’Allemagne nazifiée. Ces liens juridiques posés à de multiples niveaux, dont on ne peut contester la solidité morale, risquent de maintenir l’Europe à terre et la France avec elle. Après l’assassinat et la décapitation du professeur Samuel Paty parce qu’il essayait d’ouvrir ses élèves à la liberté de penser, après l’attaque de deux journalistes au hachoir, chacun de ces actes sanguinaires ayant été commis par un immigré qui n’aurait pas dû être accepté sur le territoire français et qui l’a été en raison de la naïveté et de l’incompétence de l’administration ou de la justice, on assiste à une gesticulation dont on se demande ce qui va en sortir et avec la crainte qu’il n’en sorte pas grand-chose. Car nous avons déjà eu les massacres de 2015, cela ne suffisait-il pas pour prendre des mesures plus énergiques que celles qui ont été prises ? Les expulsables n’ont pas été expulsés, les ennemis de la France ont toujours conservé leur nationalité française, les salafistes ont continué à prêcher la haine, les associations dont les sympathies avec l’islamisme ne font aucun doute se sont développées. Le CCIF à cheval sur le concept de l’islamophobie inventé par les Iraniens, confondant les croyances et les croyants, et stupidement entériné par le droit européen, a continué à « mener un djihad judiciaire » comme le dit cette femme remarquable et courageuse qu’est Zineb El Rhazoui. Bien sûr Darmanin parle de les dissoudre, nous verrons, car ces associations se réfugient déjà derrière la légalité et il ne manque pas d'idiots utiles de l’islamisme pour les appuyer. Je crains que Gulliver ne se libèrera pas de sitôt de ses liens.

Les liens de Gulliver

 

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Publié le 17 Octobre 2020

Socio-pathologieLe chirurgien François-Xavier Bichat, qui créa la méthode anatomo-clinique en découpant des cadavres fournis par la guillotine de la Révolution Française, déclara que « La vie est la somme totale des fonctions qui résistent à la mort ». Déclaration qui, sur le plan médical, est tout à fait sensée mais décalée si on la transpose sur le plan social de l’époque où aucune fonction ne pouvait résister au fanatisme révolutionnaire qui avait conduit à couper la tête des meilleurs. Le corps social souffre de nombreuses maladies aigues ou chroniques mais celle qui le menace le plus est le fanatisme, et le pire des fanatismes est le fanatisme religieux totalement insensible à la raison et sûr de sa vérité car invérifiable. C’est un cancer. Et aujourd’hui les corps sociaux de l’Occident sont frappés par un cancer issu de l’islam. Ses cellules déréglées, envahissantes et destructrices, se développent dans un tissu social mou, incapable d’utiliser ses moyens de défense, craignant de détruire les cellules encore saines qui les entourent. La chirurgie est délicate, la tumeur est grosse et expansive par des apports extérieurs. Peut-être que des anticorps bien ciblés seraient efficaces, mais le corps social occidental est-il encore capable de les produire quand des cellules qui paraissent encore saines s’opposent à leur production, ce qui permet aux métastases de proliférer au nom de la liberté, en même temps que les cellules psychologiques.  

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Publié le 15 Octobre 2020

Plaignons les plaignantsA défaut de pouvoir porter plainte contre le virus au doux nom de SARS-CoV-2, manifestement insaisissable, refusant de rester à résidence, persistant malgré les injonctions à batifoler dans la nature en continuant à commettre ses forfaits, la Justice va se tourner vers les responsables chargés de le combattre, et qui aux yeux des plaignants (dont des médecins) ont volontairement évités de le faire en suivant leur esprit pervers, avec la volonté indéniable de limiter la liberté de chacun, et celle de ruiner le pays, de priver la jeunesse de ses études de futur chômeur et des fêtes indispensables à sa survie, voire à augmenter le nombre de morts. Saluons donc l’indépendance de la Justice et sa délicatesse à se livrer dès l’aube et en famille aux perquisitions aux domiciles de plusieurs ministres et anciens ministres dont on attend un effet décisif sur la propagation de la pandémie, supérieur à celui attendu du couvre-feu annoncé la veille par Emmanuel Macron pour vingt millions de Français et le jour où l'un des perquisitionnés doit en préciser les détails à la population. Il y a des urgences qui se perdent. Illustration : H. Daumier 

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Publié le 14 Octobre 2020

Hommage à Donald TrumpTrump a retiré en 2018 les Etats-Unis du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. Il avait raison. ce Conseil est une mascarade obscène. L'organisation internationale est toute fière d'avoir rejeté hier - à juste titre - la candidature de l'Arabie Saoudite pour devenir membre de ce Conseil en raison de la guerre menée au Yémen et du découpage façon puzzle d'un journaliste d'opposition qui s'était naïvement présenté à son consulat d'Istanbul. Un peu trop visible, et ce fut le seul membre à ne pas être élu par l'ONU. Mais le représentant saoudien n'aurait pas vraiment déparé au milieu de ses collègues russe, chinois, pakistanais, cubain etc...

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Publié le 12 Octobre 2020

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Publié le 10 Octobre 2020

Le Jugement dernierHans Memling était un peintre allemand du XVe, classé comme primitif flamand, il est vrai qu’il devint citoyen de Bruges. Avant la création des nations, les gens, et notamment les artistes,  bougeaient beaucoup malgré des moyens de communication qui se résumaient au cheval pour les plus aisés, à la marche pour les plus pauvres et au bateau poussé par le vent pour le lointain.--- Le triptyque ci-dessus est une huile sur bois représentant le Jugement dernier. Il est exposé au musée de Gdansk en Pologne à la suite de son vol par un pirate, dont les armateurs étaient de cette ville, lors de son transfert vers l’Italie pour rejoindre son propriétaire italien qui l’avait commandé au peintre. Si le triptyque a subi par la suite plusieurs vols par différents pays au gré des guerres, il fut finalement restitué au premier voleur, mais jamais à l’Italie.--- Je le trouve impressionnant. D’abord, il est très beau par ses couleurs (il a été restauré). A droite (c’est toujours le bon côté) du Christ, les pieds sur le globe impérial, à la bouche l’épée de la justice et le lys de la miséricorde, l’entrée au paradis des favorisés, accueillis par St Pierre et à qui sont restitués leurs attributs. A sa gauche : la rôtissoire. Au milieu, au pied des élites, c’est le suspense pour ceux qui sortent de terre et qui ont perdu leurs habits de l’enterrement au cours du voyage vers l’au-delà, certains conservant pudiquement leur linceul. Le choix de St Michel, plus guerrier qu’ange, n’est pas toujours simple lors de la pesée des âmes car on voit un ange et un démon se disputer le corps d’un postulant.--- La représentation de l'humanité est dégradante : un amoncellement de corps nus dans tous les sens, grouillant comme des essaims d’insectes ou une fourmilière que l’archange disperse de sa botte de soldat, insensible aux supplications et aux prières de ceux d’en bas, sous le regard indifférent de ceux d’en haut.--- Le Jugement dernier est la représentation de la cruauté, elle est d'ailleurs exprimée par les paroles des messes de requiem où dominent culpabilité et terreur de l'Au-delà. Ce n’est pas une Bonne Nouvelle et l’arc-en-ciel sur lequel trône le Christ et qui se veut le symbole de la réconciliation entre Dieu et l’humanité tient plus de la communication que de la sincérité.

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Publié le 9 Octobre 2020

Sacré-VideAujourd'hui, je suis monté  jusqu'à la basilique du Sacré-Coeur. Un acte de courage et de rébellion en ces temps on l'on nous encourage à nous confiner. D'habitude, en automne, la butte Montmartre grouille de monde, bien plus de touristes que de Parisiens. J'ai rencontré quelques personnes masquées, de préférence le masque sous le nez après la montée pédestre, les yeux visibles plutôt tristes. Que de vide ! La plupart des petites rues étaient désertes, les magasins de souvenirs pleins de couleurs mais vides de clients, le Sacré-Videgrand restaurant de la place du Tertre désertique. Plus de dessinateurs que de modèles, le bloc vierge, le crayon désoeuvré, et les chaises vides. Une désolation sous un ciel gris, gros de nuages. Sur un piédestal, dans la rue qui borde la basilique un homme Sacré-Videimmobile et terriblement solitaire simule courageusement, mais en vain, une statue blanche qui ressemble plus que jamais au linceul d'un fantôme dressé face à Paris s'étalant à ses pieds. NB : vous pouvez agrandir les images en cliquant dessus.        Sacré-Vide

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Publié le 6 Octobre 2020

Dangereux showmanCe type qui dirige (sic) la première puissance mondiale (pour l’instant) est impossible : arrogant, menteur, grossier, ayant soigneusement évité d’aller au Vietnam pendant la guerre livrée par les Américains, comme de payer ses impôts, montre pleinement ici son irresponsabilité : Dangereux showmande retour à la Maison Blanche et encore contagieux, il retire son masque à pleine main pour mieux contaminer son entourage par le nez, la bouche et les mains, à moins de s’isoler dans le bureau ovale pour continuer son show attendu par ses fidèles, admirateurs de ses excès, et qui le resteront quoi qu’il fasse. Le pape du tweet est néanmoins en phase avec le pape du Vatican plaisantant le 30 septembre dernier avec une délégation de prêtres (photo AFP)

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Publié le 5 Octobre 2020

Le rire scientifiqueLe Britannique Michael Houghton et les Américains Harvey Alter et Charles Rice viennent d'obtenir le prix Nobel de médecine, pour la découverte du virus de l’hépatite C, mais cette récompense bien méritée ne doit pas nous faire oublier que la 30e cérémonie des Ig Nobel s’est néanmoins déroulée à Boston en septembre dernier mais de façon virtuelle, ce qui l’a rendue moins hilarante bien que les travaux farfelus qui furent récompensés (notamment par un billet de 10.000 milliards de dollars zimbabwéens, une monnaie qui ne vaut plus rien à cause de l’hyperinflation) se sont révélés d’un bon niveau. J’ai ainsi appris que la femelle alligator est l’un des animaux non-aviaires les plus bruyants et qu’ une expérience a permis de montrer que l’air enrichi en hélium pouvait affecter ses vocalisations, expérience qui méritait bien le prix de l’acoustique. Si vous rencontrez rarement la femelle alligator dans vos promenades, par contre les personnes narcissiques ne manquent pas, et un couple de psychologues (non mariés à ma connaissance) a mis au point une méthode permettant de les identifier en examinant uniquement leurs sourcils, avouez que cela ne manque pas d’intérêt. A mon avis un biais risque de rendre la méthode inopérante si le narcissique, qui a tendance à s’embellir, se livre sournoisement à une épilation. Le ver de terre, si méprisé, a permis une collaboration internationale exemplaire puisque c’est à la réunion fructueuse de la France, l’Australie, l’Ukraine, l’Italie, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud que l’on doit l’observation des modifications de la forme du ver de terre lorsque celui-ci est exposé à des vibrations à haute fréquence, ce qui méritait bien le prix de physique. C’est à un Américain que l’on doit d’avoir recueilli des preuves que de nombreux entomologistes ont peur des araignées, ce qui dénote un certain masochisme de leur part d’avoir choisi cette spécialité. Une équipe anglo-saxonne (composée de sept scientifiques) a tenté de reproduire l’invention d’un Inuit qui avait fabriqué un couteau à partir de ses propres excréments congelés. Finalement, les experts ont montré que cela ne fonctionnait pas. Ils obtiennent le prix de Sciences des matériaux, mais peut-être ont-ils simplement montré que l’Inuit est plus habile que le scientifique ou que l’excrément d’un Inuit est plus solide que celui d’un scientifique. « French kiss » oblige, des Français ont fait partie d’une équipe internationale pour explorer le rapport entre les inégalités socio-économiques d’un pays et la fréquence des baisers sur la bouche dans ce pays. Et il s’est avéré qu’arrêter de s’embrasser sur la bouche ne permettra pas de mettre fin aux inégalités, on peut donc continuer à le faire sans conséquences économiques sensibles. Enfin « les dirigeants de neuf pays ont été les lauréats conjoints d’une catégorie spécialement créée pour l’occasion : l’éducation médicale. Vladimir Poutine, Donald Trump, Jair Bolsonaro, Boris Johnson, Recep Tayyip Erdogan, Narendra Modi (Inde), Andres Manuel Lopez Obrador (Mexique), Alexandre Loukachenko (Biélorussie) et Gourbangouli Berdimoukhamedov (Turkménistan) ont ainsi été gratifiés d’un Ig Nobel commun pour avoir démontré « scientifiquement que, par leurs décisions en période de crise sanitaire, les responsables politiques pouvaient facilement tuer plus de gens que les médecins ».

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Publié le 3 Octobre 2020

Regard d’un musulman qui ne se voile pas la faceDans son discours sur le séparatisme – et pour une fois il a clairement parlé de l’islam politique et antirépublicain – Emmanuel Macron s’est trouvé embarrassé sur la question du voile islamique dont la signification irait d’une simple modalité vestimentaire, sur laquelle il ne se sent pas le droit d’intervenir, à l’étendard de l’islam radical, manifestation publique du séparatisme islamique coiffant la tête des femmes. La distinction est évidemment impossible. En fait, je comprends l’embarras de Macron, ailleurs le voile est totalement accepté et notamment dans les pays anglo-saxons où l’on ironise sur les réticences françaises à accepter ce séparatisme féminin. Dans Le Point du 1/10/20 figure un article de Kamel Daoud intitulé « Le voile n’est pas une liberté » où il montre que le voile est toujours une arme des islamistes et de quelle façon les islamistes l’on à nouveau imposé dans l’espace publique algérien. Je me permets d’en rapporter ici des extraits (le texte mis en gras est de mon fait) : « Le voile n’est qu’un voile. Il cache et n’embellit pas. Il nie et prive l’humain du lien avec l’autre. Ce n’est pas une robe mais un uniforme. Ce n’est pas un choix mais le choix de se mentir ou de tromper autrui. On peut en effet parer cette défaite de son corps des codes d’une confession et de ses procureurs, et on peut user de la liberté que vous offre l’Occident pour renoncer à la liberté d’en jouir, mais cela ne trompera que les spectateurs autochtones qui ignorent les nuances de ce reniement au nom d’une croyance ou n’arrivent pas à surmonter leur culpabilité par la lucidité et la fermeté. Le voile n’est pas une liberté car, si on croit être libre de le porter, on n’est jamais libre de l’enlever. Celles qui ont eu ce courage en ont payé le prix – la peur, la menace et la violence, l’insulte. Et celles qui répètent que c’est un acte de liberté ne manifesteront jamais au Caire, à Khartoum ou à Kaboul pour le droit de porter une jupe courte ou d’aller seins nus sur une plage en Arabie. Le voile est-il une obsession française ? Non, c’est une obsession des religieux, des islamistes, des radicaux. Ils en font leur étendard face à la menace du désir que le miroir de la femme leur renvoie, nu et cru. Ils veulent en faire un signe de ralliement et de recrutement, une victoire sur l’enfoui et l’intime et un signe de l’extension du domaine de leur négation du corps et de la vie /…/ Le voile n’est jamais autre chose qu’une séparation, c’est d’ailleurs le sens étymologique le plus ancien de ce mot en langue arabe : voiler, c’est soustraire au regard, séparer, retirer. Enterrer la femme vivante. Il y a même quelque chose de sournois et de fourbe chez les avocats du voile. Nous les avons connus en Algérie au début de la guerre civile des années 1990 : ils nous répétaient que le voile était juste un foulard ancestral, un signe et un usage sain hérité de nos aïeules. Quand nous l’avons toléré, ils nous ont dit que le voile se devait de respecter les critères « légaux » de la charia : noir, ample pour effacer les courbes, sans couleur, nocturne. Et, quand nous l’avons toléré, ses avocats se prononcèrent pour le voilement du visage, l’effacement des traits. Le résultat avait dépassé le prétexte culturel pour prendre la forme d’un linceul ; il fallait enterrer la femme vivante et avec elle le désir, le corps, l’envie, le sexe, l’amour, le flirt, l’échange, le baiser, l’intime. Leur cible, c’était la vue et la vie. Le regard, il fallait l’aveugler et l’éteindre /…/ Des campagnes dans les médias ou sur les réseaux sociaux sont lancées régulièrement pour appeler « les vrais hommes à voiler leurs femmes ». On ne s’adresse même plus à la femme, mais à son « propriétaire ». Aujourd’hui, en France comme ailleurs en Occident, on en est à la négociation d’un droit qui n’en est pas un, à la culpabilisation de ceux qui s’y opposent ou aux propos niais de ceux qui se trompent d’amour et de compassion. Enfant de la guerre civile algérienne, j’ai la mémoire des visages de femmes brûlés à l’acide, des voiles obligatoires, des égorgements de femmes qui le refusaient. Le chroniqueur refuse alors, rageur, l’arnaque qui tente de maquiller une mise en uniforme et en uniformité des femmes au prétexte d’un droit culturel sournois, d’une liberté dévoyée ou d’une affirmation communautaire. Si le discours ambiant a déjà réussi à culpabiliser le Français moyen face à cette épidémie de l’effacement de l’humain, cette propagande ne peut rien contre l’enfant d’une guerre civile, et le souvenir que je garde des discours qui nous ont vendu comme un droit démocratique l’obligation de renoncer à la démocratie. On peut tromper des vivants, pas des survivants. Accepter le voile c’est se voiler la face. Rien d’autre. Tout le reste est renoncement raffiné.

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Publié le 1 Octobre 2020

Cette épidémie a montré au public un visage de la médecine dont il n’avait pas l’habitude : celui des controverses, des disputes, et surtout celui de l’incertitude, ce qui conduit à une valse des tribunes contradictoires paraissant dans les médias au point que l’on peut se demander si le corps médical ne subira pas le sort du corps politique : la perte de confiance, avec le risque de favoriser l’extension des médecines dites alternatives et l’éclosion des charlatans. Cette épidémie a mis par ailleurs au grand jour la distinction ancestrale entre les médecins optimistes et les médecins pessimistes. Il est bon de fréquenter les optimistes, vous sortez de leur cabinet le sourire aux lèvres mais il arrive parfois, heureusement rarement, d’en mourir. Les pessimistes vous gâchent la vie qui vous reste, mais il leur arrive souvent de la sauver. Le bon médecin est celui qui alterne les deux attitudes à bon escient. Face à la covid-19 nous avons le camp qui parait optimiste en s’élevant contre les mesures restrictives des libertés qui lui paraissent excessives et disproportionnées par rapport à la situation sanitaire réelle, en soupçonnant une quasi manipulation des chiffres statistiques fournis par le gouvernement. C’est ainsi qu’une tribune est parue dans Médiapart (après avoir été refusée par le JDD) signée par 300 scientifiques parmi lesquels de nombreux médecins mais peu d’épidémiologistes, infectiologues et urgentistes et pas mal de personnalités qui n’appartiennent pas au corps de santé : philosophes (comme Comte-Sponville), sociologues, psychologues, juristes etc…En fait ces « scientifiques » sont de faux optimistes, ils s’élèvent, certes, contre la « théorie catastrophiste », mais ce sont en fait des docteurs « tant pis », car que disent-ils ? Que l’espoir de faire disparaître le virus est une “illusion”. “Le SARS-CoV-2 circule dans le monde depuis environ un an. Il continuera à circuler, comme l'ensemble des autres virus qui vivent en nous et autour de nous, et auxquels nos organismes se sont progressivement adaptés”. En quelque sorte : laissons faire, on verra bien. En face, le camp qui semble pessimiste. Il est composé de médecins qui redoutent de revivre l’afflux de malades du mois de mars et réclament les mesures restrictives. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver beaucoup de médecins qui sont en première ligne : infectiologues et urgentistes, contrairement à l’autre camp où peu ont été sur le terrain hospitalier et parlent plus en théoriciens qu’en praticiens. A noter que les membres de l’Académie de médecine qui ont quitté la pratique depuis pas mal de temps sont également dans ce camp des pessimistes en soulignant « l’effet délétère de discours contestant l’efficacité et la nécessité des mesures de prévention ou décriant leur caractère obligatoire au nom de principes libertaires ». En fait ce camp qui redoute une « deuxième vague » est composé de faux pessimistes, ils pensent, contrairement au camp opposé, qu’il ne faut pas « laisser aller » mais que les mesures, si elles sont respectées, seront efficaces. Dans cette incertitude scientifique, celui qui prend les coups est le gouvernement ; quelles que puissent être les décisions prises, elles seront jugées mauvaises par l’un ou l’autre camp, et vis à vis du public, il traine en outre le péché originel des masques où il s’est fait pipi dessus devant tout le monde.

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Rédigé par Dr WO

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