La France par l'intermédiaire de son président vient de reconnaître le Conseil national de transition comme représentant légitime du peuple libyen auprès duquel des diplomates ont déjà été envoyés.
Cette décision a été critiquée, qualifiée de précipitée, d'improvisée, marque d'un amateurisme diplomatique dont le président français est assez coutumier.
Certes, une politique réaliste, et sans risque pour l'avenir, consisterait à attendre que l'un des camps soit vaincu pour reconnaître l'autre et se regarder ensuite dans la glace, satisfait de son habileté et la conscience tranquille (option choisie par la plupart des Etats)
Certes, on aimerait bien que le dictateur, dont la raison est vacillante depuis des années, cesse de massacrer son propre peuple aux armes lourdes et en lâchant des bombes sur ses propres villes. Mais ce n'est pas notre affaire, n'est-ce pas ?
Certes, nous avons des principes de démocratie et de liberté, dont nous nous gargarisons sans cesse, mais que nous défendons ici (alors qu'ils ne sont pas vraiment menacés) et pas ailleurs, surtout si cela peut avoir des conséquences pour nous.
Certes, nous sommes le plus souvent impuissants devant des évènements dramatiques se déroulant dans d'autres pays. Mais quand il est possible de faire quelque chose, faut-il ne rien faire ? Et il n'est pas question d'envoyer un seul soldat français sur le sol libyen (les révoltés y sont d’ailleurs opposés) mais de reconnaître que ce Conseil de transition (quel qu'il soit) est plus représentatif du peuple libyen que le mégalomane qui l'opprime depuis une quarantaine d'années (et que l'on a malheureusement accueilli en grande pompe, en cédant à ses caprices de diva).
Certes, on peut dire que Sarkozy a peut-être pris cette décision osée plus par intérêt que par conviction et que pour être le premier elle a été précipitée et improvisée. Croyez-vous ? Mais c'est maintenant qu'il faut soutenir, même de façon symbolique, ceux qui combattent à armes inégales contre un clown tragique qui essaye sur son peuple les joujoux meurtriers que tout le monde s'est empressé de lui vendre, maintenant et pas dans les semaines à venir pour éviter de se lamenter ensuite sur leur éventuelle défaite qui serait aussi la nôtre.