Aujourd’hui, à Paris, la
manifestation organisée par les syndicats pour protester contre la réforme des retraites (dont on ne sait pas exactement la teneur) se déroule de la Place de la République à la Place de le Nation
en passant, bien sûr, par la Place de la Bastille. République, Bastille, Nation, trois mots symboliques.
Ce parcours est presque toujours emprunté par les manifestations populaires et ceci depuis des décennies. Oserais-je dire que ce choix est archaïque pour ne pas dire ringard ? Le peuple défile à l’est et les super riches se marrent à l’ouest.
Il me semblerait logique (et quasi révolutionnaire) d’inverser le sens du défilé populaire. Je propose donc aux syndicats pusillanimes :
de réunir les manifestants sur la Place de la Concorde en face de l’Assemblée Nationale où siègent (quand ils en ont le temps) les députés qu’ils ont élus,
de passer devant le Palais de l’Elysée d’où viennent les décisions,
de remonter les Champs Elysées, beaux hôtels et articles de luxe dont ils pourront rêver,
de passer par l’Arc de Triomphe et près de la tombe du Soldat Inconnu qui selon toute probabilité est l’un des leurs,
de descendre l’avenue de la Grande Armée, belle avenue, mais qui manque un peu d’animation,
de traverser Neuilly dont les habitants pourront ainsi voir de près le populo dont on leur parle tant,
pour aboutir au quartier sensible de la Défense, un des symboles du capitalisme en action.
Il me semble plus logique et efficace de protester dans les lieux d’où vient l’objet de la protestation plutôt qu’entre soi, en se bornant à compter le nombre aléatoire des manifestants.
Vous pensez qu’un tel parcours serait interdit ? Sans doute, mais a-t-on essayé de le proposer ? Le refus lui-même serait symbolique.