On écarte sa voiture de bonne grâce pour laisser passer une ambulance ou une voiture de pompiers. Pour une voiture de police, la prudence veut que l’on s’écarte également. Pour les voitures des dignitaires qui cherchent à passer de force dans les embouteillages, le cocher criant jadis aux manants de s’écarter pour laisser le passage au carrosse du prince remplacé aujourd’hui par une paire de motards, j’avoue que j’ai quelque réticence à m’écarter. Un de mes amis qui faisait la sourde oreille a reçu dans la carrosserie de sa voiture un coup de pied – non pas de l’âne – mais du motard qui escortait le carrosse du prince laïque.
Je retranscris ici un billet paru le 2 novembre dans une revue médicale :
« Un de nos
confrères me racontait que, se rendant à la clinique T. à Paris pour une urgence au bloc, il avait emprunté un couloir réservé aux autobus. Résultat : une contravention à 90 € ! Après tout, la
loi, c’est la loi ! Même s’il y a longtemps eu une tolérance.
Le lendemain, je lisais que les voitures d’un certain nombre de privilégiés de notre nomenklatura, bénéficiaient d’un gyrophare, d’un avertisseur 2 tons et d’une plaque « Police » sur le
pare-soleil.
Dans la liste de ces bienheureux, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Paris, le président de la Mission de lutte contre les dérives sectaires… et d’autres hauts dignitaires, dont les
seules urgences sont de ne pas rentrer trop tard pour le dîner…
La notion d’urgence est « très subjective » doit penser Monsieur le Préfet de police. »
(E. Vincent)
Goya « Le carrosse »