Non, je ne veux pas parler du dernier prix Goncourt (que je n’ai pas lu), mais du virtuel à l’origine d’une petite guerre bien réelle. Des soldats nicaraguayens ont récemment franchi le fleuve San Juan, qui sépare le Nicaragua du Costa Rica et ont planté un drapeau sur l’île costaricaine de Calero. L’île est située sur une zone frontalière dont la souveraineté a longtemps été contestée, mais elle a été reconnue comme faisant partie du Costa Rica depuis 1897. Et pourquoi cet incident de frontière ? A cause de Google Maps qui a cédé à tort au Nicaragua une bande de terrain de 2,8 km de long, carte erronée mais que les nicaraguayens considèrent comme absolument correcte.
Le réel s’est dons aligné sur le virtuel et la carte a rectifié le territoire. Le virtuel devient la référence et tend de plus en plus à remplacer le réel, que ce soit dans les relations humaines, dans les jeux, substituts de la réalité, dans le travail où le courriel prime sur la conversation ou dans les échanges financiers complètement déconnectés de l’économie réelle.
Cette civilisation du virtuel est évidemment d’une grande fragilité, à la merci de virus informatiques ou tout simplement d’une panne prolongée de l’alimentation électrique. Une dépendance qui risque un jour de se retourner contre nous.
Mais la dépendance au virtuel n’est pas une nouveauté et l’homme s’y est habitué de longue date par son addiction aux religions, à l’abri des virus et des pannes d’électricité, ce qui n’est pas pour nous rassurer.