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« Mais, quand elle eut grandi, fut devenue facile à renverser et marchait droit vers une révolution totale de l’Etat, ils s’aperçurent trop tard que nulle entreprise à son début ne doit être tenue pour insignifiante, car il n’en est aucune que la continuité ne puisse rendre vite considérable, lorsque le mépris qu’on a pour elle empêche d’en arrêter les progrès. » PLUTARQUE, Vie de César |
George Grosz : « Caïn ou Hitler en Enfer »
Depuis 66 ans, les grandes nations européennes sont en paix après s’être déchirées pendant des siècles. En raison des deux grands massacres stupides du XXe siècle et du manque de place sur les monuments aux morts des villages, l’idée d’une Europe unie s’est concrétisée. Des visionnaires comme Robert Schuman, Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi ont été à l’origine de sa naissance. Cette Union européenne a avancé en claudiquant, cahin-caha, mettant parfois la charrue avant les bœufs, devenant obèse au point de s’étouffer, farcie de traités mal ficelés et inefficaces, coiffée d’instances où des inconnus désignés font la part belle aux excès du libéralisme, mais cette Union, aussi imparfaite soit-elle, existe et la paix avec elle.
Une Union que les peuples comprennent mal et sur laquelle ils n’exercent pratiquement aucune souveraineté et lorsqu’ils expriment un avis contraire, il n’est pas pris en compte. Car l’idée d’une Europe unie n’est pas une idée des peuples mais de leurs élites et les peuples sont restés nationalistes, alors que ce sont eux qui meurent sur les champs de bataille.
Et l’on voit à nouveau souffler de tous bords un vent mauvais. Les extrêmes rêvent d’un repli sur soi, un trublion socialiste invoque Bismarck, les Grecs appauvris par l’impéritie et la malhonnêteté de leurs gouvernements ressuscitent le fantôme d’Hitler.
Imbéciles dangereux recherchant ailleurs qu’en eux-mêmes un responsable de leurs malheurs.