10134 mesures du taux plasmatique de testostérone ont été effectuées à Paris de 2000 à 2010 et contrairement à ce que l’on pouvait attendre, ce taux a nettement augmenté pendant les onze années d’étude, alors que ces mesures ont été faites dans le cadre de consultations pour infertilité.
L’hormone mâle a donc tendance à augmenter. Le corps des hommes résisterait-il secrètement à la poussée féministe comme à celle des toxiques ? Mais qu’importent les hormones mâle et femelle puisque « l’identité sexuelle » dépendrait très accessoirement d’elles, et davantage de la détermination imposée par la société en fonction du sexe mis en place par la nature. « On ne naît pas femme, on le devient » disait Simone de Beauvoir et l’on apprend maintenant aux enfants que « l’identité sexuelle » se construit tout au long de la vie et dépend de son choix.
C’est vrai que pour ma part, étant né avec un appareil sexuel masculin, on m’a mis d’emblée, et sans me demander mon avis, dans une école de garçons, qui, à l’époque, était séparée de celle des filles. On m’a offert (rarement) des soldats de plomb plutôt qu’une poupée et j’ai joué à la guerre plutôt qu’a la cuisine. La société, égarée par mon pénis, m’aurait-elle imposé mon genre?
Alors, après toutes ces années, je suis pris d’un doute : mon « identité sexuelle » était-elle la bonne ? Et si, en fait, j’étais une femme ? Mais si c’était le cas, je suis pris d’un deuxième doute : il est incontestable que j’aime les femmes (et là je n’ai aucun doute), alors serais-je en outre lesbienne ?