Quand vous donnez au moins une fois aux fondations et associations qui tentent de recueillir des fonds pour une bonne cause : soutenir la recherche portant sur une maladie grave, alléger les souffrances d’une population, fournir de la nourriture à des enfants qui meurent de faim ou appareiller les membres perdues sur des mines que des sociétés riches vendent aux belligérants qui, au milieu de la pauvreté, ne manquent pas d’argent pour les acheter – alors - quand vous donnez au moins une fois, vous êtes régulièrement sollicités. Et si vous êtes un peu las de ces sollicitations et que vous décidez de ne pas apporter cette fois votre obole dont la destinée, en fait, vous échappe, vous avez mauvaise conscience et vous vous sentez mal à l’aise.
Car la sollicitation, envoyée par la poste, est faite en sorte de vous culpabiliser si vous vous abstenez. On vous dit que votre don va permettre de trouver le traitement de la maladie (sous-entendu : si vous ne donnez pas, on ne trouvera pas…). On vous montre des images terribles d’enfants faméliques que vous allez sauvez, des amputés claudiquant sur des béquilles qui n’attendent que l’appareil que vous allez payer. On y joint une enveloppe de retour déjà timbrée, un petit ouvrage fait par un handicapé, un petit cœur attendrissant…Comment pourriez-vous jeter cela à la poubelle ? Vous êtes remercié d’avance pour votre don, c’est eux qui vous font un don avant même de savoir si vous allez en faire un.
Alors, vous vous sentez coupable et j’en ai marre de me sentir coupable alors que je n’ai rien fait !