A Monsieur Maurice Lévy
PDG de Publicis.
Président de l’Association française des entreprises privées.
Monsieur,
Je n’ai pas l’honneur de vous connaître, mais je salue en vous l’entrepreneur qui s’est fait tout seul avec l’aide des autres. Je vous ai entendu ce matin sur France Inter, interview bien méritée après une tribune que vous avez fait paraître le 17/O8/11 dans le Monde, suivie d’une appel dans le Nouvel Observateur réclamant la création d’une contribution fiscale exceptionnelle (non par le taux, mais par la durée) pour les hauts revenus, pétition signée par 16 noms (mais pas par Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France).
Vous avez, en effet, été indigné (c’est à la mode) par l’absence de participation des grandes fortunes à l’effort de redressement de la France (et on se demande pourquoi elle est absente). Sachez que je suis ému par votre générosité et le sacrifice que vous faites spontanément de quelques milliers d’euros qui vont sûrement vous manquer.
Certes, vous auriez pu à l’instar de Warren Bufett proposer de donner une partie de votre fortune, mais les Américains ont l’outrecuidance de faire les choses sur une grande échelle, alors qu’en France nous avons l’élégance de nous élever que d’une hauteur de paillasson.
Non seulement vous proposez de mettre la main à votre poche révolver, mais vous suggérez des pistes pour redresser la situation économique de la France. Une fiscalité juste ne vous parait être une solution, ce qu’il faut, dites-vous, c’est réduire les dépenses de l’Etat. Chapeau. Et comment ça ? Mais cela va de soi pour un esprit aussi clairvoyant que le vôtre : supprimer les formes de solidarité comme la sécurité sociale, réduire la fonction publique et livrer les services au secteur privé, tout en réduisant au plus bas le coût du travail (grâce à ça, c’est certain, le Bengladesh est devenu florissant).
Ces propositions ne peuvent que me réjouir car je vais de ce fait largement participer, moi aussi, à l’effort de redressement du pays et cela de façon non exceptionnelle. J’ai également la satisfaction de constater que vos propositions si clairvoyantes, si elles étaient appliquées, vous permettraient de récupérer au centuple votre mise initiale, ce qui ne serait que justice.
Avec mes sentiments indignés.
Dr WO