Une chose me surprend toujours : les politiciens et les partis se comportent
comme si les électeurs leur appartenaient et s’en servent comme des troupeaux que l’on peut vendre ou confier à d’autres. Les électeurs potentiels
devenant des monnaies d’échange dans les tractations des appareils pour obtenir des circonscriptions ou des ministères futurs. Des troupeaux censés comme une seule bête suivre les instructions du
berger et aller là où on leur dira d’aller. Certes, les militants inscrits à un parti suivront peut-être les consignes de vote de sa direction, mais que représentent-ils ? Peanuts. Les
électeurs, que les partis considèrent ou font semblant de considérer comme décérébrés et aussi passifs qu’une monnaie d’échange, iront où ils voudront sans le moindre égard pour les souhaits du
berger.
Martine Aubry, avant les primaires socialistes, pour obtenir les bonnes grâces des écologistes leur a fait moult concessions, surestimant manifestement leur poids électoral ou tout simplement le nombre d’électeurs sensibles à ce genre de tractations politiciennes ou peut-être même les ignoraient-ils. Le résultat n’a pas été à la hauteur de ses espérances : les électeurs ont choisi entre deux personnes (plutôt qu’entre deux programmes). Des mains se tendent des deux bords vers François Bayrou comme s’il lui était possible de faire transhumer ses futurs électeurs vers l’un ou l’autre bord. Les électeurs centristes ont évidemment vocation à se diviser en deux.
Ce petit monde s’agite, pond des petites phrases concoctées par des conseillers et les médias tourbillonnent autour comme des mouches à l’affût d’alliances secrètes et de territoires partagés entre des généraux sans armées.