Mon cher François,
Je me permets de t’appeler par ton prénom et de te tutoyer, suivant ainsi la curieuse manie que vous avez entre vous de vous traiter de camarades alors que beaucoup se détestent et que les embrassades vont jusqu’à la morsure.
A propos de morsure, je te signale que tu es en train de te faire grignoter ton fromage. Tu vois bien que ta petite camarade, la dénommée Martine, n’a pas digéré que sa propre classe te désigne comme délégué à sa place, alors elle donne à une classe voisine des cadeaux, sous forme de circonscriptions entourées d’un nœud rose, qui étaient destinés à tes petits camarades de jeu. Elle soigne l’équipe verte pour t’atomiser et t’embarrasser jusqu’à te faire dire n’importe quoi pour leur plaire. Mais, mon petit François, pourquoi veux-tu leur plaire ? Surtout avant le premier tour de l’épreuve puisqu’ils ont une concurrente en principe contre toi et qui va sans doute avoir une note minable. Au second tour, si tu es toujours là, crois-tu qu’ils vont appeler à soutenir l’actuel tenant du titre ? C’est eux qui ont besoin de toi car ils sont dans la mouise, question fric.
Et le redoublant Chevènement, tu ne devrais pas lui dire de retourner à sa sieste ? Et le turbulent Mélenchon, qui, dans ses rodomontades, exige que tous s’en aillent, alors qu’il est dans le fromage depuis plus longtemps que la plupart d’entre eux. Tu ne pourrais pas lui dire de fermer sa grande gueule et de se dispenser de l’insulte et du mépris facile, tu crois qu’il va appeler à se mobiliser contre toi lorsqu’il sera mis sur la touche ? On dit que tu as de l’esprit, tu pourrais peut-être t’en servir. Je te signale que « les guignols de l’info » te font passer pour un débile et question communication, ils sont très forts.
Avant de prendre une haute posture, mon cher François, il faut peut-être descendre un peu dans la cour et faire le ménage dans ton propre camp où ceux d’en face trouvent leurs meilleurs alliés. Tu pourrais dire à tes camarades, qui t’embrassent pour mieux t’étouffer, que sans toi ils seront privés de dessert, c’est un argument auquel ils sont habituellement sensibles. A moins, compte tenu des circonstances, qu’ils aient finalement peu d’envie d’être aux manettes alors qu’ils sont si pépères dans leurs baronnies où ils peuvent paisiblement baratter leur beurre.
Mon cher François, avec de tels zozos, je te souhaite bien du courage.
Dr WO