7 Janvier 2013

La démocratie est un régime où le peuple exerce sa souveraineté soit de façon directe, soit par ses représentants élus.
En Iran. Le peuple a appelé au pouvoir en 1979 le principal opposant au Shah Pahlavi, le chef religieux Khomeini exilé en France (bien mal récompensée par la suite) qui, dès son retour, a instauré une République islamique. On connait la suite : les élections existent, mais le peuple ne peut choisir qu’entre des partis islamiques.
En Algérie. En 1992, le FIS (Front Islamique du Salut) face à un pouvoir militaire considéré comme corrompu, remporte le premier tour des élections législatives, élections qui seront annulées. Le pouvoir devra faire face pendant des années au GIA (Groupe Islamiste Armée) qui par ses crimes et ses viols montrera un aspect bien différent de celui du FIS qui, pour gagner les élections, apportait son aide à la population.
En Turquie. Le peuple a choisi à deux reprises (2003 – 2007) le parti islamique (AKP) pour être au pouvoir. Pour l’instant, l’armée, héritière d’Atatürk, veille au respect de la laïcité.
En Tunisie. Après avoir renversé un autocrate, le peuple qui avait acquis avec Bourguiba une certaine modernité a, par des élections libres, choisi comme premier parti un parti islamique (Ennahda).
En Egypte. Il est probable que lors des élections prochaines, les vainqueurs seront les Frères musulmans que Moubarak avait mis hors la loi.
En Libye. Les personnalités qui exercent transitoirement le pouvoir ne cachent pas leur attachement à l’Islam dont devrait s’inspirer la prochaine constitution.
Au Maroc. Les élections récentes mettent en tête un parti islamique (le parti justice et développement).
Ce tour d’horizon très succinct et incomplet montre à l’évidence qu’à chaque fois qu’un peuple à grande majorité musulmane avait le choix, il choisissait de mettre le pouvoir entre les mains des islamistes et que ceux-ci n’y parvenaient pas que lorsque le régime en place, en général militaire et/ou dictatorial, s’y opposait. Autrement dit, les musulmans choisissent démocratiquement un parti religieux, et de leur religion, pour les diriger, quitte à s’en mordre les doigts par la suite comme en Iran. Alors, il faut cesser de projeter notre schéma démocratique sur des pays qui ont une autre conception de la démocratie que la nôtre et où la religion irrigue la société.