Si dans le monde occidental l’égalité en droit des hommes et des femmes est théoriquement acquise, dans les faits ce n’est pas toujours le cas (ne serait-ce que pour la différence de salaire fréquemment constatée) et le machisme n’a pas pour autant disparu. La solution est simple : il faut faire disparaître les sexes.
Que les hommes ne s’inquiètent pas, ceux qui tiennent à leurs attributs pourront les conserver en tant que « présupposition biologique » comme le dit l’Américaine Judith Butler (théoricienne du genre). Selon les études sur le genre, courant déjà ancien venu des USA, c’est la différence entre les sexes, « l’hétérosexisme », qui conduit à l’inégalité et à la domination masculine. Il faut donc faire disparaître le sexe biologique au profit du sexe social et distinguer sexe et genre sans que l’un soit accolé à l’autre par l’éducation, celle-ci imposerait un stéréotype à chaque sexe biologique sans permettre à chacun la liberté de l’adopter ou non. Le sexe biologique ne signifiant plus rien, il serait souhaitable selon certains ou plutôt certaines, de ne pas le préciser sur les papiers d’identité et il serait nécessaire de ne plus structurer l’humanité en hommes et femmes.
Cette conception, on pourrait même dire cette idéologie, progresse.
Ainsi, depuis peu, les éducateurs d’une école maternelle suédoise n’utilisent plus les pronoms discriminants « il » ou « elle » au profit d’une forme neutre « ami », les contes de fées particulièrement sexistes ont été remplacés par des histoires de couples homosexuels et de familles monoparentales.
Une exposition sur le thème « De quel sexe êtes-vous ? » a eu lieu en Belgique, et est actuellement dans la région Nord avec comme questions posées sur le catalogue : « Comment savez-vous de quel sexe vous êtes ? », « Comment peut-on réellement différencier l’homme et la femme ? », « Combien y a-t-il de sexes ? ». Des questions pour un champion.
Elle est introduite dans les manuels scolaires. Le Bulletin officiel du 30 /09/2010 invite les enseignants de SVT à envisager un chapitre de leur programme intitulé « Devenir homme ou femme ». Dans la manuel de biologie Belin figure le paragraphe suivant : « Je peux être un homme et attiré par les femmes, mais je peux aussi me sentir 100% un homme viril et être attiré par les hommes. Et je peux être une femme attirée par les hommes ou une femme attirée par les femmes ». On se demande ce que les inclinaisons sexuelles viennent faire dans un livre de biologie destiné aux adolescents, c’est l’introduction de l’idéologie dans la science, ce qui n’est jamais très bon comme le montre l’introduction aux USA du créationnisme dans les théories de l’évolution.
Le thème du genre sera enseigné comme matière obligatoire dès septembre à Science po Paris avec, semble-t-il, le louable désir de cerner les causes à l’origine des inégalités sociales persistantes entre les sexes.
Si éducation et stéréotypes jouent un rôle certain, on perd peut-être de vue que mis à part leur appareil sexuel, qui semble devenir un objet de mépris donnant un mauvais genre, les hommes et les femmes ont d’autres différences physiologiques, notamment les caractères sexuels secondaires liés aux sécrétions hormonales et si l’homme a en général une musculature plus puissante (à l’origine de sa domination), la femme est seule capable d’enfanter et d’allaiter, ce qui fait tout de même une différence de taille.[1]
Franz Von Stuck : « Mort d’une amazone »
[1]Cette article est inspiré de celui paru dans Le Point du 21/07/11, intitulé : « La famille où les enfants n’ont pas de sexe » et rédigé par Emilie Lanez.