Le dernier remaniement du gouvernement constitue une avancée originale dans la gestion des affaires de la France. Un nouveau ministère a été créé avec un judoka à sa tête pour persuader énergiquement certains Français résidant à l’étranger de payer leurs impôts en France. Le ministère des anciens combattants a été ressuscité en espérant faire sortir nos grognards de terre. Ce sont des innovations que l’on peut déjà saluer.
Mais le plus important est d’avoir mis un médecin aux Affaires européennes. Certes, ce
médecin, qui aurait préféré le ministère de la Santé, ne connait rien à l’Europe, mais il connait la médecine, or convenez que l’Union Européenne est bien malade et qu’un médecin à son chevet est
tout à fait indiqué.
Dans son ensemble, l’UE est devenue obèse et on sait que l’obésité prédispose à bien des troubles, ce qui ne saurait échapper au Dr Leonetti, cardiologue de formation.
Lorsque la Grèce, après avoir subi sa saignée, sera exsangue malgré les transfusions, il sera bon de lui tenir la main à défaut de la guérir. D’autres pays comme l’Espagne et le Portugal risque de s’enGrècer et de subir le même sort.
La Belgique souffre d’un dédoublement de la personnalité et sans tête, elle continue à marcher (pas si mal) comme un poulet qui continue à courir après avoir été décapité.
Le Luxembourg se renferme sur ses banques.
L’Allemagne et l’Autriche commence à être touchée par la maladie d’Alzheimer avec quelque nazillons dans les trous de mémoire. Le Danemark, la Suède, la Hongrie et même les Pays-Bas ont des réactions allergiques violentes aux étrangers, la Hollande réservant son cannabis à son usage personnel pour calmer son prurit.
La Roumanie a une hémorragie de Roms qui fait tache.
Le Royaume-Uni se bourre de sucreries royales.
L’Irlande après s’être sucrée, digère mal sa déconvenue dans son coin.
Chypre a un bout de Turquie planté dans le dos.
La Pologne souffre de son catholicisme aigu depuis la mort de son pape.
L’Italie a une politique sexuellement transmissible.
Et que dire de la France ? Rien. La France est saine. Le train de vie des élites qui nous dirigent a diminué, réduit au strict nécessaire (le Président a même vendu son avion luxueux), les banques de dépôt ne spéculent plus, la masse salariale varie de la même façon que les rémunérations devenues plus décentes des dirigeants des grandes entreprises, l’Education Nationale est enfin efficace, les entreprises manufacturières ont cessé de se disperser ailleurs, le chômage a diminué et le pouvoir d’achat a augmenté. La dette, en passe d’être résorbée, n’est plus qu’un mauvais souvenir.
Mais moi, visiblement, je ne me sens pas très bien.
Pablo Picasso : « Science et Charité »