L’orgasme a été proposé comme traitement préventif et curatif des névroses par le psychiatre autrichien Wilhelm Reich. Il eut beaucoup de succès auprès de la jeunesse, plus qu’auprès de ses collègues qui l’exclurent de l’Association internationale de psychanalyse, comme il fut exclu du parti communiste (il est mort dans un pénitencier de Pennsylvanie en 1957).
Bien des gens,
névrosés ou non, appliquent le traitement à la manière de M. Jourdain, sans le savoir, et sous toutes les latitudes recourent à des méthodes non estampillées par la Faculté. Ainsi à Naples, il
est conseillé en cas de difficulté d’avaler un marsala à l’œuf au bon moment et de porter une médaille de San Rocco.[1]
La difficulté ou l’impossibilité pour une femme d’arriver à l’orgasme salvateur est interprétée par certains sexologues ou psychanalystes, comme une éjaculation précoce, une inhibition liée à l’angoisse de castration ou même une « impatience de la personnalité » (sic). Quoi qu’il en soit, c’est la maladie du monde la plus répandue, écrivait Gérard Zwang[2] en 1972. Cependant « Bergher en 1944, estime que 90% des femmes sont frigides, Weiss quelques années plus tard avance le chiffre de 50% et Hélène Kaplan en 1979 seulement 10% »[3] . Les hommes font des progrès.
Le cardinal autoproclamé Carlos Bebeacua estime, lui, que l’orgasme est divin et doit être vénéré. Il a donc fondé « l’Eglise de la Madone de l’orgasme » et son culte compte quelques centaines de fidèles, et uniquement des prêtresses. Mais la justice suédoise, en août dernier, a refusé d’enregistrer ce culte comme communauté religieuse et l’appellation « Eglise de la Madone censurée » a également été refusée. Le « cardinal » ne désespère pas de gagner son combat auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.
Illustration : Pierre Bonnard « Homme et Femme »