Ce matin, j'ai du me rendre à l'évidence car elle a été la plus forte. Les faits sont les faits et les choses sont les choses et vice versa dans les deux cas. Mes dispositions étaient pourtant prises, j'avais été chez le coiffeur pour qu'il me coupe les cheveux en quatre afin de leur donner du volume et je m'étais mis sur mon trente-trois (médecine oblige) et tout cela en vain !
Je sais, la vie a des hauts et des bas, l'ascenseur social va dans les deux sens, ce qui le rend insensé, mais tout de même, il y a des coups bas que l'on ne peut pas prendre de haut. Je suis déçu, dépité, ulcéré (au choix) car je n'ai pas été invité au mariage de Kate et de William. Vous êtes incrédules, moi aussi !
Pourtant je les connais, même si ce n'est que par des intermédiaires qui prenaient - comme il se doit - quelques renseignements au passage. Je sais, les tourtereaux, un peu faisandés depuis le temps qu'ils roucoulent, ne sont pas de ma génération, mais leur grand-mère non plus et pourtant elle est invitée malgré ses chapeaux excentriques. Bien sûr, je ne suis ni chanteur ni footballeur et un tantinet roturier, mais Kate aussi, cependant, en épluchant bien les fichiers qui n'ont pas lieu d'être, je devrais bien y trouver un quartier sensible de noblesse. Certes, je ne suis pas Grand-Breton, mais je peux remplacer le café par le thé (je serais un peu plus réticent pour la nourriture) et, comble de trahison, fêter Waterloo comme une victoire, mais dans une morne plaine. Alors, pourquoi ce mépris royal et cette discrimination ?
Perfide Albion.