La drague va-t-elle devenir périlleuse ? Elle semble déjà l’être aux USA sous l’impulsion de certains mouvements féministes qui veulent l’encadrer pour qu’elle ne devienne pas criminelle. Sur le lieu de travail les conseils ne manquent pas. Il est recommandé aux femmes de ne pas porter des vêtements aguichants (dress codes). « Tout compliment, regard appuyé, commentaire intrusif est vu comme une amorce de harcèlement » (speech codes). Ce qui implique de la vigilance, surtout de la part des hommes et peut conduire à un refoulement qui risque d’exploser de façon intempestive et chaotique, sans égard pour le mobilier (ce que montrent certains films américains), et succomber dans ces conditions manque singulièrement d’élégance.
Aux USA, on a même parfois recourt à des « contrats d’amour », où deux employés qui désirent convoler ensemble s’engagent à ne pas poursuivre l’entreprise en cas de rupture.
Pascal Bruckner affirme dans « Le paradoxe amoureux » que « Dans les facultés anglo-saxonnes tout entretien doit être ou bien enregistré sur magnétophone ou effectué dans une pièce porte ouverte. La moindre approche équivoque peut donner lieu à une plainte » et le professeur éventuellement renvoyé.
Le ridicule a été dépassé au début des années 90 dans une université dans l’Ohio qui avait promulgué une charte de l’acte intime entre étudiants dont les étapes devaient être planifiées minutieusement par écrit et enregistrées devant un responsable. Cette programmation de l’acte sexuel n’a cependant eu aucun succès.
Il me semble qu’en France les femmes tiennent encore à la séduction, au désir de plaire, au compliment, à la suggestion, bref : aux jeux de l’amour. Pourvu que ça dure.
Illustration : Giorgio De Chirico : « Troubadour »