A Paris, il y a beaucoup de chiens, pas autant que des pigeons mais presque. Les pigeons sortent seuls, ils n’ont pas besoin d’être accompagnés et se débrouillent fort bien pour déféquer en l’air, mais vers le bas. Avec le retour du printemps et les arbres feuillus, les places ombragées sont constellées de leur fientes, mais pas toutes, comme s’il existait pour eux des lieux privilégiés pour se soulager. J’ai remarqué qu’en ces lieux les passants pressaient inconsciemment le pas de peur que le ciel leur tombe sur la tête.
Les chiens sortent pour déféquer, mais ils défèquent rarement seuls, ils sont accompagnés. J’ignore s’ils en sont gênés. Je ne pense pas. Ils cherchent de préférence une roue de voiture pour uriner, mais pour la grosse commission, ils préfèrent le plein trottoir comme lieu d’aisance. Leurs assistants sont loin d’être toujours équipés pour faire disparaître le corps du délit, si bien que toute distraction du promeneur peut s’avérer fatale. Enfin, glissons sur ce sujet.
Mais il existe des solutions. A Capri une équipe de policiers municipaux a été spécialement formée. Elle est chargée de ficher les chiens de tous les résidents de l’île par leur…ADN. Ces policiers sont surnommés, à juste titre, « les experts ». Chaque crotte dûment examinée pourra ainsi être attribuée à son créateur, ce qui permettra de remonter jusqu’à son maître qui se verra infligé une amende de 1500 €.
A l’occasion de cette personnalisation des chiens par leur merde, je me suis demandé quelles étaient les applications pratiques de cette science sophistiquée qu’est la génétique. Il faut se rendre à l’évidence, elles sont essentiellement d’ordre « policier » : recherche de délinquants (dont les chiens de Capri), fichage de personnes, recherche de paternité, ou étiquetage de cadavres.
On aurait aimé qu’il y ait plus d’applications en médecine. Certes, on peut modifier le génome d’une bactérie pour qu’elle fabrique des molécules thérapeutiques, mais pour ce qui concerne les maladies elles-mêmes les résultats pratiques sont plutôt minces. On peut déterminer savamment des gènes impliqués dans une maladie, mais en dehors de l’angoisse provoquée par leur révélation à un sujet qui en est porteur, les applications thérapeutiques sont quasi nulles (en dehors d'une attitude préventive dans de rares cas) et même pour les quelques maladies rares où un seul gène est impliqué, la thérapie génique balbutie encore après des décennies de recherche.
Alors si la génétique peut contribuer à la propreté des trottoirs…
De Nittis : « La dame au chien »