Un communiqué de l’Elysée affirme qu’« A la demande du président de la République, un examen médical et biologique lui a été pratiqué au service médical de la présidence de la République » et « l’examen clinique et paraclinique s’est révélé normal ». La présidence a précisé que François Hollande prenait "l'engagement" de publier un bulletin de santé "tous les six mois". Il avait évoqué, durant sa campagne, "la nécessité de transparence sur son état de santé".
A priori, il n’y a pas de raison d’en douter. Cependant les précédents du silence sur la maladie de Pompidou, des mensonges sur celle de Mitterrand et de la discrétion sur celle de Chirac ne donnent qu’une valeur relative à ce genre de communiqué. Imaginons, par exemple, que les examens biologiques aient montré une augmentation discrète mais significative de la glycémie ou de la tension artérielle sans conséquence immédiate, croyez-vous que ce communiqué se serait empressé de le révéler chez un homme qui vient d’accéder au pouvoir ? En admettant qu’une maladie chronique plus sérieuse mais n’entraînant pas une incapacité visible soit découverte, croyez-vous que le président de la République démissionnerait pour autant ? Par contre la révéler entamerait sa crédibilité ou la confiance que l’on pourrait avoir en lui. On peut donc se demander quel est l’intérêt de ces communiqués, sinon celui de communiquer.
Les politiques sont presque toujours victimes de leurs annonces dont ils espèrent un effet favorable et qui se comportent comme autant de pièges se refermant un jour ou l’autre sur eux. Ne se rendent-ils pas compte qu’ils sont jugés sur leurs actes et non sur leurs paroles et leurs annonces ? Hollande est sans doute conscient qu’il lui sera difficile de se conduire toujours comme un citoyen ordinaire, le déclarer c’est s’attirer des critiques à chaque fois qu’il transgressera la normalité annoncée.