Publié le 7 Janvier 2013

politiques-agonie.jpgNon, ce n’est pas l’image de ces trois candidats à la phase terminale de leur campagne présidentielle, mais celle qui illustre la campagne de « l’Association pour le droit de mourir dans la dignité » représentant dans un montage indigne et irrespectueux ceux qui sont opposés à une légalisation de l’euthanasie, accompagné du message suivant : « Doit-on vous mettre dans une telle position pour faire évoluer la vôtre sur l’euthanasie ».

Je préfère la vision de mon premier arbre en fleurs du nouveau printemps qui simule avec malice une parure de flocons de neige.

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Publié le 7 Janvier 2013

Sérénité 2

Oui, un peu de sérénité pour échapper à cette foire d’empoigne, à ces discours de cour de récréation où chacun cherche à avoir le dernier mot, même s’il est stupide, où chacun veut le pouvoir pour ne montrer que son impuissance.

Oui, un peu de sérénité devant cette eau calme où un peintre, en passant, a lancé sa palette de couleurs pour faire quelques ricochets.

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Publié le 7 Janvier 2013

InfidèlesCette affiche du film « Les infidèles » a été retirée pour « dégradation de l’image de la femme » et remplacée par une autre moins « choquante » (ce qui constitue une excellente publicité pour le film). Cette affiche, qui se voulait drôle sur le mode grivois en illustrant l’expression « une partie de jambes en l’air » et dont on peut discuter du bon goût, n’a rien de pornographique. Elle suggère l’acte sexuel sans le montrer et elle est aussi dévalorisante pour l’homme (que l’on voit et qui ne semble pas avoir le beau rôle dans le film) que pour la femme (supposée, car on ne voit que des jambes, d’ailleurs fort jolies).
 
La France devient-elle pudibonde ? Curieusement aux USA, les médias, pourtant plus sévères sur les représentations sexuelles dans l’espace public et plutôt féministes, n’ont aucunement tiqué sur cette affiche (il est vrai qu’ils ont un faible pour Dujardin) et s’étonnent que les Français aient pu s’en offusquer.
 
Il me semble qu’au siècle dernier les gens jouissaient d’une plus grande liberté qu’aujourd’hui : liberté de parole, liberté des images, moins d’interdits (dans tous les domaines), les pièces de théâtre un peu transgressives soulevaient moins de scandales. Les religieux s’occupaient de leur religion, les associations étaient faites pour aider les autres, alors que de nos jours nombre d’entre elles  n’ont comme seul but que l’exercice d’une police de la pensée, imposant un politiquement correct souvent à sens unique, et obligeant chacun à surveiller ses paroles de peur de soulever un scandale et d’être traîné en justice. La liberté, sous surveillance pointilleuse, susceptible et sans humour, s’affiche de moins en moins hors du prêt-à-penser.
 
 

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Publié le 7 Janvier 2013

Banque.JPGCe monsieur aime une banque. Chacun ses goûts, le masochisme en fait partie. A noter que le héros de cette affiche semble se déshabiller, à moins qu’il ne s’habille pour l’hiver ou qu’il ne lui reste que la chemise.

S’il aime une banque, il semble bien que les banques de la zone euro ne s’aiment pas entre elles, et plutôt que de se prêter de l’argent en toute confiance et à un taux intéressant, elles sont méfiantes, et préfèrent placer leurs excédents de liquidités auprès de la BCE à un taux d’intérêt minime (0,25%). Entre hier et aujourd’hui, elles ont déposé 485,898 milliards d'euros. Ce qui constitue un nouveau record.

Alors, monsieur, heureux ?

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Publié le 7 Janvier 2013

Au musée d’Art Moderne de Paris on peut voir jusqu’au 29/O1/12 une exposition de sculptures de Georg Baselitz, peintre et sculpteur allemand des plus cotés sur le marché de l’art contemporain et dont la carrière a été entretenue par quelques scandales (avec intervention de la police et même saisie d’œuvres par huissier à Berlin Ouest pour atteinte à l’ordre public). Ce qui me le rend sympathique est qu’il a été dans sa jeunesse expulsé d’une école de peinture par le régime communiste de la RDA pour « immaturité sociopolitique ».

Dans l’enceinte de cette exposition, les photos sont interdites. Les œuvres peuvent cependant servir de camouflages et permettent parfois d’échapper à la vigilance des gardiens dont les pieds nonchalants montrent un certain relâchement de leur surveillance.

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Quelques tableaux de l’artiste allemand égayent lesCouloir couloirs et leur originalité est l’inversion des portraits, encore un truc génial qui fait parler, mais dont l’intérêt me parait limité et la contemplation inconfortable.
 

Baselitz

Baselitz sculpte le bois au ciseau, à la hache, à la tronçonneuse. L’effet est parfois saisissant surtout pour l’ensemble, bien mis en scène, des « Femmes de Dresde », têtes éplorées après le bombardement des alliés sur la ville pendant la IIème guerre mondiale.
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Si j’ai apprécié certaines statues habillées de tissus, par contre je n’ai guère été impressionné par les statues géantes qui font pourtant l’admiration des connaisseurs et qui ont l’air (pour moi) de gros jouets mal taillés par un artisan malhabile. Peut-être veulent-elles évoquer la nostalgie de l’enfance, mais n’ayant, pour ma part, aucune nostalgie de cet ordre, je suis resté plutôt froid devant ces poupées monstrueuses dont les masculines arborent parfois un sexe saillant qui donne des envies d’émasculation pour des raisons purement esthétiques.
 

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Publié le 7 Janvier 2013

Nous sommes allés voir l’exposition des « nus de Degas ». Nous avons été déçus. Beaucoup de dessins et parmi les tableaux, j’ai surtout été attiré par ceux qui n’étaient pas de lui et qu’un esprit impertinent avait mis là pour que l’on puisse faire la différence.

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Mais le musée lui-même, quel enchantement ! C’est toujours un plaisir de s’y rendre pour passer agréablement le temps dont on dispose. Au rez-de-chaussée, de chaque côté sont alignés des coffres-forts. Quand on y pénètre, leurs parois sont recouvertes de tableaux dont certains ont, en effet, une valeur inestimable.

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Dans les étages, de petites salles réservent une profusion de surprises.

Musée d’Orsay

Un groupe d’enfants équipés comme pour naviguer sur les eaux de la culture écoute le capitaine. Deux enfants lèvent la main, j’ignore si c’est pour répondre à une question ou demander la permission d’aller faire pipi. Une statue blanche, à gauche, semble éprouver de la tristesse à voir cette jeunesse pleine de promesses, alors qu’elle reste pétrifiée dans le temps.

NB. Les photos sont interdites dans le musée 

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Publié le 7 Janvier 2013

Alors que l’économie européenne est en train de se déglinguer sous nos yeux dans une crise qui touche une bonne partie du monde, l’industrie du luxe ne s’est jamais aussi bien portée. Le poids du marché du luxe dans l’économie mondiale est d’un peu plus de 1000 milliards d’euros cette année et 1200 milliards sont attendus en 2014. L’Europe en profite largement (près de 2 millions d’emplois) et en particulier la France et l’Italie. Les griffes européennes dominent le marché mondial avec une production de 440 milliards d’euros (3% du PIB), ce qui rapporte aux Etats environ 110 milliards de taxes.

Les Chinois, Indiens, Russes, Brésiliens et les ressortissants des Etats pétroliers du Moyen-Orient sont très demandeurs des grandes marques européennes comme Louis Vuitton, Hermès, Prada ou Gucci. Elles attirent les touristes qui se pressent dans les grands magasins parisiens dont la clientèle devient plus cosmopolite que parisienne.

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Aux galeries Lafayette : groupe de Chinois vus de dos faisant sagement la queue devant le stand d’une marque de luxe et homme de la sécurité vu de face, pas content de me voir prendre une photo.

Pour rendre hommage à une des rares industries françaises qui reste pour l’instant florissante et encore capable d’exporter – en attendant que les pays émergents la concurrencent et que les contrefaçons la submergent – Je me suis rendu pour la première fois dans une boutique Hermès (celle de la rue de Sèvres) où le luxe vous attend dès la porte qu’un portier en costume et cravate vous ouvre aimablement pour vous faire entrer et récidive à votre sortie alors même que vos bras ne sont pas encombrés car vous n’avez rien acheté. La classe.

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Publié le 7 Janvier 2013

Il y a en ce moment à la pinacothèque de Paris, jusqu’au 9 septembre 2012, une exposition de la collection de Jonas Netter à qui l’on doit la découverte de Modigliani, de Soutine, d’Utrillo et de bien d’autres.

Nombreuses toiles d’Utrillo (mais aucune de sa collection blanche) représentant avec constance des rues et des maisons. Je préfère la peinture de sa mère Suzanne Valadon dont plusieurs toiles sont également exposées.

J’ai ressenti mon inculture devant des tableaux dont les artistes m’étaient totalement inconnus : Kremegue, Kikoïne, Hayden, Ebiche, Antcher… (j’ai noté les noms car je ne les aurais sûrement pas retenus) et surtout Moïse Kisling dont j’ai aimé « La femme au pull-over rouge ».

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Des tableaux de Soutine (pas les meilleurs), œuvres tourmentées, à l’image de leur créateur.

Et Modigliani. J’avoue que je suis peu sensible à sa peinture et surtout à ses portraits qui me donnent l’impression (sûrement erronée étant donnée la cote de ce peintre) que quand on en a vu un, on les a tous vus : des têtes légèrement penchées, tantôt à droite, tantôt à gauche, emmanchées d’un long cou, parfois interminable, des visages ovalaires, allongés, semblables, des yeux fendus de la même façon, la même expression inexpressive du visage. En voici un exemplaire : « Mme Zborowska ».

 

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Publié le 7 Janvier 2013

En période de paix, il est rare que les hommes politiques laissent derrière eux une œuvre marquante et durable. Les modifications qu’ils ont éventuellement introduites étant en général peu ambitieuses, transitoires, et susceptibles d’être elles-mêmes modifiées ou supprimées par les successeurs et de toute façon oubliées par le peuple.

Un homme politique même médiocre peut rester dans les mémoires des générations futures, lorsqu’il est à l’origine d’un projet immobilier. Comme chacun sait, la pierre, il n’y a que ça de vrai et de sûr.

 

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Georges Pompidou restera associé à la raffinerie Beaubourg dont il a voulu la création et si par la suite le projet a été combattu par Valery Giscard d’Estaing, il a été soutenu par Chirac.

Valery Giscard d’Estaing a voulu la création du musée d’Orsay.

Le nom de Mitterrand restera associé à la grande bibliothèque et à la construction de la pyramide du Louvre, très controversée à l’époque et soutenue là encore par Chirac et celui-ci a été à l’origine du musée du quai Branly.

Je m’aperçois que Nicolas Sarkozy va quitter le pouvoir sans laisser – à ma connaissance - le moindre édicule à son nom. Les temps sont durs. 

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Publié le 7 Janvier 2013

Grande animation dans les rues du centre. Le soir les terrasses débordent sur les chaussées étroites. La semaine précédente était sainte, cette foule devait se presser le long des multiples cortèges qui fêtaient avec ferveur la torture d’un homme devenu Dieu par sa résurrection provisoire.

La dévotion au catholicisme s’exprime partout dans la ville. Beaucoup de noms de rue font référence à la religion, la gagnante est sans doute la Vierge Marie, mère juive ayant bénéficié de la notoriété de son fils, qui, par l’opération du Saint-Esprit, est également son Père.

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Cathedrale-13.JPGLa cathédrale est évidemment une des plus grandes du monde. Elle est massive, impressionnante (c’était le but) mais sans harmonie. Le plus élégant est la Giralda, une tour de près de cent mètres, ancien minaret de l’ancienne mosquée dont le sommet est accessible par un plan incliné qui permettait au muezzin d’y monter à cheval et aux touristes d’y parvenir à pied sans trop d’effort (grâce soit rendue à l’architecte arabe pour sa prévenance).

L’intérieur dégouline de richesses et de dorures. Tout est massif et surchargé, mais grandiose. Ce n’est pas seulement le cas de la cathédrale. Les églises et les chapelles existent à chaque coin de rue, parfois l’une en face de l’autre ou l’une à côté de l’autre. Quand on entre dans l’une d’elles, l’autel brille, écrasé par les ors et les ornements destinés à impressionner les fidèles. On peut tout de même s’étonner du contraste entre la nature du christianisme qui prônait la simplicité, le détachement des biens de ce monde et l’étalage un tantinet indécent de la richesse dans les lieux de culte.

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Le musée des beaux arts est le pendant artistique de cette dévotion. Ses collections proviennent essentiellement des couvents et des monastères. On y trouve des grands noms : Lucas Cranach, Murillo, Zurbaran, Bruegel, Vélasquez, Goya, mais tous les sujets des tableaux sont évidemment religieux : calvaire, sang, crâne sont les favoris et cerise sur le gâteau, une tête coupée de Saint Jean-Baptiste dans une boîte en verre, la tranche du cou digne d’une planche anatomique. On peut tout de même s’étonner que le Christianisme qui prône l’amour du prochain soit aussi morbide avec un goût prononcé pour la mort, la torture, le sang et les fragments humains. Pendant la semaine sainte, aux Philippines, une centaine de personnes se sont flagellées et 27 se sont fait crucifier !

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Publié le 7 Janvier 2013

Aile-d-avion.JPGJe suis toujours surpris que la masse énorme d’un avion puisse aussi fréquemment quitter le sol, et s’élever au-dessus des nuages en laissant derrière lui le patchwork rectangulaire des champs bruns et verts et les têtes d’épingle des villages le long des fils des routes. Je suis toujours surpris que l’avion puisse me déposer aussi fréquemment en douceur si loin de chez moi en si peu de temps.

Cette fois ce fut Séville.

C’est une ville multicolore : couleurs des façades où l’ocre domine et le vert profond des jardins qui s’étendent largement en pleine cité où l’oranger roi exhale en avril le parfum de ses fleurs que l’on ne peut s’empêcher de cueillir pour mieux les respirer.

Les jardins et les fleurs sont partout. Dans les maisons où l’on aperçoit de charmants patios à travers les grilles.

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A l’intérieur des murailles de l’Alcazar, grand jardin où règne la sérénité et que l’on rejoint après avoir été ébloui par les salles du palais finement décorées du sol au plafond sans le moindre vide.

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A l’intérieur même de la cathédrale où les orangers surgissent de la pierre.

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Dans le parc Maria Luisa, la cité pénètre cette fois dans la verdure avec la curieuse place d’Espagne bordée d’un bâtiment en demi-cercle, flanqué d’une tour à chaque extrémité.

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Séville, dans un subtil mariage a gardé son empreinte mauresque dans les belles maisons et bien  sûr dans l’Alcazar.

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Mais l’empreinte orientale existe partout dans la ville, dans les rues du quartier juif.

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Et dans les grandes artères.

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Publié le 7 Janvier 2013

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Les-4-dormeurs.JPGJe me suis aperçu que mes trois derniers articles étaient assez mortifères. Entre le temps qui passe, les propositions amoureuses de Ronsard assorties de l’avenir sombre de la belle qu’il convoite, brossé sans ménagement, le mariage des fantômes chinois, les corps dérobés dans les sépultures dans un but commercial et enfin les déclarations de Hollande tournant autour du pot de la fin de vie, je dois me rendre à l’évidence : les visiteurs qui continuent à venir sur mon blog doivent jouir d’une certaine force de caractère car leur fidélité est mise à rude épreuve.

Afin de tenter de me faire pardonner et en espérant qu’ils retrouvent un peu de sérénité, je leur offre celle du Bouddha du musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris qui se trouve dans le Parc de Monceau, près d’une des entrées (celle du Bd Malesherbes).

Je m’y suis rendu dimanche dernier pour voir l’exposition « Rêves de laque, le Japon de Shibata Zeshin », artiste du XIXème, et j’ai vu quelques belles œuvres d’une grande finesse et notamment « Les quatre dormeurs », image que j’ai dérobée en catimini avec mon portable.

Ces dormeurs : Le vieillard, le tigre et les deux enfants, à quoi rêvent-ils ? Le vieillard rêve-t-il de redevenir enfant ? Les enfants rêvent-ils de chevaucher le tigre ? Et le tigre rêve-t-il d’achever le vieillard ?

Décidemment, je suis incorrigible.

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Publié le 7 Janvier 2013

Orsay-horloge.JPG

Les horloges et les montres sont agaçantes. En les regardant, le temps semble tourner en rond, il revient toujours à son point de départ, comme si rien ne s’était passé, une remise perpétuelle du compteur à zéro. Elles font croire que le temps fait du surplace, qu’il tourne simplement sur lui-même sans s’écouler, mais en nous rappelant que c’est nous qui coulons après avoir fait un petit tour.

Le sieur Pierre de Ronsard  le disait de façon plus élégante. Plus élégante, certes, mais aussi plus intéressé car c’était sa façon mortelle de draguer.

Le temps s’en  va, le temps s’en va, ma dame ;

Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,

Et tôt serons étendus sous la lame ;

Et des amours desquelles nous parlons,

Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle.

Pour c’aimez-moi cependant qu’êtes belle.

Derrière l’horloge du musée d’Orsay

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Publié le 7 Janvier 2013

dieuAu mois de décembre 2011, Le Point titrait : questions et réponses sur l’existence de Dieu. Avoir des réponses sur un tel sujet était un peu outrecuidant.

Le Point du 12 juillet 2012 pose une nouvelle fois cette question rémanente (depuis plusieurs millénaires) qui fait fleurir les marronniers plus d’une fois par an : y a-t-il un Dieu ? Mais sans oser offrir des réponses comme en décembre dernier, par contre le titre Dieu--2-.JPGannonce de nouvelles avancées (sic) qui seraient fournies par la science (re-sic) et la philosophie. Bien que n’ayant pas lu ce dossier et ne connaissant ni la teneur de ces nouvelles avancées (ce qui laisse supposer qu’il y en avait d’anciennes), ni les arguments scientifiques (le seul à prendre en compte, me parait être que Dieu est une expérience reproductible puisqu’il y a plusieurs religions qui s’y réfèrent, mais le nombre d’observateurs à leur origine est singulièrement réduit), j’ose suggérer que Dieu existe pour ceux qui y croient et qu’il n’existe pas pour ceux qui n’y croient pas et que pour ceux qui ne savent que croire, je les invite à méditer sur la saillie de Woody Allen : « si Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse ».

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Publié le 7 Janvier 2013

Le jardin de plantes de Paris n'est pas un jardin mais pour l'essentiel une vaste pelouse, et les plantes exubérantes sont confinées à l'étroit dans des serres.

Le paradoxe de la galerie de l'évolution est que pour montrer la fabuleuse histoire de la vie sur Terre, elle ne peut exposer que des êtres inanimés et morts, animaux imités ou empaillés ou des squelettes monstrueux, armatures ajourées enfermant le souvenir des entrailles. Et pourtant ces milliers de spécimens, du plus minuscule au plus gigantesque, donnent une idée du prodigieux élan vital qu'il a fallu pour créer cette profusion de formes, ce festival de couleurs, ce foisonnement d'organismes qui semblent sortis d'une imagination délirante mais qui fonctionnent ou qui ont fonctionné, en inventant des solutions pour survivre auxquelles l'intelligence humaine n'aurait même pas pensées. Créations lentes, générations après générations, de trouvailles pour se défendre contre les autres, puisque la vie pour vivre dévore la vie. Des innovations impensables, inattendues, bizarres, pour ne pas dire ridicules, comme celle du requin-scie ou du poisson-scie, la tête armée d'un long pieu hérissé de denticules acérés sur chacun de ses bords. On reste stupéfait que l'évolution ait pu ainsi inventer tant de choses et retenir l'innovation adéquate pour les générations suivantes. Hallucinant.

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G-evolution-4-especes-disparues.JPGUne horde d'animaux les plus divers, menée par un éléphant, semble se déplacer au milieu de la grande salle, évoquant la horde des animaux imaginaires, menée par un mammouth, et fuyant les catastrophes naturelles des films d'animation de « L'âge de glace ».

Cette photo sombre – et elle peut l'être - montre l'entrée d'une galerie particulière, celle des espèces disparues ou en voie de disparition. C'est une galerie de fantômes. Certains de ces disparus étaient magnifiques comme le tigre de Chine. On défile comme dans un cimetière en regardant les épitaphes d'une dramatique simplicité : «  Untel, en voie de disparition » ou « Untel, espèce éteinte » et comme l'a dit un de mes petits-fils qui nous accompagnait : « éteinte. Un point c'est tout. Poignant... ». Mais toutes les espèces sont destinées à se transformer et à disparaître (mais l’homme a maintenant sa part de responsabilité). A force de les voir passer, la Terre ne reconnaît plus les siens.

La galerie de l’évolution

En sortant, un peu d'optimisme en voyant les nuages blancs colorés en rose par la verrière d'une serre.

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Publié le 7 Janvier 2013

Tomate-des-salafistes.jpgIl faut rendre hommage à la vigilance du groupe salafiste « l’Association islamique égyptienne » qui, d’après  le site du quotidien turc Hürriet Daily News, a remarqué la conversion au christianisme des tomates, sournoisement masquée en leur sein et dont la coupe révèle un cœur en forme de croix, oui une croix, comme le montre sans ambiguïté l’image ci-contre publiée sur la page Facebook de cette association.

Je ne connais pas l’arabe, mais la teneur du message qui accompagne le cliché serait : “Manger des tomates est interdit parce que les tomates sont chrétiennes. [La tomate] loue la Croix au lieu d’Allah et dit qu’Allah est trois [en référence à la Trinité]. Je vous en conjure, faites circuler cette photo car il y a une sœur de Palestine qui a vu le prophète d’Allah [Mahomet] dans une vision. Il pleurait et mettait sa nation en garde contre le fait de manger des tomates. Si vous ne diffusez pas ce message, sachez que c’est le diable qui vous en a empêché.”.

J’aimerais signaler à ce groupe salafiste quelques végétaux alimentaires qu’il serait souhaitable de prohiber car ils pourraient pervertir les âmes pures, comme la carotte et la banane qui évoquent un pénis en érection, le poireau cuit, un pénis flasque, le melon et la poire qui suggèrent les formes possibles des seins féminins. Et ne parlons pas du grain de café torréfié, image du sexe de la femme après chaleur et dont on tire de surcroît une boisson excitante. Salafistes, restez vigilants, le diable niche dans les détails, la connerie aussi.

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Publié le 7 Janvier 2013

Soleil-mefaits.jpgNous sommes le 1er juillet et pour ceux qui peuvent se le permettre, la période des vacances arrive. Chacun sait maintenant qu’une exposition excessive au soleil (si celui- ci daigne se montrer) n’est pas conseillée, ne serait-ce que pour éviter un vieillissement prématuré de la peau et l’acquisition gratuite de rides. On pourrait me répondre que les rides n’ont pas besoin de soleil pour apparaître et peut-être que notre astre est accusé plus ou moins à tort. Pour vous convaincre de sa part de responsabilité, regardez la photo ci-contre. Cet homme âgé de 66 ans, comme le dieu romain Janus, possède deux hémi-visages : le côté droit est normal et celui de gauche a un aspect nettement plus vieux et ridé. Cette particularité lui vaut une notoriété tardive et mondiale qu’il a acceptée d’endosser, car son visage a aussi un troisième côté : celui de démontrer l’effet nocif sur la peau de son exposition prolongée au soleil. En effet, pendant vingt-huit ans, il a réalisé la même tâche : livrer le lait aux habitants de Chicago au volant de son camion en suivant toujours le même trajet et en n’exposant ainsi au soleil que le côté gauche de son visage comme la Lune montre la même face à la Terre, ce qui explique sa pâleur et son air triste, l’autre face tournée vers les étoiles devrait être plus joviale.

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Publié le 7 Janvier 2013

Transfiguration

Une paroissienne espagnole octogénaire, pleine de bonne volonté, a voulu restaurer le « Ecce Homo » de son église locale. Voici le résultat :

 Christ-restaure.jpg

Si la restauratrice, Cecilia Giménez, ne se sent pas très bien et supporte mal sa nouvelle notoriété, son œuvre semble avoir de nombreux partisans qui réclament son maintien en l’état. Il est vrai que le côté simiesque de la nouvelle image du Christ nous ramène aux origines de l’Humanité.

     

Courte vue

 

Si la vision de cette octogénaire, dont les intentions étaient pures, a été troublée par son amour pour le Seigneur (et l’on sait combien l’amour peut parfois devenir destructeur), il n’en est pas de même des juifs ultraorthodoxes en Israël qui interprètent la loi juive à leur manière bornée en interdisant tout contact entre hommes et femmes non mariés et dont la pudeur vire à l’obsession au point de porter des lunettes équipées de filtres brouillant la vision au-delà de quelques mètres leur permettant de faire disparaître de leur vue d’éventuelles femmes impudiques lorsqu’ils sortent de leur communauté. Les lunettes sont vendues par les « patrouilles de la pudeur » (sic) pour la somme de 6 dollars.

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Publié le 7 Janvier 2013

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Aujourd’hui il faisait si beau à Paris que j’ai reculé la date de la fin du monde pour laisser ces gens allongés sur l’herbe jouir encore un peu de la douceur du temps (NB la dame au premier plan ne commence pas déjà à ensevelir son bras gauche dans la terre, c’est la jambe d’une copine).

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Et laisser les canards déguster leur café au lait.

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Publié le 7 Janvier 2013

Une escapade à Noirmoutier où nous avons eu le droit le soir de notre arrivée, pendant plusieurs heures, à un concert explosif sur la place publique sous les fenêtres de notre hôtel. Un magma bruyant qui se voulait musical et dont la seule richesse était celle des décibels. Le bassiste avait réglé son attirail électronique au plus haut niveau, nous arrosant d’une marée de basses fréquences au point de faire vibrer portes, fenêtres et cerveaux, imaginant sans doute que la quantité pourrait servir de qualité et que dans la tourmente personne ne s’apercevrait qu’il ne savait pas jouer. Concert heureusement unique, la nuit éclairée par le projecteur de la Lune nous offrit par la suite sa sérénité silencieuse.

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Publié le 7 Janvier 2013

Un des derniers dimanches où il faisait beau, nous sommes allés au bord de la Marne déguster une friture d'éperlans en regardant simplement l'eau  couler.

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Lorsque je vais à cet endroit, je ne peux m'empêcher de photographier - pour la Nième fois - un saule pleureur voisin, fasciné par sa chevelure verte dont les pointes affleurent l'eau, en étalant un rideau que transperce la lumière.

 monet saules pleureurs-copie-1

Le saule pleureur fut une source d'inspiration pour Claude Monet.

 

Laissez pleurer les saules

Saule pleureur et nénuphares de son  merveilleux jardin de Giverny

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C'est ainsi qu'il le peignait dans les dernières années de sa vie (en 1918) lorsque la cataracte (privilégiant les couleurs chaudes) est venue modifier sa vision. Les tons rouges et le trait torturé cadrent bien avec l'aube de la guerre qui allait ensanglanter l'Europe.

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Publié le 7 Janvier 2013

Dimanche dernier, nous sommes allés voir l'exposition Gerhard Richter au Centre Pompidou. Peintre allemand âgé de quatre-vingts ans, né à Dresde. Les photos n'étaient pas interdites sauf pour quelques tableaux. J'ai donc pu faire un choix personnel en utilisant mon téléphone portable.

001-copie-5.JPG Cette huile sur toile, sans doute réalisée à partir d'une photo, est dénommée "Paysage urbain Paris", elle ressemble à une ville bombardée, réminiscence probable des bombardements sur Dresde que le peintre a du vivre pendant son enfance.

Dans les années 60, Richter a surtout réalisé des "photos-peintures". Photos le plus souvent personnelles que l'artiste travaillait de façon plutôt sophistiquée.

015.JPGComme ce paysage marin

Ou ce "Nu sur un escalier (Emma)" avec quelques reflets parasites qui sont venus malencontreusement s'ajouter au tableau du maître.

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J'ai préféré ses tableaux abstraits, riches en couleurs, souvent très grands avec l'impression de s'y noyer.    

 

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Rouge et bleu :

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011012.JPG"Forêt" (ci-dessus)

 Et curieusement un tableau semi-figuratif : "Venise" :

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Ne pas oublier qu'au sixième étage du Centre Pompidou où se tenait cette rétrospective de Richter, vous avez de très belles vues sur Paris

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Publié le 7 Janvier 2013

canaletto Gr C salute   

Nous sommes allés au musée Jacquemart-André voir l’exposition de nombreuses toiles de Canaletto (et de Guardi) alors que le musée Maillol en expose également. Pour ceux qui connaissent Venise, on ne peut qu’être frappé par le peu de changements intervenus dans cette ville depuis des siècles. Ville figée par sa structure même comme un témoin fidèle des temps lointains. Les différences : le costume des habitants, les bateaux à moteur, la foule des touristes, et la perte de son orgueil d’empire des mers, mais ça grouille toujours autant sur le Grand canal.

Les tableaux de Canaletto sont de superbes cartes postales et d’ailleurs ils servaient un peu à cela pour faire connaître Venise à travers l’Europe. La cour d’Angleterre en recevait et Elisabeth II  a prêté quatre toiles pour cette exposition.  

Je ne sais pas ce qui me plait le plus dans ces tableaux : l’exactitude, la méticulosité du travail, les jeux de lumière ou l’âme de la cité lacustre si bien représentée par un amoureux de sa ville.  

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013

Hier, nous sommes allés voir dans une galerie du quartier du Marais un ensemble d’œuvres de l’Irlandaise Claire Morgan intitulé « Quietus ». C’était le dernier jour de cette exposition. Ce sont des sculptures-installations dont l’armature est constituée par de multiples fils de nylon sur lesquels sont sertis les matériaux les plus divers et parfois déroutants.

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Chaque petite masse noire de ce cube qui flotte dans l’espace est…une mouche.

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Cet essaim de guêpes forme une cage sphérique autour de la chute, tête en bas, de deux oiseaux.

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Ces carrés s’imbriquent les uns dans les autres, se croisent mais ne se touchent pas en formant une image géométrique complexe dans l’espace. Ils sont ponctués de…moucherons !

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Cette haute colonne neigeuse est faite de fragments de plastique et d’étiquettes portant un code-barre. Un oiseau prisonnier est à peine visible. 

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Le nom de cette œuvre est « Nipple ». Elle est constituée de mouches, de graines de chardon, de nylon, de plomb, et d’acrylique.

J’ai trouvé ces œuvres originales, étonnantes et finalement belles pour la plupart et j’ai été époustouflé par la somme de travail nécessaire pour les réaliser dans un monde artistique où exposer sa crotte suffit pour atteindre la notoriété.

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Publié le 7 Janvier 2013

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Publié le 7 Janvier 2013

Le photographe animalier Yasusuke Ota n'a pas hésité à se rendre dans les villes et les villages évacués de la zone irradiée pour prendre des photos des animaux abandonnés. Beaucoup sont morts, en particulier ceux qui sont restés enfermés dans les maisons. Les autres errent dans les rues désertes et se débrouillent  comme ils peuvent, parfois secourus par des Japonais qui se risquent dans la zone désertée par les humains pour les alimenter. Ces photos sont parues sur le site "Rue 89".

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L'autruche était la mascotte de la centrale nucléaire. Ce choix vaut son pesant d'ironie quand on sait l'aveuglement des responsables.

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Les vaches errent dans le parking et pourtant les places sont libres.

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Les cochons échapperont à  la charcuterie. L'un d'eux se vautre mélancoliquement dans une flaque d'eau.

 

 

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Publié le 7 Janvier 2013

 

DSC00291.JPGCette année, j'ai l'impression d'avoir raté l'automne à Paris. D'habitude je me régale des couleurs étalées par les arbres : vert, brun, rouge, roux, jaune, des mélanges toujours de bon goût. La nature ne fait jamais de faute de goût. Je n'ai pas senti en passant dans les rues cette odeur  caramélisée dégagée par les feuilles mortes tombées à terre, vaincues par le premier vent venu. Il est trop tard pour en profiter un peu, les arbres sont dépouillés, les branches dénudées, maigres sans leurs manches bouffantes, les feuilles balayées et aspirées, et aujourd'hui il a même neigé. Pourquoi cet automne m'a-t-il échappé ? Le mauvais temps, un soleil rare ? Distraction ? Je n’ai aucune excuse et c’est irréparable, mais à Paris l’automne ne s’est pas imposé comme d’habitude. Je ne l’ai vu qu’en banlieue, à Bondy, où les arbres ont jeté leurs couleurs flamboyantes comme autant de pieds de nez au pied de la laideur des tours grises. Alors j’ai sorti quelques vieilles photos (qui, malheureusement, n'ont été éditées que de façon fugace)                                               

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Publié le 7 Janvier 2013

 

CONTE AVEC RIMES ET SANS RAISON  

1  Il était une fois des dieux groupés en un collectif du Destin. Chaque peuple avait les siens, semblables aux noms différents. Chacun avait sa fonction et ses caprices dans l’espace aérien. Gamins querelleurs, ils jouaient volontiers de la foudre et du trident. Il était rassurant pour les hommes de voir leurs faiblesses d’humains Et pour quelques divinités leur goût polisson pour les êtres mortels. Heureusement imparfaits, on pouvait les acheter par une offrande. Des prières obligées et quelques bakchichs liaient la Terre et le Ciel, Il suffisait ensuite de faire au spécialiste divin son humble demande.  

2  Vint un homme avec des trous de mémoire, En quête d’une idée simple à retenir. Pour mettre de l’ordre dans cette divine foire, Il décréta que pour le Passé et l’Avenir, Il n’y aurait désormais qu’un seul Dieu. Les autres trouvèrent que c’était peu, Mais conquis, ils finirent par s’y faire Et les ennuis commencèrent.   

3  Un Dieu unique ne pouvait que s’ennuyer dans le vaste Univers. La Création du Monde ne Lui avait demandé que quelques jours. Pas de querelles ou d’amitiés possibles avec des congénères. Il était certes aimé mais déclenchait des catastrophes en retour. Il faut le comprendre, Il n’avait que Ses créatures pour Se distraire Et comme l’homme L’avait fait parfait et omniscient, Quoi qu’Il fasse, Sa perfection Le rendait innocent.  

4  Ainsi, lassé d’être seul, Il se révéla trois fois à ses affiliés. La première fois dans un buisson ignifugée, en toute discrétion. La deuxième fois dans le ventre d’une femme (après l’avoir annoncé). La troisième fois, Il se contenta d’envoyer un chargé de mission.  

5  Bien que les croyants vers Dieu aient la même prière, Les hommes obstinés les uns contre les autres, affirmèrent, Meurtres à l’appui, que Celui qu’ils avaient vu était le bon Et que les autres, infidèles, n’avaient pas compris la leçon. Mais tous se retournaient contre ceux qui ne croyaient rien. On trouvait toujours des hérétiques à occire au nom du Bien. Les motifs de querelles entre les hommes ne manquaient pas, Dieu, dans sa miséricorde et sa magnificence les multiplia.  

6  On ne peut que regretter le peuple des dieux imparfaits Leurs faiblesses et leurs distrayantes disputes de Titans. Avec eux les hommes auraient détruit leur planète en paix, Sans toujours invoquer Dieu pour leurs débordements.  

7  C’est une histoire déraisonnable dont les hommes ne se lassent jamais

 
  

LA LETTRE ANONYME
  Elle fut écrite dans les temps anciens Servant de preuve dans un livre sacré On ignore le nom du délateur écrivain Un ermite du désert ou un mari trompé   Elle accusait la femme du premier des péchés De la honte d’avoir été chassés du jardin d’Eden D’avoir dévoilé le bien et le mal à l’humanité A l’origine de l’exil de l’homme et de ses peines   Depuis la femme est en garde à vue Sur cette calomnieuse dénonciation Par une lettre écrite par un inconnu   Voilà des millénaires qu’elle vit sa punition Dans une geôle qu’elle porte parfois sur elle Sous les cieux où les lettres restent éternelles

Paul Obraska
    

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Publié le 7 Janvier 2013

Bebe-cesarienne.jpg

Je ne résiste pas au plaisir de mettre en ligne cette photo qui montre un bébé (il s'agit d'une petite fille) agrippant de sa main minuscule un doigt du chirurgien lors de son extraction par césarienne du ventre de sa mère.Voulait-il par politesse et reconnaissance serrer la main du chirurgien ? Ou au contraire l'empêcher de continuer son travail, se trouvant très bien où il était et inquiet de la perspective des ennuis qui l'attendent dehors ? (la photo a été prise par le père et postée sur la page Facebook de la mère Alicia Atkins)

 

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Publié le 7 Janvier 2013

hopper edward noctambules (détail)

braque-instruments-de-musique.jpgLe jour de l’an a souvent été pour moi un jour presque vide. Une sorte d’entracte consacré à la digestion. Une année de perdue et l’espérance d’en retrouver d’autres. Un peu de mélancolie que j’ai noyée, non pas dans l’alcool, mais dans un livre accompagné de jazz. Une bonne cuvée de cette musique prend le corps, et peut être enivrante (le livre, lui, ne m’a pris que la tête). De la gaîté qui coule par saccades avec toujours un soupçon de tristesse comme pour nous indiquer que la joie doit être prise au sérieux.

 

Edward Hopper : « Noctambules » (détail)

Braque : « Instruments de musique »

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Publié le 7 Janvier 2013

Van-Gogh-La-loterie-nationale.jpg

Dans peu de jours le numéro de l’année va changer. Nous aurons droit à un 13. Il n’y en a évidemment qu’un par siècle. La superstition attribue à ce nombre une valeur symbolique, celle d’avoir une influence sur le destin, soit dans un sens favorable qu’utilisent les vendeurs de loteries, soit plus souvent dans un sens défavorable, ce qui conduit les sportifs à ne pas vouloir l’arborer et les tablées à chercher un convive supplémentaire ou même d’en éliminer un.

Nos politiques et les médias ne nous cachent pas que cette année 2013 qui se profile sera lourde à digérer, si bien que ceux qui en ont les moyens vont manger leur fortune ailleurs où ils  espèrent une digestion plus libre. Question de climat.

Dans les deux siècles précédents, ce n’est pas l’année en 13 qui a été particulièrement défavorable, mais la suivante. C’est en 1914 que commença la boucherie de la Grande Guerre. C’est en 1814 que Napoléon fut vaincu et la France envahie.

Je vous souhaite néanmoins une bonne année 2013…Mais méfiez-vous de la suivante.

 chagall bouquet de fleurs

Van Gogh : « La loterie nationale »

Chagall : « Bouquet de fleurs »

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Publié le 7 Janvier 2013

2012-12-23 15.24.04
Le musée Guimet est le musée des arts asiatiques de Paris (à Iéna). De nombreuses  sculptures, un peu répétitives, mais nous sommes surtout allés voir les estampes de Hokusai, peintre japonais ayant vécu à cheval sur le XVIIIème et le XIXème siècle. Ces estampes que possèdent le musée ne sont exposées que temps en temps pour ne pas être détériorées par la lumière. 
                      
Hokusai-la-vague.png
 La vague
Hokusai-Fugi.png
Le Fuji Yama, montagne sacrée pour les Japonais
Hokusai-courtisane.jpgLa courtisane
Hokusai-tete-de-vieil-homme.jpg
Tête de vieil homme
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On ne peut s'empêcher de parcourir les salles de ce beau musée pour découvrir des oeuvres d'un monde artistique que je ne connais pratiquement pas. Certaines accrochent, comme cette tête de Bouddha aux longues oreilles percées, le prince s'étant débarrassé des lourds bijoux qui les ornaient pour partir, dépouillé de toute richesse,  chercher sa voie.
2012-12-23-15.35.22.jpg
Je me suis arrêté devant cette oeuvre tibétaine représentant une étoile à six branches considérée par les Juifs comme "l'étoile de David", et par une sombre ironie, sur chacune des branches figure une svastika, figure géométrique largement répandue dans de nombreuses cultures depuis des siècles, notamment en Inde, mais le plus souvent lévogyre, or celles-ci sont dextrogyres et inclinées à 45° comme le symbole adopté par les nazis.
 
                     
 
 

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Publié le 7 Janvier 2013

 


Chagall "Le violoniste"


LE PETIT JUIF ERRANT

OU LA FUITE EN EGYPTE 



Déjà juif si petit

Un petit juif en Egypte, déjà errant

Cependant, lui, reviendra au pays

Pour y être fixé définitivement

 

Alors il n'apprendra pas le violon

Car pour un juif errant

Le violon c'est épatant

C'est un fidèle compagnon

C'est petit, ce n'est pas encombrant

On peut l'amener partout

On peut en jouer n'importe où

Même sur un toit

Même dans le ciel

Même chez les rois

Même dans les ruelles

Tout dépend de l'artiste

Et quand fatigué d'errer

L'artiste devient triste

Il le fait sangloter

Tout contre soi

Planté dans sa chair

Amer

Il peut même verser une larme dessus

Le violon, lui, comprendra

Il ne se fâchera pas

Emu

Il jouera encore mieux

 

Exilé en Egypte, un juif errant encore petit

Aurait pu apprendre à faire chanter un violon

Mais de retour au pays, il ne parlera que des cieux

Ne jouant pas au violon, il jouera au Messie

Et on finira par n'entendre que sa partition

Sur la terre comme au ciel

Surtout sur la terre

Car dans le ciel personne n'est là pour écouter


Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013


Albrecht Dürer 1498 et 1526 

LA VIERGE ET L'ENFANT

 

Pour faire un tableau de la vierge et l'enfant

Il est simple de prendre une belle jeune femme

Même si elle n'est pas vierge depuis longtemps

L'important est que son visage exprime son âme

 

 

Le plus difficile à trouver est le modèle de l'enfant  

Il doit être sérieux, laid et un peu hydrocéphale

Avec le visage pénétré d'un adulte pensant

Et s'il est circoncis ce n'est pas plus mal

 

Vous voyez qu'un tableau de la vierge et l'enfant

N'est pas si simple à faire même avec du talent

Comment trouver un petit enfant qui convienne ?

 

 

Les bambins ne sont guère tristes et sont plutôt beaux

Les hydrocéphales sont soignés dans les hôpitaux

 Hélas ! On ne peut plus peindre à l'ancienne


Paul Obraska

 

 

 

Nicolas Poussin "La Sainte Famille"


PHOTO DE FAMILLE

 

Retouchée par Poussin,

C'est une très vieille photo,

Passant de mains en mains,

De père en fils, depuis l'an zéro.

 

L'artiste n'a pu empêcher les angelots

De figurer nus sur le portrait de famille

Et de jouer, facétieux, avec la charmille.

 

On ignore jusqu'à ce jour les liens de parenté

De la femme accroupie et de celle debout,

Comme du petit rouquin, peut-être jaloux

Du divin bambin qu'on lui a préféré.

 

La mère est fière de son dernier-né.

La rumeur dit que c'est son premier

Et qu'elle n'a pas perdu sa virginité.

 

Un voyant venu des cieux du nom de Gabriel

A prédit à son enfant un destin exceptionnel.

A le voir sur sa mère, il a déjà trouvé sa voie

En écartant ses petits bras en croix.

 

Le mari fait bonne figure, bien que marri,

Cocu magnifique, il a trouvé son destin,

Complaisant, il accepte le fait accompli.

 

A son épouse, il ne s'est jamais plaint

De cette grossesse involontaire.

Même s'il n'y est pour rien,

On peut compter sur lui :

 

Il sera un bon père

Pour cet enfant naturel,

Procréation assistée du ciel.



Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013


Robert Campin "L'Annonciation"

SECRET D'ALCÔVE

 

 

Alors que l'Ange Gabriel s'est déplacé

Pour porter des cieux le message à Marie,

Celui de la naissance miraculeuse annoncée,

La femme fidèle ne regarde pas l'intrus et lit.

 

Elle est sans doute absorbée par la Bible,

Sans savoir qu'une suite sera ajoutée,

Sans savoir qu'elle est devenue la cible

D'une insémination contre sa volonté.

 

Cette histoire ne semble pas la concerner.

Par contre, un abbé, par la porte entrebâillée,

Alors que l'Enfant n'est pas encore né,

Est déjà là par miracle et semble intéressé.

 

Les prêtres écoutent volontiers aux portes

Les murmures universels des confessions,

Gardiens des secrets qu'on leur rapporte.

 

Le secret intime de Marie de sa gestation

Sera mis malgré elle sur la place publique,

Et fera de la Vierge une star évangélique.


Paul Obraska 


 


Alessandro Botticelli "L'adoration des mages"

SQUATTERS

 

Si ce n'est pas malheureux de voir ça !

Ce n'est pas chrétien d'en arriver là !

Ce sont des braves gens bien éduqués

Pas des immigrés

L'homme a du travail

La femme n'a jamais fauté

Ils sont pourtant sur la paille

C'est dans une étable qu'elle a du accoucher

Entre un âne et un bœuf

D'un enfant beau comme un dieu

Blotti dans une crèche, c'est scandaleux !

 

Les associations se sont mobilisées

Les autorités ont été alertées

C'est une étoile jaune qui les a guidés

Des messieurs ont fini par venir à leur secours

Avec un psychologue dans une cellule

Dans l'étable ils sont restés incrédules

Alors il y a eu de beaux discours

Ils se sont pris pour des rois mages

Ils ont fait semblant d'adorer le nouveau-né

Pour donner d'eux une belle image

Heureusement qu'il y avait les bergers

Pour donner à la famille de quoi manger

 

Pour finir, pérorant dans l'étable, les autorités

Devant l'homme, la femme et le nouveau-né

Devant le bœuf, l'âne, les bergers et leurs agneaux

Sont montés sur leurs grands chevaux

Et ont dit avant de partir : « plus jamais ça ! »

Espérons que Dieu les entendra


Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

 

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Albrecht Dürer "Christ affligé"

LA MAUVAISE EDUCATION

 
C’est un spectacle muet où les étoiles crépitent
Et le Cosmos explose dans un silence abyssal.
Les éclats incandescents roulent comme des pépites
Dans la noirceur du vide glacial.
Des confins de l’Univers sans frontières,
Dans la sidérante immensité sidérale,
Voyagent leurs éternelles lumières.
 
Et Dieu dans tout ça ?
Et le royaume des cieux ?
Ils sont quelque part. La place ne manque pas.
 
L’Homme est à l’image de Dieu,
Dieu est blanc
Dieu est jaune
Dieu est noir
Mais Il n’est pas Femme
Et Il est barbu
 
Aux Cieux, les anges et les vierges sont séparés.
Le sexe des anges est incertain et la prudence s’impose.
La volière des vierges s’épuise et doit être préservée,
Aux suicidés assassins de les consommer.
Dans l’ennui éternel, le sexe rend moins morose.
 
Dans l’infini de l’Univers,
Parmi les myriades de galaxies,
Dieu ne s’intéresse qu’à la Terre.
Il écoute chacune des innombrables prières
Et les appels gratuits qui montent vers lui,
Il envoie des livres, Il envoie des anges,
Il a même envoyé son Fils sur la Terre.
Les Hommes moins gâtés que pourris,
L’ont renvoyé, mal en point, en échange.
Mauvaise éducation.
Bien que le sacrifice du Fils fût dans Ses intentions
Pour les punir, le Père laisse faire le Malin.
Et s’en lave les mains

Paul Obraska

 

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Publié le 7 Janvier 2013

 MECREANCES II
 Rembrandt "L'ange arrêtant Abraham avant le sacrifice d'Isaac à Dieu"

CHICHE !  

« Stop ! » dit l’ange du Ciel En arrêtant le bras du père Armé de la dague sacrificielle, Prêt à égorger son fils à terre. En sacrifiant son descendant, Il obéit à l’ordre du Père Eternel, Jusqu’à devenir bourreau d’enfant.   Le père tremblant lâche sa dague, Il ne comprend plus rien. Alors l’ange lui dit, badin : « Voyons, Abraham, c’était une blague » « On ne comprend plus l’humour juif ? » « Sacrifie le bélier à la place de ton fils » « Et tu auras de la viande et du suif ». Et le Ciel rit encore de ce faux sacrifice.

Paul Obraska        

MECREANCES II

 
Titien "David et Goliath"


DAVID, GOLIATH ET LE CIEL
 
Et David se tourna vers le ciel
Les deux mains en prière vers les nues
Et demanda à l’Eternel :
« L’ai-je bien descendu ? »
 
A cheval sur le bras puissant de Goliath
Colosse renversé à la tête tranchée
Au milieu d’une flaque écarlate
« L’ai-je bien décapité ? »
Demanda encore le berger
 
Et le ciel resta silencieux
Mais qui se tait consent
Alors David remercia les cieux
Faisant du Tout Puissant
Son allié victorieux
 
Il regarda la tête qui semblait dormir
Et le tronçon rouge du cou béant
Du ciel il avait accompli le désir
 
Le silence du peuple des cieux
Permet de lui faire dire
Tout ce que l’on veut


Paul Obraska


caravaggio22.jpg  
Le Caravage "Judith décapitant Holopherne"

LE GENERAL QUI PERDIT LA TÊTE  

Charmante Judith à la peau si blanche Au visage si lisse bien qu’un peu dégoûté Est-ce bien raisonnable de couper une tranche D’un Holopherne séduit par votre beauté   Charmante Judith si innocente Décapiter un homme même infâme N’est guère un travail de femme Les giclées de sang sont si salissantes   Charmante Judith si virginale Que de force vous avez déployée Pour détacher la tête du général Qui même enivré semble hurler   Charmante Judith si volontaire Le plus difficile reste à faire Les vertèbres sont à peine entamées Et la vieille attend tendant son tablier

Paul Obraska
 

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Publié le 7 Janvier 2013

Chaim Soutine " La cathédrale de Chartres"


CATHEDRALES

 

Dans le désert

Il ne pensait pas aux cathédrales

A ces vaisseaux lancés à la verticale

A la fraîcheur de leurs pierres

Au silence murmuré des prières

Au soleil sur les vitraux plombés

Dans la pénombre de morgue

Aux statues blafardes éplorées

Racontant des légendes du passé

Sous le souffle grave des orgues

 

Dans les cathédrales

Il avait la nostalgie du désert

De l'immensité jonchée de pierres

De l'horizon horizontal

Se glissant entre ciel et terre

De la rosace du soleil blond

De la chaleur pure de l'air

Sous une voûte bleue de plomb

Dans le vent aigu du désert

 

Loin des dentelles de pierre

Loin des idoles des chapelles

Il était né dans le désert

Où la terre est si proche du ciel

Où l'homme est si solitaire

Et se sent si mortel


Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

Salvador Dali "Ascension"


LE MONDE EST A MES PIEDS

 

Et le monde est à mes pieds.

Moi qui prêchais la modestie et l'égalité,

Ils se mettent à genoux devant ma figure,

Devant le marbre, le plâtre et la peinture.

 

Ils me représentent dans les églises et les rues,

Ils baladent à bras d'hommes ma statue,

Je suis peint sur des milliers de tableaux,

A dire vrai je ne me voyais pas aussi beau.

 

Mais comme nourrisson ils ne m'ont pas réussi,

Contrairement à ma mère toujours très jolie,

Ils aiment beaucoup la promener dans les rues,

Ou la faire apparaître à des enfants perdus.

 

Ceux qui me représentent ne m'ont jamais vu.

Pour croire en moi ils ont besoin d'une statue,

Alors que nous voulions chasser les idoles

De nos temples et les animaux qu'on immole.

 

Comme eux j'ai beaucoup aimé ma mère,

L'adoration qu'on lui porte ne me rend pas amère,

Mais ils disent que ses statues pleurent du sang !

Et pourquoi tous ces saints qu'on sollicite en priant ?

 

Je confesse que je suis peiné par cette idolâtrie.

Ces gens qui se traînent à genoux devant une effigie,

Qui se découvrent, pleurent et prient devant elle,

Comme si se nichait dedans le Père Eternel.

 

Dois-je réapparaître pour corriger les choses ?

L'histoire recommencerait et ça me rend morose,

De nouveaux tableaux, de nouvelles statues,

Et peut-être qu'à me voir enfin seraient-ils déçus


Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

Rembrandt "Descente de la croix"


PESANTEUR

 

Qu'il est lourd le corps

Os, muscles et viscères

Plongés froids dans la mort

Le corps mort se laisse faire

 

Tête oscillante, bras ballants

Dépouille pâle abandonnée

Pantin désarticulé brimbalant

Porté par l'un et par l'autre tiré

 

Que la mort est lourde à porter !

Elle pèse sur chaque vivant

Un poids que la mort emportera

 

Alors les autres s'occuperont du trépas

Et vous serez ce pantin brimbalant

Ce poids mort dans leurs bras


Paul Obraska 




Rubens "La mise au tombeau" (détail)


MORBIDE

 

Les martyrs pour ne pas vivre la mort en vain,

Ne doivent pas disparaître sans souffrir.

Les saints rencontrent dans la mort leur destin,

Pour exister, ils doivent d'abord mourir.

 

Plus les chairs flagellées ruissèlent de sang,

Plus les fidèles en garderont le souvenir.

Les croyants clapotent dévotement

Dans le sang des martyrs.

 

Les fidèles dissèquent les agonies,

Contemplent les dépouilles torturées,

Les stigmates des chairs meurtries,

Et les restes des corps déchiquetés.

 

Adorateurs inlassables des sacrifiés,

Collectionneurs de reliques mortuaires,

Clouant sur les murs un supplicié cloué,

Un gibet au cou et aux flancs une haire.

 

Les spectacles sanglants ne sont pas gratuits,

Pour le sacrifice que personne n'a demandé,

Il sera exigé des fidèles un prix :

La culpabilité.


Paul Obraska 

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Publié le 7 Janvier 2013

Hiéronymus Bosch "Le Christ portant sa croix"


MALEDICTION

 

Dans le tableau de Hiéronymus Bosch

« Le Christ portant sa croix »

L'horrible foule toute proche

Fait comme s'Il n'existait pas

 

Le visage du Christ est serein

Il souffre mais c'est pour ressusciter

Les faces de la foule sont celles du Malin

Le peuple de Jésus est déjà condamné

 

La foule démoniaque se presse contre Lui

L'entoure mais ne Le regarde pas

Les gens parlent du temps et de la pluie

Dans l'espoir qu'Il ne leur parle pas

 

Car celui qui L'avait écouté un instant

Mais refusé de l'aider à porter sa croix

Fut condamné jusqu'à la fin des temps

A marcher jusqu'à Son retour ici-bas


Paul Obraska 

Titien "Crucifixion"


LE CRUCIFIE SOLITAIRE

 

Mais que se passe-t-il ? je suis seul sur ma croix !

Où sont passés les figurants ?

Au début nous étions trois

La croix sur le dos, ils ont levé le camp

 

Ils ont cru que le spectacle était fini

Dès qu'ils m'ont vu cloué

Et ils sont tous partis

Pas un Romain pour m'embrocher

Pas un fidèle à mes pieds

Pas une mère pour me pleurer

 

Qu'il est triste d'être un crucifié solitaire

Personne pour me voir souffrir

Ils avaient sans doute mieux à faire

Mais il n'y a pas de sacrifice

Si personne n'est là pour l'applaudir

 

Enfin ce n'est pas rien d'être Son Fils

Ils auraient pu rester jusqu'à la fin de la scène

Le drame avait été promu et annoncé

J'avais préparé les rôles à la Cène

Ils n'ont pas compris et m'ont abandonné

 

Je suis seul sur ma croix comme un brigand

Pas une âme charitable pour me déclouer

Je sens que je vais y rester deux mille ans

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

Le Caravage "La prise du Christ"


L'ARRESTATION

 

On était sous l'Occupation

Marqué il se savait menacé

Par la police et les étrangers

Prêts à mater toute rébellion

 

Les collaborateurs de l'ennemi

Prêts à vous donner pour rien

On se cachait pour rompre le pain

On se méfiait même de ses amis

 

La milice vint au petit matin

Conduite par son délateur

Qui le désigna dans le jardin

 

Il avait vécu la nuit dans la peur

A présent il n'espérait plus rien

Puisqu'il connaissait son destin

Paul Obraska



Le Caravage "Ecce homo"

UN CAS DIFFICILE

 

« Voici l'homme » dit le professeur Pilate

En montrant un patient trentenaire

Que l'assistant avait recouvert  

D'un manteau écarlate

 

Le professeur s'adressait à l'assemblée

Venue pour entendre un verdict éclairé

Sur cet homme emmené par l'entourage

Et dont nul ne comprenait le langage

 

Le patient portait une couronne d'épines

Un roseau en guise de sceptre dans la main

Pilate commenta tout en faisant l'examen

Ce cas bien difficile dépassant la médecine

 

Le patient se prenait pour Dieu

Ce qui était assez banal en somme

Mais en lui Dieu se prenait pour un homme

Ce qui rendait son cas épineux

 

Certains le prenaient aussi pour un roi

Sans royaume il admettait sa royauté

Et le professeur compta sur ses doigts :

C'était une trinité de la personnalité

 

La preuve était que les trois personnes

En une se parlaient sans cesse entre elles

L'une priait vers elle-même qu'elle lui pardonne

Ou se faisait des reproches adressés au ciel

 

Cet esprit n'était pas sain

Conclut le professeur médecin

Et il prescrivit un traitement

Qui provoqua la mort du patient

 

Ce cas difficile a fait couler beaucoup d'encre

Depuis des siècles le monde se penche dessus

Le professeur Pilate n'était qu'un cancre

Et il faut mettre une croix sur sa cure indue

Paul Obraska

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013


Tintoret "Le Christ lavant les pieds de ses disciples"


LA CENE

 

Je sais de quoi je cause

J'ai assisté à la Cène

Tout le monde était morose

L'ambiance était malsaine

Sans Passion

D'ailleurs je n'ai rien mangé

J'aurai préféré mourir d'inanition

Ce fut un sacré dîner

 

Pour commencer Il a dit :

« Voici ce que sera l'Eucharistie :

Mon corps est dans ce pain

Mon sang est dans ce vin »

 

Le silence est tombé sur la salle

J'ai eu l'appétit coupé

On n'est pas des cannibales

Alors j'ai préféré jeûner

 

Personne n'avait envie de se mettre à table

Sauf Judas

Judas semblait le plus aimable

Et Lui souriait pendant le repas

 

On a rompu le pain, regretté le vin

Rouge comme du sang dans un carafon

Sans toucher à rien

Pourtant le pain paraissait bon

Nous le savions

Qu'Il était bon comme du bon pain

Il a même voulu nous laver les pieds

Pourtant nos vilains pieds salis

N'étaient pas en odeur de sainteté

Pas de quoi ouvrir l'appétit

 

Il y avait sur le napperon une tache de vin

Comme celles qu'on voit sur les peaux de lait

Le vin gouttait du carafon trop plein

Car personne n'en buvait

Nous, on ne voulait pas verser du sang

Nous, on tendait l'autre joue aux mécréants

Je n'ai su qu'après, bien après

Que du sang serait versé en notre nom

Oh ! Pas quelques gouttes sur un napperon

Oh ! Pas des carafons

Des tonneaux pleins

Pleins de sang à la place du vin

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013


Rembrandt "La résurrection de Lazare"


LE REVEIL DE LAZARE

 

Je suis dans un sommeil sans rêves

Très profond tel un repos éternel

Et j'entends une voix qui m'appelle

Je connais cette voix qui s'élève

 

Que dit-elle ? Qu'il faut que je me lève !

Et que je marche ! Et encore quoi !

Moi je ne marche pas

Je suis au frais dans un sommeil de rêve

 

Je fais le mort et garde les yeux fermés

Je n'ai pas l'intention de me lever

Et subir encore les tracas de la vie

 

Subir le joug de l'Occupation

Subir les persécutions

Jamais de la vie !

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013


Piet Mondrian « Paysage nocturne »

 

CULPABILITE

 

Le Ciel obscur pèse de tout son poids

Sur les épaules courbées du croyant

Et des yeux innommables le voient

Le suivent jusqu’à l’ultime jugement

 

Créature imparfaite née coupable

Il clopine le long de sa vie perdue

Se sentant toujours incapable

De racheter une faute inconnue

 

Les uns se mortifient les chairs

Dans l’espoir de fléchir le Ciel

Les autres élèvent leurs prières

 

Brûlent des cierges, se mettent à genoux

Mais ne vois-tu pas croyant fidèle

Que le Ciel obscur s’en fout ?

  

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013



PHANERES

 

Devant les idoles tu devais te découvrir

Respecter le bois, le plâtre et la peinture

Sinon, passant,  tu risquais d’en mourir

L’idole devenait chair dans la torture

 

Devant l’Eternel reste la tête couverte

Cheveux de femme voilés, crânes rasées

Cheveux longs enturbannés

Pour les poils de la tête, Dieu déconcerte

 

Subtilité de la théologie pilaire

Les poils semblent Lui plaire

Sur les joues et le menton

 

La vertu serait nichée dans la barbe prolifique

Comme la force dans les cheveux de Samson

Et les poils envahissent la face des fanatiques

 

 

Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013

  

MECREANCES XIX


Goya : "Scène de l'Inquisition"

INQUISITION

 

Je ne veux que ton bien. Tu dois te dépêcher de laver l’âme de tous tes péchés et je ne suis là que pour t’empêcher de brûler en Enfer. Alors, par la croix, tu dois croire ce que je crois, tu dois penser ce que nous pensons et agir selon notre Foi pour être sauvé.

 

Mais si on me dit que tu agis sans penser ce que je pense, je devrai te faire avouer que tu simules nos croyances et ce sera à Dieu de te juger. Lui ne peut se tromper. Pourquoi avoir peur ? Si tu es dans l’innocence et si tu as la vraie Foi,  tu n’a pas à craindre la souffrance, tu supporteras la douleur, car Dieu veillera sur toi.

 

Si tu penses que ce n’est pas la vérité, si tu n’as pas confiance en notre Seigneur pour te sauver, alors tu ne crois pas ce que nous croyons. Les fers te feront avouer ton imposture et tu finiras dans les flammes du bûcher avant d’entrer dans les feux de l’Enfer.


Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013



RETOUR DE CROISADE

 

Voilà les marches du château de mes aïeux

La grosse tour ronde à chapeau pointu

La chaleur du foyer et le calme ennuyeux

Le soldat de Dieu est de retour, fourbu

 

On me croyait sans doute mort

Parti depuis tant d’années loin des miens

De contrées en contrées, de ports en ports

Poussé par la Foi et l’appât du gain

 

Les villes terrorisées par nos fières armées

Que d’aventures, de triomphes et de peurs !

Des juifs au passage passés au fil de l’épée

Avant de délivrer le tombeau d’un des leurs

 

Les splendeurs de Byzance entre nos mains

Croisés, nous étions les soldats de Dieu

Mais le Diable a parfois croisé notre chemin

Que le Ciel nous pardonne, nous étions pieux

 

Nous avons chevauché les déserts et les monts

Dans nos armures éclatantes sous le soleil

Miroirs au galop chargeant tels des démons

Les bédouins éblouis n’avaient rien vu de pareil

 

Nous avons été sans merci pour les infidèles

Des Turcs rôtis à la broche en toute charité

Le Ciel, j’en suis sûr, approuvera notre zèle

Pour des soldats de Dieu, il n’y a pas de pitié

 

La Terre Sainte arrachée à nos ennemis

Les lieux saints désormais préservés

Des Sarrasins qui les avaient conquis

Et des Juifs, maudits pour les avoir créés

 

Nous l’avons prouvé par nos exploits

Nous étions les soldats du Dieu vivant

Par le torrent de sang versé pour notre Foi

Notre Foi n’est-elle pas née dans le sang ?

 
Voilà les marches du château de mes aïeux
Je ne ramène qu’une épée ébréchée
Des récits sans fin pour le coin du feu

Et quelques blessures mal fermées

Paul Obraska

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2013



LE GLAIVE

 

Glaive brandi haut à La Mecque ou à Rome

Sur le seuil sacré des maisons de prières

Tu as enfoncé Dieu dans le cœur des hommes

 

Tu as peuplé d’infidèles les champs des cimetières

Tu as donné le choix aux peuples conquis

Entre vivre esclaves ou faire tes prières

 

Des déserts d’Afrique aux steppes d’Asie

Des plaines d’Espagne aux Andes d’Amérique

Tu as coupé les têtes de la rébellion

Avant que les prêtres les remplissent d’illusions

 

Tu as saigné l’humble supplique

Tu as planté la graine de l’espoir
 

Tu as tranché la bonne nouvelle

Pour continuer à vivre, obligés de croire

Les peuples à genoux devinrent fidèles

 

Les hordes illuminées, le poing serré sur le glaive

Continuent à caracoler à l’abri des Lumières

Offrent leur paradis et imposent leur rêve

Sur le seuil ensanglanté des maisons de prières



Paul Obraska

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Publié le 7 Janvier 2013


Robert Campin « La trinité affligée (le trône de Dieu) »



MELODRAME DIVIN

 

Dieu sur Son trône Se tient Lui-même dans Ses bras,

Sa part souffrante comme un pantin inerte

Que le montreur abandonne à sa perte.

Un Dieu éternel peut-Il souffrir et mourir ici-bas ?

 

Si la mort de l’homme est le châtiment de la vie,

Elle fait partie de la perfection du Seigneur,

Capable de vivre l’agonie et de mourir en acteur

Pour Se relever à la fin et être applaudi.

 

Le Père sur Son trône semble affligé.

Mais pourquoi en voudrait-Il aux humains ?

Ne s’est-Il pas envoyé sur terre pour être tué ?

Les acteurs ont suivi le script de Son dessein.

 

Pourquoi culpabiliser les hommes ?

Sans supplice le message serait tombé à plat,

Sans Golgotha pas de Rome,

Pas de Christianisme sans croix.

 

La Bonne Nouvelle a pu se répandre

Une fois le sang du supplice versé

Et le Héros revenu de Ses cendres.

Le mélodrame divin s’est bien terminé.

 

 

Paul Obraska

 

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Rédigé par Dr WO

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