Mr Henri Guaino a été scandalisé par le discours de Hollande lors de la commémoration de la rafle du vélodrome d’hiver de juillet 1942 où des fonctionnaires uniquement français rassemblèrent des milliers de citoyens français d’origine juive, adultes et enfants pour les envoyer vers les camps d’extermination. Le président de la République avait notamment déclaré : "Nous devons aux martyrs juifs du vélodrome d'Hiver la vérité sur ce qui s'est passé il y a 70 ans" et "la vérité, c'est que ce crime fut commis en France, par la France". Il s’agissait, à la suite de Chirac, de rétablir une vérité historique et aucunement de repentance, la France d’aujourd’hui n’est évidemment pas responsable des agissements de l’Etat français d’alors pourtant légalement institué (comme le fut l’Etat allemand avec Hitler, élu chancelier). Bien sûr, en grande majorité les Français (qui avaient accueilli favorablement l’arrivée de Pétain au pouvoir) n’étaient pas les complices de cette infamie et nombre d’entre eux ont même pris de grands risques pour sauver leurs concitoyens juifs.
Mr Guaino est scandalisé parce qu’il ne reconnait pas là sa France : « Ma France, elle n'était pas à Vichy, elle était à Londres depuis le 18 juin », pour lui, sa France était dans les maquis. Certes, mais combien de courageux étaient à Londres ou dans les maquis en 1942 ? Pour Mr Guaino la France, c’est : « la patrie des droits de l'homme, la France libre, la France combattante et résistante ». Bien sûr que la France c’est aussi ça, mais c’est également l’esclavage, la colonisation des peuples contre leur volonté et bien d’autres méfaits (ce qui ne la distingue en rien d’autres pays qui ont souvent fait pire).
Mr Guaino, on ne choisit pas la France qui vous convient en glissant ce qui ne vous convient pas sous le tapis pour ne pas le voir en pensant que personne ne le verra. L’histoire, c’est l’histoire et il faut l’assumer. La France, par son Etat, s’est déshonorée pendant la deuxième guerre mondiale et elle a retrouvé son honneur avec De Gaulle, mais De Gaulle n’efface pas Pétain.