Flanqué de Marisol Touraine (Affaires sociales et Santé) et de Michèle Delaunay (Personnes âgées et Autonomie), François Hollande a récemment visité une maison médicale dédiée aux soins palliatifs (Notre-Dame du Lac à Rueil-Malmaison). Je remarque d’abord que soins palliatifs et fin de vie sont confondus, or palliatif s’oppose à curatif, et lorsqu’un traitement ne change pas le cours d’une maladie quelconque, il reste palliatif. Ensuite, que les soins palliatifs que nécessite la fin de vie sont de plus en plus assurés dans des lieux qui leur sont spécifiquement dédiés et qui deviennent ainsi des mouroirs. Certes, le personnel soignant est mieux formé pour les assurer, mais le malade ne se fait plus guère d’illusion dès qu’il en franchit le seuil. Ne serait-il pas plus humain de prévoir des équipes volantes spécialisées sans concentrer les lits en un même lieu ?
Dans les déclarations du président de la République, j’ai relevé qu’il « s’engage à mettre en place une réflexion pour développer la diversité de l’offre de soins palliatifs en France ». Engager une réflexion, n’engage évidemment à rien. Hollande a également annoncé la création d’une mission de réflexion sur la fin de vie présidée par le Pr Didier Sicard. Encore une réflexion, et ce nouveau président de la réflexion prévoit de mener quelques débats afin « d’accumuler des matériaux de pensée ». Ah ! La jolie formule ! Et « faire en sorte que les Français se saisissent de la question », il est certain qu’il faut beaucoup réfléchir pour trouver la manière dont les millions de Français pourront s’en saisir, d’autant plus que chacun d’eux a probablement une opinion personnelle sur la question.
Hollande a demandé par ailleurs à Touraine de lancer une réflexion (encore !) sur la tarification et a estimé que « les soins palliatifs ne sont pas le monopole des médecins ». Il est évident que les infirmières sont indispensables, mais si l’on pouvait se passer des médecins pour faire de la médecine, quel bonheur ce serait pour Mr Hollande ! Et « monopole », quel vilain mot quand il s’agit de s’occuper de mourants !
Enfin, le président de la République a défini le droit de chacun à mourir dans la dignité comme « un droit fondamental », tout en respectant l’opinion des « Autorités spirituelles » « qui affirment ce principe essentiel, respectable, selon lequel tout instant de vie mérite d’être vécu », c’est ce qui s’appelle ménager la chèvre et le chou. Et que veut dire ce « mourir dans la dignité » que l’on rabâche sans cesse ? Les soignants respectent toujours la dignité des mourants, font en sorte qu’ils souffrent le moins possible, assurent leurs soins de propreté et cela fait longtemps que l’on n’impose plus de traitement que l’on sait inefficace. Une maladie terminale transforme et diminue toujours l’être humain, il n’en devient pas pour autant indigne. Si l’on veut éviter cette transformation et ses conséquences, il faudrait se suicider avant. Ce qui résoudrait le problème des soins palliatifs. Je sais, cela demande réflexion.