Dans les pays où règnent des obsédés sexuels, les mâles saints ont la terreur des femmes. En novembre 2010, les oulémas saoudiens rappelaient aux femmes, et particulièrement aux caissières, qu'il n'était "pas permis de travailler dans des endroits où elles peuvent se trouver avec des hommes" et qu'elles "doivent rechercher des emplois où elles ne peuvent pas être attirées par les hommes ni les attirer". Ces mâles saints ont été profondément heurtés par la présence d'athlètes saoudiennes à Londres reprochant au président du comité olympique saoudien « d’offrir des Saoudiennes aux olympiades », car ces mâles saints ont le sens de la propriété (celle que j’ai vue n’avait aucune chance d’être volée).
Des entrepreneuses saoudiennes pour trouver des débouchés aux jeunes diplômées auraient fini par réclamer un apartheid spatial plus radical, et ce serait sur leur initiative que : « Les autorités de la très conservatrice monarchie du Golfe [l’Arabie saoudite] ont validé le projet de construction d'une cité industrielle entièrement réservée au deuxième sexe à Hofuf, dans l'est du pays. Le complexe, qui doit ouvrir l'an prochain, permettra aux travailleuses de créer leur entreprise et d'employer leurs compatriotes sans attenter à la sacro-sainte ségrégation spatiale imposée aux deux sexes dans le royaume » (Le monde.fr). Une cité harem productive ou une ruche en quelque sorte où le mâle en chaleur serait exclu. Misère.
A cela il faut ajouter le projet d’un article dans la future constitution tunisienne stipulant, non pas que la femme est l’égale de l’homme, mais complémentaire (ce qui a suscité quelques manifestations dans le pays où le « printemps arabe » [sic] a débuté). Si l’on se réfère à la nature, ce serait plutôt l’homme qui est un complément, car ces mâles saints pourraient-ils faire seuls un enfant ? Non, alors que les femmes, elles, peuvent le faire.