La France, puissance moyenne (ce n’est déjà pas si mal), a tendance à jouer à la grande puissance qu’elle fut autrefois, à tel point qu’elle est parfois taxée d’arrogance. Ses gouvernants, aussi médiocres soient-ils, ne se privent pas de donner des conseils aux autres, de les gronder pour leurs travers, encouragés en cela par une partie de la population qui s’estime garante des droits de l’homme et exige que ceux qui les représentent portent leur voix.
De la même façon, la France tient à son prestige et à faire bonne figure aux yeux du monde, même lorsqu’elle n’en a pas les moyens. La médecine française restant encore de qualité, nombre d’étrangers fortunés ou officiels viennent se faire soigner en France plutôt que dans leur pays. «… On va les chercher à l’aéroport en ambulance toutes sirènes hurlantes, on leur dispense des soins de qualité et on ferme les yeux sur les factures qu’ils n’acquittent jamais » (Patrick Pelloux). C’est ainsi que les hôpitaux ont augmenté leur déficit de cinquante millions de factures impayées. Sur ces cinquante millions, 20 millions leur seraient dus par la Caisse nationale des assurances sociales algérienne, tandis que le Maroc et les pays du Golf (dont on connait la pauvreté) participeraient chacun à hauteur de 10 millions d’euros à cette dette (JDD).
Toujours pour son prestige, la France sait se montrer généreuse même à l’égard de ceux qui la détestent. Elle s’est engagée dans le cadre du « traité de coopération et d’amitié entre la France et l’Afghanistan » à financer des projets dans le pays des talibans à hauteur de 300 millions d'euros sur 3 ans. Ce cadeau aux cousins très proches de ceux qui avaient tué 3000 américains sur leur propre sol, n’a été accepté qu’avec réticence par le Sénat de Kaboul au motif qu’il n’était pas possible de signer un traité d’amitié avec des infidèles. Les Afghans, miséricordieux, ont fini par accepter le texte en remplaçant le mot « amitié » par celui de « relation » et en tenant compte du fait « qu’il y avait beaucoup de musulmans en France » (Canard Enchaîné du 11/10/12). Nous voilà soulagés…de 300 millions donnés sans contrepartie à ceux qui ne nous aiment pas.