Publié le 7 Janvier 2013
L’homme n’a jamais cessé d’être un homme des cavernes. Il a remplacé le feu par l’électricité, il se déplace plus vite et il communique à distance.
Le blog sans ordonnance de Paul Obraska
Publié le 7 Janvier 2013
L’homme n’a jamais cessé d’être un homme des cavernes. Il a remplacé le feu par l’électricité, il se déplace plus vite et il communique à distance.
Publié le 7 Janvier 2013
Gerhard Richter : « Image abstraite, lac » 1997
LAC
Le regard
Glacé par les reflets de lumière
Froide
Sombre dans la profondeur du vert
Emeraude
Et les écailles d’eau jettent des poussières
D’étoiles
Dans la nuit aquatique où règne le mystère
Paul Obraska
Publié le 7 Janvier 2013
A chaque fois que je passe devant cette plaque apposée à une extrémité du pont de Saint
Cloud, qu’un imbécile a éprouvé le besoin de maculer, j’ai l’impression un peu gênante d’avoir une dette permanente…
Publié le 7 Janvier 2013
Publié le 7 Janvier 2013
Van Gogh : « La nuit étoilée, Saint Rémy »
D’après les astrophysiciens et leurs ordinateurs, en partant de l’état initial supposé de l’univers, je n'avais qu'une chance sur 10000000000000000000000000000000000000000000 (ne comptez pas, il y a 43 zéros !) d’apparaître comme être humain conscient, sans compter la probabilité infime de naître dans ma peau. Alors il ne me semble pas excessif d’exiger un peu de respect pour moi comme pour les autres êtres humains dignes de ce nom.
Publié le 7 Janvier 2013
AFFICHE DE BON GOÛT PLACARDE DANS UNE SALLE D'ATTENTE D'UN HÔPITAL PUBLIC.

Publié le 7 Janvier 2013
Felix Nussbaum : "Les perles"
Publié le 7 Janvier 2013
Le ciel me serait-il interdit ?
Publié le 7 Janvier 2013
J’aime le début de l’automne mais pas sa fin : trop d’eau, trop de vent, pas assez de lumière. Les arbres soudain nus, leurs feuilles à terre, montrent les membres noueux de leur squelette comme ceux des vieillards chenus sur leur fin. Je sais bien que les bougres cachent dans leur âme une sève secrète qu’ils réservent pour le printemps. Mais qui connait les farces du destin ?
Egon Schiele : "Automne"
Publié le 7 Janvier 2013
Après avoir séjourné une heure dans les boyaux du métro parisien, après avoir senti d’un peu trop près la chaleur de l’humanité, après avoir calé son corps entre deux corps étrangers, après avoir trouvé sur une barre un endroit sans chair pour accrocher sa main, après avoir évité d’accrocher les regards, après avoir zigzagué dans les couloirs des correspondances pour éviter les flots énergiques des voyageurs venant en sens inverse ou débouchant traitreusement des boyaux latéraux, après avoir croisé les mendiants assis sur les marches ou couchés sur les bancs, après avoir emporté dans ses oreilles les massacres musicaux de ceux qui veulent offrir quelque chose en échange de quelques pièces, on débouche sur cette beauté.
On s’empresse alors de monter les marches pour la dévoiler toute entière, respirer le parfum des feuilles mortes déjà tombées à terre, et profiter de la seule mort qui sent bon.
Publié le 7 Janvier 2013
J’aime l’automne. Chaque jour le ciel réserve des surprises : soleil, pluie, froid, douceur. On ne s’ennuie pas. Et les arbres se font une beauté fascinante, les feuilles se maquillent de vert, de brun et d’or mêlés avant de mourir. Une dernière séduction. Un cadeau de fin de vie.
Publié le 7 Janvier 2013
Des œuvres de Jean-Michel Basquiat sont actuellement exposées au musée d’Art Moderne de Paris.
En regardant l’émission culturelle « ça balance à Paris » sur Paris Première, tous les intervenants (une dizaine environ) ont été unanimes pour dire que ce peintre (mort à 27 ans d’une overdose) et qui a commencé comme artiste des rues par des graffiti, était un génie, jusqu'à le comparer à Mozart !
Je suis un peu perplexe. Si certains tableaux expriment un nouvel expressionnisme avec beaucoup de force et même de violence, les graffiti, eux, ne me paraissent pas géniaux, mais je suis sans doute largué. Qu’en pensez-vous ?

Publié le 7 Janvier 2013
Chaque fin d’année, Paris expose dans les rues ses bijoux qu’il gardait enfermés dans ses coffres…..
Hier soir nous sommes allés faire un tour sur la rive droite. Les photos nocturnes qui vont suivre ne sont pas les miennes, car étant au volant, les prises de vues se seraient avérés acrobatiques.
Les deux grands magasins : les Galeries Lafayette et le Printemps, les deux
temples de la
consommation, se
devaient d’être attractifs et rutilants. Malgré le froid vif, la foule défilait devant les vitrines animées.
L’avenue des Champs Elysées fut remontée entre deux haies d’arbres coiffés de perles bleues dont certaines semblaient couler comme des larmes. Nous ne nous sommes pas arrêtés (pas facile en voiture…) pour flâner (en frissonnant) devant les stands éclairés d’une foire disposés de chaque côté, mais nous nous sommes attardés (par obligation, en raison des embouteillages) devant les cônes lumineux du Rond-Point.
Malgré l’Arc de Triomphe que l’on voit en remontant les Champs Elysées, je préfère
les
descendre car au loin la gigantesque roue lumineuse semble posée sur la place de la Concorde comme un vaisseau spatial.
Mais notre lieu préféré fut la place Vendôme. Cette place carrée est
belle, harmonieuse et
presque fermée, avec peu de monde, les façades des immeubles, où se nichent les prestiges de la richesse, décorées de branches blanches (que l’on pourrait croire virginales en dépit du lieu)
portant des grappes jaunes (comme des pièces d’or).
Publié le 7 Janvier 2013
Ce petit tableau (24 cm x 37 cm) du peintre allemand Lucas Cranach l’Ancien a été acheté par le musée du Louvre pour la modique somme de 4 millions d’euros, le million qui manquait ayant été acquis par souscription (5000 donateurs), afin que le tableau puisse rester sur le territoire français. A noter que certaines œuvres de Picasso se sont vendues à plus de 100 millions de dollars. Les prix atteints sur le marché de l’art sont tout de même effarants.
Sous couvert de mythologie et d’allégories, Cranach l’Ancien (ou son atelier qui produisait des tableaux semblables avec quelques variations) a peint de nombreuses femmes nues sans doute appréciées par ses mécènes (les électeurs de Saxe), lorsque s’y ajoutait une touche d’érotisme.
Ce tableau qui représente les Trois Grâces a été peint en 1531. Les trois femmes (face, profil et dos) portent chacune un collier à la manière des courtisanes de l’époque, la figure centrale est coiffée d’un coquet chapeau, ce qui la rend davantage dénudée, celle de gauche projette son cou de façon bizarre et celle de droite lève la jambe en prenant son pied, le voile à peine visible vient renforcer la sensualité de la scène. Ces femmes sont plutôt minces, au siècle suivant le Flamand Rubens les représentera nettement plus enveloppées.
Habituellement il est attribué à chacune des Grâces (qui personnifient le don de plaire et la beauté) une vertu : amour, chasteté, allégresse, abondance, splendeur… ou les vertus chrétiennes…Il est possible que dans ce tableau ces dames soient plutôt de petite vertu (cette interprétation n’engage que moi).
Publié le 7 Janvier 2013
A Paris, il fait froid, il fait gris, alors un peu de lumière et de couleurs, offertes
de bon coeur, ça ne se refuse pas.
Publié le 7 Janvier 2013
Comme dans beaucoup de régions de France, il a neigé aujourd’hui sur Paris. Rien
d’extraordinaire. La neige était annoncée, mais rien n’a été prévu.
Les bus ont cessé de circuler, les voitures dérapent, s’encastrent et protestent en jouant du klaxon dans leur désespoir.
La neige blanche devient de la boue grise et les piétons, désorientés par l’absence de bus, tentent de ne pas tomber en glissant sur leurs chaussures cirées.
Les considérations météorologiques vont occuper les journaux du soir.
Il y a des pays où ceci est habituel une bonne partie de
l’année. Mais comment font-ils ?
Publié le 7 Janvier 2013
Sur une centaine d’îlots des maisons de briques rouges, brunes ou noires
surmontées de pignons comme des houppes bouclées. Des maisons avec plus de fenêtres que de murs. Des fenêtres encadrées de blanc, dont les vitrages alignés avec sérieux, se tordent en se
reflétant dans les vitrages opposés ou dans l’eau sombre du canal.
Un palais Royal
dans une housse à l’abri des regards, le musée Van Gogh avec en prime des
tableaux de Picasso de la première période, un musée royal où dominent des peintures de Rembrandt échappées de la réfection, un musée moderne qui vient de ré-ouvrir avec plus de
salles vides que de pleines et où les salles pleines n‘exposent que du vide.
Nous nous somme consolés en goûtant au passé colonial des Pays-Bas dans un restaurant indonésien.
Dans le port d’Amsterdam, que nous avons vu de jour, nous aurions du le voir la nuit pour rencontrer les marins bataves de Brel se mouchant dans les étoiles.
Des cafés aux
murs brunis par la fumée de tabac où l’on ne fume plus, où l’on parle une langue lourde, mais où le patron vous présente avec le sourire une boîte de sachets
de thé aux multiples parfums. Malgré une nourriture abondante (et bien meilleure que sa
réputation), les gens d’Amsterdam sont plutôt minces, alors que, le plus souvent, les touristes néerlandais que nous accueillons ne le sont pas.
Des troupeaux de
cycles le long des trottoirs étroits et sur un millier de ponts, coursiers abandonnés attendant leurs cavaliers qui ne tarderont pas à les enfourcher, le dos bien
droit, les mains au guidon comme on tient les rênes.
Amstellodamiens perchés sur leurs grands vélos, circulant la nuit tous feux éteints, glissant en silence sans vous avertir comme des fantômes dont on sent le souffle et le grincement des chaînes lorsqu’ils vous frôlent en vous surprenant.
Publié le 7 Janvier 2013
Le grand Bouddha du musée Cernuschi illuminé par la lumière du parc. Une main qui donne, une main qui reçoit, en parfait équilibre, il est serein.
Que signifie la sérénité si l'on n’est pas une statue ?
Pour être serein ne doit-on pas être insensible aux autres, aux choses et à son propre devenir ?
La meilleure façon d'atteindre la sérénité est d’être indifférent, inactif et fataliste. Car comment être serein si les émotions et les passions vous pénètrent, si l'indignation vous soulève et si la bêtise et les illusions vous exaspèrent ?
Car comment agir si l'on est insensible à ce qui vous entoure ? Agir c'est d'abord réagir et pourquoi réagir si les choses ne vous touchent pas ou si elles vous semblent déjà inscrites ?
Pourtant la sérénité existe : j'ai rencontré une carotte sereine, mais elle ne savait pas qu'elle sera mangée.
Publié le 7 Janvier 2013
Je regarde la face du ciel éclairée de bas en haut derrière les barreaux.
Il s’est mis une moustache et de gros favoris chargés de pluie.
Affublé de ses postiches, le ciel me regarde à travers les barreaux.
Le spectre céleste ricane. C’est moi qui suis prisonnier.
Publié le 7 Janvier 2013
Après les New-Yorkais qui ont récemment baissé pantalon dans le métro, voici des médecins qui le font pour la bonne cause.
Il y a là 3 urologues et un proctologue qui savent manier le doigt avec dextérité, 1 ORL qui a intérêt par la suite à ne pas se tromper d’orifice, 1 psychologue pour préparer le patient à cet outrage, 1 médecin du sport pour s’assurer de la bonne position du corps, 1 spécialiste de la douleur qui peut avoir son utilité, 1 psychosomaticien pour évaluer les conséquences de l’acte, 2 addictologues afin que le patient ne prenne pas goût à l’exploration anale et enfin 1 gynécologue qui, dans sa pratique, a cherché en vain à trouver une prostate.
NB L’opportunité d’un dépistage systématique du cancer de la prostate a été remise en question par de nombreuses études et par la Haute autorité de santé elle-même.
Publié le 7 Janvier 2013
Exposé au musée du Louvre, ce tableau très
connu de Domenico Ghirlandaio de 1490 (« Un vieil homme et son petit-fils ») m’a toujours fasciné. Le visage du vieillard peint avec un réalisme
cru : le teint grisâtre, la verrue sur le front, les rides et surtout le nez déformé par un rhinophyma. La laideur du vieillard contrastant avec la beauté, la pureté, la blondeur de son
jeune petit-fils qu’il tient dans ses bras.
Et quels regards !
Un échange silencieux d’affection. L’enfant pose sa main sur la poitrine du vieillard, mais n’est-il pas intrigué par ce nez monstrueux ? Non, la laideur de l’ancêtre est acceptée, l’amour ne s’arrête pas pour si peu.
Quelle subtilité dans l’expression du grand-père ! Une ébauche de sourire et le regard expriment tout son amour pour l’enfant. Mais aussi la nostalgie, face à cette jeunesse, d’un homme qui devra bientôt quitter les siens en quittant ce monde.
Et derrière, le paysage où une route serpente pour rejoindre la mer comme une vie rejoignant le néant. Le chemin parcouru de l’enfance à la mort.
Publié le 7 Janvier 2013
Hier, nous sommes allés voir l'exposition Giuseppe De Nittis au Petit Palais.
Depuis sa rénovation, il a fière allure avec une belle cour intérieure
J'avoue à ma grande honte que je ne connaissais pas ce peintre italien, né dans les Pouilles et mort en 1884 à l'âge de 38 ans.
Venu à Paris pour quelques jours, à son arrivée, dès la sortie de la gare, il décide d'y rester définitivement
.
Il est rapidement admis dans les milieux artistiques et intellectuels de la capitale (salon de la princesse Mathilde)
Et deviendra l'ami de Manet, Degas, Caillebotte et des Goncourt
qui seront invités à sa maison de campagne
Pas rassurante la dame au chien.
La place des Pyramides est méconnaissable

La parfumerie Violet a disparu et la dame au kimono orange aussi
Publié le 7 Janvier 2013
Hier, à la sortie du métro Palais Royal, nous fumes accueillis par une araignée multicolore. Ce n’était pas en notre honneur, elle est toujours là.
Dans le jardin du Palais royal, la voûte exubérante des arbres sagement alignés et taillés comme des caniches masquait le bleu du ciel et l'éclat du soleil, mais leurs pieds prenaient un bain de lumière.
Il y a bien longtemps, alors que les colonnes de Buren dans leur pyjama rayé n'étaient pas encore là, il y eut à leur place, et seulement pour une nuit, des tablées de jeunes gens costumés en habits du XVIIIème, transis de froid dans leurs dentelles, réunis un 13 mai pour l’un des derniers bals de l'internat.
Sous la voûte sombre du Louvre qui mène à la cour, derrière la vitrine, dans une caverne lumineuse, s'exhibaient les statues venues de temps reculés.
A la terrasse du café Marly, pendant que les pyramides nous contemplaient, et
offraient leurs miroirs au Louvre austère, le soleil s'est emparé avec avidité de nos peaux blanchies par l'hiver en y mordant à pleins
rayons.
A la table à côté, trois américaines buvaient un vin doré qui lançait des éclairs et elles riaient d'être à Paris.
Nous aussi.
Publié le 7 Janvier 2013
Lisa Gherardini est morte en 1542 à l’âge de 63 ans. Vous me direz que c’est du passé et qu’elle a bien mérité son repos éternel sous l’ancien couvent de Sainte-Ursule à Florence. L’ennui est qu’elle va être dérangée par un historien d’art, Silvano Vinceti, dont la manie un peu malsaine est de déterrer les cadavres de VIP (Giotto, les restes présumés du Caravage, Pic de la Mirandole, Pétrarque dont la tombe contenait d’ailleurs le crâne d’une jeune fille). De quoi Lisa est-elle accusée ? D’avoir servi de modèle à Léonard de Vinci pour le fameux tableau « La Joconde ». La chasse au squelette débutera le 27 avril et 1000 m2 seront explorés pour tenter de retrouver la dépouille de l’ancienne belle. Le croque-mort de l’art veut vérifier si Lisa a bien inspiré Léonard : prélèvements ADN prévus et comparés à ceux des deux enfants de la dame, inhumés dans une église florentine et avec un peu de chance une reconstitution faciale sera peut-être possible.
Le sourire de Mona Lisa était-il bien celui de Lisa ? N’était-il pas un peu celui de Salai, amant de Léonard et néanmoins apprenti ? Silvano Vinceti, que rien n’arrête, aimerait exhumer Léonard de Vinci à Amboise pour confirmer que « la Joconde » n’était pas un autoportrait (avec la barbe !?).
Pour ma part, je trouve que déterrer des cadavres de grands hommes pour satisfaire la curiosité d’un petit homme est indécent. L’histoire d’un tableau est intéressante, mais anecdotique, et aller jusqu’à profaner des tombes pour la préciser c’est pousser la pioche un peu loin. Le tableau de Léonard se suffit à lui-même. Que le sourire du modèle soit celui de Madame Lisa, de l’amant de Léonard ou du pape m’indiffère. A cela près que pour le pape, je serais tout de même étonné.
Publié le 7 Janvier 2013
Publié le 7 Janvier 2013
J’ai été impressionné par cette photo publiée dans le Figaro magazine (Kyoto/MAXPPP). Une photo de fin du monde.
Un bateau dans la ville, au milieu des ruines de Ishinomaki dans le nord-est du Japon après le 11 mars 2011. Des marques dérisoires d’une civilisation organisée : un sens interdit et une interdiction de stationner devant le bateau échoué dans la rue, une limitation de vitesse alors que le temps s’est arrêté, et les quatre yeux ronds et morts des feux de signalisation qui n’ont plus rien à signaler.
Une femme masquée pousse un caddy, symbole d’une société de consommation où il n’y a plus rien à consommer et où l’essentiel est de survivre.
Publié le 7 Janvier 2013
Monet : "Les bords de la Seine"
Un printemps de plus. C’est bon à prendre.
Publié le 7 Janvier 2013
Nous sommes allés voir l’exposition au Grand Palais consacrée à Odilon Redon. La première depuis plus d’un demi-siècle. Un peintre du fantastique à l’époque du réalisme et de l’impressionnisme.
Ses lithographies (« ses noirs ») où
l’onirisme est plus prêt du
cauchemar
que du rêve avec une prédilection pour les têtes d’homme coupées servies sur un plateau ou dans un pot (« homme cactus »), les yeux exorbités ou sortis de la tête pour aller seuls dans le monde (« œil
ballon »), des anges déchus ou des animaux fantastiques plutôt inquiétants (« araignée souriante »).
Par contraste ses tableaux foisonnent de couleurs et ont une légèreté, une délicatesse et une poésie bien loin des cauchemars de ses lithographies mais toujours dans le rêve.
« Ophélia »
« Nuages en fleurs »
« Le sphinx rouge »
Publié le 7 Janvier 2013
Certains auraient pu s’étonner de mon absence depuis quelques jours (on peut toujours se faire des illusions). Le tableau du Caravage, « L’arracheur de dents » en donne la raison (et ce n’est pas fini).
Ce tableau montre que l’arrachage de dents sans anesthésie était à l’époque un spectacle prisé. La famille, les amis et peut-être les voisins y assistaient et même les enfants.
La souffrance a été longtemps un spectacle de choix. Les jeux du cirque romains étaient une grande distraction et les foules se déplaçaient pour voir crucifier un homme, le pendre, le rouer de coups, l’écarteler, le brûler, le guillotiner ou le lapider (dans ce cas, nous pouvons parler au présent et c’est plus volontiers une femme).
« Et la souffrance des autres on peut très bien y demeurer insensible. » (Mishima, Le Pavillon d’or,). Pour ma part, je ne l’ai jamais supportée, et par ma profession j’ai longtemps été placé aux premières loges. Mon dentiste aussi.
Publié le 7 Janvier 2013
Publié le 7 Janvier 2013
Dans un billet précédent : « Le croque-mort des VIP » du 18/4/11, j’avais signalé la curiosité un peu malsaine de Silvano Vincenti à la recherche du cadavre de Lisa Gherardini, épouse de Francesco Di Bartolomeo di Zanobi del Giacondo, afin de s’assurer qu’il s’agissait bien du modèle de Monna Lisa.
Le tableau de Leonard de Vinci a donné lieu à de nombreuses hypothèses sur son modèle. S’agissait-il de la duchesse de Francavilla ? De Costanza d’Avalos (la maîtresse de Julien de Médicis) ? De Pacifica Brandano ? D’Isabelle d’Est ? D’un des amants de Léonard ? Ou un autoportrait de Léonard manifestant ainsi son homosexualité ? Ou de sa mère naturelle ? Qu’il n’a jamais connue.
Je me permets donc d’ajouter mon grain de sel.
Tout le monde s’arrête devant l’ébauche de sourire énigmatique de la femme peinte, mais regardez bien son visage : les lèvres sont pâles, ce qui cadrerait avec une anémie, mais surtout, elle n’a pas de sourcils (j’ignore si à l’époque on les épilait à ce point) et pas de cils (sauf, peut-être, quelques-uns au coin externe de la paupière supérieurs droite). Si elle figure avec une chevelure, il n’est pas certain qu’il ne s’agissait pas d’une perruque.
Trouvez-vous normale l’absence conjuguée de sourcils et de cils ? Monna Lisa était-elle atteinte d’une pelade décalvante totale (à condition que les cheveux ne soient pas authentiques), ou avait-elle une trichotillomanie qui consiste à tirer sur les poils et/ou les cheveux de façon compulsive et qui touche les femmes dans 90% des cas.
J’attends les protestations véhémentes et pour aggraver mon cas, je dois aussi signaler l'existence d'une petite formation ovalaire au coin interne de l'oeil gauche qui pourrait être un xanthélasma (dépôt de cholestérol).
Publié le 7 Janvier 2013

Sous la belle coupole de l’académie des frivolités, sous les balcons travaillés en forme de soutien-gorge pigeonnier à dentelles, circule une foule essentiellement féminine.
Le magasin des Galeries Lafayette est le monument le plus visité de Paris, la foule cosmopolite est dominée par les asiatiques, camera sur le ventre et des paquets dans les mains.
Les femmes, l’œil scrutateur, déambulent entre les travées lumineuses où les bijoux du rez-de-chaussée étincellent, humant parfois les bandelettes de parfum qu’on leur offre au passage.
Les femmes accompagnées traînent leur compagnon, le plus souvent derrière leur compagne car elle connaît les lieux, à l’aise comme un marin averti naviguant entre les écueils.
Les hommes seuls sont plus rares, il n’est pas exclu que certains sont là pour draguer, mais les femmes n’ont pas la tête à ça, occupées à contempler des désirs qu’elles ne peuvent satisfaire, hésiter devant l’accessible et parfois succomber devant l’échafaud des caisses.
Publié le 7 Janvier 2013
Les épiciers ont injustement mauvaise presse. Les expressions dévalorisantes ne manquent pas : « c’est un épicier » pour un esprit étroit, « idées d’épicier », « la gent épicière » qui ne cherche qu’à gagner de l’argent…
L’épicier arabe au coin de ma rue est très aimable et il gagne péniblement sa vie en vendant de beaux fruits que l’on peut même tâter avant achat (c’est la raison pour laquelle je vous conseille de les laver abondamment si vous ne les épluchez pas pour ne pas ajouter des microbes virulents aux pesticides).
Et cette mauvaise presse est antérieure aux pratiques modernes qui auraient pu la justifier comme celle de l’ancien président de TF1 qui déclarait ne faire de la télévision que pour vendre du Coca-Cola (le président actuel ne devrait pas le contredire) ou un certain laboratoire pharmaceutique qui vendait des comprimés comme on vend des bonbons sans sucre, mais un tantinet empoisonnés, en trompant son monde pour gagner de l’argent. Là c’est de l’épicerie en gros et masquée, alors que mon épicier est franc avec moi et ne me vend que des produits de qualité que je peux vérifier.
J’espère que la fière devise qui figure sur la photo ci-dessous permettra de rendre justice aux petits épiciers.
Publié le 7 Janvier 2013
Dimanche il faisait beau à Paris. Le soleil bas allongeait les ombres, soulignant les êtres et les choses par un trait de fusain.
Sur la place des Abbesses, des Américains à Paris jouaient du bon vieux jazz. Musique gaie donnant envie de danser et qui même mélancolique se termine toujours dans la joie comme celle qui accompagnait les enterrements des noirs à la Nouvelle Orléans.
Un chanteur et une guitare, une clarinette et un saxophone qui conversaient amoureusement avec la bénédiction d’une contrebasse qui bougonnait gravement à l’arrière en rythmant le temps qui passe.
Les gens faisaient cercle, le sourire aux lèvres, le pied libéré marquant la mesure et hochant parfois la tête en cadence comme pour approuver les variations syncopées.
Profitons-en avant qu’un stellite nous tombe sur la tête.
Publié le 7 Janvier 2013
Un professeur de droit français a comparé la déclaration d’indépendance américaine, qui comporte un peu moins de deux cents mots, et une déclaration des années 1980 sur la commercialisation des œufs de canne qui comporte plus de soixante-dix mille mots ! On n’ose penser à la taille d’un texte sur un droit de propriété des canards sur leurs œufs.
Pierre Auguste Renoir : « La mare aux canards »
Publié le 7 Janvier 2013

Après un séjour dans le sud. Sous les corps, la plage.

Nous sommes allés quelques jours à Noirmoutier. Sous les nuages, le soleil.

La jetée Jacobson aurait des fissures. Des problèmes avec sa mer.

Une bitte pavée de bonnes intentions attend sa chaloupe.

La nuit, Noirmoutier-en-l'île joue à la capitale

On y rencontre même un homme-arbre
Publié le 7 Janvier 2013
Si le mois de juillet 2011 a la particularité de comporter 5 week-ends, l’année 2011 est envahie par les uns : 1/1/11, 11/1/11, 1/11/11 et 11/11/11 et si vous avez plus de 11 ans et que vous ajoutez l’âge que vous avez cette année aux deux derniers chiffres de votre année de naissance, vous obtenez toujours le nombre 111.
En Vacances, on s’amuse comme on peut.
Publié le 7 Janvier 2013
Il est des femmes, trompées, bafouées, qui payent la rançon, défendent bec et ongles celui qu’elles aiment, prêtes à tout pardonner, prêtes à consoler celui qui les a blessées, celui qui revient toujours vers elles pour poser leur tête folle sur leur sein clair.
Pablo Picasso : « Mère et fils »
Publié le 7 Janvier 2013
Hier, par un ciel d’un bleu chaleureux, nous sommes allés sur l’île Saint-Louis.
Le pont de l’archevêché ployait sous le poids des amours cadenassés.
Sur le pont Saint-Louis un musicien jouait gravement du trombone.
Le monde entier s’était donné rendez-vous dans la rue Saint-Louis en l’île. C’est probablement l’endroit où l’on voit le plus de gens déambuler en dégustant glaces et sorbets.
Nous avons fait comme eux en contemplant le derrière de Notre-Dame. Sa croupe de pierre majestueusement posée dans un lit de verdure est sans doute l’une des croupes les plus photographiées au monde. Elle en vaut la peine.
Mais lorsque l’on vient lui rendre visite, Notre-Dame se couvre pudiquement d’une parure de plumes végétales.
Dans le square, un guitariste jouait du Vinicius de Moraes, nous nous sommes assis à l’ombre sur un banc où à nos pieds le soleil laissait tomber ses feuilles de lumière.
Publié le 7 Janvier 2013
C’est vraiment la
crise. Le « Her
Majesty’s Revenue and Customs »
propose de regonfler les finances de la Grande-Bretagne et de contribuer à leur redressement en soumettant à la TVA le gonflage-redressement des seins pour des raisons non médicales. Cette mesure
rapporterait environ 500 millions de livres par an. Les starlettes du cinéma érotico-pornographique et les chirurgiens esthétiques, unis au sein d’une même alliance, protestent contre cette
mesure qui toucherait un de leurs instruments de travail pour les unes et leur pain quotidien pour les autres.
Jusqu’à présent ces mammoplasties non reconstructives n’étaient pas assujetties à la TVA, contre toute logique, car le sigle TVA ne veut-il pas dire : taxe sur la valeur ajoutée ?
Publié le 7 Janvier 2013
Avant d’aller à l’exposition « L’aventure des Stein, Matisse, Cézanne, Picasso » aux Galeries Nationales du Grand Palais, nous sommes allés dans le square roux du Théâtre Marigny où le soleil rasant de la dernière journée d’octobre nous en a mis plein la vue.
La fratrie des Stein, Américains venus en France, dont Gertrude la poétesse, avait réuni au début du XXe siècle, avec une intuition exceptionnelle, plusieurs centaines de tableaux de peintres qui à l’époque étaient d’avant- garde. Beaucoup de Matisse et de Picasso et beaucoup de monde pour les voir. La vision de nombre de tableaux devait se faire à travers une rangée de têtes, ce qui n’était pas la meilleure façon de les apprécier.
Un de mes tableaux préférés de Pierre Bonnard, « Sieste », semblait un peu négligé. Il m’avait inspiré un petit texte (paru dans PORTRAITS XIV)
CHALEUR
Il fait chaud
La femme nue assoupie
Etreint le lit
La tête dans ses bras en berceau
Il fait chaud
Le corps découvert alangui
Dans la beauté de son impudeur
Dans le charme de sa candeur
Une heure de sommeil
Volée sur la nuit
A l’ombre de la chambre fleurie
Dehors le soleil
Frappe sur les volets fermés
Au pied du lit
Les vêtements éparpillés
De trop
Et un chien endormi
Il fait chaud
La femme s’est s’abandonnée
Nue
Sans retenue
Dans la chaleur de l’été
Dans chaque exposition on s’arrête davantage devant certains tableaux

Ce tableau de Manet « Scène de bal à l’opéra » est en fait tout petit.

J’ai aimé ces « Pierreuses au bar » de Picasso
Mais je suis resté plus longtemps devant cette « Femme assise au fichu » de Picasso dont le visage exprime remarquablement la pensée intérieure.
Publié le 7 Janvier 2013
Publié le 7 Janvier 2013
Dimanche dernier, il faisait frisquet mais très beau à Paris. Quand il fait soleil, la lumière rasante est particulièrement belle en octobre. Tout est dédoublé par des ombres géantes. Je me demande d’ailleurs si l’ombre ne va plus vite que la lumière.
Nous sommes allés au Musée de la Vie romantique, rue Chaptal dans le quartier d’Athènes (IXème). Ce musée à l’appellation charmante est l’ancienne maison du peintre Ary Scheffer. On y trouve dans des salons bourgeois du XIXème, des objets, des tableaux, des meubles dont beaucoup appartenaient à George Sand. Ernest Renan y a laissé également une trace. L’année dernière, lors de l’exposition qui lui avait été consacrée, Chopin avait laissé sa musique flotter dans les salons.

Dans la rue le musée est facile à repérer : l’entrée du passage qui y mène, en pénétrant profondément dans le bloc d’immeubles, est marquée par un arbre surgissant de la façade.
Mais mieux que le musée lui-même, on y trouve un petit jardin parfaitement silencieux, car nous sommes loin des rues, un havre où l’on peut prendre une boisson, une pâtisserie et se laisser aller à des rêves – pourquoi pas – romantiques.
Publié le 7 Janvier 2013
CE QUE J'AIME DANS CETTE "UNE" CONSACREE A DIEU, UN DES MARRONNIERS FAVORIS DES MAGAZINES, C'EST "REPONSES".
IL EST VRAI QUE PARFOIS JE M'AMUSE D'UN RIEN.
Publié le 7 Janvier 2013
Je trouve ce texte d’une interview de Françoise Sagan très touchant (Tout le monde est infidèle, posth., 2009) :
« Ça me dégoûte, l’idée que je vais mourir, l’idée que les gens que j’aime vont mourir un jour. Je trouve ça infect, sincèrement je ne trouve pas ça bien. Ce n’est pas convenable. On vous met sur la terre avec une machine à penser qui est votre cerveau. On vous donne plein de cadeaux, qui sont la vie, les arbres, le soleil, les printemps, les automnes, les autres, les enfants, les chiens, les chats, tout ce que vous voudrez…Et après on vous dit…On sait qu’un jour on va vous enlever tout ça…C’est pas gentil, c’est pas bien, c’est pas honnête. » (Cité par Charles Dantzig)

Mais, me direz-vous, que vient faire ce tableau de Saint Jean Baptiste à la suite de la protestation en forme de plainte de Sagan ?
Cet œuvre passe pour le dernier tableau peint par Léonard de Vinci avant sa mort comme l’est la déclaration de l’écrivaine. Le doigt de Jean est tendu vers le ciel ; mais regardez ce sourire amusé ou même ironique et cette coquetterie dans l’œil gauche comme un clin d’œil bizarre, le doigt ne fait-il que désigner le ciel ? Ne serait-ce pas plutôt un doigt d’honneur ?
Publié le 7 Janvier 2013
Un peu de détente
Publié le 7 Janvier 2013

Je suis tombé en arrêt devant ce tableau : un personnage assis traité à la manière cubiste, mais à peine ébauché, noyé dans des couleurs empilées aux formes géométriques, création qui m’a fait pensé à Nicolas de Staël dont la peinture hésitait entre l’abstrait et le figuratif, notamment dans sa série des footballeurs.

L’artiste ? Le hasard, oui, le hasard d’un arrêt sur l’image numérique de la télévision. Création spontanée et fugace pour un public restreint.
Publié le 7 Janvier 2013
J’ai beaucoup de sympathie pour une femme de ménage – pardon une technicienne de surface – du musée Ostwall de Dortmund. Cette employée, pleine de bon sens et soucieuse de bien faire son travail, avisant une bassine en caoutchouc d’une propreté douteuse en a récuré le fond avec énergie. Elle en fut mal récompensée car cette bassine faisait partie d’une œuvre d’art intitulée : « Quand le plafond commence à fuir » évaluée à 800000 euros, œuvre à jamais endommagée et qui va sûrement manquer aux générations futures. La technicienne de surface (cette fois, je n’ai pas fait la gaffe), a confessé en larmes à son employeur “ce moment d’inattention”, mais elle n’a heureusement pas été sanctionnée note Der Westen. Je trouve, pour ma part, qu’elle a fait preuve de lucidité et que l’on devrait peut-être faire appel à son jugement pour distinguer ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas.
Marcel Duchamp : « Fontaine » 1917 (original perdu), œuvre exposée au Philadelphia Museum of Art. Urinoir "tout fait" en porcelaine d’une
hauteur de 60 cm.
L’article paru dans Wikipedia et qui m’a été signalé par Jacques Pamart dans les commentaires sur l’histoire et l’interprétation de la « Fontaine » de Duchamp est intéressant. Un des urinoirs a été vendu aux enchères par Sotheby’s pour la somme de 1,677 million d’euros à un homme d’affaires grec Dimitri Daskalopolos, car pour lui « cela représente l’origine de l’art contemporain ».
Pierre Pinocelli qui avait dégradé une des « Fontaine » à coups de marteau a été condamné en janvier 2007 par la Cour d’Appel de Paris à 3 mois de prison avec sursis, 2 ans de mise à l’épreuve et à verser la somme de 14352 € au musée Beaubourg pour remboursement des frais de réparation (le musée avait réclamé la somme de 2 ,8 millions de dommages et intérêts).
Publié le 7 Janvier 2013
J’ai été touché par cette photo, parue dans Le Point du 29/03/12, de deux
bébés singes magots enfermés dans une cage à chat, transportés illégalement, et saisis par les douaniers d’Hendaye en août 2011. Ils font partie de ces espèces protégées mais dont des réseaux
bien organisés font largement commerce à travers la planète pour satisfaire les goûts d’abrutis irresponsables.
Deux petits êtres qui se tiennent embrassés l’un contre l’autre dans une protection dérisoire et touchante, sans doute terrorisés et le cœur battant. Leur destin n’a pas été trop cruel puisqu’ils ont été confiés à l’espace zoologique de Saint-Martin-la-Plaine.
Mais en les voyant, je n’ai pu m’empêcher de penser à tous ces êtres humains qui, eux aussi, à travers l’histoire, ont été transportés, serrés les uns contre les autres, apeurés, désespérés, dans l’ignorance de leur destin au bout du chemin et qui fut souvent pire que celui des animaux.
Publié le 7 Janvier 2013
Comme chaque année, le printemps nous offre des fleurs virginales, délicates et lumineuses. Je ne suis pas certain qu’il nous les offre, il se les offre à lui-même car il les mérite bien, accomplissant année après année ce miracle du renouveau de la vie. Nous, nous ne les méritons pas, seul animal qui tue l’autre, non pour se défendre, non pour survivre, mais par haine ou pour le plaisir de tuer Alors, on passe devant, profitant d’un cadeau qui ne nous est pas destiné, nous, les voleurs de vie.