Les horloges et les montres sont agaçantes. En les regardant, le temps semble tourner en rond, il revient toujours à son point de départ, comme si rien ne s’était passé, une remise perpétuelle du compteur à zéro. Elles font croire que le temps fait du surplace, qu’il tourne simplement sur lui-même sans s’écouler, mais en nous rappelant que c’est nous qui coulons après avoir fait un petit tour.
Le sieur Pierre de Ronsard le disait de façon plus élégante. Plus élégante, certes, mais aussi plus intéressé car c’était sa façon mortelle de draguer.
Le temps s’en va, le temps s’en va, ma dame ;
Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame ;
Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle.
Pour c’aimez-moi cependant qu’êtes belle.
Derrière l’horloge du musée d’Orsay