Au musée d’Art Moderne de Paris on peut voir jusqu’au 29/O1/12 une exposition de sculptures de Georg Baselitz, peintre et sculpteur allemand des plus cotés sur le marché de l’art contemporain et dont la carrière a été entretenue par quelques scandales (avec intervention de la police et même saisie d’œuvres par huissier à Berlin Ouest pour atteinte à l’ordre public). Ce qui me le rend sympathique est qu’il a été dans sa jeunesse expulsé d’une école de peinture par le régime communiste de la RDA pour « immaturité sociopolitique ».
Dans l’enceinte de cette exposition, les photos sont interdites. Les œuvres peuvent cependant servir de camouflages et permettent parfois d’échapper à la vigilance des gardiens dont les pieds nonchalants montrent un certain relâchement de leur surveillance.
Quelques tableaux de l’artiste allemand égayent les
couloirs et leur originalité est l’inversion des portraits, encore un truc génial qui fait parler, mais dont l’intérêt me parait limité et la contemplation inconfortable.
Baselitz sculpte le bois au ciseau, à la hache, à la tronçonneuse. L’effet est parfois saisissant surtout pour l’ensemble, bien mis en scène, des « Femmes de Dresde », têtes éplorées après le bombardement des alliés sur la ville pendant la IIème guerre mondiale.
Si j’ai apprécié certaines statues habillées de tissus, par contre je n’ai guère été impressionné par les statues géantes qui font pourtant l’admiration des connaisseurs et qui ont l’air (pour moi) de gros jouets mal taillés par un artisan malhabile. Peut-être veulent-elles évoquer la nostalgie de l’enfance, mais n’ayant, pour ma part, aucune nostalgie de cet ordre, je suis resté plutôt froid devant ces poupées monstrueuses dont les masculines arborent parfois un sexe saillant qui donne des envies d’émasculation pour des raisons purement esthétiques.