Je suis toujours surpris que la masse
énorme d’un avion puisse aussi fréquemment quitter le sol, et s’élever au-dessus des nuages en laissant derrière lui le patchwork rectangulaire des champs bruns et verts et les têtes d’épingle
des villages le long des fils des routes. Je suis toujours surpris que l’avion puisse me déposer aussi fréquemment en douceur si loin de chez moi en si peu de temps.
Cette fois ce fut Séville.
C’est une ville multicolore : couleurs des façades où l’ocre domine et le vert profond des jardins qui s’étendent largement en pleine cité où l’oranger roi exhale en avril le parfum de ses fleurs que l’on ne peut s’empêcher de cueillir pour mieux les respirer.
Les jardins et les fleurs sont partout. Dans les maisons où l’on aperçoit de charmants patios à travers les grilles.
A l’intérieur des murailles de l’Alcazar, grand jardin où règne la sérénité et que l’on rejoint après avoir été ébloui par les salles du palais finement décorées du sol au plafond sans le moindre vide.
A l’intérieur même de la cathédrale où les orangers surgissent de la pierre.
Dans le parc Maria Luisa, la cité pénètre cette fois dans la verdure avec la curieuse place d’Espagne bordée d’un bâtiment en demi-cercle, flanqué d’une tour à chaque extrémité.
Séville, dans un subtil mariage a gardé son empreinte mauresque dans les belles maisons et bien sûr dans l’Alcazar.
Mais l’empreinte orientale existe partout dans la ville, dans les rues du quartier juif.
Et dans les grandes artères.